‹ Le petit arsenal du catholique ou Traité élémentaire de controverse [microforme] (volume 2)Chapitre 38 sur 49 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Les prêtres catholiques sont les envoyés légitimes, —- On doit les écouter. — En-

core un mot sur la prétendue mission protestunte, — La messe, — Les évêques sont-ils des tyrans et pour qui. — Indulwences. — L'Fel'se a le pouvoir d’en ace corder, — Exemptent-elles de faire pénitence, — Faut-il toujours avoir de

l'argent pour faire sa religion, chez les catholiques. — Kétribution pour messe, — La dîme, — &e., &e.

LE COLPORTEUR, venant en aide au ministre : je suis très

(1) Actes, ch. 4, v. 32. (2) Jean, ch. 17, v. 21. (3) Job. ch. 10, v. 22, (4) Voyez à l'Appendice, 28.

surpris, mes amis, des difficultés que vous élevez contre ce Rév. ministre du sant évangile, et surtout de ce que vous avez l'incroyable prétention de lui demander de faire un miracle pour vous prouver qu'il a le droit de vous prêcher l'évangile. Pourquoi ne demandez-vous rien de semblables à vos curés ou à vos autres prêtres ?

Josepx Lamt : Cette question n'a pas de sens, après la discussion qui vient d’avoir lieu. Vous n'avez donc pas compris que votre Rév. ministre est venu pour prècher en opposition à l'Eglise catholique, c'est-à-dire, #x nouvel évungile, un évangile contraire à celui qui a été prèché depuis les apôtres. Il se présentait donc à nous comme envoyé extraordinaire du ciel. Or, j'ai prouvé que les envoyés extraordinaires du ciel étaient obligés de prouver leur mission, sous peine d’être appelés des énposteurs bibliques.

Je vais vous prouver ce que j'avance par l'autorité de saint Paul (1). “ Mais il y a des gens qui vous troublent et “ qui veulent renverser l’'évangile de Jésus-Christ. Mais “ quand nous vous annoncerions nous-mêmes, où quand “ un ange du ciel vous annoncerait un évangile différent “ de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème. ”

Un homme d’une haute intelligence va vous donner l'explication de ce texte.

‘ Un ange venu du ciel, dit Mgr Baiïllargeon, ne peut “ jamais enseigner une mauvaise doctrine. Mais saint Pau! “ fait cette supposition, quoiqu'impossible, pour faire sen- “tir qu'on doit rejeler avec horreur toute nouveauté dans la “ foi, quelque puisse être l’autorité de ceux qui l'ensei- “ gnent. C’est là la règle de l'Eglise catholique qui, dans “ tous les temps, a dit anathème à tous ceux qui ont voulu “ enseigner des doctrines nouvelles, annoncer un évangile “ différent de celui qu'elle a reçu, dès le commencement, des “ apôtres et de Jésus-Christ lui-même par les apôtres. C'est “ ainsi qu’elle a conservé dans toute sa pureté et dans toute “ son intégrité le dépôt de la foi. ”

(D Gal, ch. 1, V. 7-8.

Ainsi, Mr le colporteur, j: suis dans mon droit en exigeant de Mr le ministre qu'il me prouve sa mission extracrdinaire, par un miracle, la seule preuve qu'il puisse et doive donner pour m'obliger à croire qu'il vient de la part de Dieu me dire de ne pas écouter l'Église. Mr le ministre d’un nouvel évangile n’a pas jugé à propos de me donner cette preuve ; j'ai refusé de l'entendre. Je suis, encore ici, dans mon droit.

Au contraire, je n’ai nul besoin de demander un miracle pour croire ce que m'enseigne mon curé, envoyé par mon évêque, envoyé lui-même par le souverain Pontife de lEglise et successeur de saint Pierre, parce que mon évêque, légitimement envoyé, est chargé par l’Esprit-Saint de gouverner l'Eglise de Dieu, comme nous l’a dit l'apotre saint Paul (1).

Une comparaison va vous faire comprendre ce que je viens de dire.

Vous êtes entré, hier au soir, dans la maison que j'habite et, aussitôt, vous me sommé de vous livrer la propriété dont j'ai la possession et que m'ont transmise mes ancêtres, par une très longue suite de propriétaires, dont le titre primitif remonte à la date précise de l'établissement de ce pays, je refuse de vous satisfaire.—Vous insistez en disant: Monsieur, la terre où vous êtes m'appartient ; retirez-vous pour que j'en prenne possession immédiatement, Je vous réponds que je vous dénie le droit de vous emparer de ma propriété, à moins que vous ne me présentiez un titre en bonne et due forme, qui soit antérieur à celui que je possède.

Ne pouvant rien obtenir de moi sans preuve, vous m'’exhibez un titre qui porte la date de 1862. Je vous montre le mien qui porte celle de 1608. Les titres vérifiés, vous ne devez pas être surpris si je vous dis : Vous êtes un voleur, qui venez pour vous emparer du bien d'autrui. — Délogez sans retard.

Comprenez-vous maintenant, Mr le colpurteur, pourquoi

(1) Actes, ch. 20, v. 28

j'ai refusé à Mr le ministre le droit de me prêcher l'évangile sans me donner la preuve de sa mission divine, [1 devait done, sous peine d'être mis à la porte, il devait me faire un miracle où me donner Ja date de sa mission évangélique ; n'a fait ni l'un ni l'autre. Je vais done donner la date de sa mission : la voici: 1517 de l'ère chrétienne. La date de Ja mission de mes supérieurs religieux, remonte à l'an 53 de Ja même ère chrétienne, le jour même de la descente du Saint-Esprit sur les apôtres, mon titre de catholique est donc antérieur de toute la longueur de quatorze cent quatre vingt quarre ans et plus, à celui de protestant. Je suis done propriétaire légitime de la foi catholique : je veux la garder.

Quant à mon curé, Je n'ai qu'une chose à savoir, la voici : Est-il envoyé par l’évèque du diocèse auquel j'appartiens ? Il me le prouve par la mission écrite qu'il a de cet évêque. Je ne puis avoir un doute, un seul doute. Il est mon pasteur légitime.

LE MINISTRE, »e pouvant prouver qu'il avait le droit de précher, saute sur un autre sujet: Vos prêtres catholiques, demanda-t-il aux catholiques, disent-ils toujours la messe ?

JEAN-BAPTISTE : Il est bien certain qu'ils la diront encore bien longtemps, car c'est une ‘inde et magnifique chose que la sainte messe !

Le MINISTRE : C'est dommage que cette magnifique chose, comme vous dites, n'ait aucun fondement dans la bible,

JEAN-BAPTISTE : La sainte écriture ne renferme aucun texte qui prouve le samt sacrifice de la messe, dites-vous? Et vous avez été prêtre catholique et vous avez dit la messe? En vérité, vous m'étonnez. Auriez-vous donc eu une conversation avec celui qui prouva au grand docteur Lauther que les messes privées étaient une idolâtrie ?

Je vais donc vous prouver que la bible parle clairement du saint Sacrifice de la messe. Je dis: vous prouver, mais je me trompe; car on ne peut rien prouver à quelqu'un

270 LE PETIT ARSENAT

qui n'admet point de preuves contre sa raison individuelle, mais plutôt, je vais satisfaire toute personne raisonnable qui cherche sincerement la vérité.

