‹ Le petit arsenal du catholique ou Traité élémentaire de controverse [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 49 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Dieu peut rendre certains hommes infaillibles, — Tribunal infaillible, — St-Pierre, chef de l'Eglise, — Jnfailibilité de Ja foi de St-Pierre, — Primauté de Ste Pierre, — St-Pierre at-il été repris par St-Paul, — Assistance divine promise $ su — C’est à l'Eglise catholique qu'ont été faites les promesses d’infaillis

ilité.

JEAN-BAPTISTE : Les sociétés protestantes manquant par la bâse, je veux dire ne pouvant maintenir le règne de la

(1) Voyez a l'Appendice, 2,

vérité sur la terre, puisque, de leur aveu unanime, elles né sont point infaillibles ; les individus protestants ne pouvant prouver ni par la bible ni même par la raison, qu'ils possèdent cette infaillibilité, qui seule est la garantie contre l'erreur : il s'ensuit qu'il doit exister en ce monde une autre société qui possède, par un privilège divin, cette infaillibilité. Ki, par impossible, cette société n'existe pas, l'œuvre du salut des hommes est manquée, et le Fils de Dieu a souffert et est mort en vain.

Mais, qui osera dire que Jésus-Christ a travaillé en vain ou, ce qui revient au même, qu'il n'a pas mis son œuvre à l'abri des égarements de la raison humaine, en établissant un tribunal infaillible qui la préservât de toute erreur. Ce tribunal existe donc : Vous allez m'aider à le trouver, Mr le colporteur.

LE COLPORTEUR : Mais, mon ami, cette qualité dans un homme de ne pouvoir se tromper, est une prétention ridicule et insoutenable, puisque tous les hommes sont sujets à l’erreur (1).

JEAN-BAPTISTE : Un fait que vous admettez, aussi bien que moi, détruit, de fond en comble, l'objection que vous me faites. Ne croyez-vous pas, comme je le crois, que les prophètes, les évangélistes et les autres écrivains sacrés, dont vous avez les écrits dans la bible, ne se sont point trompés et même, n’ont pu se tromper ?

LE CoLporTEUR : Je le crois, parce qu'ils étaient inspirés de Dieu. |

JEAN-BAPTISTE : Cependant, ils étaient bien certainement des hommes, comme vous et moi. De votre aveu, il faut donc admettre que certains hommes sont infaillibles dans ce qu'ils écrivent ou disent. Remarquez bien que je ne prétends pas qu’un homme puisse être infaillible par

nature mais uniquement par un privilège divin. Or, ce privilège | divin a été accordé aux apôtres et aux écrivains sacrés, comme | tous les protestants le reconnaissent. Il ne répugne donc ;

(1) Rom. ch. 3, v. 4.

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point de croire que l’'Homme-Dieu ait pu établir, dans son Eglise, un tribunal humain ayant, par un privilège divin, l'infaillibilité pour garantir son œuvre de toute erreur, dont une seule l’eût détruite.

LE COLPORTEUR, poussé au pied du mur : Ce que vous venez de me dire, me semble assez raisonnable. Puisqu'il est prouvé que Dieu a rendu certains hommes infaillibles, il peut bien en rendre d’autres également infaillibles. Je n'y avais pas pensé. Mais, où prenez-vous les preuves que ce tribunal infaillible existe chez les catholiques, puisque, chez nous, ce tribunal n'existe pas ?

JEAN-BAPTISTE : Vos glorieux fondateurs n'étant apparus en ce monde que quinze cents ans après l’Ascension de Jésus- Christ, le fils de Dieu s’est vu obligé de l'établir dans l'Eglise catholique, afin d'assurer le règne de la vérité parmi les hommes.

Aidez-moi maintenant, Mr le colporteur, à trouver ce tribunal.

Veuillez d’abord me dire si Jésus-Christ était venu, en ce monde, pour fonder une société religieuse qui devait adorer Dieu en esprit et en vérité (1). ;

LE COLPORTEUR : C'était directement le but de sa mission.

JEAN-BAPTISTE : Cette société, qui devait adorer Dieu en

esprit et en vérité, devait-elle durer longtemps ?

LE CoLPORTEUR : Maisilest évident qu'elle devait durer

jusqu'à la fin du monde, puisque le règne du Christ, en ce

monde, ne devait pas avoir de fin. comme il est dit en saint Luc (2).

JEAN-BAPTISTE : Jésus-Christ ayant choisi douze Apôtres, devait-il les établir à la tête de cette société pour la diriger, en son nom, lorsqu'il serait retourné vers son Père, et conduire son œuvre, par eux-mêmes ou par leurs successeurs, jusqu'à la fin des temps ? J'ai dit, par eux-mêmes ou par leurs successeurs ; car personne ne sera assez fou pour croire que les Apotres

(1) Jean, ch. 4, v. 24 (2) Ch. 1, v. 88,

devaient vivre jusqu'à la fin du monde, puisque le fait de la nomination de Mathias pour remplacer Judas (1), prouve que les Apôtres devaient avoir des successeurs.

