CHAPITRE XV
Que signifie le mot apostat. — Un protestant, quise fait catholique, est-il nn apostat. — Tradition apostolique.
LE CoLPoRTEUR : Voilà déjà un grand nombre de fois que je vous entends répéter le mot odieux d'apostat ; veuillez donc enfin nous dire ce que vous entendez par ce mot.
JEAN-BAPTISTE: Je vais vous satisfaire, monsieur.
On apelle apostat, que ce mot vous soit odieux où non: tout catholique, prètre ou laique, qui abandonne sa religion pour passer au protestantisme qui, entre nous soit dit, n'est pas une religion, mais le droit ou la biberté d'en chercher une dans la bible, selon les inclinations de son cœur.
LE COLPORTEUR : La signification que vous donnez à ce mot, est une injure gratuite contre tous les catholiques qui passent de notre côté. Je ne puis admettre cette signification. Au contraire, je proteste hautement contre cette dénomination.
JEAN-BAPTISTE : Tranquillisez-vous, monsieur. Ce mot signifie ce qu'il est, et je n'ai, pas plus que vous, le droit d'en changer la signification. L'empereur Julien qui, du catholicisme était passé au paganisme, est le premier, je crois, qui a eu le triste privilège de le voir attaché à son nom.
LE COLPoRTEUR : Pourquoi donnerait-on le nom d'äpostat à celui qui laisse Ja religion catholique pour devenir protestant, plutôt qu’à celui qui, de SRE devient catholique ?
JEAN-BAPTISTE : Monseigneur ia évèque d'Annecy va répondre à votre question. Il va procéder de bas en haut ; il ne vous sera pas difficile de procéder dans le sens inverse. Veuillez écouter attentivement,
(1) Voyez à l'Appendice, 31.
“ Faisons successivement passer un protestant par tous les degrés qui séparent l'incrédule le plus obstiné au croyant le plus docile, et l'on verra que, dans aucun cas, le protestant n'est apostut.
“Avec Strauss, l'un de vos docteurs protestants, et avec mille autres, il nie la révélation ; mais mieux informé, il admet la bible comme un dépôt de la parole de Dieu. Ce changement qui s'opère dans sa foi, en fait-il un apostat ?.… Non.
“ Il admet la création et la chute de l’homme ; mais il repousse la solidarité du genre humain et toutes les suites du péché originel. Mieux informé, il admet que la faute du premier homme est tombée sur tous ses enfants, et à cause de cela, il croit à la nécessité de la rédemption. Jlse sépare des incrédules : il devient un peu plus chrétien ; est-il apostat 2... Non.
“ Il admet l’évangile comme un livreinspiré; mais pour lui, Jésus-Christ n'est qu'un homme supérieur par son génie ou par sa vocation ; il est protestant sacinien. Mieux informé, il reconnait que Jésus-Christ est Fils de Dieu et Dieu lui-même ; il quitte les saciniens et se fait calviniste. Est-il apostat 2... Non. Plus tard, il reconnaît que Jésus- Christ est présent dans l’'Eucharistie ; il abandonne les calvinistes pour s'unir au Luthériens ; est-il apostat pour avoir ajouté un article à sa foi 2. Non. Plus tard encore, gardant toujours la vérité qu'il a découverte, 11 est forcé d’admettre la hiérarchie de l’église, il se fait anglican, cet article nouveau est ajouté à son symbole ; est-il pour cela apostat ?.. Non. Plus tard il admet la rémission des péchés par la confession, il se fait puséiste ; est-il apostat ?.… Non. I] n’admet d’abord que deux sacrements ; mieux informé, il en admet trois, puis quatre, puis cinq, puis six, puis enfin sept. Est-il devenu apostat 2... Non. Car il ajoute à sa foi et n’en retranche rien.