La sante écriture nous représente Jésus-Christ comme un agneau tnimolé depuis la création du monde (1). Elle nous le représente encore comme une viime pacifique qui doit étre immolée par le ministère des prétres, jusqu'à ce que l'antechrist fasse cesser Le sacrifice perpétuel, dans FEglise (2),

Comment l'antechrist pourrait-il abolir un sucrifice qui n'existerait pas ? Comment le prophète lappellerait-l pernéluel, Si ne devait pas durer jusqu'à la fin des temps ? De quel autre sacrilice, que celui de Ja messe, peut parler le prophète, lorsque Dieu à rejeté tous les sacrilices qu'on Jui offrait avant sa venue en ce monde (2) 2? Le texte de Malachie confirmera ce que je viens de dire.

LE MINISTRE : Je ne puis adinettre cette explication du texte de Daniel.

JEAN-BAPTISTE : Je vous l'ai dit que vous n'admettriez aucune preuve,

Vous savez, Mr le ministre, ce qu'offrait à Dieu Melchisédech, roi de Nalem., C'était un sacrifice avec du pain el du vin, qu'aucun autre que lui n'offrit jamais dans l’ancienne loi. Mais pourquoi ce sacrilice ? Parce que, vous dit la bible, il était prétre du Très-Haut (4). Or, toutes les choses qui leur arrivalent (aux Juifs), dit seint Paul, étaient des figures ; ‘etelles ont été écrites pour nous servir d'instruction, à “ nous autres qui nous trouvons à la fin des temps (5).? Suivant cette regle de Nt-Paul, le sacrifice qu'offrait Melchisédech ne peut signifier autre chose que le sacrifice de la messe, où sont oflerts de pain et du vin, par le ministcre des prétres du Très-Iaut.

Saint Paul, dans son Epitre aux Hébreux (6) nous dit que Jésus-Christ est prètre pour loujours selon l'ordre de “ Melchisédech. ” Or, Jésus-Christ ne peut être appelé

(1) Apoe, ch. 13, v. 8. (2) Daniel, ch. 8, v. 11. (3) Héb. ch. 10, v. 5, (4) Gencse, eh, 14, v. 18. (5) 1 Cor. ch. 10, v. 11. (6) Ch. 6, v. 6,

DU CATHOTIQUE. 271

prétre selon l'ordre de Melchisédech par le sacrifice qu'il offrit sur la croix, puisqu'alors iloffrit en sacrifice non du pain et du vin, Tüais son corps et son sang. Jésus-Christ doit donc avoir reçu ce litre pour un autre sacrifice que pour celui de la croix.

Ouvrons maintenant l’évangile selon St-Matthieu (1). Or, pendant qu'ils soupaient, Jésus prit du pain, le bénit, Je rompit, et le donna à ses disciples, en disant : prenez “et mangez, ceci est mon corps. Et prenant le calice, il “rendit grâces à Dieu, et il le leur donna, en disant : bu- “vez-en tous ; car ceci est mon sang de la nouvelle alli- “ance, qui sera répandu pour plusieurs...” Voilà donc Jésus-Christ qui justifie le titre que lui donne saint Paul, en offrant le sacrifice de la divine victime selon l’ordre de Melchisédech, sous les espèces du pain et du vin.

Remarquons que saint Paul ne dit pas seulement qu'il est prélre selon l'ordre de Melchisédech, mais qu'il l'est pour toujours. Or, comment serait-il prélre pour toujours, si ce sacrifice n'était offert qu'une seule fois? Voilà pourquoi ayant lui-même offert, une fois, ce sacrifice du pain et du vin, il dit à ceux qu'il allait envoyer comme son Père l'avail envoyé : Æuiles ceci en mémoire de moi, c'est-à-dire, je vous établis prêtres pour continuer 6e sacrifice que je viens d'offrir selon l'ordre de Melchisédech, afin de rappeler aux hommes le sacerdoce que j'ai reçu pour toujours. Voilà, je crois, ce qui explique la translation du sacerdoce dont parle saint Paul, dans son Epitre aux Hébreux (2).

L'explication que je viens de donner, va recevoir une pleine confirmation de la célèbre prophétie de Malachie (2), La voici : “ Car depuis le lever du soleil jusqu'au conchant, “ mon Nom est grand parmi les nations ; et l'on me sacrifie “en lout lieu et l'on offre à mon Nom unevblation toute pure; pa: e-

(1) Ch. 26. (2) Ch. 7, v. 12. Ce qui veut dire qu? de la funille d'Auron, premier grand-prêtre de l’ancien sacerdoce où sacerdoce des Juifs, il a été transféré dans La famille de Juda d’où descendit Jésus-Christ, le grand prétre du nouveau sacerdoce ou du sacerdoce chrétien. (3) Ch. 1, v. 11.

“ que mon Nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur “ des armées. ?

Cette prédiction ne peut regarder le sacrifice de la croix, puisqu'il n'a été oflert qu'une seule fois et dans un seul lieu. Or, ce sacrifice, contenant une oblalion toute pure, doit être offert ex tout lieu.

On ne peut, non plus, l'entendre des sacrifices judaïques, puisqu'il est prouvé que Dieu les a rejetés.

On est donc inévitablement forcé d'admettre le dogme catholique du saint sacrifice de Ia messe, où cette oblation toute pure est offerte en tout lien et selon l'ordre de Melchisédech, afin de perpétuer le sacerdoce de Jésus-Christ, selon lordre qu'il en a donné à ses apotres, pendant la cène.

La prédiction du prophète Jérémie (1), va nous fournir une nouvelle preuve de la doctrine catholique.

Parlant du règne du Messie (or, ce règne ne finira en ce monde qu’à la fin des temps, et regni cjus non erit finis), il nous annonce que pendant tout son regne, on ne verra jamais la race des prêtres manquer d’un homme pour offrir des holocaustes et allumer le feu du sacrifice (quelle remarquable expression !) dans tous les temps. Qui ne verrait, encore ici, désigné la victime de la charité divine oflerte sur l'autel, pour entretenir sur la terre le feu divin que Jésus-Christ est venu apporter et qu'il désire si ardemment voir s'allumer dans tous les cœurs (2).

LE MINISTRE, sur le visage duquel semble apparaître quelque trouble au souvenir, sans doute, de ce qu'il était autrefois : Vous perdez votre temps en essayant de me prouver votre dogme de la messe, dont j'ai reconnu la fausseté depuis que j'ai quitté votre Eglise. Je ne vois pas d'ailleurs que les apôtres aier.i cntendu les textes que vous citez, comme vous les entendez et surtout, qu'ils aient dit ln messe,

JEAN-BAPTISTE : Avant de vous répondre.je dois vous faire ronmarquer 1e que pour que votre objection fut recevable, 51 vous faudrait me prouver que les apôtres, ou leurs disciples

(1) Ch. 35, v.18. (2) Luc, ch. 12, v. 46.