LE COLPORTEUR, hésitant : I] pourrait bien se faire que c'était uniquement dans ce dessein, suivant cette parole (2): “ Ce n’est pas vous qui m'avez élu ; mais c'est moi qui “ vous ai élus, et qui vous ai établis, afin que vous alliez “ parlout, et que vous produisiez du fruit, et que votre fruit “ soit permanent, afin que tout ce que vous demanderez au “ Père, en mon nom, il vous le donne : ” comme traduit votre David Martin.

JEAN-BAPTISTE : Comme le dit ici saint Jean, les Apôtres, élus par Jésus-Christ, devaient aller partout et produire une œuvre, un fruit permanent. De plus, le Sauveur leur décelare que son Père leur donnera ce qu'ils demanderont. Jésus: Christ leur garantit donc ici et le saccès de leur ministère auprès des hommes et la permanence des fruits produits par ce ministère, et l'assistance divine pour exercer ce minis: tere.

Mais, pensez-vous, Mr le colporteur, que sans une assistance spéciale de l'Esprit de vérité, les Apôtres pouvaient réussir d'une manière permanente à produire ce fruit et à conduire l'œuvre de Jésus-Christ, le salut des hommes, jus qu'au la fin des temps ?

LE COLPORTEUR, qui s'oublie dans sa réponse: Je ne le pense pas. L'homme se trompe et, en se trompant, il détruit l'œuvre de Dieu pour mettre, à la place, l'œuvre de l'homme.

JEAN-BAPTISTE : Voilà présisément ce qu'ont fait vos go rieux réformateurs. Mais, c'est assez. Récapitulons maintenant.

19 Jésus-Christ était venu fonder une société religieuse dont le but était d'adorer Dieu en esprit et en vérité : Cette œuvre devait done être mise à l'abri de l'erreur. 2° Toute soriété doit avoir des chefs pour la diriger. Aussi le Fils

ee mas cm

(1) scies, ch. 1, v. 26. (2) Jean, ch. 15, v. 16,

de Dieu avait-il choisi douze apôtres, dont un devait être le chef, et les avait chargés de diriger cette société adorant LD'ieu en esprit et en vérité. 3" Cechefet les autres Apôtres, étant des hommes sujets à l'erreur, par là même qu'ils étaient hommes, ne pouvaient conduire une telle société par leur propre esprit, puisque l'esprit de tout homme se trompe (1), et, en ce trompant, il gâte l'œuvre de Dieu, qui est essentielement sainte et exempte de toute erreur. Il faillait done aux ‘onducteurs de cette société, une assistance spéciale, divine et de tous les jours. Voilà ce que nous allons prouver ar le texte sacré. Commençons parle chef de cette sojété, divinement instituée.

1’ Il promet à Pierre que c’est sur lui qu’il fondera cette ociété (2). Veuillez nous lire ce texte,

Le colporteur lit: “ Et je te dis aussi que tu es Pierre, ‘et sur cette pierre j'édifierai mon Eglise, et les portes de ‘l'enfer ne prévaudront point contre elle. ” JEAN-BAPTISTE : Ces divines paroles prouvent 6videmnent que l'Eglise, fondée par Jésus-Christ, devait avoir apôtre saint Pierre pour bâse, pour soutien, pour appui. lais, remarquez-le bien, cette bâse, comparée à un rocher, evait être si solide, si inébranlable, que le Fils du Tout- ’uissant déclare que tous les efforts de l'enfer ne pourront a détrure, et renverser l'Eglise en la détruisant. Or, ious avons vu que l'erreur détruit l’œuvre de Dieu, du aoment qu'elle y entre pour en faire partie. L'Eglise de Jésus-Christ ne devait donc jamais tomber dans l'erreur. Jonc, elle devait être infaillible dans sa bâse, c’est-à-dire ans saint Pierre, ou dans son chef.

2 Lisez-nous, maintenant, le 19° verset du même chapire. C’est encore à saint Pierre que s'adressent ces paroles.

Le colporteur lit: “* Et je te donnerai les clefs du royau- “ me des cieux ; et tout ce que tu auras lié sur la terre, sera ‘lié dans les cieux; et tout ce que tu auras déiié sur la ‘terre, sera délié dans les cieux. ”

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(1) Ps. 115, v. 2. (2) Matt. ch. 16, v. 18.

JEAN-BAPTISTE : Jésus-Christ promet ici à saint Pierre, indépendamment des autres apôtres, les clefs du royaume des cieux, de l'Eglise. Or, les clefs désignent la puissance et l'autorité souveraine. Naint Pierre, par cette déclaration, devient donc le souverain, le chef de l'Eglise. Il exercera cette souveraine autorité, lorsque les hommes commenceront à entrer dans l'Eglise, après la descente du Kaint- Esprit, le jour de Ja Pentecôte. Ce sera lui quien ouvrira la porte, et y recevra les premiers chrétiens (1).

3’ Avant de Jui confier le soin de son Eglise et de tous ceux qui en feraient partie, Jésus-Christ va garantir l'inviolabilité de Ia foi de saint Pierre (2). Ayez la bonté, Mr le colporteur, de nous lire ce passage.

Le colporteur lit : “ Simon, Simon, Satan a demandé à “ vous cribler fous, comme on crible le froment. Mais, j'ai “prié pour foi, afin que fa foi ne défaille point ; lors donc “ que tu auras été converti, aies soin d'affermir tes frères.”

