‹ Le petit arsenal du catholique ou Traité élémentaire de controverse [microforme] (volume 2)Chapitre 42 sur 49 · Siècle. Saint Nidoine, évéque de Clermont, dit : “II · texte numérisé non relu

Siècle. Saint Nidoine, évéque de Clermont, dit : “II

n'en est pas du monde comme du président de barreau. * À votre tribunal, celui qui confesse ses crimes est con- * damné, mais celui qui, en se confessant à nous, se confesse à Dieu, est absout (4). ”

Les bornes de cet ouvrage m'obligent de me contenter de citer ces témoignages qui sont plus que suflisants pour démontrer à quiconque ne ferme pas les yeux à la lumière, que le saint Concile de Trente, en définissant que la coniession à toujours été crue nécessaire et pratiquée dans PIS- «lise catholique depuis le commencement, a rendu compte de Ja tradition constante de l'Eglise.

(14) J'opposerai au colporteur, la réponse que le Pape fn- () Liber manu, cap. IV. (2) Serm. 2, in Psal. cap I. (3) Hom. XXVI. (4) Ep. XII, lib. IV.

nocent I faisait aux évéques du Concile de Milève, dont saint Augustin faisait partie. Cette lettre est contre les Pé lagiens.

Quant à cet autre point de la doctrine, que vous nous assurez qu'ils (les Pélisiens) débitent, que “les enfants qui ‘meurent sans avoir reçu le baptéme, ont part à la vie éter- “nelle ; c'est ce qui ne se peut dire sans follie, puisque les ‘Cerfants n'ont point la vie en eux, à moins d'avoir mangé

“Ja chair et bu le sang du Fils de l’homme (1). “ Or, continue le Pape, des-là que Pélage et Céles- “ tins prétendent que les enfants ont part à la vie, “ sans avoir été régénérés, je crois qu'ils veulent €

annéantir le saint baptéme ; puisque c'est le vouloir annéantir, que de soutenir que ces enfants ont, par eux-mcmes, cé que nous croyons qu'on ne saurait leur procurer que par ce satrement. Car si ces gens-là prétendent qu'on ne perd rien à n'étre pas régénérés, il faut donc dal pouss nt leur hardiesse jusqu'à dire que les saintes eaux OÙ nous croyons que la régénération s'opere, ne servent derien, Mais pour faire tomber sous les coups de la vérité, Ja doctrine hnpie de ces pernicieux esprits, nous “n'avons besoin que de cette seule parole de Jésus-Christ : Laissez venir les pelils enfants & moi, et ne les empéchez point ; “car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.” Et de plus, l'autorité d'Origene qui dit que l'usage de baptiser les enfants vient des apôtres. Voici ses p: aroles : “ C'est sans doute de ce péché des enfants que David à dit, cette parole qu nous avons déjà rapportée : Ma mére mn “conçu dans le péen.. Car d'1 reste l’histoire ne rapporte ‘aucun péchés commis pet rsonnellement par la mére de “David. C'est pour ce péché que? Eglise a appris des apôtres “par tradition a donner le bapténe méme aux enfants. Car ces “ hommes (les apôtres) à qui ont été confiés les secrets des ‘mysters divins, savaient bien que le péché ayant souillé “toute la race humaine, personne ne pouvait en étre puri- “fié que par l'eau et le Saint-Esprit. ?

Saint Clément, Pape et mayrtir (2). * Ceux qui osent re “ baptiser les enfants qui ont déjà reçu le sacrement de bupr k “te me, crucilient de nouveau Notre Seigneur, et lui donnent ‘ une seconde fois la mort, se moquent F des choses divi ines, ‘ se font un jeu des choses saintes, fout outrage à l'Is-

(1) On faisait alors communier les petits enfants après qu'ils avaient reçu le baptéme, (2) Lib. VI, cap. 15.

364 LE PETIT ARSENAT

‘ prit-Saint, et profanent le sang du Sauveur ; sont impies ‘envers celui qui a envoyé, envers celui qui a souflert, et ‘envers celui qui a rendu témoignage. Paplisez vos en- * fants dès leur bas age, et élevez-les conformément aux ins- “ tructions de Dieu. Car le Seigneur a dit (1). ZLassez ve- “ air a moi les petits enfants, el gardez-vous de les éloigner. ”

On doit done baptiser les petits enfants, et c'est un crime énorme de les rebaptiser quand ils sont devenus raisonnables comme font certaines sectes protestantes qui rebaptisent, même les catholiques apostats qui se mettent de leur société, comme cela s'est fait aux [linois, m'a-t-on 2ssuré.

(15) Dans son canon XIII sur le baptême, voici ce qu’enseigne le saint Concile de Trente. “ Ilest de foi, que quand “ les enfants ont reçu le baptème, on doit les compter au “ nombre des fidèles. quoiqu'ils ne soient pas capables de “ croire en le recevant, et que, quand ils sont parvenus à “ l'âge de discrétion, on ne doit pas pour cela les rebaptiser ; “enfin, qu'il n’est plus à propos d’omettre de les baptiser “ dans la foi de l'Eglise, quoiqu'incables de croire par eux- “ mêmes qu'ils ont été baptisés dans la foi de l'Église. ”

Nt-Augustin parlant du péché originel, s'exprime ainsi : “ Jlne peut être effacé que par la régénération, ce qui n'est “ pas moins certain des enfants que des autres, puisque la “ foi orthodoxe nous enseigne que c’est véritablement en “ rémission du péché que l'Eglise baptise les enfunts aussi bien “ que les autres (2). ”

Ailleurs : “ Ce n’est pas une illusion que la rémission “ du péché s'opère dans le baptême des enfants, où elle “n'est pas moins réelle que celle qui s'opère dans les au- “tres (8). ”

Dans sa lettre à Boniface, St-Augustin a écrit ces admirables paroles : “ C’est par toute la société des saints et des * fidèles que les enfants sont présentés pour être faits parti- “ cipants de la grâce spirituelle du baptème, plutôt que par ceux qui les portent entre leurs bras, quoiqu'ils le

soient aussi par ceux-là mêmes lorsque ce sont de véri- “tables fidèles. Car il faut comprendre qu'ils sont présen- “tés par tous ceux qui aiment et qui désirent qu'ils le “ soient, et dont la charité, qui n’est que la même en “ tous, concourt à leur procurer le don du Saint-Esprit.

(1) Mare, ch. 10, v. 14. (2) Lettre à Optat, (3) Même lettre.

“ Toute l'Eglise, que compose la multitude des saints, agit

“ donc en cela, puisque c'est toute l'Eglise qui engendre à “ Jésus-Christ, aussi bien chaque fidèle en particulier, que “ Ja société entière des fidèles, ?

Nt-Augustin (1) a écrit ces remarquables paroles : * La “ coutume de baptiser les petits enfants qui est en usage

“ dans la sainte Eglise notre Mère, ne saurait aucunement

“être méprisée, ni regardée en aucune manière comme inu- “{ile, mais il faut absolument croire qu'elle n'en agit de “ la sorte que parce qu'elle a reçu cette coutume des apo- “tres. ”?

“ Le Seiwneur est fidèle dans toutes ses paroles, et son “ baptème est éoulement efficace en tout âge, en tout sexe

ne en toute condition. L'effet v répond aux paroles, et la

‘rémission des péchés n’y est pas moins réelle que la con- “fession qu'on en fait ” (Paroles de saint Zozime rapportées par saint Augustin, dans sa lettre à Optat. On sait que le Pape saint Zozime est mort au commencement du v" siècle).

Le concile de Milève, de l’an 402, a pour second Canon, le suivant : “ Il nous a plu, disent les Pères de ce concile,

“ que quiconque nie qu il ne faut point baptiser les pe tits “enfants aussistôt après leur naissance, soit anathème. ? (16) St-Augustin, dans sa lettre à Maximin, parle ainsi de ceux qui donnent un second baptême, “ Si c'est un péché

“ que de rebaptiser un héritique même à qui le sceau de “Ja sainteté à déjà été imprimé, selon que les règles du

“ christianisme le prescrivent, quel horrible crime n’est pas “ de rebaptiser un catholique. ”

Le traducteur des lettres de saint Augustin amis en note les remarques suivantes. “ On a toujours regardé la rebap- “tisation, comme un crime horrible, et saint Léon, lettre 135 à Néonas, évêque de Ravenne, en parle comme d'un sacrilège irrémissible, parce que combattre l'unité de l'Eglise, c’est combattre l'unité de Dieu, à qui le baptéme nous consacre, l’unité de la foi qui nous unit à lui, l'unité du sacrifice de Jésus-Christ, em qui nous sommes baptisés. I n'y a, dit saint Paul, quun Seigneur, qu'une Joi, qu'un baptéme. Que si c'est un catholique que l'on “ rebaptise, le crime est sans comparaison plus grand, par- ‘ ce que c’est combattre encore l'unité de l'Eglise, et l’uni-

= Ca

La ca

(1) 10 traité sur la Genèse.

366 LE PETIT ARSENAT

‘nité de l'Eiprit qu'elle a reçu, et qu'elle seule peut don- “per, ”

(17) Il est certain, dit Corneille Lapierre, que ce passage de saint Paul doit s'entendre du feu du purgatoire. Le concile œeuménique de Florence, saint Ambroise, Théodoret, saint Thomas, saint Anselme, et généralement les Pères grecs et latins, l'entendent dn purgatoire. C’est le sentiment commun dans l'Église et des saints Pères qui, différant entre eux dans la signification des mots, les appliquent cependant tous au purgatoire.

(18) Dans son histoire de l'Eglise, Rohrbacher, parlant du concile de Florence, tenu lan 1439, où l'Eglise grecque et l'Égiise latine étaient réunies, nous fait connaître la ji des deux Eglises au purgatoire. Ce témoignage est de la plus houte importance pour la question qui nous occupe. “ Touchant le purgatoire, dit Rohrbacher, on s'en tint à ce qui avait été examiné et accordé dans les conférences de Ferrare, et l’on convint que les âmes des saints avaient obtenu dans les cieux une parfaite récompense ‘en qualité d'âmes ; que celles des pécheurs morts dans l'impénitence étaient punies souverainement ; et que les âmes de ceux qui étaient entre les uns et les autres étaient dans un lieu où elles souffraient. jusqu'à ce qu'elles fussent purifiées ; mais qu'il importait peu d'expliquer le gen- “re de leurs souffrances, si c’est par le feu ou par les ténè- “ bres, par la tempête, ou de quelqu’autre manière. ”

Nous avons encore une autre preuve de l'Eglise grecque dans le 13e siècle : La voici : Dans un règlement que le Pape Innocent IV fit en 1254 pour les Grecs de Chypre, il dit: art. 23°. “ Puisque les Grecs croient que les âmes de ‘ ceux qui meurent sans avoir accompli la pénitence qu'ils ‘ont reçue, ou chargées de péchés véniels, sont purgées ‘après la mort, et peuvent être aidées par les suffrages de | « l'Eglise : Nous voulons qu'ils nomment Purgatoire, comme

‘nous, le lieu de cette purgation, quoiqu'ils disent que “ Jeurs docteurs ne lui ont point donné ce nom (1). ”

Le dogme du Purgatoire a été clairement défini par le saint Concile de Trente, session 6°, Canon XXX:‘ Ki “ quelqu'un dit qu’à tout pécheur pénitent qui a reçu la “grâce de la justification, l’offense est tellement remise et

41) Dict, de Trévoux, art. purgatoire.