DU CATHOTIQUE. 273

ont écrit tout ce qu'il fallait croire on faire ; 2 il faudrait encore prouver que les apôtres n'écrivaient pas seulement pour ceux qui connaissaient parfitement ce qu'il fallait croire, sur le sujet que nous discutons. Il n'était done nullement nécessaire qu'ils entrassent dans des détails et des explications qui devaient nécessairement trouver place dans les instructions qu'ils donnaient de vive voix, ee qui était le but direct de leur mission auprès des hommes : “ Allez... “ instruisez toutes les nations, leur apprenant à observer “tout ce que je vous ai commandé. ”

Je vous ferai remarquer, de plus, qu'ils devaient écrire avec la plus grande réserve sur des mystères ineflables, comme ceux-ci, parce qu'il était à craindre que leurs écrits ne tombassent entre les mains des Juifs et des infidèles,qui en eussent pris une occasion de scandale,comme saint Paul nous dit de sa prédication : “ Pour nous, dit l’apôtre, “nous prêchons Jésus-Christ crucifié,qui estun sujet de scan- “ dale pour les Juifs, et une folie pour les gentils (1). ” Or, si la seule prédication du erucifiement de Jésus-Christ était un scandale pour les infidèles, qu'eusse été celui de dévoiler les saints mystères ? Aussi le divin Maître leur avait-il donné ce commandement : “ Grardez-vous de donner les “ choses saintes aux chiens, et ne jetez point vos perles de- “ vant les pourceaux (2). ”

Cependant, malgré la réserve dont ils devaient user, en écrivant sur ce sujet, ils en disent suffisamment pour nous aider à connaître la vérité pour celui qui la cherche avec un cœur droit. Nous allons nous en convaincre.

“ Car tout pontife, étant pris parmi les hommes, est éta- “bli pour les hommes, ex ce qui rexarde le culle de Dieu, afin “ qu'il offre des dons et des sacrifices pour les péchés.” (voilà, presque mot pour mot, ce que Jérémie avait annoncé devoir se faire sous le règne du Messi (3).

Où prendrez-vous, à part de l’oblation toute pure qui se fait dans le sacrifice de la messe, ces dons et ces sacrifices que

(1) 1 Cor. ch. 1,v.23. (2) Matt. ch. 7, v. 6. (3) Héb. cu. 5, v. 1.

le pontife, le prêtre, doit offrir à Dieu pour les péchés ? Au verset 2, saint Paul nous dit que le preire, étant lui-même environné d'infirmité, doit offrir le sacriiice pour l’expiation des péchés aussi bien pour lui-mtine, que pour le peuple.

Ce que dit ici saint Paul, se voit, chaque jour, dans l'Eglise catholique ; le prêtre offrant le saint sacrifice de la messeet pour ses propres péchés el pour ceux du peuple.

Allons maintenant au 15° chap. de la même épitre, verset 10, où nous trourerons encore plus de lumière. “Nous avons un autel, dit saint Paul, où les mi- “nistres du tabernacle (les prétres juifs) n'ont pas pouvoir “ de manger. ?

Entendez-vous bien, Mr le ministre ? Les chrétiens ont un autel, et vous, vous n'avez qu'une table ? Est-ce biblique ? Or, un autel demande nécessairement une victime, et cet autel des chrétiens doit avoir une victime à laquelle les chrétiens seuls ont droit de participer, puisque, même les prêtres juils, n’y ont aucun droit. Mais quelle est cette victime ? La voici: Ceci est mon corps: ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, offerts sur l'autel sous les espèces du pain el du vin. selon l'ordre de Melchisédech, par ceux à qui Jésus- Christ a dit: Files ceci en mémoire de moi.

Dans sa première épître aux Corinthiens (1), saint Paul va encore nous offrir une autre preuve de ce sacrifice, offert sur l'autel des chrétiens. ‘ N'est-il pas vrai, dit-il, que le “ Culice de bénédiction que nous bénissons est la communion “ du sang de Jésus-Christ : et le paix aue nous rompons, est “Ja communion du corps du Seigneur ? ?

Ces paroles sont-elles assez claires, Mr le ministre ? On communie à la victime qui a été offerte ; or la victime, à laquelle on communie, doit avoir été offerte sur un autel, par un sacrifice. Ne remarquez-vous pas que saint Paul emploie ici, presque mot pour mot, les mêmes paroles dont s'était servi Jésus-Christ pendant la dernière cène #

(1) Ch. 10, v. 16,

Au verset 17, de la même épître et du même chap. saint

Paul dit aux Corinthiens : “ Car nous ne sommes tous en- “semble qu’un seul pain et qu'un seul corps, parce que “ nous participons tous à un même pain.” Et au verset 21 : Vous ne pouvez participer à la table du Seigneur et à la “table des démons. ” Et encore au verset précédent : “ Vous ne pouvez boire le calice du Seigneur et le calice des démons. ” “ On voit, dans tout ce passage, dit Mgr Baillargeon, que l'apôtre compare l'autel des chrétiens, la victime qu'ils y ‘oflrent, les effets et les caractères de cette oblation, avec les autels, les victimes et les sacrifices des Juifs et des gentils: ce qu'il n'aurait pu faire, si les chrétiens n'avaient “ aussi leur autel, leur victime et leur sacrifice véritable et proprement dit. ”

Le MINISTRE, l'interrompant : Tout ce que vous venez de me dire ne saurait faire la moindre impression sur ma raison, parce que la doctrine, que vous soutenez ici, est pleinement réfutée par le texte suivant de l’épître de saint Paul aux Hébreux (2). Mais Jésus-Christ ayant offert un “ soul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à “ ]a droite de Dieu. ” Jésus-Christ, en mourant sur la croix, a donc fait tout ce qui était nécessaire pour le salut des hommes. Quel besoin avons-nous donc du sacrifice de la messe ?

JEAN-BAPTISTE : Votre objection prouve trop. Car si le texte que vous m'objectez, vaut pour la fin que vous vous proposez, il vaut également contre la médiation de Jésus- Christ qui,dit le même saint Paul : est ressuscité des morts, “ qui est à la droite de Dieu, qui méme intercède pour nous (2).” Il vaut encore cet autre texte de saint Paul: “ Moi, Paul, “ qui me réjouis maintenant dans les maux que je souffre “ pour vous, et qui accomplis dans ma chair ce qui reste a souffrir à Jésus-Christ, en souffrant moi-méme pour son corps “ qui est l'Eglise (3). ” Il vaut enfin contre les sacrements et

ca

(1) Ch. 20, v. 12. (2) Rom. ch. 8, v.34. (3) Coll, ch. 1, v. 24

les autres moyens de sanctification, c'est-à-dire, qu'il n’y a plus rien à faire par nous, pour opérer notre salut, pas méme recevoir le baptème, ni dire un seul mot de prière, Ainsi, j'ai eu raison de vous dire que votre objection prouvait trop, et j'ajoute que, par là même, elle ne prouve rien.