JEAN-BAPTISTE : Vous voyez, par ce texte, que Natan, l'esprit d'erreur, demande à Jésus-Christ la permission de cribler tous les apôtres, c'est-à-dire, de les troubler et de leur arracher la foi. Sans exclure les autres apôtres de sa prière, Jésus-Christ prie directement pour saint Pierre, et le but de cette divine prière est pour que la foi de saint Pierre, comme chef de l'Eglise, ne défaille point. Lui ayant garanti l'inviolabilité et l'indéfectibilité de sa foi, il le charge de confirmer ses frères dans la foi. La foi de saint Pierre, en vertu de cette divine prière, sera donc inébranlable. Mais celui qui est chargé d'empêcher ses frères d’être ébranlés dans leur foi, doit-être au-dessus d'eux, par son inébranlable fermeté. D'ou je conclus linfailibilité doctrinale dans l'Eglise de Dieu. Or, c’est saint Pierre, comme chef, qui est chargé de gouverner l'Eglise. “ Qui peut dou- “ter, dit Bossuet, que saint Pierre n'ait reçu, par cette “prière, une foi constante, invincible, inébranlable ; et “ si abondante, d'ailleurs, qu’elle fat capable d'affermir.

(1) Actes, ch. 2, v. 41. (2) Luc, ch. 22, v. 31-82,

“ non seulement le commun des fidèles, maïs encore ses “ freres les apôtres et les pasteurs du troupeau, empéchant “ Satan de les cribler. (1) ”

4: Comime nous venons de le voir, Jésus-Christ avait promis à saint Pierre qu'il bâtirait sur lui son Eglise ; qu'il Jui donnerait les clefs du royaume des cieux, la puissance dans cette Eglise ; enfin nous voyons qu'il a garanti sa foi de toute erreur : Voyons maintenant pourquoi tous ces privileges, réunis dans la personne de saint Pierre. Ne me refusez pas de lire encore le passage suivant de saint Jean(2).

Le colporteur lit : “ Après donc qu'ils eurent diné, Jésus “ dit à Simon-Pierre : Simon, fils de Jean, m'aimez-vous “ plus que ne font ceux-ci ? Pierre lui répondit : Oui, Sei- “ æneur, vous savez que je vous aime. Jésus lui dit : paissez “mes agneau. I] lui demanda de nouveau : Simon, fils de “ Jean, m'aimez-vous ? Pierre lui répondit : Oui, Seigneur! “vous savez que je vous aime. Jésus lui répondit : paissez “mes agneaux. I] lui demanda pour la troisième fois : “ m'aimez-vous ? Pierre, fort touché de ce qu'il lui deman- “ dait pour la troisième fois : m'aimez-vous ? Et il lui dit : “ Seigneur, vous savez toute chose; vous connaissez que “je vous aime. Jésus lui dit : Paissez mes brebis. ”

JEAN-BAPTISTE : Veuillez, Mr le colporteur, réfléchir sur ce texte divin, et vous comprendrez facilement que saint Pierre, l'unique Pasteur, est chargé de l'unique troupeau, composé des agneaux et des brebis, ce qui n’excepte personne, pas même les apôtres.

L'abbé Rohrbacher, après avoir cité le même texte, s'exprime ainsi: “C’est aujourd'hui que Pierre est effective- “ ment institué, par Jésus-Christ, pasteur suprême de son “unique troupeau ; et Les brebis et les agneaux, et les mè- “res et les petits, et les pasteurs et les ouailles, tout est “ soumis à sa houlette : c'est à lui à les paitre, c’est-à-dire, “ à les instruire, à les gouverner. ?” Naïnt Pierre est donc le chef suprème de toute l'Eglise. Ce n'est dont pasen vain

(1) Cité par Rohrbacher. 2) Ch. 21, v. 15-16-17,

que Jésus-Christ avait promis de lui en donner les clefs et le faire comme la bâse, sur laquelle reposerait toute l'Eglise (1).

Le CoLrorTEUR : Vous vous trompez, mon ami. Saint Pierre était légal des autres apôtres, puisque les autres ont aussi le pouvoir de lier et de délier (2). “ En vérité, je vous “ dis que tout ce que vous aurez lié sur la terre, sera Jié “ dans le ciel ; et tout ce que vous aurez délié sur la terre, “ sera délié dans le ciel.” Or, ces paroles sont adressées aux apôtres, et les établissent les égaux de saint Pierre, en autorité sur l'Eglise.

JEAN-BAPTISTE : Donnez-vous le trouble de lire le verset qui précède immédiatement celui que vous citez, et vous comprendrez qu'il s'agit ici, entre autres, d'un pouvoir d'administration, en vertu duquel ceux que saint Paul dit être chargés par le Saint-Esprit de gouverner l'Eglise de Dieu (3), sont autorisés à juger ceux qui seront déférés à leur tribunal, la sentence d'absolution ou de condamnation qu'ils prononceront, devant être ratifiée dans le cit, et celui qui aura été condamné et ne se soumettra point, devra être regardé comme #x païen et un publicuin. Si votre glorieux Luther, si le célèbre réformateur de l'Extrème-Ouest, avaient sérieusement réfléchi sur ces deux versets, ils ne se fussent certainement point moqué du jugement qui les a condamnés,

Quant à la conclusion que vous tirez de ce verset, elle est fausse, puisque saint Pierre était avec les apôtres, lorsque Jésus-Christ prononça ces paroles, et avait reçu le même pouvoir qu'eux. Et parce que St-Pierre reçoit ici un pouvoir que les autres apôtres auront en commun avec lui, ilne s'ensuit nullement que les autres apôtres soient ses Caux, puisque ce pouvoir commun ne détruit en aucune manière ceux que saint Pierre avait reçus pour lui seul. Ce texte prouve done qu'à part les pouvoirs qui lui sont personnels, saint l’icrre aura de plus les pouvoirs accordés aux autres apôtres.