‘abolie, qu'il ne lui reste aucune obligation de peine tem- ‘ porelle à payer, soit en ce monde, soit en l'autre, dans le # Purgatoire, avant que l'entrée du royaume des cieux lui ‘ puisse être ouverte : qu'il soit anathème. ?

Pour surabondance de preuves, citons quelques autres t6moignages. Naint Ephrem reconnait que “ jusqu'au jour “ du jugement dernier où le partage des élus et des ré-

prouv és sera déterminé sans retour, il y a un lieu mitoy -

‘en où les âmes peuvent se purifier des péchés qu'elles

‘n'avaient pas entièrement expiés en cette vie, ? (Guillois).

“ Les âmes des trépassés, dit saint Bernard, habitent “trois séjours bien différents, selon la diversité de Jeurs “ mérites : l'enfer, le purgatoire, le paradis. L'enfer est ha- “ bité par les méchants ; le purgutoire, par ecux à qui 1 “faut des expiations ; le paradis, par les bienheureux. # Dans l'enfer, plus de retour, plus de rédemption ; dansle

“ purgaloire, supplices expiatoires qui préparent à la ré- “ demption ; dans le paradis, joie sans mélanges, possession “ de Dieu. ” (Guillois).

Nous avons, dans le neuvième livre des confessions de saint Auoustin un très précieux témoignage et de la crovance au purgaloire et du soulagement qu'apporient aux âmes qui y sont détenues, les prières que nous faisons pour elles. Il parle de la mort de sa vertueuse mère.

“ Dieu de mon cœur, ma gloire et ma vie, s'écrie ce “grand saint, je ne songe point aux vertus de ma mère, ‘“ pour lesquelles je vous rends grâce avec joie, c'est pour “ses péchés que je vous prie. Pardonnez-lui, Seigneur, pardonnez-lui ; n’entrez point en jugement avec elle ; “ souvenez-vous que, étant près de sa fin, elle ne songea point à son corps, elle ne demanda point les honneurs funèbres. Tout ce qu'elle souhaita ce fut qu'on fit mémoire “ d'elle à votre autel, où elle savait que l'on offre la victi- ‘me sainte qui efface la cédule de notre condamnation.” (Sainte Monique et saint Angustin croyaient done au sain! sacrifice de la messe). : * Inspirez, continu le saint docteur, à inspire Z, Ô mon Dieu, à tous ines-frères, Vos serviteurs, qui liront ce que j'écris, de ce souvenir, à l'autel, de Mo: “nique votre servante, et qu'elle trouve, non-seulement “ dans mes prières, mais dans toutes celles des autres, lac-

‘ complissement de sa dernière volonté, ?”

un

“ (19) Saint Augustin, dans sa leltre à Corneille, explique

ainsi ce texte, et s'en scri pour prouver ce que je soutiens ici. Ecoutons ce grand docteur.

‘ce riche impie et orgueilleux dont Jésus-Christ parle dans l'Evangile, qui était vêtu magnifiquement pendant sa vie, et dont tous les repas étaient des festins, se souvint de ses frères au milieu des flummes de l'enfer où il portait la peine de ses crimes, sans pouvoir obtenir que le pauvre qu'il avait vu étendu devant sa porte et dont il n'avait pas eu compassion, fit dégouter une seule goutte d'eau sur sa langue, s'il se souvint dis-je, de cinq frères qu'il avait encore sur la terre, et s'il pria le Père Abrahiuu, dans le sein duquel il voyait Lazare, de le leur envoyer pour les avertir de se garder de tomber dans ce lieu de tourments, combien y a-t-l plus de sujet de croire que votre femme se souvient de vous? Ni ce méchant méme craignait que ses frères ne tombassent dans les supplices éternels des méc hants, combien plus cette fem- ‘ me si chaste craint-elle que vous ne tombiez dans ceux des impudiques ? si ce malheureux riche eraignait d'avoir ses frères pour compagnons de ses maux, combien plus votre femme craint-elle de ne vous avoir pas pour compagnon de son bonheur, et de vous voir séparer d'elle ‘ pour jamais de toute la distance qui est entre l'enfer et ‘“ Le paradis ? ”

Les saints s'intéressent donc à ceux qu'ils ont laissés sur la terre. Ils ont donc connaissance de ce qui se passe en ce monde. Il y a donc communication entre les âmes qui sont dans l'éternité et celles qui sont encore en ce monde.

Naint Dénys l'aréopagite (1). Il parle de la sépulture d'un fidèle, et s'exprime ainsi: “ Le vénérable évêque, % qui présidait, s'approchant du corps du défunt, prononça ‘ cette sainte prière sur lui. Par cette prière, il supplia la “ divine clémence de daigner pardonner tous les péchés ‘ que le défunt'avait commis par suite de l'infirmité hu- ‘ maine, et qu’elle fit passer son âme dans la lumière et “ dans la région des vivants. ?

Saint Cyriile (2) s'exprime ainsi: “ Prions pour ceux ‘ qui ont vécu au milien de nous, persuadés que nos pri- “ères procureront un grind soulagement aux âmes pour “ Jesquelles nous ofrons in supplie ation de ce grand et re-

‘“ doutable sacrifice (de la Messe). ”

() De Eccles. Ilierarch. cap. 7. (2) 5, catechesi,

En

Saint Chrysostôme (1). “ Qu'on aide, dit ce grand docteur,

“ qu'on aide celui qui est mort, non par des larmes, mais “ “par des prières, par des supplications et par des aumô-

‘nes. ”

Dans l'Homélie 69° au peuple, le même saint docteur parle ainsi : “ Ce n’est pas en vain que les apôtres ont ré- ; glés que, dans les saints mystères, on devait faire mé-

‘ moire des défunts, parce qu'il est certain qu'ils en reti-

“rent un grand avantage et une grande utilité, ”

(20) À une époque bien antérieure à celle des prétendus réformateurs du seizième siècle, l'Eglise catholique faisait profession de sa croyance en la protection des saints par le chant des litanies composées en leur honneur, et le peuple, convaincu que ce n'était pas en vain qu'on les invoquait, répondait comme aujourd'hui . priez pour nous. Saint Grégoire le Grand, mort en 604, avair institué ces grandes litanies pour les processions des rogations.

Pendant mille ans et plus se font entendre ces prières adressées aux saints. Lorsqu'au commencement du 16 siècle, un moine apostat et violateur sacrilèse de son vœu de chasteté, vient contredire cette grande voix de l'Eglise universelle et, de sa propre autorité, il ose dire à la terre qu'il ne faut pas invoquer les saints ! Et, ce qui jette dans un profond étonnement, c'est qu'une foule immense à cru à sa parole, que condamnait la sainte E: riture, comme nous venons de le voir, et la tradition catholique toute entière. Obligé de me restreindre, je ne puis que citer un petit nombre de témoignages.

Les Pères du concile de Chalcédoine (en 451), auquel assistaient 630 évêques, rend raison de sa croyance dans l intercession des saints, par ces paroles remarquables :

® Flavi ien vit après la mort ! Que ce saint martyr daigne

‘prier pour nous. ?

Naint [rénée (2)en parlant d'Eve et de Marie, parle ainsi :

‘ De même que celle-là (Eve) fut séduite et engagée à s'é-

Fate de Dieu, de même celle-ci (Marie) fut persuadée * d'obéir à Dieu, afin que la Vierge Marie devint l'avocate ‘ds la Vierge Eve.” (Saint Irénée vivait sur la fin du second siècle).

Saint Athanase, dans un discours sur la fête de l’an-

(1) Hom. 41e sur la Ière Ep. aux Corinth. (2) Lib. 5, contrà hæreses.

ne

910 LE PETIT ARSENAN

noncialion, adresse ces paroles à la sainte Vicrge : “ Inclinez vos oreilles vers nos prières (ô Marie) et n'ou- “bliez pas votre peuple.” — Et un peu plus bas: “0 # Maîtresse, à Dame, 6 Reine, 6 Mère de Dieu, intercédez * pour nous. ” (St-Athanase, mort en 373).

Eusèbe, dans sa Préparation évangélique (1) parle ainsi : ” Nous qui sommes les soldats de la vraie piété, nous hono-

‘rons tous les jours les amis de Dieu en allant visiter leurs “ tombeaux, et nous leur adressons des vœux, comme à des “ hommes saints, parce que nous faisons profession de croire que leur intercession nous est très salutaire auprès de Dieu. ” (Mort en 840).

Saint Basile, dans son discours sur les quarante martyrs : * Si quelqu'un est dans la peine, qu ‘il ait recours à eux : “si quelqu'un est dans la joie, qu'il les invoque : Celui-là ‘ulin d'être délivré de sa peine, celui-ci afin d’être toujours “ dans la joie. ” (Mort en 379).

Saint Cyrille, dans sa 5e catéchèse : “ Quand nous olirons

le sacrifice (de la messe), nous faisons mention de ceux ‘ qui nous ont précédés dans le tombeau, comme des patriar- ‘“ ches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, afin que. “par leur intercession, Dieu daigne recevoir nos prières (2).”

Saint Basile, dans son discours en l'honneur des quarante martyrs: “ Ce sont ces saints martyrs, dit-il, * qui son préposés à la garde de notre pays, et semblables “ à des tours fortes et inébranlables, ils nous préservent de “ l'invasion de nos ennemis Leur protection ne s'étend ‘ pas à un seul pays, mais sur plusieurs, et ils font la gloi- “re d’un grand nombre de contrées. ”

Je dois me contenter de citer ces témoignages, entre un grand nombre que je pourrais citer. Ils suffisent pour prouver que ce n'est pas en vain que le saint concile de Trente a déclaré : “ Que les saints, qui règnent avec Jésus- Christ, offrent leurs prières à Dieu pour les hommes ; ‘ qu'il est bon et utile de les invoquer, et de recourir à “ leurs prières et secours pour obtenir de Dieu, par Jésus- “ Christ son Fils, les grâces et les faveurs qu'on lui deman- «6 de. LL

Après avoir rapporté les textes de la sainte Bible, qui font mention des faveurs obtenues à un grand nombre par les prières des amis de Dieu, pendant leur vie mortelle, le savant Cardinal Bellarmin en tire cette conclusion: “Il

(1) Livre 2, ch. 8. (2) IV siècle.

“ sera donc bon d'invoquer les mêmes saints, mainte- ‘ nant qu'ils règnent avec Jésus-Christ dans la gloire. ? Voici sur quelles raisons il appuie cette conclusion. El-

les méritent d'être sérieusement méditée.

“ S'il n'était pas permis d'invoquer les saints qui sont

dans la gloire, ce serait, ou parce que lessaints ne le vou-

‘ draient pas, mais cela ne peut être vrai, puisque les

‘ saints ont maintenant et plus d'amour et plus de charité

“ pour nous, qu'ils n'en avaient lorsqu'ils étaient en ce

“ monde, ou ce serait parce qu'ils se trouveraient dans

“ l'impuissance de nous secourir ; mais cela n’est pas pos-

“ sible, puisque s'ils ont eu le pouvoir de nous secourir

“ pendant qu’ils vivaient en ce monde, comment n'en au-

“ raient-ils plus le pouvoir maintenant qu'ils sont dans la

“ gloire ? Ou ce serait parce qu'ils n’ont point connaissan-

* ce des prières que nous leur adressons ; Mais cela n'est

# pas ( royable, puisqu'on ne peut supposer que Celui qui fait

“ connaître à ses anges la conversion d'un pécheur et les

“ porte à en faire le sujet de leurs réjouissances (1), refusât

“à ses saints le privilège de connaître nos beéoité et les

“ prières que nous leur adressons, ou efin ce serait parce

“ que notre recours aux saints serait injurieux où à Dieu

“ ou à Jésus-Christ, qui seul voudrait être invoqué ; mais

“ cela ne se peut, puis qu'alors il ne serait pas permis de

“ se recommander aux prières, ou d'implorer la protection

“ des amis de Dieu, qui sont en ce monde, ?