Je crois voit, par votre objection, que vous êtes dans la persuasion que nous enselgnons que le sacrifice de Ja messe éflace les péchés, c’est une erreur. L'Eglise catholique croit que le saint sacrifice de la messe, sans effacer directeinent les péchés, nous obtient les dispositions nécessaires pour en obtenir le pardon par le moyen des sacrements,

Le texte que vous citez, ne veut pas dire autre chose que ceci : Jésus-Christ s’est offert, une seule fois, sur la croix, par un sacrifice sanglant, afin de nous obtenir la rémission de nos péchés. Mais ce sacrilice sanglant de la croix ne peut détruire le sacrifice de la messe, qui n’en est que la commémoration et la continuation, étant offert d'une manière non sanglante, afin que, par le ministère des prêtres de la nouvelle loi, Jésus-Christ soit prêtre pour toujours, selon l’ordre de Melchisédech, et qu'en tout lieu, une victime pure el sans tache soit continuellement offerte à Dieu, selon la prédiction du prophète Malachie.

LE MINISTRE, avec vivacité : On m'avait enseigné toutes ces choses quand j'étais des vôtres, mais en examinant les textes de la bible avec plus d' soin, je me suis aperçu que l'Eglise catholique entendait mal la bible.

JEAN-BAPTISTE : Ïl y a plus de dix-huit cents ans que P£glise catholique étudie la bible ; elle doit par conséquent l'entendre un peu mieux que vous et que ces nouveaux venus auquels vous avez jugé à propos de vous livrer. Et puis, Mr le ministre, vous, le séparé de l'Eglise catholique, avez-vous reçu le privileæe divin qu'elle a reçu de Jésus-Christ, celui d'entendre les Ecritures, selon cette parole de celui qui a parlé par la bouche des prophètes, comme dit le symbole de la Foi: “ Eten même temps il leur

(aux apôtres) ouvrit l'esprit afin qu'ils entendissent les “ Ecritures (1). ”

LE COLPORTEUR, intervenant pour renouveler la discussion qui avait élé commencée la veille, pesdunt lu soirée 2 11 faut avouer, mes amis, que Mrleministreaeu grand raison de se soustraire à la surveillance des évéques, qui sont de vrais tyrans.

JosEPit Lai : Je m'imacine bien que Mr le ministre, dont vous prenez la défense, n'aime pas à la folie les évèéques catholiques qui sont, à l'égard de certains prètres, comme j'en ai connus, Sans aucune miséricorde quand, après les avoir avertis à plusieurs reprises, ces messieurs ne veulent pas s'amender et cesser de scandaliser les fidèles, C’est pour cette raison qu'ils crient si haut et si fort contre la tyrannie des évêques. En effet, ce sont des tyrans de la pire espèce, puisqu'ils ne veulent pas souffrir ces brares gens qui sont comimne des loups ravissunts au milica d'un troupeau (2) !

I n'y a pas encore bien longtemps, nous avons eu un exemple remarquable de cette tyrannie dans un évèque contre wx bien digue prélre suspendu et excommunié, je ne sais combien de fois, et qui a crié à fendre la tête contre le courageux évêque qui avait chassé ce gros loup de sa ber verle.

LE CoLPoRTEUR : Après tout, les évêques ne sont que des hommes, et saint Paul n'a-t-il pas dit: * Vous avez été “ rachetés d'un grand prix ; ne vous rendez pas esclaves “ des hommes (3). ”

JOsEPH LAMI : parait que vous avez été l'écolier d'un fameux comédien, qui a fait beaucoup de bruit et s'est beau coup remué pour finir par tomber bien bas, car vous avez adopté le texte qu'il a promené dans ure grande partie de l'Union araéricaine, pour persuader aux protestants que cette sentence lui avait été indiquée, par révélation, pour

(1) Lue, ch. 24, v. 45. Voyez à l'Appendice, 29. (2) Actes, ch. 20, v. 29. (3) L Cor. ch. 7, v. 23,

l'obliger à se séparer de l'Eglise catholique, pendant qu'il est de notoriété publique que c'est son évéque qui l'avait mis à la porte.

Et vous, Mr le colporteur, vous concluez,de ce texte de saint Paul, qu'un prètre ne doit pas obéissance à son évéque, que le méme saint Paul nous dit avoir été établi par l'Esprit Saint pour gouverner l'Egiise de Dieu (1)? Je pourrais conclure, avec aussi peu de bon sens et malgré le 4: commandement de Dieu : “ Père et mère tu honoreras, afin de vivre “longuement, ” qu'un enfant ne doit pas obéir à ses père et mère, parce que ce sont des créatures humaines, des hom” mes enfin.

Vous n'avez donc pas le bon sens de comprendre ce qu'a voulu dire saint Paul par ces paroles : “ Ne vous rendez pas “esclaves des hommes ? ” Je vais donc vous le dire ; ne vous en offensez pas.

L'apôtre saint Paui a voulu dire de ne jamais soumettre sa conscience à cette race d'hommes dont saint Pierre a dit: “Ils ont quitté le droit chemin, et se sont égarés en suivant “Ja voie de Balaamn, fils de Bosor, qui aima la récompense de son iniquité (2). St-Paul, a encore voulu dire qu'il ne faut jamais se laisser conduire, dans l'affaire du salut, par ceux “ qui promettent la liberté, quoiqu'eux-mêmes soient es- “ claves de la corruption ; car quiconque est vaincu, est “ l’esclave de celui qui l’a vaincu (même épitre).” Naint Paul veut dire: qu'il ne faut jamais écouter ceux qui courent les maisons pour imposer aux autres leur auwlorite toute humaine, leurs opinions humaines, leurs erreurs contre la foi, qui n’écoutent plus l'Eglise et que saint Jean nous fait connaître, par ces paroles : “ Celui qui connait ‘ Dieu nous écoute ; celui qui n'est point de Dieu ne nous écoute “ point ; c’est par là que nous connaissons l'esprit de vérité “et l'esprit d'erreur (3). ” Enfin saint Paul a voulu dire de ne jamais se faire les disciples de ceux dont saint Pierre

(1) Actes, ch. 20, v.28. (2) II Pierre, ch. 2, v.15. (3) I Jean, ch. 4, v. 6.

a dit (i): “Il eut été meilleur pour eux de n'avoir pas “ connu la voie de la justice, que de retourner en arriere “après l'avoir connue, et d'abandonner la loi sainte qui leur “ avait été donnée, ”

Au reste, monsieur, je vous dirai que celui-là seul est eselave qui courbe sa tête et son àme sous l'autorité qui n'est point légitime, au contraire, on est libre, de ia liberté qui convient à la créature humaine, quand on se soumet à l'autorité légitime. Voilà ce que vous devriez savoir.

Le MINISTRE, qui sent que les textes cités par Lami le eriblent, comme les balles font de la cible, S'empresse de changer de sujet et demande à Jean-Baptiste : Me diriez-vous si le Pape de Rome et les évêques accordent encore ce qu'ils appellent des #ndulgences ? Car c'est un abus criant que cette pratique de l'Eglise cathoïïque.

JEAN-Baprists: J'espère bien qu'ils continueront toujours à en accorder, afin d'aider les pauvres mortels à acquitter leurs immenses dettes envers la justice divine.

Cette charité chrétienne qu'ont le Tape et les évéques envers les pécheurs, vous l’'appelez un abus criant : nous allons voir si vous avez raison.

Avant tout, je dois vous demander si Jésus-Christ, pendant qu’il était sur la terre, avait le pouvoir d'accorder des indulsences ?

Le MinisTRE : Cette question m'est injurieuse ; car vous ne pouvez ignorer que je dois savoir que l'homme-Jieu pouvait remettre les dettes contractées envers la justice de Dieu.