@) Voyez à l'Appendice, 8, (2) Matt. ch. 18, v. 18. (3) Actes "h 20 v 98

DU CATIIOLIQUE. 65

Si, après ce que nous venons de voir, vous aviez encore quelques doutes sur la primauté de saint Pierre, vous les dissiperez en consultant la bible, qui est votre seul guide,

10 Trois évangélistes, SS. Matthieu, Marc, Luc, ont donné la liste des douze apôtres; saint Pierre y est toujours nommé le premier.

2! Pierre et André, son frère, sont appelés comme les premiers apôtres ou disciples de Jésus; Pierre est nommé et appelé le premier (1).

3: Jésus choisi trois de ses Apôtres pour être témoins de satransfiguration. Pierre est un des trois et nommé le premier (2).

4: Jésus n’a communiqué qu'à saint Pierre le privilège de marcher sur l’eau (3).

5 Saint Pierre jette à l’eau le filet pour la pêche miraculeuxe, C’est lui qui tire le filet à terre (4).

6’ Jésus, pour ne point scandaliser les Juifs, paie le tribut. C’est saint Pierre qu'il charge de prendre le poisson qui aura dans sa bouche la pièce d'argent pour payer ce tribut, pour Jésus et pour saint Pierre, associé ici avec Jésus-Christ, qui donne aucun tribut pour les autres apôtres.

7’ Deux apôtres vont préparer le cénasle, pour y faire la dernière cène, c’est encore Pierre qui cit nommé le premier (5).

8’ Après je souper, Jésus-Christ lave les pieds à ses apotres, c'est par saint Pierre qu'il commence cet acte d'humilité (6).

9 Trois apôtres sont choisis pour être les témoins de l'asonie du Jardin des Oliviers, saint Pierre est nommé le premier (T).

10° Pierre et Jean vont au sépulcre ; Jean y arrive le premier, mais il attend saint Pierre, qui y entre le premier (8).

11° Les saintes femmes sont chargées de dire aux apôtres

(1) Matt. ch. 4, v. 18-19, (2) Mare, ch. 9 v. 1. Luce, ch. 9, v. 98. GG) Matt. ch. 14. Jean, eh. 21. (4) Jean, rh. 21. (5) Luc, ch. 22 (5) Jean, ch. 13. (7) Matt, ch. 26, (8) Juuu, ch. 20,

et à Pierre, qu'ils verront Jésus en Galilée. Tei saint Pierre est décigné par son nom, les autres son nommés en général (1).

12’ Saint Paul nous apprend que, après sa résurrection, Jésus apparut d'abord à saint Pierre et, ensuite, aux autres apotres (2).

15 Après l’Ascension, les apôtres s’assemblent dans le cénacle, l'écrivain sacré nous donne leurs noms, saint l'ierre est nommé le premier (3).

14! Judas s'était pendu, il ne reste plus que onze apôtres. Saint Pierre déclare aux autres apôtres qu'il faut donner un remplaçant à Judas, pour accomplir les prophéties. Il parle seul et les autres font le choix qu'il a demandé (4).

15° Après la descente de l'Esprit-Naint, c'est saint Pierre qui parle le premier et fait entrer dans l'église les premiers chrétiens.

16° Pierre et Jean montent au temple; un boiteux leur demande laumône ; c’est saint Pierre qui le guérit, faisant le premier mircele (5).

17 C'est à saint Pierre qu'est révélée la volonté de Dieu de travailler à la conversion des gentils (6).

15 Kaiat Picrre est mis en prison par Iérode : foute lEslie prie pour sa délivrance (7). C'est le troupeau qui demande a conservation de son chef. L Eglise d'aujourd'aui prie également pour le Papr. C'est 1: même Esprit, li méme charité qui se conservent dans la société fondée par Jésus-Christ

Je vous fais grâce, conclut Jean:Bapliste, d'un grand nombre d'autres textes qui établissent inébranlablement la primauté de saint Pierre dans l'Eglise ; ceux-ci doivent suflire pour tout homme raisonnable.

LE COLPORTEUR: Naint Pierre, que vous venez d'élever si haut et que vous placez au-dessus de tous les autres apôtres, n'a-t-1l pas été repris par saint Paul, comme ayant

QG) Mare, ch. 16. (2) I Cor. ch. 15, v. 5. (3) Actes, ch. 1. (4) Voyez à P'Apper dice, 4 (5) Aes, ch. 3. (6) Actes, ch, 10, (7) Actes, ch, 12,

failli (1). “ Céphas étant venu à Antioche, je Jui réistai en # face, parce qu'il était répréhensible. ?