Il est donc permis d’invoquer les saints et de compter sur leur intercession auprès de Dieu.

pas

(21) Le saint concile de Trente déclare, (Session XX) :

“ Qu'il est de foi que l'on peut avoir, surtout dans les tem- “ ples, des images de Jésus-Christ, de la sainte Vierge, et “ des autres saints, et les retenir, et qu'on doit leur rendre “ l'honneur et le respect qui leur est dù ; non qu'on croit “qu'il y ait en elles aucune divinité n1 vertu qui porte à “les honorer, où qu'on püisse leur faire quelque deman- “ de, et mettre sa confiance en ces images,comme le faisaient “autrefois les paiens qui mettaient leur confiance dans leurs “idoles ; mais comme l'honneur qui est rendu aux images “ se rapporte aux originaux qu'elles représentent, de mani- * ère qu'en les baisant, en nous découvrant, en nous proster- “ nant devant elles, nous adorions Jésus-Christ, nous hono-

(1) Luc, ch. 15.

“ rions les saints qu'elles nous représentent, C'est ce qui a été décidé par les décrets des conciles, et spécialement par le second concile de Nivée contre les ennemis des ima-

En

ges,

Quel est l'homme équitable qui puisse trouver un mot, un seul mot, dans ce décret, qui puisse être repréhensible ?

Décret du II concile général de Nicée, où assistutent 377 évêques, sur le culte des images. Ce concile eut lieu en 787.

“ Nous décidons que les saintes images, soit de couleurs, “ soit de pièces de rapport, soit de quelqu'autre matière con- “ venable, seront exposées dans les églises, sur les murs, sur “ les ornements et les vases sacrés, et aussi dans les “ maisons et sur les chemins. Car plus on voit souvent, “ dans leurs images, Jésus-Christ, la sainte Vierge et les “ saints, plus l'esprit est occupé de leur souveniret le cœur “ disposé à les aimer. On doit rendre à ces jmagvs, non “ le culte de latrie (04 d'adoration) qui ne convient qu'à Dieu, “ mais un culte de vénération et d'honneur. On appro- “ chera des ces images avec l’encens et les cierges, comme “ on Je fait à l'égard de la croix, des évangiles et des au- “{res choses saintes, le tout suivant la pieuse coutume an- “ ciennement établie. Car l'honneur de l’image se rappor- “te à l'original ; et celui qui adore l’image, adore le sujet “ qu'elle représente. Telle est la doctrine des saints Pères “et la tradition de l'Eglise. Nous suivons ainsi le précep- “te de saint Paul en retenant les traditions que nous “avons reçues. Ceux donc qui oseraient penser ou ensei- “ œner autrement, qui abolissent, comme font les hérétiques, “ les traditions de l'Eglise, qui introduisent des nouvautés, “ qui ôtent quelque chose de ce que l’on conserve dans les “ églises, les évangiles, la croix, les images ou les “ reliques des saints, qui profanent les vases sacrés “ou les vénérables monastères. Nous ordonnons qu'ils “ soient déposés, s'ils sout évêques ou clercs, et excommu- “ niés, s'ils sont laïques. ”

Après avoir produit quarante pièces écrites, prouvant ja tradition sur le culte que l’on doit rendre aux images, les Pères du concile s'écrièrent : *# Nous y avons puisé la ve- “rité. Ils nous ont appris à honorer les images. Nous “ sommes enfants d’obéissance et nous nous glorifious à la “face de l'Eglise notre mère de suivre sa tradition. Ana- “ thème aux iconoclastes ; anathème à ceux qui n’hono-

APPENDICF. 978

“rent point les saintes images, à ceux qui les nomment “idoles. ”

Comme on vient de le voir, il y a longtemps que les protestants de nos jours et les accusations qu'ils portent contre nous, qui honorons les images des saints, ont été refutés et anathématisés par ln grande voix du second concile œcuménique de Nicée,

Il serait superflu, je pense, de citer d'autres témoignages pour venger les catholiques et leur pratique d'honorer les images. Je ne puis cependant résister au besoin que J'éprouve de transmetire à mes lecteurs le témoignage de Léonce, évêque de Bordeaux (Rohrbacher), qui vivait vers le milieu du Vie siècle. Ce témoignage fut lu au concile de Nicée, Lo culte que nous rendons aux images, dit-il, “est absolument différent de celui que nous rendons à Dieu ; il ne se rapporte pas précisément à l'image, mais à la chose qu'elle représente: comme lhonneur que nous rendons à l'image de l'empereur n'est point relatif à l'image même, mais à l'empereur qui y est représenté, * facob baisa la tunique de Joseph, non par amour où par honneur pour ce vêtoment, mais pour Joseph qu'il erovait tenir entre ses mains en baisant sa tunique. De ime- ‘ane tous les chrétiens (exceptés les protestants qui ne la salue pas) en saluant l'image de Jésus-Christ, où des apotres, ou des martyres, rapportent leur salut à Jésus-Christ méme, aux apôtres, aux martyrs, comme s'ils étaient présents ; c'est l'intention que l’on doit regarder, dans le salut et dans l'adoralion. Si vous m'aceusez d'dolâtrie, parce que “ J'adore Ja croix du Sauveur, pourquoi n'en accusez-vous “ pas Jacob, qui adora le haut du bâton de Joseph ?

(22) Le saint conciie de Trente, session XxXv, a défini comme de foi : Que les évèques étaient obligés d'instrui- “re les fidèles, qu'ils devaient honorer les corps des martyrs “et autres saints qui ont été les membres vivants de Jésus- “ Christ et les temples du Saint-Esprit ; qui ressusciteront “ pour jouir de la vie éternelle ; par lesquels Dieu accorde ‘ beaucoup de grâces aux hommes, et qu'il faut condam- “ ner ceux qui enseignent qu'on ne doit avoir ni vénéra- ‘tion, ni rendre honneur aux reliques des saints. ?

La tradition va prouver la vérité de ce C'cret. Je prends nes preuves dans les premiers siècles de l'Église. Saint

574 LE PETIT ARSENAN

Jérôme (1) ne craint point de lui dire que, pour honorer son grand serviteur Moïse. ‘“ Dieu voulut ensevelir son corps “ de ses propres mains. ”

Le 6° concile de Carthage, pour nous apprendre de quel honneur sont dignes les reliques des saints martyrs, “ or- “ donne qu'on n'érigera aucun autel sans y mettre des re- “ liques d'un martyr. ”

Eusèbe (2) nous apprend qu’un siège de bois, qui avait appartenu à l’apôtre saint Jacques, était conservé avec un grand soin, parce que c'était un souvenir d’une sainte ménoire, venue des ancêtres. On avait ce siège en grande vénération,

Saint Athanase raconte, dans la vie de saint Antoine, que ce grand saint ayant rendu à saint Paul les honneurs Ae Ja sépulture, dont deux lions venus du désert avaient creusé la fosse, emporta avec lui le manteau de feuilles de palmier que saint Paul avait fait de ses mains. Pour témoigner de quel respect était digne cette précieuse relique, saint Antoine ne se revêtait de ce manteau qu'aux grandes fêtes de Pâques et de la Pentecôte,

Saint Bazile, sur ces paroïes du Psaume 115: C’est ne chose précieuse devant les yeux de Dieu que la mort de ses saints, fait cette remarque : “ Chez les Juifs, un corps mort était ‘“ un objet d'horreur ; mais lorsque la mort à été endurée “ pour Jésus-Christ, les reliques de ces saints sont préci- ‘‘ euses devant les yeux du Seigneur. Autrefois, on disait ‘aux prêtres et aux personnes consacrées à Dieu : vous serez “ souillés si vous touchez à un corps mort. Aujourd’hui ce- “ lui qui touche le corps d’un martyr, en reçoitlune certaine “ participation à sa sainteté, par la vertu qui réside dans “ ce corps. ”

St-Grégoire écrivait à Pallade : “ Nous vous avons en- ‘‘ voyé des reliques des saints apôtres Pierre et Paul, ainsi “ que de saint Laurent et de saint Pancrace, et nous vous ‘ prions de les recevoir avec respect et de les placer con- “ venablement. ”

Dans son discours 98 sur les saints martyrs Nazaire et Celse, saint Ambroise parle ainsi : “ Si vous me demandez “ ce que j'honore dans cette chair séparée de son âmeet ré- “ duite en poussière ? J’honore, répond ce grand saint, “ j'honore dans la chair d'un martyr les cicatrices qu’elle a “ reçues pour le Nom de Jésus-Christ. J'honore la mé-

(1) Livre contre l’hérésiarque Vigilance. (2) Eusèbe, livre 7, hist. cap. 16.

APPENDICÉ. 875

“ moire d'une vertu qui vit éternellement. J'honore ces “ cendres consacrées par la confession du KSeigneur. J'ho- “ nore dans ces cendres les semences de l'éternité, J'hono- “re ce corps qui m'a appris à aimer le Seigneur, qui m'a “ enseigné à ne point craindre la mort endurée pour le “ Seigneur, Pourquoi les fidèles n'honoreraient-ils pas ce “corps que les démons révèrent ; ce corps que les dé- “ mons ont fait périr par le supplice, mais qu'ils honorent “ dans son sépulcre ? enfin, j'honore ce corps qui a honoré “Je Christ en mourant par le glaive, et qui régnera avec “Je Christ dans le ciel, ”

Naint Cyrille, évêque de Jérusalem, parle ainsi, dans sa 18 catéchèse : * l’our que nous ne bornions point nos hon- “neurs à l'âme des martyrs, nous devons croire qu'il y à “aussi dans les corps de ces saints martyrs, une certaine “ vertu ou pouvoir, puisque le corps d'un mort, que l'on “ jeta dans le sépulcre d'Élisée, redevint vivant en tou- “ chant au corps du saint prophète qui y était enseveli. ”

Dans son livre contre l'hérésiarque Vigilance, saint Jérôme raconte que, sous le règne de l'empereur Constantin. “ On transporta à Constantinople les reliques de saint An- “ dré, de saint Luc et de saint Timothée, et que du temps “ de l’empereur Arcade, on transporta, de la Judée dans la “ Thrace, les reste du prophète Samuel, avec de si grands “henneurs, que les saintes reliques, enfermées dans des va- “ses d'or, étaient portées par des évêques. Le nombre de per- “ sonnes qui assistaient à cette translation était si grand, “ dit saint Jérôme, qu'il remplissait le chemin depuis la # Palestine jusqu'à la ville de Chaldoine, ”

“ Les preuves que nous avons par-devant nous, dit saint “ Jean Chrysostôme, font foi que, chaque jour, des miracles s'operent par l'intercession des saints martyrs. ”

(28) Obligé jusqu'ici de me restreindre dans les témoigages que j'ai rapportées pour prouver qu'on a toujours entendu la sainte bible comme l'entend aujourd'hui la sainte Eglise catholique, c'est surtout quand il me faut parler de la bienheureuse et immarulée Vierge, Mère de Notre Seigneur Jésus-Christ, qu'il m'est pénible de passer sous silence une foule innombrable de témoignages en faveur de Ja pureté, de la sainteté et de ia puissance de cette Vieige bénie entre toutes les femmes. Dans son cantique, que les saints l’ères ont appelé l'exfase de la Mère de Dieu,

elle avait annoncé que toutes les nations ou générations l'appelleraient Bienheureuse, parce que celui qui est puissant avait fait en elle de grandes choses ; voyons quelques témoignages qui prouvent l’accomplissement de cette grande parole de Marie.