JEAN-BAPTISTE : Je vous remercie de votre aveu, dont je rais me servir pour prouver, contre vous, que le Pape et les évêques peuvent accorder des irduigences.

Nous sommes donc d'accord sur ce fait : Jésus-Christ pouvait accorder des érdulgences. Or, je soutiens que si Jésus-Christ avait ce pouvoir, les apôtres et leurs légitimes suceesseurs doivent aussi l'avoir.

(1) I Picrre, ch. 2, v. 21,

LE MINISTRE : Je nie la conséquence que vous tirez de l'aveu que je vous ai fait ; par la raison que si Jésus-Christ avait nn tel pouvoir, il ne s'ensuit pas que les apôtres devaient l'avoir,

JEAN-BAPTISTE : Je maintiens ma conséquence, et je vais la prouver; veuillez m'écouter avec attention.

“ Tout pouvoir m'a été donné dans le Ciel et sur la ter- “re (1), ” a dit Jésus-Christ. Iemarquez bien ces paroles, Or, voici maintenant ce qu'il a dit à ses apôtres, avant de les envoyer continuer l'œuvre du salut des hommes : “ Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie de mé- ‘“ me (2). ”

Voici la conséquence qui résulte de ces deux textes : Les envoyés de Jésus-Christ, en tout ce qui regarde le salut et la sanctilication des homnaes, la grâce exceptée, ont donc certainement le pouvoir de faire et d'accorder tout ce que Jésus-Christ pouvait faire et accorder, Vous êtes convenu que le Dieu-homme pouvait accorder des indulgerces et, en effet, il er a accordé une plénière à l’un des larrons crucifiés à ses côtés, par ces paroles :

“ Et Jésus lui dit : Je vous le dis en vérité : vous serez “ aujourd'hui avec moi dans le paradis (3) : ” ce pouvoir est donc essentiellement renfermé dans ceux donnés aux apotres et, par conséquent, à leurs successeurs légitimes, avec lesquels Jésus-Christ a promis d’être, tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles (4). Les apôtres et leurs successeurs ont donc, pour l'œuvre qui est le but essentiel de leur mission, les mêmes pouvoirs qu'avait Jésus-Christ : “ comme mon Père m'aenvoyé, je vous envoie de même (5)." Ils ont donc et le pouvoir de pardonner les péchés et ce: lui de remettre la peine due à la justice de Dieu, après que le péché a été pardonné ; ils peuvent donc accorder des ÿ#dulgences ?

J'ai déjà prouvé que les envoyés de Jésus-Christ, tels que

(1) Matt. ch. 28, v. 18. (2) Jean, ch. 20, v. 21. (3) Luc, ch. 23, v. 43. (4) Matt. ch. 28, v. 20, (5) Jean, ch. 20, v. 21. ‘

DU CATHOTIQUE. 281

le Pape et les évêques, successeurs des apôtres, avaient le pouvoir de remettre les péchés, c'est-à-dire, le pouvoir de remettre la peine éternelle due pour le péché ; or qui peut plus, peut moins. Si donc les apôtres et leurs successeurs ont le pouvoir de remettre aux pécheurs /a peine élernelle, ils ont, à bien plus forte raison, celui de remettre la peine temporelle due au péché : Ils peuvent donc accorder des indulgences, qui ne sont que la remise de la peine temporelle due pour le péché.

Ces preuves du pouvoir qu'a l'Eglise d'accorder des indulgences, pourraient suflire pour convaincre tout homme qui cherche la vérité, sans prévention contre la doctrine catholique ; mais, avec vous, messieurs, il faut peut-être quelque chose de plus : aussi je ne suis pas à bout de preuves ; veuillez m'écouter, encore un moment.

St-Pierre venait de confesser la divinité de Jésus-Christ, par ces paroles que l'univers chrétien répètera jusqu’à la fin des temps: “ Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant (1). Jésus-Christ, après lui avoir annoncé qu'ilsera comme la pierre visible sur laquelle il bâtira son Eglise, lui adressa ces paroles : “Je vous donnerai les e/efs du royaume des cieux, “et tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel ; “et tout ce que vous délierez sur la terre, scra délié dans le “ciel (2). ” Je vous prie de vous souvenir que (3) Jésus-Christ avait donné à tous les apôtres, y compris saint Pierre, le même pouvoir de ler et de délier.

Remarquez qu'à saint Pierre seul sont confiées les chefs du royaume des cieux. Or, celui qui a les clefs a, par là méme, le droit d'ouvrir et de faire entrer. Mais c’est une doctrine de l'Eglise catholique (que je prouverai, par la bible, si vous le désirez ) qu'après le péché pardonné, il reste ordinairement une peine à subir, en ce monde ou en l'autre, avant d'entrer dans lo ciel, où rien de souiller ne peut pénétrer (4). Cependant, en vertu des paroles de Jésus-Christ,

(1) Matt. ch. 16, v. 16. (2) Matt. ch.16, v. 19 (3) Matt. ch. 18, v. 18. (4) Apoc. ch. 21, v. 27.

saint Pierre a les clefs du ciel ; donc il peuten ouvrir la porte: mais les peines, dues pour le péché remis, empêchent d'y entrer: donc, St-Pierre et ses successeurs peuvent accorder la remise de ces peines et ouvrir ainsi le ciel,

Si cette conséquence, tirée du pouvoir des clefs, ne vous satisfaisait pas, en voici une autre que vous ne pouvez refuser d'accepter.

Par le pouvoir de lier et de délier, et sur la terre et dans le ciel, les apôtres et leurs successeurs ont évidemment le droit d'imposer des châtiments et des pénitences, c’est-à-dire de lier les consciences ; or, c'est un axiome reçu, que l'autorité qui a le droit de faire une loi ou d'imposer une peine, a aussi le droit d'abolir cette loi ou de remettre cette peine; d'où je conclus que si le Pape et les évêques, successeurs des apôtres, ont le pouvoir d'imposer des pénitences ou de lier les consciences, ils ont également le pouvoir de remettre ces pénitences et, par là, de délier les consciences. Or, une indulgence est la remise de la peine imposée en vertu du pouvoir de lier. Le Pape et les évêques peuvent donc accorder des indulgences ?

Le MINISTRE : Vous entendez ces textes dans le sens catholique. Or, nous n’en voulons pas. Prouvez-moi, par la bible, que les apôtres ont usé du pouvoir d'accorder des indulgences ; car c'est de la bible seule que j'entends recevoir des preuves.

JEAN-BAPTISTE : N'est-ce pas de la bible que j'ai pris les textes qui m'ont servi à prouver la doctrine catholique des indulgences ? … Mais vous rejetez l'interprétation que je donne à ces textes. C’est votre affaire, monsieur. Je ne puis que vous dire : Tunt pis pour vous.

Vous exigez là preuve que les apôtres ont usé de ce pouvoir ? … Je vais vous satisfaire ,

Ouvrons donc la bible (1).