“ Enfin, après avoir reconnu la nécessité des œuvres et quelques autres vérités de détail, il comprend que l'Eglise
dont Jésus-Christ s'était entouré pendant qu'il était sur la terre, devant exister jusqu’à la fin dessiècles, il n’est possible de la retrouver que dans l'Eglise catholique, bâtie sur la pierre solide ; il ajoute ce dernier article à ses croyances et va se jeter aux pieds du Pontiferomain. Est-il apostat? Certainement non. ”
Ainsi, Mr le colporteur, on est convenu d'appeler apostat, celui qui abadonne un plus grand nombre de vérités révélées pour en prendre un moindre ; mais jamais on n’a donné le non d’apostat à celui qui, au lieu d’en diminuer le nombre, l'augmente. On n’a donc jamais appelé apostat le protestant qui se fait catholique, mais seulement le catholique qui devient protestant.
LE COLPORTEUR : C’est une erreur de croire qu'un catholique qui se fait protestant, soit un aposlat, puisqu'en cessant d'être catholique, il prend la bible qui contient tout ce qu'il faut faire et croire.
JEAN-BAPTISTE : Avec sa bible seule, interprétée par sa raison individuelle, il n’aura aucune croyance certaine, infailiible, puisque sa raison est nécessairement incertaine et faillible. Il devra donc suivre le sort du protestantisme qui, ayant à l’origine retenu quelques articles du symbole de la foi, en est venu à ce point qu’un célèbre protestant, . Vinet, a pu dire. “ Qu'il y avait encore des protestants,
‘ mais qu'il n’y avait plus de protestantisme. ”
Supposant (ce qui est impossible) que votre apostat pu démêler toutes les vérités de foi révélées et renfermées dans sa bible tronquée, il ne pourrait se vanter de savoir tout ce qu’il est nécessaire de croire et de faire pour opérer son salut, puisqu'il ne puiserait qu’à une seule source des vérités révelées, la bible, la parole écrite, et qu’il manquerait de la seconde source qui est la Tradition ou la parole de Dieu non écrite.
LE MINISTRE : Vous m'avez annoncé, plus haut, que vous me prouveriez, par la bible, ce que vous appelez la seconde source des vérités révélées, la tradition apostolique. Je vous
avouerai que je croyais un peu à ce prétendu dogme catho: lique quand j'étais avec vous ; mais, depuis que j'ai quitté vos rangs, j'ai reconnu que c'était là une des grandes err: :rs de l'Eglise de Rome. Maintenant je comprends pourquoi les apôtres de la réforme ont fait disparaître cette iniquité catholique de leur symbole.
JEAN-BAPTISTE : Vous ignorez la raison qui a engagé ceux que vous appelez les apôtres de la réforme (quiavaient pour noms, le premier, le doux et chaste Luther; le scond, l’humble et gracieux Calvin, et le troisième, le pieux et mortifié Henry VIII), à rejeter de leur symbole ce que vous appelez la grande iniquité catholique, la tradition apostolique : je vais vous l’apprendre en peu de mots.
La tradition apostolique, toujours vivante dans les écrits des docteurs catholiques et surtout dans les successeurs du bienheureux saint Pierre, était un témoin qu'on ne pouvait ni corrompre, ni tromper et dont il était impossible de falsifier la croyance, parce qu’elle avait des organes vivants et parlants. On résolut donc de s’en débarrasser. Les plus grosses voix crièrent bien fort et bien haut que l’église catholique était pleine de corruption, et que, par conséquent, il fallait regarder son témoignage, celui de ses docteurs et de ses conciles comme non recevables ; et les ingnorants, les vanriens, ceux qui voulaient se marier malgré leurs yœux, &c., &c. trouvèrent bon cet expédient et s'unirent à Luther et compagnie pour crier de toute leur force : à bas la tradition, et, chez eux, la tradition apostolique fut comme non avenue. L'Eglise était sensée morte pour ces braillards. Il ne restait plus que la bible dont on allait faire ce que les bourreaux du crucifié firent de ses vêtements. “ Après qu'ils l’eurent crucifié, ils partagèrent entre eux ses “ vêtements (1), ” et tout fut consommé. La bible, laissé par les auteurs sacrés comme un trésor divin à l'épouse de l’'homme-Dieu, la sainte Eglise catholique, passait, comme
(1) Matt, ch. 27, v. 86.
les vêtements de ce même homme-Dieu, entre les mains de ses ennemis et de ses bourreaux.