“ Que tous nos bien aimés fils de l'Eglise catholique en- “ tendent nos paroles (dit notre glorieux pontife Pie IX, ‘ dans sa lettre apostolique du 8 décembre 1854), qu'ils “ persévèrent et, avec une ardeur encore plus vive de piété, “ de religion et d'amour. à honorer, invoquer et prier la “ bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu, conçue sans ‘tache originelle, et qu'ils aient recours avec une entière ‘ confiance à cette douce mère de grâce et de miséricorde “ dans tous leurs dangers, leurs angoisses, leurs nécessités, “ leurs craintes et leurs frayeurs. Il n’y a rien à craindre, “iln'y a jamais lieu de désespérer quand on marche sons * la conduite, sous les auspices, sous le patronage et sous “ Ja protection de celle qui, ayant pour nous un cœur de ‘ mère et se chargeant de l’afluire de notre salut, étend sa “ sollicitude à tout le genre humain. Etablie par le Kei- “ gneur du ciel et de la terre, exaltée au-dessus de tous les “ chœurs des anges et de tous les ordres des saints, assise ‘ à la droite de son fils unique, Notre Seigneur Jésus-Christ, ‘ses prières materneiles ont une force toute-puissante ; ce “ qu’elle veut, elle l’obtient ; elle ne peut demander en “ vain. ”

En 428, Nestorius fut élevé sur le siège patriarchal de Constantinople. Prêchant un jour, il osa dire que Marie n'élait pas la mère de Dieu. À cette parole impie, tout son auditoire frémit. Saint Cyrille, évêque de Jérusalem, réfuta zette impiété. Mais Nestorius persista dans son égarement,

L'an 431, s’assembla le célèbre concile d'Ephèse. Nestorius, cité par trois fois de comparaître devant les Pères du concile, refusa opiniâtrement et maltraita les envoyés du concile. Ses écrits furent examinés et trouvés remplis d'impiété et de blasphèmes. Alors les Pères du concile prononcèrent contre Nestorius cette célèbre sentence, l’une des plus solenneiles qui ait jamais été prononcée depuis, dit Rohrbacher : “ Notre Seigneur Jésus-Christ, que Nesto- “ rius a outragé par ses blasphèmes, le déclare, par ce saint “ concile, privé de toute dignité épiscopale et retranché de “ Ja communion de l'Eglise. ”

Le peuple, qui s'était rendu de grand matin pour er ‘eu-

APPENDICR. 877

dre la décision du concile, apprenant, sur le soir, que l'hérésie venait d'être condamnée, fit éclater sa Joie par lies plus vives démonstrations ; on combla les évèques de bénédictions ; on les reconduisit chez eux avec nn flambeaux ; les finies marchèrent devant eux en brûlant des parfams ; toute la ville fut illuminée et retentie des louunges de la mère de Dieu.

Je blasphémateur, chassé et devenu un objet d'horreur, mourrut en 439, /e corps tout pourri, el la langue rongée de vers. (Rohrbacher).

“ L'invocation du saint nom de Marie sauve quelquefois

“ plus promptement que celle du nom de Jésus, dit saint “ Anselme (1), non pas que le nom de Marie soit plus grand et plus puissant que celui de Jésus : il ne tire pas sa puissance et sa grandeur de Marie, mais de Jésus seul. Toutelois Jésus est le Seigneur et le juge universel ; il discerne les mérites de chacun de nous. Lors donc qu'il n'exauce pas quand on invoque son nom, il agit avec justice, Mais l'orsqu'on invoque le nom de sa mère, si celui “qui l’invoque ne mérite pas d’être exaucé, les mérites de “ Marie intercèdent pour lui et font qu'il obtient ce qu'il demande en son nom. ” Je vous salue, s’écrie St-CGrégoire Thaumaturge, temple vivant du Tout-Puissant ; vous enfanterez celui qui sera la suprème joie de l'univers ; vous serez la gloire {es “ vierges et le bonheur des mères (2). ”

“ Marieest remplie de grâces, dit saint Augustin ; Eve est

“ purifiée de sa faute : la malédiction d'Eve se change en bénédiction dans Marie (3). ” St-Bernard, parlant à Marie, lui dit: “ Avec vous est le Pere qui a fait de son Fils votre fils ; avec vous est le fils qui ac-omplit l'admirable mystère de l’Incarnation ; avec vous est le Saint-Esprit qui, de concert avec le l'ère “etle Fils, sanctifie votre sein virginal (4). ”

“ Elle est vraiment bénie, dit St-Pierre Chrysologue, cel- “ Je qui fut plus élevée que le ciel, plus puissante que la “terre, plus étendue que l'univers ; car elle seule a conte- “ nue celui que le monde entier ne peut contenir. Elle a por- “té celui qui porte le monde ; elle a engendré son Créateur ; “elle a nourri celui qui nourrit tout ce qui vit (5). ”

(1) De l'excellence de la Vierge, ch. 1. (2) Serm. IT, de Ann. (3) Serm. ZV1II de sanctis. (4) Serm. 111, super missus est. (5) Serm. CXLV,

sr LE PETIT ARSENAL

‘ La virgnité de Marie, dit saint Bernard, est au-dessus “ de la pureté des anges (1). ”

* Il convenait, dit saint Anselme, que la bienheureuse “Vierge Marie brillât d'une pureté sans égale, puisque “ Dieu le Pere voulait jui donner pour fils son Fils unique “qu'il avait engendré semblable à lui, et qu'il aimait com- ‘* ne lui-même (2). ”

“ La grâce de Marie, dit St-Pierre Chrysologue, a don- “né au ciel la gloire, à la terre un Dieu, aux nations la “ foi, aux vices la mort, à la vie l'ordre, aux mœurs une “ règle (3).”

“ Noyez louée, ô sainte Mère de Dieu, s'écrie saint Cyril- “Je ; car vous êtes la perle précieuse de l'univers, un “ flambeau qui ne peut s'éteindre, la couronne de la virginité, le sceptre de la vraie foi (4). ”

“ Je vous salue, s'écrie saint Chrysostôme, ô mère, 6 “ vous qui êtes le ciel et le trone de Dieu, l'honneur de “ notre Eglise, sa gloire et sa force (5). ”

“ Saint Ephrem (6), salue Marie comme l'unique espérance des patriarches, la gloire des prophètes, la voix des apôtres, l'honneur des martyrs, la joie des saints, la lu- “ mière d’Abrah: m, d'Isaac et de Jacob, la gloire d'Aaron, la “ splendeur de Moïse, la toison de Gédéon, celle qui réunit ‘en elle les saintes hiérarchies et qui est la couronne des ‘“ vierges par sa beauté et son incomparable éclat. ”

‘“ Dieu, dit saint Bonaventure, ne pourrait faire rien de “ plus gand que Marie ; il pourrait faire un monde plus “ grand, il pourrait faire un ciel plus grand ; mais il ne “ pourrait faire une mère plus grande que la mère de “ Dieu (7). ”

“ Toutes les créatures, dit saint Bernardin de Sienne, sont “ les servantes de Marie comme de l’Auguste Trinité ; car, “ quelque rang qu’elles tiennent, toutes les créatures, soit “ les créatures spirituelles, comme les anges, soit les créa- “ tures raisonnables, comme les hommes, soit les éléments, “ comme les cieux. soit les élus, soit même les damnés et “ les démons ; tout ce qui est soumis à l'empire de Dieu, ‘est soumis à la puissance de la glorieuse Vierge (8). ”

‘“ Que par vous, s'écrie saint Bernard, que par vous, ô “ Marie, nous ayons accès auprès de votre Fils. O Vierge

(1) Serm. de Nativ. (2) De Concept. Virg. cap. XVIII (3) Serm. CXLIII. (4) Homélie contre Nestorius. (5) Serm. de Dei para. 6) Serm. de Laud. Virg, (7) Speculi, (8) De Laud. Virg.

APPENDICR. 879

“bénie, qui avez trouvé grâce et qui avez enfanté la vie, “ Mère du salut, que celui-là nous reçoive par vous, qui nous a été donné par vous (1). ”

“ Si vous considérez attentivement Marie, dit saint Jérôme, vous ne trouverez rien en elle qui ne resplendisse de candeur, de vertu, de beauté et de gloire ; et parce que le Seigneur, infiniment riche, est avec elle avec toutes ses richesses, elle est la plus riche et la plus brillante après Dieu ; tellement qu'ou pent dire qu'elle est en quelque sorte infiniment au-de isus des anges et des saints, par sa nature, par les grâces qu'elle a reçues par ses perlec- “ tions et par sa gloire (2). ”

Je m'arrête, et je n'ai rapporté qu'une toute petite goutte des louanges que toutes les générations catholiques ont prodiguées à la divine Marie !

Quand on a le bonheur d’être catholique et de comprendre qu'on a une mère toute bonne et toute-puissante, assise à la droite de Jésus-Christ, toujours prête à tendre la main à ceux qui s'égarent, on tombe dans une profonde mélancolie en pensant qu'il existe des créatures, rachetées du sang de l'homme-Dieu. né de la Vierge Marie, qui insultent cette sainte et divine Mere de Dieu !! O qu'il sont énormément coupables les malheureux qui ont enseigné aux hommes à mépriser celle qui est le refuge des pécheurs !

Les légendes du moyen âge racontent qu'il s'est trouvé des hommes assez insensés pour renier Dieu et donner leurs âmes au démon. Mais ces mêmes légendes nous disent que jamais ils ne reniaient la Vierge Marie. Dans leur malheur, ces hommes avaient une ressource auprès de Dieu ; Marie pouvait obtenir leur pardon. Mais qui les reconciliera avec Dieu, ceux qui ont renoncé à la protection toute-puissante de Marie et qui ont insulté Dieu dans sa Mère ?

ca

(28 bis) Les protestants prient debout, et nous avons vu que la bible enseigne que, quelquefois du moins, il faut se mettre à “enoux pour prier. Voyons comment nos maitres, les saints pères, ont compris ce qui est enseigné dans les saintes Ecritures.