Saint Paul est informé qu’un des chrétiens de cette ville a commis un crime énorme, inoui, même parmi les infidèles ;

(1) I Cor. ch. 6, v. 8-4-5,

il faut un châtiment ; l’apôtre a le pouvoir de châtier, c'està-dire, de lier le coupable ; il va en user pour le bien de l'Eglise : “ Pour moi, écrit-il, étant absent de corps, mais pré- “ sent en esprit, j'ai déjà porté comme présent ce jugement “ contre celui qui a fait une telle action ; qui es, que vous “et mon esprit étant assemblés au nom de notre Seigneur “ Jésus-Christ, cet homme-là soit, par la puissance de notre Sei- “ gneur Jésus, livré à Satan, pour mortifier la chair, afin “ que son âme soit sauvée au jour de notre Seigneur. ”?

Par le pouvoir de lier que l'apôtre a reçu de Jésus-Christ, voilà le coupable livré à Satan, “ c'est-à-dire excommunié et “retranché de l'Eglise. Saint Paul nous dit qu'il l'a livré ‘à Satan, pour nous apprendre que cet excommunié, étant “ privé de tous les secours qu’on trouve dans la société des “ fidèles, demeure exposé à toute la fareur des démons (1).”

Allons maintenant au chap. 2, de la II épître aux mêmes Corinthiens (2).

Saint Paul apprend que le pécheur, qu'il avait livré à Satan, était en proie à une douieur sans bornes, à cause du crime qu'il avait commis.— Les fidèles de Corinthe, touchés de compassion par le repentir et les larmes de cet homme, intercèdent pour lui auprès de saint Paul, qui leur répond : “ C’est assez pour celui qui est coupable qu'il ait “ subi la correction qui lui a été faite par plusieurs ; et vous “devez plutôt le traiter maintenant avec indulgence et le con- “ soler, de peur qu'il ne soit accablé par un excès de tris. ‘“‘tesse, C’est pourquoi je vous prie de lui donner des preu: “ves effectives de votre chanté... ce que vous accordez ë “quelqu'un par évdulzenre, je l'accorde aussi. Car si j'use moi “méme d'indulgence, j'en use à cause de vous, au nom el en “Ja personne de Jésus-Christ.”

Etes-vous convaincu, maintenant, Mr le ministre du saint évangile ? Est-ce clair que saint Paul accorde, ici, une tx dulgence au pécheur qu'il avait excommunié, ou livré à Sa tan, dans l’épitre précédente ?

(1) Note de Mgr Duillargeon. (2) Versets 6-7-8-10,

284 LE PETIT ARSENAÏ,

Mais avez-vous fait attention qu'il l'avait excommunié au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, et qu'il lui accorde ensuite la remise, ou l'ivdulgenre de la peine qu'il avait infligée, au nom et en la personne de notre Seigneur Jésus ? Estce clair, encore une fois ?

C’est done une vérité, hors de tout doute, qu’en vertu de ces paroles : “Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans “ le ciel ; et tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié “ dans le ciel (1), ” les apôtres et leurs successeurs ont réellement le pouvoir d'infliger des peines, des châtiments et &es pénitences aux coupables et que, en considération de leur repentir, ils ont également le pouvoir de leur accorder la remise ou l’indulgence de ces peines, de ces châtiments et de ces pénitences, agissant en cela toujours au nom el en la personne de notre Seigneur Jésus-Christ.

Je n’ai nul besoin de vous faire remarquer, je pense, que le pouvoir accordé aux apôtres de lier et de délier, n'a pas seulement son effet devant l'Eglise, mais aussi devant Dieu, dans le ciel ; car les textes de saint Matthieu le disent expressément. C’est encore en vertu de ces textes de saint Matthieu que la sainte Eglise a toujours cru que, par le saint sacrifice de la messe et les œuvres satisfactoires, elle avait le pouvoir de soulager les âmes détenues dans le purgatoire.

LE MINISTRE, ne pouvant nier le fait d'une véritable indulgence accordée par saint Paul, croit renverser le pouvoir d'en accorder par deux textes du méme saint Paul. Mais saint Paul, dit-il, dans son épitre aux Romains (2), et dans celle aux Ephésiens (3), ‘* ne nous assure-t-il pas qu'il n’y a point de par- “ don du péché que par la miséricorde de Dieu, et en ver- “ tu des mérites de Jésus-Christ ?” Ce texte détruit complètement le pouvoir d'accorder des indulgences.

JEAN-BAPTISTE : Je viens de vous dire qu'une indulgence n'était que la remise de la peine qui reste ordinairement due après que le péché a été pardonné, et vous venez me citer un texte où il s'agit du pardon des péchés? Il me

(1) Matt. eh. 18, v.18. (2) Ch. 10. (3) Ch. 1, v.7,

fant donc, encore une fois, vous répéter ce que je vous ai déjà dit. Veuillez, cette fois, ouvrir vos oreilles pour entendre (1).

Les indulgences sont la conséquence d'un dogme cathohque qui nous apprend que, apres que le pécheur a reçu le pardon de son péché, ou la remise de la peine éternelle due pour ie péché mortel qu'il avait commis, il reste ordinairement redevable, à Ja justice de Dieu, d’une satisfaction ou punition temporelle qu'il doit subir en ce monde, ou en l'autre, L'indulgcnee lui remet cette satisfaction, en tout ou en partie ; mais jamais l’indulgence n'est accordée pour remettre le péché, pas même le plus léger péché véniel.

D'après cette explication, il est évident que le texte de saint Paul ne détruit nullement le pouvoir d'accorder des indulgences,.

Cependant l'objection que vous venez de faire contre les indulgences et qui est un vrai contresens avec la doctrine de l'Eglise sur cette matière, n’en sera pas moins répétée et offerte à l'ignorance ou aux préjugés de ses ennemis ! !

Il faut, messieurs, ou que vous soyez honteusement ignorants des enseignements de l'Eglise catholique, ou sous l'empire d'une mauvaise foi qui soulève le cœur de dégoût. Je ne sais, mais on dirait que vous avez juré de ne respecter aucune des lois de la justice ou de la conscience, quand il s'agit de nous, ou que vous êtes convaincus que le pro: testantisme est tellement faux et absurde, tellement faible et malade, qu'il s'écroulerait dans l’espace de six mois, si vous ne galvanisiez, sans relâche, ce pauvre paralylique par de continuelles calomnies contre les dogmes, la morale, les pratiques, le clergé et, surtout, le chef auguste de l'Eglise catholique.

LE MINISTRE : Laissez le protestantisme en paix, s1 vous voulez bien, et veuillez plutôt vous justifier de la conséquence immorale qui résulte, chez vous, des indulgences

(1) Matt, ch, 11, v. 15,

qui ne s'accordent que pour exempter les catholiques de toute espèce de contrainte,

JosePH LaMI : Nupposant vraie la fausse conséquence que vous tirez de la pratique des indulgences, ce ne devrait pas être à vous, messieurs, de venir nous accuser de chercher, dans les indulgences, un supplément à l'insuffisance de nos satisfactions, puisque vous faites profession de croire qu'on est tenu à aucune pénitence quelconque, quelque soient les crimes qu'on a commis. “ Pourquoi, vous dirais- “je, voyez-vous une paille dans l'œil de votre frère, lors- “ que vous ne vous apercevez pas d'une poutre qui est “ dans votre œil (1). ”

Ja fausse conséquence que tirent les protestants contre la pratique des indulgences n'est, encore ici, que la suite de leur ignorance de la doctrine catholique. Sachez donc, une bonne fois, que les indulgences n'exemptent jamais de l'obligation de faire pénitence, de confesser ses péchés, d'y renoncer sincèrement et de se corriger. Elles n'ont jamais eu pour but d'autoriser le coupable à ne pas accomplir fidèlement la pénitence imposée par le confesseur; jamais elles n’ont exempté personne d’une restitution ou d’une réparation qui devait être faite. “ L'objet des indulgences, “ dit Bergier, fut toujours de suppléer à des pénitences “ omises, mal accomplies, ou trop légères, en égard à l’é- “ normité des fautes. ”

Il est donc faux de dire que les indulgences exemptent les catholiques de toute contrainte puisque, pour les gagner, il faut être vraiment pénilent (2).