Passons maintenant aux preuves qui établissent la seconde source des vérités révêlées par la tradition apostolique. J'omets, pour n'être pas trop long, les témoignages de l’Ancien-Testament qui constatent une tradition orale chez le peuple de Dieu, pour en venir de suite aux preuves que nous fournit le Nouveau-Testament.
Je commence par deux preuves négatives : 1° Nous ne voyons nulle part dans les écrits que nous ont laissés les écrivains sacrés du Nouveau-Testament, que le divin Sauveurait ordonné d'écrire les divins enseignements qu'il avait donnés aux hommes. 2° L'évangile, c'est-à-dire la bonne nouvelle, a été prêchée, crue et pratiquée longtemps avant que la moindre partie du Nouveau-Testament ait été écrite. Je pourrais ajouter que les écrits sacrés n'étaient généralement connus que de ceux auxquels ils étaient adressés et que le premier cathalogue, renfermant tous les livres inspirés, ne date que du III concile de Carthage, de l’an 397. Ce qui prouve que l’église catholique peut s'établir, former ses croyances et se maintenir par la seule prédication des envoyés de Dieu et que, à la rigueur, elle peut se passer de la bible (1).
Passons maintenant à la preuve directe de ce dogme catholique.
1° “Et il y a encore beancoup de choses que Jésus a fai- “tes ; si on les rapportait en détail, je ne crois pas que le ‘“ monde même pût contenir les livres qu’on en écrirait (2). ” Donc, tout ce que Jésus-Christ a fait n’est pas écrit.
2° “ Il faut se souvenir de cette parole que le Seigneur “ Jésus a dite lui-méme, qu'il y a plus de bonheur à donner “ qu’à recevoir, ” dit saint Paul (3). On ne trouve nulle
(1) Il est donc à propos de faire attention que tous les livres bibliques du Nouv. Testament ont été écrits après le milieu du premier siècle de l'ère vulgaire. Ce qui prouve, contre les protestants, que la propagation de l'Evangile a commencé et à continué, pendant une grande partie du premier siècle au moins, sans un mot des écrits que nous avons du Nouv. Testament. (2) Jean, ch. 21, v. 25. (3) Actes oh. 20, v. 86.
part, dans les évangélistes, cette parole que rapporte ici saint Paul. Donc, tout ce que Jésus-Christ a dit ou fait n’est pas écrit dans l’évangile.
30 “ Dès la pointe du jour, il (Jésus) retourna au temple, “et tout le peuple vint à lui; et s'étant assis, il les instrui- “ sait (1).”” Qu'a dit alors Jésus-Christ ? St-Jean ne nous l’a pas appris.
“ Jésus allait par toute la Galilée, enseignant dans les “synagogues, préchant l'évangile du royaume, et guérissant “ toutes les langueurs et toutes les maladies parmi le peu- “ple (2).” Ici encore, l’évangéliste ne nous rapporte pas un mot de ce qu'a dit le divin Sauveur. On peut donc assurer que tout n’a pas été écrit par les évangélistes. Ainsi on ne peut considérer l’évangile ou les évangiles comme des livres complets, mais uniquement comme des abrégés de ce que Jésus-Christ a fait et dit. L'évangile a donc besoin d’un supplément que nous appelons la tradition, que les écrivains catholiques définissent ainsi :
On appelle tradition apostolique les vérités révélées que les apôtres n'ont pas écrites, mais qu'ils ont confiées de vive voix à leurs disciples immédiats. Nous appelons cette träition divine et nous y croyons, comme à la bible, parce que les apôtres n'ont rien enseigné que ce qu'ils avaient appris de Jésus-Christ lui-même, ou par inspiration de l'Esprit-Saint. Ces vérités non écrites nous ont été transmises par les successeurs, ou disciples des apôtres qui, à leur tour, ont enseigné ce qu'ils avaient appris de leurs maitres.
LE MINISTRE : C’est fort aisé de bâtir des systèmes. Mais sachez que je ne suis pas homme à me contenter de paroles vaines ; il me faut des preuves, et de pas d’autres sources que de la bible.