Tertulien dans son apologétique, chap. 30. “ Nous prions “ les yeux élevés au ciel, les mains étendues, parce qu'elles

(1) Serm. de Assump. (2) Epist,

380 LE PETIT AUSENAÏ,

“ sont pures. la tête nue, parce que nous n'avons à rougir “ de rien. ”

Saint Augustin (1), “Ceux qui prient font prendre à “ Jeur corps la posture qui convient à des suppliants, en /lé- “chissant les genoux, en étendant les mains,en se prosternant “en terre, etautres actions semblables qui témoignent de “leurs sentiments, quoique la disposition intime, et par “]à même invisible, de leur volonté et de leur cœur, “ soit connu de Dieu, qui n'a pas besoin de ces indices “ pour découvrir les sentiments de l'homme les plus cachés ; “ mais c’est l’homme lui-méne qui s'excite par le moyen “ de ces signes à prier et à gémir avec plus d'humilité et “ de ferveur. Je ne sais même comment il se fait que, tan- “ dis que ces mouvements corporels ne peuvent avoir “ Jieu qu'à la suite de quelques mouvements de l'âme, “ils ajoutent cependant à ceux-ci une nouvelle intensité, “ en sorte qu'après leur avoir donné naissance, ils en re- “ coivent eux-mêmes leur aliment. ”

Naint Jérôme (2). ‘“ Une foi ferme en Dieu se trouve ‘difficilement. Voici un exemple qui va éclaicir la chose ; ‘ j'assiste à une prière ; je ne prierais pas si je n'avais pas “ la foi (quand on ne prie point, c'est donc une marque ‘“ qu'on manque de foi) ; mais d’un autre côté, si ma foi ‘ était véritable, je purifierais ce cœur par lequel je vois “ Dieu, je me frapperais la poitrine, j'arroserais mes joues de “ mes larmes, je me roulerais dans la cendre, je paraitrais “avec un visage pâle et défait, je me Zel{erais aux pieds de “ mon Dieu, je les baignerais de mes pleurs, je les essuierais ‘ de mes cheveux, je me tiendrais attaché au bois de la “ croix, et je ne consentirais à m'en séparer, qu'après avoir “ obtenu miséricorde. ”

Sermon IV sar les saints, ou sur saint Etienne, saint Augustin s'exprime ainsi : “ Eux, ils lui lançaient des “pierres ; lui, il répondait par des prières qu’il faisait à Dieu, “ comme s'il eût dit : Seigneur, si vous faites périr mes “ enneinis, qui aurez-vous pour en faire vos amis ? Enfin, “mes frères, si vous voulez savoir combien a été puissante “ Ja prière d'Etienne, jetez avec moi les yeux sur ce jeune “homme qui s'appelait Kaul, et qui He les vêtements “ de ceux qui lapidaient Etienne, le lapidant pour ginsi dire “ Jui-même par les mains de tous les autres. Le fils de per- “ dition a été exterminé, et ie vase d'élection # été mis à

(1) Lib, de cura pro mortuis. (2) Dialogue contre Jucifer,

“ea place. À Saul, persécuteur de l'Eglise, a été substitué “ J'aul, apôtre des gentils. Si Etienne n'avait pas prié de mème, l'Eglise n'aurait pas eu de Paul. Mais Paul s'est élevé de terre, parce qu'Éltienne, prosterné en terre, a prié pour jui.”

Naint Jérôme, parlant de saint Jacques, frère du Seigneur.

Iégésipe, qui était voisin des temps apostoliques, dit en * parlant de 18 ues, dans le 5° livre de ses commentai- ‘res: Après le dépesi ou la mort des apôtres, l'Eglise de “ Jérusalem fut gouvernée par Jacques, frère du Seigneur et surnommé le juste pour qu'on pût le distinguer des autres de ce nom. Ïl avait été sanctifié dès le sein “ de sa mère ; il ne buvait ni vin, ni boisson capable d’eni- “vrer ; il ne mangea jamais de viande, ni se rasa jamais * Ja barbe, ne se parfuma jamais, et ne fréquenta jamais “les bains. Il jouissait seul du privilège d'entrer dans le “Naint des saints. — Il entrait seul dans le temple, et là, “ es genoux en terre, il priait pour le peuple, si bien que ses genoux avaient contracté la dureté de ceux des chameaux. ”

Les catholiques, en priant à genoux, sont d'accord avec la bible et la tradition. Les protestants qui ne se mettent jamais à genoux pour prier, sont et contre la bible et contre la tradition.

(24) Preuves des points discutés dans les derniers chapitres, par l'autorité des Coriles et des saints Pères.

PREMIER TÉMOIGNAGE. Saint Irénée, mort martyr en 202, avec dix huit mille hommes de son peuple, sans compter les femmes et les enfants.

Saint Irénée, cité par Bellarmin, enseigne que les controverses ne peuvent être jugées par les seules écritures, puisque les hérétiques les entendent en divers sens. I] dit,de plus, que les contestations doivent être terminées en prenant pour règles les enseigements de l'Eglise. Voici ses paroles : “ T1 ‘est nécessaire que toute l'Eglise, c'est-à-dire, les fidèles de “ toute la terre, s'adressent à cette Eglise (Romaine), à cau- “ se de sa plus puissante principauté (polentiorem principali- “ talem) ; parce que c’est dans cette Eglise qu'a foujours été “ conservée la tradition apostolique. ”

“ Partout elle prêche la même voie du salut, et sa pré- “ dication est vraie, uniforme et constante : c'est à elle que “ Dieu a communiqué sa lumière ; c'est elle qui est ce “mystérieux candélabre à sept branches, qui répand la lu-

“ mière du Christ, aux portes, à l'entrée, à la sortie, sur les “ routes et sur les places des villes. Elle est dans le mon- “ de ce qu'était autrefois le paradis de délices ; c'est dans “ son sein qu'il faut se réfugier, c'est là qu'il faut se nourrir “ des divines Ecritures. ”

Et ailleurs : “ Où est l'Eglise, là est l'Esprit de Dieu, “ source de lumière, de vie et de sainteté ; et où est l'Es- “ prit de Dieu, là est l'Église, là sont les grâces. Ceux donc “ qui se séparent de l'Eglise, ne peuvent plus participer “ au Saint-Esprit, ne peavent plus prendre sur le sein de “ cette mère, une nourriture vivifiante, ni boire à cette “ fontaine très pure qui jaillit du corps de Jésus-Christ. ”

Jospt LaMi : Ainsi, Mr le colporteur, suivant saint Irénée, disciple de saint Polycarpe, qui avait été disciple de saint Jean l'évangéliste, dont le témoignage vaut hien celui du fougueux moine apostat, Luther, les controverses doivent être décidées non par l'esprit individuelle, mais par l'enseignement de l'Eglise romaine, à cause qu'elle a toujours gardé les tradilions apostoliques, et aussi, à cause de sa plus puissante principauté.

C'est ainsi, dans l'Eglise romaine, qu'il faut se nourrir des dvines Ecritures ; c'est à elle qu'il faut en demander l’intelligence, puisque, dit saint Irénée: Où est l'Eglise, la est l'Esprit de Dieu, source de lumière, de vie et de sainteté, et où est l'Esprit de Dieu, lu est l'Eslise.

Quant à ceux qui, comme vous, comme les protestants de toute nuance, se sont séparés de l'Eglise, saint Irénée leur dit qu'ils ne peuvent plus participer au Saint-Esprit ni boire à celte fontaine très pure qui jaillit du corps de Jésus-Christ.

Que peut-on devenir alors, sinon tomber dans l'aveuglement, puisqu'on est privé de l'assistance du Saint-Esprit ? Aussi, on voit les protestants, une bible à la main, en lire continuellement les divins oracles. Ils semblent toujours apprendre, et ils ne parviennent jamais à la connaissance de la vérité, dit saint Paul (1). Ils demeurent toujours protestants, c’est-à-dire, qu'ils protestent toujours. Mais contre quoi ? Le savent-ils ?

SECOND TÉMOIGNAGE. Saint Athanase, dans sa lettre à des solitaires, parlant de l'empereur arien, Constance, qui se mélait de faire le pape et de juger avec les évêques, s’écrie dans une juste indignation : * A-t-on jamais oui dire, “ depuis le commencement du monde, que l'Eglise eût eu

(1) 11 Timothée, ch 8, v. 7.

“besoin de l'autorité d'un empereur pour porter ses ju- “gements ? Ou quand a-t-on jamais reconnu cette préten- “tion dans un jugement canonique ? Plusieurs conciles “ont déjà eu lieu ; l'Église a déjà porté un grand nombre de jugements ; mais les Pères de ces conciles n'ont jamais reconnu aux princes le droit de se mêler aux jugements ecclésiastiques, et aucun prince n'a jamais eu la curiosité de s'en mêler. ” Etun peu plus bas : “ Quel est celui qui, voyant cet empereur (Constance) se constituer évèque et présider aux jugements ecclésiastiques, ne dise pas, avec raison, qu'une telle conduite est véritablement l'abomination de la désolation qui a été prédite par le prophète Daniel ! !"

JEAN-BAPTISTE : Par ces énergiques paroles, saint Athanase condamne d'avance, et la papesse d'Angleterre, et son conseil privé, qui se mêlent de porter des jugements dogmatiques, dans l'affaire du ministre Gorham, sur la nécessité du baptème, et dans celle de l'évéque Colenso, sur l'inspiration du livre de la Genèse, ou sur toute autre controverse qui regarde la foi, la morale ou le culte de Dieu.

Par le même témoignage du grand saint Athanase, sont également condamnés tous les laïques protestants qui. comme vous, Mr le colporteur, comme vos prétendus ininistres, qui, n'étant ni plus ni moins que des laïques revetus d’un certain costume, se mêlent de juger du sens des livres saints, de régler ce qui regarde la religion et le culte que Dieu demande des chrétiens. Naint Athanase ne craint point de dire qu'une telle conduite est vraiment l’abominulion de la désolation, prédite par le prophète Daniel.

LE COLPORTEUR, intrigué : Je n'ai pas besoin de vos remarques. Nous savons aussi bien que vous ce que nous levons faire. :

JosePH LAMI: Je m'attendais que vous alliez ajouter :

ussi bien que votre saint Athanase, dont l'historien de Eglise universelle a pu dire, en toute vérité: “* Un hom- “ me devait comme résumer en soi les trois premiers sie- “cles (saint Athanase est mort, le 2 nai, 373). D'une foi “ profonde et inébranlable, d'une pénétration qui voyait “ clair dans les affaires les plus embrouillées, d'une pru- “ dence que les ennemis les plus rusés ne pourront jamais “ trouver en défaut, d'une dialectique qui dissipera com- “ me une toile d'araignée les plus astucieux sophismes, “ d’une éloquence qui met a la porté des plus simples les

“ questions les plus hautes, d'une fermeté que le monde “entier n'ébraniera point : cet homme se nommait Atha- “ nase ; il était d'Alexandrie, à ce que l’on croit. conme “ ce soleil, depuis sa première apparition jusqu'à son dé- ‘clin, il fut toujours semblable à lui-même, grand, subli- “me, sans tache, ”

Il me semble, ajoute Joseph Lami, que je suis en meilleure compagnie avec un tel homme, que d'être dans celle ou de Luther, où de Calvin, où dans celle de Henry VII, ou de Bringham Yong, ou dans celle de quelque révérend ministre protestant que ce soit.

TROISIÈME TÉMOIGNAGE. Saint Grégoire de Naziance, mort en l'an 389, dans le discours qu'il fit à son peuple, pour leur rendre compte de s'être abstenu des fonctions du saint ministère, lui adresse ces remarquables paroles ? “ Vous, qui n'êtes que des brebis, gardez-vous de vouloir “ paîitre vos pasteurs, et de vous élever au-dessus de leur “autorité: qu'il vous suflise d'étre bien enseignés. N'allez pas “juger vos juges, et ne faites pas de lois pour vos législu- “teurs, &e.”. Mais comment celui-là ne juge-t-il pas ses juges, et n'a-t-il pas la prétention de paître ses pasteurs, qui a la présomption de juger les sentences portées par un concile ou par le souverain Pontife, qjoute Bellarmin ?

Saint Chrysostôme, dans la dernière de ses homélies sur saint Jean, enseigne que “ saint Pierre a été établi le doc- “ teur de tout l'univers, ” par conséquent de Mr le colporteur et de tous ses ministres, aussi bien que de nous, ajoute Joseph Lami.