JEAN-BAPTISTE : Ce Céphas, à qui saint Paul réiste en face, n'avait pas failli dans sa foi. Ainsi on n'en peut rien conclure contre la promesse qui assurait l'indéfectibilité de la foi de saint Pierre, supposé, toutefois, que ce Céphas soit le même que l’apôtre saint Pierre, ce qui est plus que douteux.

Saint Paul ne le blâme que parce qu'il tenait une conduite opposée à la simplicité chrétienne. La réprimande que lui fait saint Paul ne veut dire que ceci: “ Pourquoi, & Céphas, en refusant de manger avec les gentils en pré- “sence des Juifs, leur donnez-vous occasion de penser “qu'ils soient obligés d'observer les cérémonies de ja HIoE (ONE?

La foi de saint Pierre mise à l'abri de tout bläme, je vous prie de remarquer que ce Céphas, repris par saint Paul, pourrait bien être un disciple qui portait ce nom, et non l'apotre saint Pierre. Voici les raisons que j'ai d'en douter, où même de croire le contraire.

1° Dans le second chapitre de cette épitre aux Galates, saint Paul dit: Jacques, Ciphas et Jean, ce qui est contraire à l'usage des écrivains sacrés qui, parlant de plusieurs apotres, au nombre desquels se trouve Pierre, le nomment toujours le premier. 2° Dans le 1 chap. de la même épitrs, saint Paul désigne le prince des apôtres par le nom de Pire re: j'allai a Jérusalem pour voir Pierre. 8" Dans le second cp. où il est fait mention de la réprimande faite à Céphas, saint Pierre est aussi appelé de ce nom : * Voyant que la “charge de préchor l'évangile aux gentils, comme à Per. re de le précher aux ecireonceis, ? (verset T) au verset Si Car celui qui a opéré dans Pierre.” C'est au verset suivant que saint Paul parle de Jacques, Céplius et Jean. est done pou croyable que saint Paulait voulu désigner saint Pierre pas le nom de Céphus, dans le verset 9, après l'avoir apnols

(1) Calates, ch. 2, v. 11, (2) Note de Mgr Baillargcon,

Pierre, dans les deux versets précédents, 8, 7, et encore du nom de Pierre, dans le premier chap. de la même épitre.

Au reste, est-il crovable que saint Paul ait résisté en face an chef de l'Égliseet qu'il se fut vanté de ce manque d'égard ? Ni saint Pierre eut réellement trop de condescendance pour les juifs, saint Paul n'eûtil pas suivi la maxime évangélique de la correction privée, par respect pour le premier pasteur (‘). Ki c'était saint Pierre que saint Paul eût repris, comment pouvait-il dire qu'il paraissait comme une colonne qui soutenait l'Église (2), puisqu'il ne pouvait ignorer que Saut Pierre était le rocher sur iequel reposait toute l'Église, et non pas une colonne dé ce divin édifice (3).

Le COLPORTEUR, qui ne trouve rien à objecter à ce qu'a dit Jean-Baptiste, passe a la questüon de l'assis'unce divine promise à l'Eglise: Vous nr'avez nif que les liseurs de bible protestants eussent l'assistance spéciale du KNaint-Esprit, mais vous ne m'avez pas prouvé, par Ja bible, que votre Eglise eut cette assistance,

JEAN-BAPTISTE : Chaque chose vient en son temps (4). Non-seulement j'ai nié, mais encore j'ai prouvé que le lisoeur de bible protestant ne devait pas compter sur une assistance spéciale de FEsprit-Naint, et vois n'avez pu fournir aucun texte en votre faveur.

Je vais maintenant vous prouver, par la bible, que l'E£glise du Dieu vivint (5), représentée par ceux que lEsprit- Saint a chargés de fa gouverner, à reçen Ja promesse formelle d'une assistance spécide de PF Esprit de vrilé.

Je vais maintenant vous lire Jes 17e et 18° versets de saint Matthieu, chap. YS.

“Que sil ne les écoute pas (les deux on trois témoins “ qui l'ont averti de sa faute); dites-le à Tholise: s'il n'é- “coute pas l'Église méme, qu'il soit à votre tourd comme “un paien et un publeain. Je vous dis, en vérité, tout “ev que vous lierez sur la terre, sera Hé dans le eiel, &e. ”

Go Mat. eh IS. ve 15. (2) Galutes, eh, 2, 4,9 @) Voir Bergicr, au mot Cohus (1) Ecel. ch 3, 01 (9) Tous ch 3, v, 19,

Pour que le jugement de l'Eglise ait l'effet de rendre celui qui ne s'y soumettra pas, semblable 4 un païien, il faut que ce jugement ait été prononcé avec une souveraine équité, puisque Dieu s'engage à Le ra/ÿier dans le ciel. Ki le ciel est engagé à ratilier le jugement de l'Eglise, il faut donc que, par une assistance spéciale, il la garantisse de toute erreur dans ses jugements moraux où degmatiques.

Lisez-nous maintenant le 20° verset du 28° chap. de saint Matthieu : Vous savez qu'il y est question de Ja mission donnée aux apôtres.