JEAN-BAPTISTE : Je suis heureux de vous entendre dire que vous ne vous contentez pas de vaines paroles. J'étais de la même opinion quand j'ai refusé de croire à votre
(1) Jean, ch. 8, v. 2. (2) Matt. ch, 4, v. 23.
mission de prêcher l'évangile, sur votre seule parole. Voici maintenant mes preuves.
“ Nous vous ordonnons, mes frères, au nom de notre Sei- ‘“ oneur Jésus-Christ, de vous retirer de tous ceux d'entre “vos frères qui se conduisent d'une manière déréglée et non “ selon la tradition et la forme de vie qu'ils ont reçues de “ nous (1).”
“ O Timothée, gardez le dépôt qui vous a été confié, fuyant “ les profanes nouveautés de paroles, et toute doctrine con- “ traire qui porte faussement le nom de science, dont quel- “ ques-uns faisant profession, se sont égarés de la foi (2).”
“ Je vous loue, mes frères, de ce que vous vous souvenez “ de moi en toutes choses, et que vous gardez les traditions “et les règles que je vous ai données (3).”
Saint Paul, dans la même épitre aux Corinthiens (4), après avoir fait plusieurs règlements concernant l'Eucharistie, ajoute : “ Je règlerai les autres choses quand je se- “rai venu. ” On ne trouve nulle part dans les épitres de saint Paul les règlements dont il parle ici. Il faut donc admettre qu'ils ont été donnés de vive voix ou placés dans le dépôt de la Tradition.
Saint Paul écrit à Timothée : “ Quant à vous, demeu- “ rez ferme dans les choses que vous avez apprises ef qui ‘ vous ont été confiées, sachant de qui vous les avez appri- “ ses (5). ” ;
“ Quoique j'eusse plusieurs choses à vous écrire, je n'ai “ pas voulu le faire sur du papier et avec de l'encre, espérant “ vous aller voir et vous entretenir de vive voix, afin que votre “ joie soit pleine et parfaite (6). ”
“ Mes bien-aimés, ayant toujours souhaité avec une “ grande ardeur de vous écrire touchant le salut qui nous “est commun, je m'y trouve maintenant obligé par néces- “ sité pour vous exhorter à combattre pour la foi qui a été une
Q@) II Thess. ch. 3, v. 6. (2) 1 Tim. ch, 6, v.20-21 (3)1 Cor. ch. 11, v. 2. (4) Ch. 11, v. 34. (5) LI Eph. ch, 3, v.14, (6) 11 Jean, v. 12.
‘ fois laissée par tradition aux :aints (1). ”” Remarquez bien ce texte.
“ Propossez-vous pour modèle les saines instructions que vous avez entendues de ma bouche (notez bien), touchant la “foi et la charité qui est en Jésus-Christ. Gardez, par le “ Saint-Esprit qui habite en vous, l'excellent dépôt qui vous a “ élé confié (2). ”
“ C’est pourquoi, mes frères, demeurez fermes et conservez ‘€ Les traditions que vous avez apprises soit par nos paroles, soit par “ notre lettre (3). ” Remarquez que les choses enseignées de vive voix ou données en dépôt par les apôtres, sont mises ici sur le même pied et comme ayant une autorité égale à celles qu'ils mettaient par écrit.
“ Et gardant ce que vous avez appris de moi devant plusieurs témoins, donnez-le en dépôt à des hommes fidèles, qui soient “eux-mêmes capables d'en instruire d'autres (4). ” Ainsi, Timo- “ thée devait enseigner oralement aux autres ce qu’il avait appris lui-même par l’ouie. L'enseignement oral était le moyen ordinaire, régulier, par lequel la parole de Dieu se propageait, et non par la lecture de la bible.
Maintenant, Mr le ministre, je recommande à vos très sérieuses réflexions tous les textes qui nrouvent ce dogme catholique de la tradition apostolique, et surtout le dernier, parce qu'il vous donnera une juste idée de cette tradition ou transmission verbale des choses que nous devons savoir et pratiquer.