QUATRIÈME TÉMOIGNAGE. Dans son opuscule sur les erreurs des Grecs, saint Cyrille dit ces remarquables paroles : ‘“ Nous devons nous tenir unis au Pontife romain “qui est notre chef; c'est le devoir de tous de recevoir de “ lui ce qu'il faut croire et ce qu'il faut observer, ”

JEAN-BAPTISTE, résumant les deux derniers témoignages : Voilà bien encore enseignée ici, par la bouche de ceux qui font autorité dans l'Eglise, l'obligation rigoureuse d'écouter les pasteurs légitimes, et de se soumettre à leur autori- “6. Tes brebis, les fidèles, les laiques quelconques, ont-ils ie droit de juger leurs pasteurs ? Ne voyez-vous pas, encore ici, que saint Pierre est docteur de tout l'univers, et que c'est de lui, parlant toujours par la bouche de ses suecesseurs, comme l'a dit Bossuet, que tous, brebis et agneaux, doivent apprendre ce qu'il fuul croire et ce qu'il faut observer 7

Si c'est du souverain Pontife de l'Eglise qu'il faut recevoir la nourriture spirituelle de la foi, du culte de Dieu et de la morale, les protestante ont-ils la liberté de les demander à la bible qui est muette, et qui ne peut réclamer contre ceux qui lui font dire ce qu'ils veulent ?

CINQUIÈME TÉMOIGNAGE. Tertulien, dans son livre d la Prescription, dit admirablement (J'emprunte à Bellarm'n le résumé qu'il a fait) : “ IHne faut point disputer avec les hé- “ rétiques sur les écritures; parce que la possession et la “ véritable intelligence des livres sacrés appartiennent à “ l'Eglise catholique. Avant toute dispute, on doit cons- “ tater quelle est la véritable doctrine de l'Eglise, sur In “ contestation, et juger des écritures selon l'interprétation “que leur donne l'Eglise. Pour connaître quelle est la “ vraie doctrine de l'Eglise, il n'y a pas de moyen plus as- “ suré que de la chercher dans les églises apostoliques, “ dont celle de Rome est la principale. Car Dieu a confié “ à Jésus-Christ la doctrine de la vérité ; Jésus-Christ l'a “ confite aux apôtres, et les apôtres à leurs successeurs. ”

JEAN-BAprisTE: De ce témoignage, l’un des plus précieux que nous ait laissés l'artiquité catholique, il suit que le bienheureux saint Pierre a transmis à ses successeurs, et l’infaillibilité de sa foi, et la vérité de sa doctrine, et le droit d'enseigner l’une et l'autre à tout l'univers, et la prérogative de juger de la foi des fideles et des pasteurs, des agneaux et des brebis, et le pouvoir de confirmer ceux qui seraient dans la vérité et de condamner ceux qui seraient dans l'erreur.

Il suit encore de ce témoignage, que toutes les controverses, qui regarde et la foi, et la morale, et le culte de Dieu. et la cons-ience humaine, doivent être jugées en prenant pour bâses les enseignements de la sainte Eglise catholique.

Il suit enfin de ce témoignage, que tous ceux qui ont suivi, ou qui suivent, ou qui suivront de prétendus réformateurs religieux, ouvertement en révolte contre la doctrine de l'Église catholique, ont été, sont et seront immanquablement entrainés en dehors des voies de la vérité, qui ne se trouve que dans la sainte Eglise, dont le souverain pontife de l'Eglise romaine, est l’auguste chef.

NIXIÈME TÉMOIGNAGE. Saint Ambroise, lettre 23: à l’empereur Justinien le jeune. On doit savoir que cet empereur, séduit par les ariens, avait la folle prétention de

juger des choses qui regardaient Ja foi. Voici les paroles que lni adresse saint Ambroise :

‘ Si nous parcourons toute la suite des divines é‘ritures,

‘ou si nous consultons les temps qui se sont écoulés, “ qui trouvera quelque part que, dans ce qui regarde la “ foi, oui, dis-je, dans ce qui regarde la foi, ce sont les ein- :: pereurs qui ont coutume de juger de la foi des évêques, ‘ou plutôt, si ce sont les év ques qui ont coutume de iuver de la foi des empereurs ? Avec l’aide de Dieu, vous ‘par viendrez à un âge plus avancé, et alors vous saurez qu'il n’y a point d'évêque qui consentit à mettre sous les pieds des laiques l’autorité sacerdotale. Votre père, d'un âge mur, disait : Il ne m'appartient pas de juger avec ‘les évêques. Vous, au contraire, vous dites : Je dois juger avec les évêques. ” Æt plus bas : * N'il est question de conférer sur des choses qui regardent la foi, cela appartient aux prêtres, comme cela s'est toujours fait sous l'empereur Constantin, d'auguste mémoire, qui laissait pleine liberté aux prêtres, dans leurs jugements. On l'a fait aussi sous Constance, héritier de la dignité de son père. Mais ce qui avait bien commencé, n'a pas fini de même. Car les évêques avaient d'abord consigné par écrit la vraie foi; mais, comme quelques-uns voulaient qu'on jugedl de la foi dans le palais, üs firent en sorte de changer le jugement des évêques par des formules nouvelles. ” JEAN-BaPrisre : Vous le voyez, Mr le colporteur, c’est toujours le même lengage : les laïques, les empereurs meémes, avec toute leur puissance, n’ont pas le droit de juger des choses qui regardent la foi, &e, &c. Et, si vous voyez clair, remarquez, je vous prie, ces paroles: Les évêques avaieut d'abord consigné par écrit la vraie foi: mais les courtisans du palais, les laiques enfin, se mêlèrent de juger après les évêques, et ce qui avait été défini, comme la vérité, fut remplacé par l'erreur, ou l'hérésie. Voilà ce qui est toujours arrivé quand, comme le profane Osa, des laïques ont voulu mettre la main sur les choses saintes, Dicu les à frappés, non pas de mort corporelle toujours, mais toujours d'aveuglement.

Quand fera-t-on comprendre aux laïques, grands et potits, savants où ignorants, cette parole du saint Evangil’, qui ne regarde que les évêques, successeurs des apôtres, et entre eux, le successeur de saint Pierre ; “ En mème

“temps il (Jésus-Christ) leur ouvrit l'esprit afin qu'ils en- “ tendissent les écritures (1). ” Et ces autres de saint Jean, également adressées au pape et aux évêques: “ Mais le ‘ consolateur, qui est le Saint-Esprit, que mon Père enver- “ra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fe- ‘ ra ressouvenir de tout ce que je vous ai dit (2). ”

Le concile de Sens, tenu à Paris, en 1528, porta le décret suivant, qu? feront bien de méditer ceux qui, sans autorité, se mélent de juger les livres saints.

“ L'autorité des saintes écritures est très grande et très “ vénérable, puisque ceux qui en ont été les auteurs fu- “rent inspirés du Saint-Esprit ; mais il n'appartient pas * à tout le monde de juger de l'inspiration ou du sens de “ces livres. Ce pouvoir regarde l'Eglise ; c'est elle qui ‘ peut déterminer sûrement et d’une manière infaillible ‘‘ toutes les controverses, en distinguant les livres apocry- “ phes des canoniques, et le sens vrai et orthodoxe, de ce- “ Jui qui est hérétique ou contraire à la vérité (3). ”

NEPTIÈME TÉMOIGNAGE. Tous les laïques qui ont la prétention de se mettre à la place des évêques et du pape, pour décider dans les choses qui regardent la foi ou la morale, ou qui croient mieux entendre la bible que l'Eglise, voudront bien lire avec attention ce que saint Jérôme écrivait à saint Augustin, à propos d'un passage des épiîtres de saint Paul sur l'interprétation duquel ils différaient d'opinion. Faites attention que saint Jérôme avait une profonde science des saintes écritures, et qu'il n'était que prètre.

“ C'est à un évêque célèbre comme vous. de répandre “ ce sentiment (celui de saint Augustin). Pour moi, qui “ ne suis qu'un pécheur, caché dans une cabane avec des “ solitaires, qui sont pécheurs comme moi, à ne m'appartient “pas de décider de si ;rrandes choses, el j'avoue que je m'en tiens “à lire les ouvrages de nos Pres. ”

JOSEPH LAMI: C'est non-seulement l'esprit de foi, mais la raison chrétienne qui parle, ici, par la bouche de ce savant prêtre. ne m'apparlient point, dit-il, de décider de si gran les choses ! Et il s'agissait de l'interprétation d'un texte de la bible! Et des colporteurs, et des hommes, et des femmes, et des enfants, et des personnes qui n’entendent pas la signification propre du tiers des mots de la langue qu'ils parlent, auront la prétention, je devrais dire l'audace, de se

(1) Luc, ch. 24, v. 45. (2) Ch. 14, v. 26. (3) 4e Décret. D'avallon,

constituer les juges de la parole de Dieu ? Quel prodigieux aveuglement !

Huirième TÉMOIGNAGE. Théodoret, écrivant au pape saint Léon, lui disait: “ J'attends le jugement de votre “ Siège apostolique, et je supplie votre Nainteté, et je la “ conjure de me venir en aide, parce que j'en appelle à “ votre jugement qui est juste et droit. ”

Pierre, évêque de Ravennes, écrivait à l'hérétique Eutichès qui, comme tous les hérésiarques, s'obstinait dans son erreur : ‘“ Nous vous exhortons, à frère, de vous soumettre ‘en toute chéissance à ce que le bienheureux pontifs ro- ‘“ main a écrit: parce que le bienheureux Pierre qui vit “et préside sur son Siège, donne la vérilé à ceux qui lu cher- “chent. ”

JEAN-BAPTISTE : Si tous ceux qui doutent ; si tous ceux qui commencent à s'égarer ; si tous ceux qui sont tombés ds l'erreur, s'adressaient à ce suprème tribunal, avec un cœur droit, üs y trouveraient la vérié. Mais combien s'y sont adressés, et lui ont fait la question que Pilâte adressait à Jésus-Christ: Qu'est-ce que la vérité (1)? Et, comme Pilâte, au lieu d'attendre la réponse, sont sortis pour aller trouver les Juifs, c'est-à-dire, sont allés vers ceux qui les encourageaient dans leur révolte contre la vérité!

NEUVIÈME TÉMOIGNAGE. Saint Athanase écrivait au pape, saint Félix Ier: C'est à vous qu'il appartient de “ condamner les profanes hérétiques, ls novateurs impu- “ dents, et tous ceux qui infectent l'Eguse. Vous êtes le “ chef de tous ceux qui professent la doctrine orthodoxe et “ Ja foi sans tache. ”

Saint Anselme écrivait au pape Urbain: La divine “ Providence ayant choisi votre Kainteté pour lui confier “Ja vie et la foi chrétienne et son Eglise à gouverner, on “ne peut s'adresser plus sûrement qu'à vous, st quelqu'er- ‘“ reur contre la foi catholique s'élève dans l'Eglise, alin “ qu'elle soit réprimée par son autorité, ?”

Rien ne prouve mieux l'autorité du Siège apostolique que la conduite que suivirent les Pères du concile de Chalcédoine. Il était question de justifier saint Klavien, injustement condamné par le conciliabule d'Ephèse, tenu en 431.