Le colporteur lit: % Leur apprenant à observer toutes les “ choses que je vous ai prescrites; et voilà que je suis “avec vous tous les jours jusqu’à ia consommation des sic “ cles. ”

Mais, comment le Christ pouvait-il être avee Ies apôtres jusqu'à la fin du monde, lui qui devait laisser la terre le jour de l’Ascension, objecte le colporteur.

JEAN-BAPTISTE : L'obiection que vous venez de faire n'est pas difficile à résoudre: Ecoutez-moi, pour un instant.

Jésus-Christ assure ici ses apôtres qu'il sera avec eux tous les jours jasqu'à la fin des temps. Mais, cemment pourrait-il être avec eux, après avoir quitté la terre, si ce n'est par une profection et une assistance spécittes ? Si FEglse pouvait enseigner l'erreur, même une seule fois, cette promesse serait-elle vraie, puisqu'alors Jésus-Christ Faurait abandonnée? En l'assurant qu'il sera toujours avec elle, il assure donc, par-là même, qu'elle ne pourra jamais tomber dans l'erreur. L'Eglise catholique à done Ia promesse formelle de Jésus-Christ, à qui toute paissanee a été donnée dans le ciel et sur la terre (1), d'être divinement assistée Jusqu'à la fin des siècles. Elle ne peut done nt étre détruite, ni enseigner autre chose que ce que Jésus-Christ lui dira. Or, Jésus-Christ est Za voie et La vérité et la vie (2).

LE COLPORTEUR : Nos ministres nous assurent que cet-

(1) Matt. ch. 28, v. 19. (2) Jean, cb. 14, v.6,

0 LE PETIT ARSENAS

te promesse ne regardait que les apôtres ; d'où ils concluent qu'on ne peut l'appliquer à ceux qui, aujourd'hui, gouverent votre Eolise,

JEAN-BAPTISTE: Alors, vo: ministres doivent vous prouver que les apôtres sont encore vivants en ce monde, puisqu'il est dit que Jésus-Christ sera avec eux jusqu'à la fin du monde, N'ils ne peuvent pas vous prouver que les apôtres, à qui Jésus-Christ faisait cette promesse, soient encore vivants, il faut bien qu'ils admettent que, après leur mort, elle devait passer à leurs successeurs.

Allons maintenant à saint Jean, chap. 14, v. 16, 17, 26, où cette assistance divine est plus clairement promise, Veuillez nous lire les endroits indiqués.

Le colporteur tit: # Je prierai mon Pere, et il vous donne- “ra un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement “avec vous; l'Esprit de vérité, que le monde ne peut rece- “voir, parce qu'il ne le voit point et ne le connait point; “mais, vous, vous le connaitrez, parce qu'il demeurera avec “vous, et il sera en vous. Mais le consolateur, l'Esprit Kaint, “ que mon père enverra en mon ROM, VOUS enselgnera tou- “tes choses, et vous fera ressouvenir de ce que je vous ai dit

JEAN-BAPTISTE: Ici, Jésus-Christ promet un autre consolateur, et ce consolateur, qui doit demeurer éfernellement avec ses apôtres, ou avec ceux qu'ils seront chargés, après leur mort, de gouverner l'Eglise de Dieu, c'est CEsprit-Kaint, l'Esprit de vérité, qu'ils sauront distinguer de l'esprit d'erreur, puisqu'ils le conaitront et qu'il demeurera avec eux. Ce consolateur, qui est le Suiut-Espril, que le Père enverra au nom de Jésus-Christ, ne demeurera pas seulement avec les conducteurs de son Eglise, inais il leur euseionera toutes choses et, même, les fera ressouvenir de ce qu'il leur avait dit pendant qu'il était avec cux.

Aïnsi, on ne peut le nier, l'Eglise est spécialement assistée par l'Esprit de vérité, qui lui enseignera toutes les choses qu'elle devra savoir pour le salut des hommes. Elle ne

DÜ CATHOLIQUE. | 71

sera done jamais abandonnée par l'Esprit de vérité ; elle ne pourra donc jamais enseigner l'erreur. L'Eglise est donc infaillible.

JEAN-BAPTISTE, encore un texte: Je vais vous le lire (1). “ Mais quand celui-là, savoir, l'Esprit de vérité, sera venu, il vous condüira en toute vérité; car il ne parlera point “ de soi-même, mais il dira tout ce qu'il aura oui, et il vous ‘ annoncera les choses à venir. Celui-là me gloriliera ; car hi apprendra du mien, et il vous l'annoncera. Tout ce que mon Père a, est mien, c'est pourquoi j'ai dit qu'il “ prendra du mien, et qu'ii vous l'annoncera (2). ?

Ici, reprend Jean-Baptiste, voilà encore une promesse formelle qui vous assure que, l'Æxprit de vérité étant venu (ce qui eût lieu le jour de la Pentecôte), 11 ensvignera toute vérité à l'Eglise; ilannoncera les choses à venir; il recevra de la bouche de Jésus-Christ tout ce que celui-ci aura entendu du Père, et cet Esprit de vérité l'annoncera aux apôtres. Voilà donc bien clairement prouvé que les trois personnes divines, le Père, le Fils et le Saint-Esprit enseigneront à l'Eglise doute vérité. Done, l'Eglise est divinement assistée. L'Eglise n’enscignera done jamais l'erreur; l'Eglise catholique qui, par une succession non interrompue, remonte aux apôtres, (je crois en l'Evlise quiest une, suinte, catholique et apostolique, comme s'exprime le Symbole de Nivée), est donc infaillible.