Si vous réfléchissez avec une entière bonne foi, vous comprendrez que ce qu'on vous avait appris de la tradition apostolique, quand vous éfiez avec nous, sans étre des vôtres (5), était très véritable, et que vous vous êtes trompé quand, nous ayant quitté, vous avez cru le contraire. (Car je ne crains pas de dire que de toutes les vérités révélées, il n’y en a peut-être pas une qui soit aussi clairement exprimée, dans les livres saints, que celle de cette tradition apostolique.
() Jude, v. 3. (2) 11 Tim. ch. 1, v.13-14. (3) 11 Thess. ch. 2, v. 14, (4) I Tim. ch, 2, v. 2. (5) 1 Jean ch. 2, v. 17.
Le CorrorTEeur : Voilà comme font les catholiques romains: ils violent les commandements de Dieu pour s'attacher à des fradilions humaines, comme Jésus-Christ le reprochait aux pharisiens, en saint Matthieu (1).
Josgr't Lau: Je suis vraiment fâché de vous entendre faire une semblable objection et,si je n'étais pas sous l’impression que vous l'avez ramassée dans une brochure de la plus déshonorante espèce, je vous dirais ou que vous n'avez pas assez d'intelligence pour comprendre les textes que mon ami vient de vous citer, ou que vous êtes de la plus insigne mauvaise foi possible. Je vais vous le faire voir.
Mon ami Jean-Baptiste vous prouve, par une foule de textes clairs et précis, l'origine de cette tradition que nous appelons, si à propos, fradilion apostolique, et vous venez nous dire que Jésus-Christ a condamné, comme humaines, certaines traditions des Juifs. Etes-vous raisonnable ? Etesvous de bonne foi ?
Mais quelles étaient donc ces traditions que Jésus-Christ condamne ? Les voici : Ne point manger sans s'être lavé les mains ; obliger les enfants à donner aux ministres du temple, ce que le quatrième commandement de Dieu leur faisait un devoir de donner à leurs parents pauvres, &e, &c. Nont-ce donc ces erreurs que nous prétendons recevoir par tradition ? Faisons-nous profession d'admettre de semblables folies ? Ce que nous recevons par la voie de cette tradition nous vient-il d'autres personnes que des apôtres eux-mêmes ? Et en révérant ce que cette tradition nous a transmis des enseignements divins donnés de vive voix par les apôtres, révérons-nous la parole des hommes ou celle de Jésus-Christ ou de l’Esprit-Saint, de qui les apôtres l'avaient reçue! Est-ce que * apôtres n'étaient pas aussi croyables quand ils parlais . que quand ils écrivaient ? Estce que les hommes fidèles et dignes de toute confiance auxquels ils confiaient leurs paroles, étaient différents de ceux à qui ils confiaient leurs écrits ? Et si Je crois que ceux à
(1) Ch. 18.
qui ils ont confié leurs écris, ne les ont point changés, pourquoi devrais-je croire que ceux à qui ils ont confié leurs paroles, les auraient changées. Je ne crains même pas de dire que si l’on pouvait avoir une certitude plus grande des vérités consignées dans l'une que dans l’autre source des vérités révélées, la révélation écrite et celle transmise de vive voix par la tradilion, elle serait en faveur de la dernière, puisque nulle part on voit que les écrivains sucrés aient recommandé de garder fidèlement leurs écrits, pendant qu'ils n’ont cessé de prier, de supplier, même par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, de conserver avec la plus grande fidèlité les vérités qu'ils confiaient de vive Voix.
Ainsi, Mr le colporteur, si vous aimettez la bible, ou la parole de Dieu écrite, il vous faut aussi admettre la tradition apostolique, ou la parole de Dieu non écrite, car l’une et l’autre ont la même origine, sont fondées sur la même autorité, présentent les mêmes garanties. Si donc vous niez la tradition apostolique, il vous faut aussi nier la bible.
LE MINISTRE : Mais où trouver ce que vous appelez traditions apostoliques ?
JosEPH LAMt: Dans l'Eglise catholique, monsieur. et dans l'Eglise catholique seule, parce que c'est elle qui a assisté à la première prédication de saint Pierre, après la descente du Saint-Esprit et qui à écouté toutes les paroles et toutes les prédications des apôtres et de leurs disciples immédiats, et ainsi de suite jusqu’à nous (1).