On lut la déclaration que Flavien avait faite de sa foi dans le concile de Constantinople. Après cette lecture, les magistrats, chargés de maintenir le bon ordre que trou-

(1) Jeun, ch. 18, v. 38,

APPENDICM. 889

blaient les hérétiques, demandèrent ce qu'ils en pensaient. Le Légat Pascasin dit : “ Flavien, de sainte mémoire, a ex- ‘ posé la foi purement et entièrement, car son exposition “ s'accorde avec sa lettre au pape.” (Remarquez) Anatolius dit ensuite: “ Le bienheureux Flavien a exposé d'une “ manière orthodoxe la foi de nos saints Pères. Le Légat “ Lucentius reprit: puisque Ja foi du bienheureux Fla- “vien s'accorde avec /a Chaire apostolique et la tradition “ des Pères, il est juste que le concile fasse retoraber sur “ les hérétiques qui l'ont condamné leur propre sentence. “ Maxime d’Antioche : l'archevèque Flavien, de sainte mé- “ moire, a exposé la foi d'une manière orthodoxe, et qui est “ d'accord avec le très saint archevéque Léon (le Pape), et nous “ Ja recevons tous. ”

Voilà de quelle manière le concile général de Chalcédoine, de l’an 451, entendait ces paroles adressées au chef de l'Eglise par Jésus-Christ : “ Paissez mes agneaux... Paissez “ mes brebis.” Et ces autres : “ Quand vous serez conver- “ tis, ayez soin d'affermir vos frères. ” Le pape a parlé, a défini la foi, et c’est sur sa foi qu'on juge la foi des évêques. Leur foi est-elle conforme à celle du pape: ils sont catholiques. Leur foi est-elle contraire à la foi du pape: ils sont hérétiques.

Je terminerai ces témoignages par les paroles que saint Augustin adressait au comte Boniface : “ L'Eglise catho- “ Jlique est seule le corps de Jésus-Christ, qui est le chef et * le sauveur de ce corps ; hors duquel nul n’est vivifié par “ Je Naint-Esprit, puisque la vie qu’il nous communique, “c'est la charité; et que la charité n'est dans nos cœurs “ que par le Saint-Esprit qui nous est donné, comme dit “ saint Paul, et que quiconque est ennemi de l'unité, ne par- “ dicipe point a la charité. ”

* Dès-là qu'on est hors de l'Eglise, on n'a donc point le # Saint-Esprit: Aussi est-il dit de ceux qui se séparent “ par le schisme, que ce sont des hommes de chair et de sang, “et qui n'ont point l'esprit de Dieu (1). ”

C'est non-seulement pour fermer la bouche aux protestants, muis encore pour satisfaire les catholiques, qui désirent avoir les preuves historiques du séjour et du martyr de saint Pierre, à Roine, que Je vais citer les témoignages suivants, empruntés à {a défense de l'Eglise, par l'abbé J. M. S. Gorini.

(1) Jule, v. 19.

2: Siècle. Saint Irénée. “ Mathieu donna aux Hébreux, “ dans leur propre langue, le livre de l'Evangile, en mé- “me temps que Pierre et Paul évangilisaient u Rome et y “ fondaient une Eglise. ” Un peu plus loin, il invoque contre toute espèce d’hérésie la tradition apostolique “ de la “ très grande, très ancienne église, bien connue de tous, “ fondée et constituée à Rori», par les deux très glorieux Pierre et “ Paul.” (Contra hæreses).

Tertulien. “ Vous qui voudrez utilement exercé votre “curiosité dans l'affaire du salut, parcourez les Eglises “ apostoliques.. Si vous êtes voisins de l'Italie, vous avez ‘“ Rome, d'où nous vient, à nous, notre origine. Combien “elle est heureuse cette Eglise, où les apôtres ont répandu “ toute leur doctrine avec leur sang, où Pierre mourut du “ méme supplice que le Seigneur. ” {De prascriplionibus).

8: Siècle. Clément d'Alexandrie. “ Lorsque Pierre eût pu- “ bliquement annoncé la parole de Dieu à Rome, et qu'inspiré “ par le Saint-Esprit, il y eut promulgué l'Evangile, un “ grand nombre c'e fidèles de cette ville engagèrent Mare, “ vû qu'il avait longtemps suivi saint Pierre et qu'il se “rappelait ses instructions, à écrire ce que l’apôtre avait “ prêché. ” (Eusèbe).

Origène. “ On croit que Pierre prêcha en Bithynie, en “ Cappadoce et en Asie, aux Juifs dispersés. A la fin, # “vint à Rome et fut crucifié la téle en bas. ” (Eusèbe).

4 Siècle. Arnobes. “ À Rome, malgré les superstitions “introduites par Numa, des milliers d'hommes ont renon- “ cé à leurs anciens préjugés pour embrasser la religion de “ Jésus-Christ. C’est qu'ils avaient vu le char de Nimon “ le magicien et ses chevaux de feu, dissipés par le souffle de “Ja bouche de Pierre, s'évanouir au nom du Christ. Oui, “ils l'avaient vu, plein de confiance en ses dieux, mais “trahi par leur frayeur, (à la vue des chrétiens) roulé, en- ‘ rainé par son propre poids et tomber en se brisant les jam- “ bes.” (Contra gentiles).

Lactance. “ Quand Pierre vint à Rome, Néron était déjà “sur le trône. N'étant aperçu que, non-seulement à Rome, “ mais que partout, chaque jour, on abandonnait en foule “ le culte des idoles, et qu’au mépris de l’ancienne religion, ‘on passait à la nouvelle, cet exécrable et cruel tyran s’é- ‘* Jança contre le céleste édifice pour le renverser. Le pre- ‘ mier, il persécuta les serviteurs de Dieu, aftacha Pierre a “une croix et décollu Paul. ” (De mort. persec.)

Saint Athanase. “ Pierre, que la crainte des Juifs avait . enfoncé 6 dans un lieu caché, l'apôtre Paul, qui s'était fait descendre dans une corbeille, ayant appris qu'ils souffriraient “ Je martyr à Rome, loin de refuser d'entreprendre ce voyage, parlirent au contraire avec joie.” (De fuza sua). dusèbe, évêque de Césarée, * Néron sévit même contre les apôtres. On raconte que Paul eût la tête tranchée à “ Rome, ef que Pierre fut attarhé à une croir, sous son règne : et ce récit se trouve abondamment confirmé par les mo- “ numents qu'illustrent les noms de Pierre et de Paul et “ qu'on voit maintenant encore dans les chnetieres de la “ ville de Rome.” (Hist. Eccl).

Saint Jérome. ‘ Simon Pierre, inhumé à Rome, au valican, “ près de la voie triomphale, est célébré par la vénération “ de tout l'univers. ” (De viris illustr.)

Naint Chrvsostôme. “ Le ciel, même quand il darde les “ rayons du soleil, ne brille pas autant que Rome ornée de “ ces deux flambeaux inondant l'univers entier de leur lu- “ mière.— De quel spectacle Rome sera témoin quand, tout-à-coup, elle verra, des lieux où reposent leurs cendres, Paut ressusciler avec Pierre, pour S'élancer à la rencontre “ du Seigneur. ” (Hom. XXXIL in Ep. ad Rom.)

(26) Saint Augustin, lettre à Casulan, chap. 25. “Je vois que le jeune nous est presc rit par l'Evangile et par “ les écrits des apôtres, c'est-à-dire, par tout le Nouveau- “Testament ; mais je ne trouve point que ni Tésus-Christ, ‘ ni les apôtres aient déterminé les jours où l'on doit jeüner. ni ceux où l'on ne le doit pas. ” “ Nous étions à Milan, dit saint Augustin, avec ma mè- “re, qui se trouvait en peine s'il fallait jeüner le samedi, “ selon la coutume de la ville d'où nous sommes, ou ne “ point jeûner, selon celle de Milan. Je fus trouver l'homme de Dieu (saint Ambroise), pour la tirer de cette peine ; car, pour nous, comme nous n'étions encore que Catéchumènes, nous ne prenions pas grand intérêt à ces “ sortes de choses, et voici la réponse que j'en eu: Je ne “puis, me dit-il, vous prescrire sur cela que ce que je fais moi- “ méme; et par là je crus d'abord, continue saint Augustin, “ que tout ce qu'il me voulait faire entendre était qu’il ne “ fallait pas jeuner le samedi ; parce que je savais que c'était ce qu'il pratiquait : mais il ajouta : Quand je suis ici, “ je ne jeûne point le samedi ; mais quand je suis a Rome, je Jeu-

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“me ce jour-là. Ainsi dans quelque Eglise que vous vous trouwiez, suivez-en les coulumes, si vous voulez ne causer de scan- “ dale u personne, et que personne ne vous en cause (1). ”

“ Il faut recourir à la tradition des Pères de l'Eglise, afin “qu'ils nous apprennent que l'observance du jeûne du “ carême est de tradition apostolique, et que si elle n’est “ ni d'institution divine, ni de droit divin : elle est dans le “ degré d'autorité qui en approche le plus. Saint Augns- “ tin déclare que le jeune du carême est autorisé des écri- “ tures de l’un et de l’autre Testament, par le nombre de “ jours que Moïse, Elie et le Fils de Dieu ensuite ont jeü- “ né... Saint Epiphane dit que la coutume de l'Eglise est “ de jeüner quarante jours avant la semaine sainte... Naint “ Basile parlant du jeûne du carême, dit que l'ordonnance “s’en publiait par toute la terre, à la joie de toute sorte “ de personnes, de tout âge et de tout sexe (2). ”

Saint Thomas, et la généralité des théologiens enseignent que le jeune, en général, est de précepte divin, mais qu'il est laissé à l'Eglise de déterminer le temps et la manière de jeuner. Le savant Thomassin dit que, si le jeune du carème n’est pas d'autorité divine, il est dans le degré qui en approche le plus. Saint Augustin nous dit que le jeûne est prescrit par l'Evangile et par les écrits des apôtres : et les protestants ont des yeux et lisent la bible, et ne l'y voient nalle part ! En conséquence, ils croiraient ne pas suivre la bible s'ils jeûnaient ! Et, ce qui est aussi étrange, ils font la guerre aux catholiques parce qu'ils observent un précepte divin ! Et la prophétie d'Isaïe s'accomplit en eux, l’orsqu'il dit : “ Vous écouterez “ de vos oreilles et vous n'entendrez point ; vous regarde- “ rez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur “ de ce peuple s’est appesanti, et leurs oreilles sont deve- “ nues sourdes, et ils ont fermé jeurs yeux, de peur que “ leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que “ leur cœur ne comprenne, et que, s'étant convertis, je ne “les guérisse (3). ”

(27) Voici ce que saint Augustin écrivait à Armentaire, en l’exhortant de garder le vœu de continence qu'il avait fait.