Le CorrorTEUR : Nous avons grandement raison d’accuser l'Eglise catholique, pour ses abus. En voici encore un exemple. N'’est-il pas vrai que, chez les catholiques, il faut sans cesse avoir de l'argent à la main, pour faire sa religion ? Vous voyez, au contraire, que nous n’en demandons jamais à ceux qui se rangent de notre côté.

JosePpx LAMI : Vous êtes vraiment plaisant, Mr le col-

(1) Matt.ch 7, v.8, (2) Voyez à l'Appendice, 30.

porteur ! et,ce qui est infiniment aimable de votre part, c'est que vous veniez apprendre à des catholiques qu'ils ont constamment besoin d'argent pour faire leur religion, comme s'ils ne devaient pas en savoir quelque chose ! !... Par pitié pour votre ignorance, je vais vous expliquer comment se font les choses chez les catholiques du Canada.

I n'y a qu'un sevl cas où l’on doive donner quelque argent ; c'est lorsqu'on se marie. Et, par malheur pour vous, on n’a jamais cru que l’action de se marier faisait partie de ce qu'on entend par faire sa religion. À part cette minime aumône, qui ne se donne le plus souvent qu'une seule fois pendant la vie, je vous apprendrai qu'il n'existe aucun antre cas, où l'on soit obligé de donner de l'argent pour faire sa religion, comme vous venez de nous l'apprendre. On peut donc, chez les catholiques, aller à la messe, à confesse, au catéchisme, à la communion, même dans le temps des pâques, £t tout ceci doit s'appeler faire sa religion, sans avoir de l'argent à la main. Ce que vous venez de dire, n’est donc, comme toujours, qu'une belle petite calomnie protestante contre le clergé catholique.

LE COLPORTEUR : Mais vois ne pouvez nier que vos prêtres ne se fassent payer pour dire la messe ?

Joserx LaMI: Vous vous trompez, encore ici, Mr le colporteur : je vais encore vous expliquer ce que vous ignorez.

Suivant les lois de l'Eglise, les curés sont obligés de dire la messe pour leurs paroissiens, les dimanches et les fêtes d'obligations, sans exiger aucune rétribution. Ils sont soumis à cette chligation pour au delà de soixante jours, chaque année. Quant aux autres jours de l’année, ils ne sont pas tenus de la dire.

Ils sont alors parfaitement libres d'appliquer ie fruit du saint sacrifice de la messe aux personnes qui désirent se procurer cet inestimable avantage, moyennant une légère aumône, autorisée par ces paroles de saint Paul : “ Ceux “ qui servent à l'autel, doivent vivre de l'autel, comme Dieu

“ a ordonné que ceux qui annoncent l'évangile, vivent de “ l'évangile (1). ”

Le CorporTEUR : Mais vos curés se font payer la dime par leurs paroissiens.…

Josgpn LaMi : Par commisération pour vos coreligionnaires, les Rév. évêques et ministres protestants d’Angieterre et d'Irlande et, en particulier, pour le très célèbre lord Plunket, vous n'auriez pas dû mettre, sur le tapis, cette question de la dime, puisqu'il est notoire que le clergé protestant, sans avoir l'ombre même d'un droit, exige rigoureusement la dime du peuple catholique de l'Irlande, depuis au delà de trois cents ans.

C'est ce que l'Evangile appelle voir une paille dans l'œil de son frère et ne pas voir une grosse pouire qu'on a dans le sien (2).

Quand, an contraire, des catholiques paient la dîme à leurs curés, loin d'avoir quelque chose d'odieux, cette manière de subvenir aux besoins temporels des ministres de Dieu, n'a rien que d'honorable, suivant ces paroles de saint Paul : “ Que celui que l'on instruit dans les choses “ de la foi, assiste de ses biens en toutes manières celui qui “ l'instruit (3). ”

La dime est le seul revenu fixe des curés, en Canada. Les curés y ont droit et par les lois ecclésiastiques et par les lois civiles du pays. Il n'y a, par conséquent, aucune raison de les blâmer sous ce rapport.

Ceux qui voudront y réfléchir sans prévention, se convaincront que cette manière d'assister *“ ceux qui instrui- “ sent les peuples dans les choses de la foi, ” est parfaite. ment en harmonie avec l'esprit du christianisme. Car, par le moyen de la dîme, les paroissiens fournissent aux besoins de leurs pasteurs. Par la dîme, le curé partage inévitablement le sort de ses paroissiens, ou de sa famille religieuse. Si la famille est dans l’abondance, le père de la famille est aussi dans l’abondance, si au contraire la famille est pauvre

() I Cor. ch, 9, v. 15-14. (2) Matt. ch.7, v. 3. (3) Gal. ch. 6, v. 6.

ou affligée par des mauvaises récoltes, le pasteur subit invariablement le sort de sa famille. Parmi ses enfants, ceux qui récoltent beaucoup, donnent beaucoup ; ceux qui récoltent peu, donnent peu, comme Tobie le conseillait à son fils : “Si vous avez beaucoup de biens, donnez beaucoup ; “ si vous en avez peu, donnez de ce peu même, d'un bon “6 cœur (1). ”

C’est par ce moyen que l'égalité, quant aux moyens de subsistance, est parfaite entre le pasteur et l’ensemble de ses brebis.

Nous allons voir maintenant comment saint Paul considère l'œuvre des fidèles qui soutiennent la vie temporelle de celui qui, jour et nuit, se sacrifie pour leur bien spirituel.