Voilà pourquoi Jésus-Christ commande à tous d'écouter l'Eglise, comme lui-même: Celui qui vous écoute, m'é- “coute; celui qui vous méprise, me méprise, et celui qui “me méprise, méprise celui qui m'a envoyé (3). ”

C’est à cause de cette assistance» divine de l'Æinrit de rire té guidant constamment (Je suis avec vous tous les jours jusqu'a

la consommation des siècles) les premiers pasteurs de l'Eglis set, surtout, et spécialement son augusteet vénérable Chef que saint Paul a dit : “ que l'Eglise du Dieu vivant était la co-

(1) Jean, ch. 16, v. 15-14-15, (2) David Martin. (5) Luc, ch. 10, v, 16,

“ Jlonne et la bâse de la véi'té, ” ou. comme traduit votr D. Martin “ {a colonne et l'appui de la vérité (À). ”

L'Eglise, étant /a colonne et l'appui de lu vérité, ne peut être ébranlée, sans que la vérité ne soit ébranlée; elle ne peut tomber, faillir, enseigner l'erreur, sans qne la vérité ne tombe avec elle. Alors que deviendrait l'humanité, qui ne peut vivre que par la vérité. Que deviendrait le règne de Dieu sur la terre. Pourquoi alors le Z%/s unique de Dieu se serait-il fait homme et aurait-il versé son sang divin sur la croix pour le salut du monde ?

Je vous prie, Mr le colporteur, ajoute Jean-Baptiste, &e peser sérieusement toutes ces conséquences et vous n'aurez point d'autre moyen que d'admettre, comme les catholiques, que Dieu a dû donner et à vraimint donné à ses apôtres et à leurs successeurs, où à son Egiise, le privilèse surnaturel de conserver la vérité et de l'ensigner aux hommes,

LE CoLroRTEUR : Mais est-ce à l'Eglise catholique que ces promesses ont été fuites? Je ne puis le croire, puisque nos ministres nous répetent sans cesse que l'Eglise romaine est pleine d'erreurs grossières et de superstitions abominables.

JEAN-BAPTISTE : Je sais bien que vos très dignes ministres qui, soit dit entre nous, sont un parfait hors-d'œuvre dans le protestantisme, puisque personne n'est obligé de les écouter, chacun, chez vous, étant libre de faire et de croire ce qui lui convient, comme du temps où il n'y avait pas de juge en Israël (2), je sais bien que vos très dignes ministres vous rassasient de mensonges contre l'Egiise romaine, Pour vous faire avaler ces mensonges, ils se gardent bien de vous dire qu'ils ont été cent fois refutés. Ils ont raison d'en agir ainsi pour vous garder dans un système religieux qui s'écroule de tous côtés. Vous, Mr le colporteur, et presque tous les protestants avec vous, vous écoutez avec une naiveté ineflable, ces contes de villes grand mères, miile fois refutés. Puis après avoir écouté une de

(1) I'Tim, ch. 3, v.15. (2) Juges, ch. 17, v, 6,

DU CATIOLIQUÉ #3

ces jolies prêches, vous vous ceriez: ok! 6n peut bien lout croire ce que dil monsieur contre F Eglise romaine. Vous retournez ensuite chez vous pour y lire dévotement votre chère bible, qui contient ce commandement divin: Vous ne “ porterez point de faux témoignages contre votre prochu il

Examinons maintenant votre question: Est-ce à l'Eglise calholique que ces promesses ont été faites ?

Cette question va me donner le moyen de résumer ce que nous venons de voir dans la bible.

1° Je vous ai prouvé que la véritable Eglise devait avoir un chef visible : il ne peut y avoir qu'un troupeiu et qu'un pasteur (2). Or, l'Eglise catholique à un chef visible, Léon XTIT, qui vous prouvera quand vous le voudrez, qu'il remonte par une su’eession non interrompue jusqu'à saint Pierre, le premier pasteur nommé par Jésus-Christ: done, l'Eglise catholique est réellement celle qu'a fondée le Kauveur du monde, Done, c'est à elle que s'adressent les promesses,

2 La souiété fondée par Jésus-Christ, où l'Eglise du Dieu vivant, doit être we dans sa for et dans ses sacrements. (Una fides.… Una biptismt) (3). Cette unité dans une même foi nous est sans cesse donnée, dans les livres sacrés, comme devant être le signe qui caractériserait la société chrétienne (4). Or, où trouvez-vous, ailleurs que dans l'Eglise catholique, cette unité constante, toujous subsistante, dans la même foi et dans les mêmes sacrements. L'Eglise catholique est done l'Eglise des promesses ?

3 Dans la vériteble Eglise, il ne doit y avoir qu'un se troupeau, dirigé par un seul pasteur. Où trouverez-vous, aile leurs que dans l'Eglise catholique, cet unique troupeau toujours dirigé par un waique Pasteur, depuis que Jésus-Christ a luss® la terre ?