“ N'avons-nous pas droit, dit l’Apôtre, dans sa I Epitre “ aux Corinthiens (2), d’être nourris 4 vos dépens 2. Qui “est-ce qui va jamais à la guerre à ses dépens ? Qui est-ce “ qui plante une vigne, et n’en mange point du fruit ? ou “ qui est celui qui mène paître un troupeau, et n’en mange “ poiné du lait ? Ce que je dis ici n'est-il qu’un raisonne- “ ment humain ? la loi même ne le dit-elle pas aussi? Car “il est écrit dans la loi de Moïse : vous ne tiendrez point “ Ja bouche liée au bœuf qui foule les grains. Dieu se met- “ ji en peine de ce qui regarde les bœufs ? Et n'est-ce pas “ plutôt pour nous-mêmes qu'il a fait cette ordonnance ? ‘ Oui, sans doute, c’est pour nous aue cela a été écrit. En “ etfet, celui qui laboure, doit labourer avec espérance de “ parliciper aux fruits de la terre, et aussi celui qui bat le grain, “ doit le faire avec l'espérance d'y avoir part. Si donc nous “ avons semé parmi vous des biens spiriluels, est-ce une grande “ chose que nous receuillions un peu de vos biens temporels ? ”

“ Or vous savez, dit-il encore (3), mes frères de Philippe, “que, après avoir commencé à vous prêcher l’évangile, “ayant depuis quitté la Macédoine, nulle autre église ne m'a “ fait part de ses biens, et que je n'ai rien reçu que de vous

(1) Ch. 4,v.9. (2) Ch.9, v.4 (3) Phil. ch. 4. 19

“ seuls, qui m'avez envoyé deux fois à Thessalonique de quoi satisfaire à mes besoins. Ce n'est point que je désire vos dons, mais je désire le fruit que vous en tirez (notez bien ceci), qui augmentera le compte que Dieu tient de ros bon- “nes œuvres. Orj'ai maintenant tout ce que vous m'avez “envoyé, e/ je suis dans l'abondance. Je suis rempli de vos “ bien. que j'ai reçus par Epaphrodite, comme une oblation d'agréable odeur, une hostie que Dieu accepte et qui lui est agré- “ able. Je souhaite que mon Dieu, selon les richesses de sa “ bonté, remplisse tous vos besoins, et vous donne encore sa gloire par Jésus-Christ. ” | De ces paroles tirées de l'épitre aux Corinthiens et de celle aux Philippiens, on conclut que les fidèles sont obligés de pourvoir aux besoins temporels de leurs pasteurs ; c'est l'ordonnance du Seigneur. Aussi Jésus-Christ disaitil à ses disciples lorsqu'il les envoyait instruire le peuple : “ Ne portez ni bourse, ni sac, ni souliers. Et demeurez en “ Ja même maison, mangeant et buvant ce qu'il y a chez ‘“ eux, car l'ouvrier mérite sa récompense (1). ” Quand, plus tard, Jésus-Christ leur demandait : “ Quand je vous ai en- “ voyés sans bourse, sans sac et sans souliers, avez-vous “ manqué de quelque chose ? De rien, dirent-ils (2).” Voilà pourquoi saint Paul n'hésite pas à &ire aux fidèles : “ Ki “ donc nous avons semé parmi vous des biens spirituels, “ est-ce une grande chose que nous recueillions un peu de “ vos biens temporels ? ”

se conclus, de ces paroles, que si vous vous vantez de ne rien exiger de ceux que vous prétendez être vos ouailles, c'est vous vanter de ne pas suivre la bible. J'ajoute que le protestantisme, qui ne comprend rien dans les choses le Dieu, prive par là le peuple d’une source de bénédictions, si toutefois je puis parler de la sorte, eu égard à la position qu'il s’est faite dans le christianisme. Je vais le faire voir aux catholiques.

Dans la citation de l’Epitre aux Philippiens, on voit que

(1) Lac, ch. 10, v. 4-7, (2) Luce, ch 92, v. 35.

cette redevance, déjà si belle par elle-même, puisqu'elie offre la touchante image d'une famille qui pourvoit aux besoins temporels de celui qui porte à son égard le doux nom de père, est une source abondante de bénédictions célestes, Saint Paul l'appelle “ une oblation d'une excellente “ odeur, une hostie que Dieu accepte et qui lui est agréable. ”

Jésus-Christ nous dit : ‘“ Donnez et on vous donnera : “ donnée abondamment, et on versera dans votre sein une bon- “ ne mesure, bien pressée et entassée, qui se répandra par- “ dessus les bords ; car on se servira envers vous de la “ même mesure dont vous vous serez servis envers les au- “tres (1).” C'est pourquoi saint Paul ajoute ces remarquables paroles : “ Je souhaite que mon Dieu, selon les riches- “ses de sa bonté, remplisse tous vos besoins, et vous donne “encore sa gloire par Jésus-Christ. ” La redevance, que paient les fidèles à leurs curés, est donc une source de bénédictio..s même temporelles.

Quant à vous, messieurs, qui faites les désintéressés et qui vous vantez de ne rien exiger de ceux qui vous suivent, votre prétendu désintéressement et vos déclarations ne trompent point les hommes clairvoyants, qui vous connaissent, On sait que cette manière d’agir n’est, de votre part, qu'une ruse pour rendre odieux au peuple le clergé catholique, faire crier contre lui les catholiques avares et qui regrettent toujours ce qu'ils donnent à leurs curés, et faire passer dans vos rangs quelques pauvres dupes qui ont l’ingénuité de croire à votre prétendu désintéressement apostolique.

On conraît, messieurs, les sources d’où vous tirez votre bien-être et ce qu'il faut pour acheter des apostasies. Vous êtes des pensionnaires presque toujours largement payés par les sociétés bibliques qui prodiguent leur argent pour payer les voyages, les impressions des bibles protestantes, le colportage, et même ce qu'il faut pour chaque âme qu'on. achète par le moyen des petits et grands présents,

(1) Luc, ch. 6, v. 88

292 LE PENIT ARSENAL

des habillements, des couvertures, du bois de chauffage, du pain, de la viande, de la sonpe, &e., &c.

LE MINISTRE, fort irrité : Sachez que nous n’achetons personne.

Josepx LaM1: Vous l4 dites, monsieur, et je preids acte de votre déclaration, en ajoutant toutefois ces mots : Vous croira qui voudra. Car des malins disent que le prix que coûtent ces bibles et ces tout mignons petits pamphlets que vous distribuez dans nos campagnes n’est pas de l'argent sorti de vos bourses, ni celui que vous donnez quelquetois pour servir de clef pour ouvrir les cœurs. Des gens qui savent quelqu: chose, soupçonnent qu'on vous alloue certains petits extra pour chaque personne apostate, c’est-à-dire : TANT LA PIÈCE !

Quant au commerce des âmes, il est trop tard puur nier ce honteux trafic que se permettent certaines sectes protestantes ; les preuves qu’en ont donné au public monseigneur Malou et monseigneur Rendu, sont incontestables, Cette conduite du protestantisme est maintenant dévoilée, c'est un fait passé dans le domaine de l’histoire du siècle des lumières et du progrès et qui sera appelé par le siècle suivant, le siècle des horreurs, des calomnies et des infamies de tout genre ou plus clairement : le siècle du commerce des mes, et des conciences.

C’est done par le moyen de ce commerce, qu’on aurait le droit d'appeler du nom exécré de celui qui a dit : “ Que “ voulez-vous me donner, et Je vous le livrerai (1), ” c'est par le moyen de ce commerce, qu'on réussit à faire quelques apostasies dans certaines familles pauvres des villes et des campagnes. Vous n'avez pas d’autre moyen de faire des apostats parmi les catholiques. Car ancun catholique n’embrassera jamais votre parti par conviction religieuse, pour la bonne raison que vous ne pouvez donner aux autres ce que vous n'avez point.

Vous niez, ou vous protestez contre la vérité : voilà tour

(1) Matt. ch, 26, v. 15.

votre symbole. “Je crois en moi, et je proteste contre “l'Eglise romaine,” dit Rhorbacher. C'est toute la foi . protestante (1).

Page 1