4’ Selon les promesses, consignées dans l’ancien Testament,

(1) Exode, ch. 20, v. 16. (2) Jean, ch. 10, v. 16. (3) Epn. ch. 4, v. 6, (4) Jean, ch. 17, v. 20-21,

la véritable Eglise devait être fondée par le Désiré des nations (1), avoir pour fondement les apôtres et les prophètes. Jésus- Christ lui-méme étant la principale pierre de l'angle, comme le dit saint Paul (2). Or, tous les homines instruits e{ de bonne foi avouent que l'Église catholique prend son origine des apôtres, comme elle-mnéme le démontre jusqu'à l'évidence, par la succession non interrompue de ses souverains Pontifes. Mais aucune autre société religieuse n'a la prétention de réclamer pour elle ce privilege. Donc, encore une fois, l'Eglise catholique est l'Eglise des promesses.

5° La véritable Eglise, celle que Jésus-Christ a fondée, doit toujours durer, puisque Jésus-Christ a promis d'être toujours avec elle jusqu'à la consomimation des siècles. Or, quelle est la société religieuse qui a toujours existé depuis les apôtres et qui dure encore de nos jours, malgré que toutes les erreurs se soient conjurées contre elle, ainsi qu'on le voit surtout aujourd'hui ? La voix publique proclame le nom de la seule Eglise catholique. Donc, c’est elle et elle seule qui est l'hériticre des promesses.

6’ Les portes de l'enfer, où comme l'entendent tous les interprètes, l'erreur, sous quelque forme qu'elle soit, ne doit pas se glisser dans la véritable Eglise. Or, l'Eglise catholique seule n'a-t-elle pas le droit de dire, comime son divin Fondateur : * Qui d'entre les hommes m'a convaincu ou me convaincerade péché, ou d'erreur dans mes enseignements dogmatiques où doctrinaux (3) 27 Mais l'Eglise catholique est, a été et sera toujours attaquée, accusée, calomniée, suivant cette prédiction du divin Maitre à ss apotres: * Le serviteur “n'est pas plus grand que son maitre. Ainsi, Sils m'ont per- “ sécuté, ils vous persécuteront (4), "et rien n'a pu la souiller par une seule erreur. Done, l'erreur n'est jamais entrée dans l'Eglise catholique. Donc, les portes de l'enfer n'ont jamais prévalu contre ; done enfin, elle est bien véritablement l'Eglise des promesses.

(1) Geucse, ch, 49, v. 10. (2) Eph. ch 2, v. 20. 43) Jan, ch. 8, v. 44, 61) Juin, cu 15, v, 29,

JEAN-BAPTISTE, s'adressant alors au vendeur de bibles : C'onnaissez-vous maintenant la véritable Eglise, celle fondée par Jésus ‘hrist et commencée le jour de la Pentecôte ?

LE COLPORTEUR : Je ne comprends rien à tout ce que vous venez de dire, Car si les marques, qui distinguent la véritable Lolise, sont aussi claires que vous le dites, comment se fait-il que tant d'hommes soient en dehors de l'Eglise catholique e

JEAN-BAPTISTE : Demarndez-le à Luther, à Caivin, à Henry VII, et à tous ceux qui, comme eux, se sont révoltés contre elle, et ont fondé les sociétés protestantes ; demandez-le à l'enfer, aux esprits de malice, spiritualia nequitiæ, conne dit Nt-Paul (1), conjurés pour détruire la vérité sur la terre ; demandez-le à l'orgueil humain, qui se révolte au seul nom de soumission ou de dépendance ; demandez-le aux passions libertines du cœur des voluptueux que cette parole divine : “ Dicnheureux ceux qui ont le cœur pur (2), ” révolte axtant qu'elle épouvante ; demandez-le au mal qui, depuis Abel jusqu'au dernier juste, fera la guerre au bien ; demandez-le à l'ignorance, aux préjugés, à l'indifférence qui ne fait pas un pas pour connaitre la vérité ; demandez-l6 à la pauvre raison humaine, qui ne comprend bien que le mal, ne croit que ce qui la flatte, n'aime que ce qui entre dans ses calculs ; demandez-le au penchant déréglé qui entraine vers le mal ; demandez-le à la difficulté qu'éprouve la nature déréglée à se soumettre à cet enseignement divin: “ Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur (3).” Enfin, demandez-le aux scribes et aux pharisiens de l'évanoile qui entendent les divins discours du Fils de Dieu, qui voient de leurs veux les miracles éclatants qu'il opère, et qui refusent de croire à sa parole et qui attribuent ses miracles au prince des démons : et vous saurez pourquoi un si grand nombre d'hommes sont séparés de l'Eglise catholique, qui fait la guerre pour la cause de Dieu, la destruetion du mal, la soumission de Ja raison humaine à la foi, et

(1) Eph. ch. 6. v. 12. (2) Matt. ch. 5, v. 8. (3) Matt. ch. 11, v. 29,

surtout qui prescrit le renoncement aux passions déréglées du pauvre cœur humain. Car s'il ne faillait que croire les vérités qu'enseigne l'Eglise catholique, sans conformer sa conduite à ses vérités, tout le monde serait catholique.

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