“ Mais enfin votre vœu vous lie ; il ne s’agit plus de vous

(1) Même lettre, ch. 14. (2) Extrait du P. Thomassin, traité sur le jeûne, ch. 4. (3) Matt. ch. 15, v. 14-19,

APPENDICF. 898

“ porter à celte œuvre si excellente entre les œuvres de jus- “tice et de sainteté, puisque la démarche en est déjà faite ; “il ne s'agit que de vous mettre en garde contre un aussi “ énorme péché que serait celui de manquer à ce que vous avez “ promis. Car ce manquement ne vous remettrait pas “ dans l'état où vous seriez, si vous n'aviez point fait de “vœu. Vous auriez, en ce cas-là, moins de mérite, mais “ vous n’auriez pas été criminel ; au lieu que si vous ve- “ niez à rompre la foi que vous devez à Dieu, ce que je n'ai garde de présumer, vous seriez d'autant plus misérable que vous seriez plus heureux si vous la lui gardez, Et que cela ne vous fasse pas repentir de ce que vous avez fait : réjouissez-vous, au contraire, de vous voir dépouillé d’une liberté qui ne pouvait aller qu'à vous appauvrir. Tenez donc ferme ; accomplissez ce que vous avez promis ; celui qui l'exige de vous, vous aidera à le “ Jui rendre. Heureuse est la nécessité qui nous porte à “ce qu'il y a de meilleur et de plus parfait. ”

Vingt quatrième session du concile de Trente, canon neuvième : “ Ni quelqu'un dit que les ecclésiastiques qui sont “ dans les ordres sacrés, ou les réguliers qui ont fait profes- “ sion solonnelle de chasteté, peuvent contracter mariage, “et que l'ayant contracté, il est bon et valide, nonobstant “ Ja loi ecclésiastique et le vœu qu'ils ont fait : que soute- “ nir le contraire, c’est condamner le mariage, et que tous “ ceux qui ne sentent pas avoir le don de chasteté, encore : aie Vaste vouée, peuvent contracter mariage, qu’il “ soit anathème ; puisque Dieu ne refuse pas ce don à ce- “ Jui qui le lui demande comme il faut, et qu’il ne permet ‘‘ pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces. ”

Voici ce qui est décidé comme étant de foi dans ce canon : 1° Que les clercs, constitués dans les ordres sacrés, ou les réguliers qui ont professé solennellement la chasteté, ne peuvent contracter mariage ; que, s’il était ainsi contracté, il ne serait pas valide d’après la loi ecclésiastique ou le vœu. Orsi la loi ecclésiastique annulle ce inariage, aucun pourvoir civil ne peut le rendre valide. Ce serait un concubinage sacrilège à cause du vœu de chasteté. 2’ Que, par ce canon, l'Eglise n'a pas condamné le mariage contracté suivant les lois de l'Eglise. 3° Que tous ceux qui, après avoir fait le vœu de chasteté, sentent qu'ils n’en ont point le don, ne peuvent pas pour cela se marier ; parce que Dieu ne le refuse pas à ceux qui le demandent comme il

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faut et ne permet pas qu'on soit tenté au-dessus de ses forces.

Saint Augustin, sur le l’saume 83°: ‘ On retourne en ar- “ rière, ines frères, lorsque, du lieu et de l'état où l'on s'était “avancé, où l'on avait fait vœu de se tenir, on tombe dans “ le relâchement, et qu’on quitte ce qu'on avait entrepris. “ Un homme, par exemple, a promis à Dieu de vivre chaste “ dans le mariage : car c’est là le premier degré d’une vie “ juste ; il a renoncé à la fornication et aux autres impu- “ retés criminelles ; s’il revient à les commettre, il tourne “ la tête en arrière. Un autre, poussé par une grâce de Dieu plus forte, a pris une résolution plus généreuse : il a promis à Dieu de ne jamais se marier : cet homme, qui pouvait, sans se perdre, se marier avant d'avoir fait ce vœu, ne le peut plus quand une fois il l'a fait ; il serait ‘ condamné, s’il se mariait. Quoiqu'il ne fasse, en se ma- “ riant, que ce que font ceux qui n’ont point prononcé de semblables vœux, Dieu le condamnera, tandis qu’il ne comdamnera pas les autres qui auront fait la même chose que lui. Pourquoi, sinon parce qu'il a tourné la tête “en arrière ! Car il s'était déjà avancé bien avant, et si “loin que les autres n'avait pu aller jusqu :-là. ”

Si, suivant ce grand évêque et tous les théologiens catholiques, celui qui viole son vœu que, seul et en son âme, il a fait à Dieu, sera condamné ; avec combien plus de rigueur sera condamné celui qui aurait fait un vœu solennel de contineuce ou de chasteté perpétuelle, s’il avait l'audace de le violer !!

(28) Concile de Vérone, tenu l'an 1148, par le Souverain pontife, Lucius III, porta ce décret : “* La vigueur ecclé- “ siastique doit s’exciter pour abolir les diverses hérésies “ qui ont commencé à pulluler de notre temps dans la plupart des lieux....Comme quelques-uns (de ces hérétiques) sous prétexte de piété, s'atribuent l'autorité de précher, nous comprenons sous un pareil anathème, tous ceux quiosent “ prêcher en public ouen particulier, sans avoir mission “et autorité de nous ou de l’évêque du lieu. ”

Comme ce décret est porté par le souverain pontife, il a son effet dans tous les lieux. Ainsi, aucun hérétique n'a le droit de prêcher, non-seulement parce qu'il n’est pas envoyé par l'autorité légitime, mais encore parce qu'il y a, dans ce décret, une défense formelle de celui qui est le docteur et le pasteur de lous les chrétiens.

Le concile de Sens, tenu à Paris, en l'an 1528, établi,

dans son 34 décret, la même doctrine. *“ Parce que quel- * ques prédicateurs et quêteurs, sous l'habit de religieux, se mêlent de prêcher, trompant les curés, débitent en chaire de nouvelles doctrines et souvent des hérésies et, afin de s'acquérir l'estime du peuple, parlent mal des puissances, tant séculières qu'ecclésiastiques et les portent, par ce moyen, à la désobéissance ; pour prévenir un si grand ‘ ma’, les curés ne permettront à aucun prédicateur ou qué- ‘ teur de prêcher, qu'il n'ait une permission de l'évéque du lieu. ” Un concile, tenu à Sienne, en 1599, contient ce sage rèelement qui empécherait la circulation d’un grand nombre de mauvais livres qui sont, dans notre siècle, la cause de la perte de la jeunesse. Je le place ici, non pour le mettre en vigueur, je n’en ai pas l'autorité, mais pour le faire connaître.

“ Les imprimeurs et les libraires se conformeront aux rè- “gles de l'Index, fixées par Clément VIIT, et les évêques “ feront visiter, tous les ans, leurs boutiques par un librai- “re général ou quelqu'autre personne recommandable “ par sa science et sa piété. Chaque libraire affichera à sa “ porte l’Index romain, contenant la liste des livres condamnés Tous les colporteurs de livres devront être munis d'une liste des livres qu'ils vendent, souscrite par l'évéque ou par l’inquisiteur, ou par les examinateurs déléœués. Les héritiers on les exécuteurs des dernières vo- ‘“ Jontés d’une personne décédée ne pourront ni se servir “ de ses livres, ni les vendre à d’autres avant d'en avoir “ soumis la liste à l'examen de l'ordinaire. ”

L'autorité civile établie, dans les villes, des visiteurs pour empêcher qu'on ne vende, sur les marchés, des viandes ou des denrées nuisibles à la santé des citoyens, et on laisse vendre, dans les librairies ou par des colporteurs, les brochures, les livres les plus dangereux et, quelquefois, les plus opposés aux bonnes mœurs, à la tranquillité publique et à l'autorité! Et la société se gangrène ; les mœurs s'en vont ; la jeunesse se déprave ; la paix public: est troublée ; l'autorité est méprisée !

(29) “ Puis done, dit saint Irénée, que le calice mêlé et “Je pain rompu reçoit la parole de Dieu et devient l'Eu- “ charistie du sang et du corps de Jésus-Christ, par lesquels

596 LE PETIT ARSENAT,

“ Ja substance de notre chair s'accroît et subsiste, com- “ ment nient-ils que la chair soit susceptible du don de Dieu, qui est la vie éternelle, elle qui est nourrie du sang et du corps du Christ, et qui est de ses membres ? Mais de mème que le bois de la vigne déposé en terre fructitie en son temps, et que le grain de froment tombé en terre et décomposé se relève plus nombreux par l'Esprit de Dieu qui contient toutes choses ; qu'ensuite l’un et J'autre sont utilisés par l'homme et que, recevant la parole de Dieu, ils deviennent l'£Eucharistie, qui est le corps et le sang du Christ : de même nos corps, qui sont nourris d'elle (de l'Eucharistie), étant déposés en terre et dissous, ressusciteront en leur temps, le Verbe de Dieu leur donnant l'immortalité pour la gloire de Dieu le J'ère, ” Après avoir cité ce témoignage, Rohrbacher ajoute : ‘“ I n'est guère possible d'exprimer plus clairement la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Éucharistie. le changement du pain et du vin en son corpset en son sang, ainsi que la nature adorable du nouveau sacrifice,

Qu'on se rappelle que saint rénée est mort en l’an 202, et on comprendra l'antiquité du saint sacrifice qu'on rejeté les protestants.

Qu'on se rappelle encore que saint Trénée avait été disciple de saint lPolycarpe qui avait eu pour maître saint Jean l'évangiliste, et on jugera quel poids doit avoir ce témoignage convre les mêmes protestants.

Saint C yprien (1). * Qui fut jamais plus prêtre du Dieu Très-Haut que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui offrit à Dieu le père, le même sa: crifice du pain et du + in, c'est-àdire, son corps et son sang. ”

Naint Ambroise, sur ces paroles du Psaume 38°: l'homme passe comme une ombre, dit : “ Nous avons vu le Prince des princes venir à nous ; nous l'avons vu et nous l'avons entendu offrir son sang pour nous. Nous, prêtres, imitons-le et offrons le sacrifice pour le peuple. Car quoique nous soyons pauvres en mérites, cependant nous sommes honorables par le sacrifice que nous offrons. Quoique Jésus-Christ ne soit pas vu maintenant, offrir ce sacrifice, cependant il est offert sur la terre, quand son corps est offert. Bien plus, il est manifestement offert par nous, dont la parole sanctifie le sacrifice qui est ofrert. ?

Saint Chrysostome (2). “ L'oblation sacrée qu'elle soit

(1) Lib. 2, cap. 3. (2) Hom. 24 sur la Ire aux Cor,

“offerte par Pierre, par Paul ou par tout autre prêtre d'un “ mérite inférieur, est la même que Jésus-Christ donna à “ ses apôtres, et c'est la même que les prêtres consacrent : “ car cette oblation faite par eux, n’a rien de moins que cel- “le faite par Jésus-Christ lui-même. Pourquoi cela ? “ Parce qu'elle n'est point sanctifiée par les hommes, mais “ par Jésus-Christ qui l'avait sanctifiée avant eux.”

“ Malachie, dit saint Augustin (1), Malachie, annonçant “ l'Eglise que nous voyons se répandre par Jésus-Christ, dit * clairement aux Juifs, en la personne de Dieu : mon affertion “n'est point en vous, el je ne recevrai point d'offrandes de votre ‘main ; car, depuis le iever du Soleil jusqu'au couchant, mon nori ‘Cest grand parnu les nations, et il va m'étre sacrifié en tous les lieus ‘el il sera offert à mon nom une oblation pure, car mon nom est ‘œrand parmi les nations,dit le Seigneur. Quand partout déjà, de “ l'aurore au couchant, ce sacrifice est, à nos yeux, oflert “par le sacerdoce de Jésus-Christ, selon l’ordre de Melchi- “ sédec, et quand le sacrifice des Juifs à qui ii a été dit: ‘mon affection n’est point en vous, et je ne rerevrai point d'offran- “ des de votre main, est indubitablement aboli. ”

Le II concile æœcuménique de Nicée, tenu l’an 787, a répondu d'avance aux protestants, par ces rémarquables paroles. VI Session : “ Aucun des apôtres ni des Pères n'a “ dit que Le sacrifice non sanglant fut l’image de Jésus- “ Christ ; car ce n’est point ce qu'ils ont appris de “ sa bouche. Il ne leur a pas dit : prenez et mangez ceci ‘est l'image de mon corps, mais ceci est mon corps. Ilest “ vrai qu'avant la consécration quelques Pères ont appelé “ les dons antitypes, c’est-à-dire des signes ou représenta- “tions ; mais après la consécration, on les nomme, ils sont “et on les croit proprement le corps et le sang de Jésus- “ Christ. Toutefois ces novateurs voulant abolir les sain- “ tes images, ont introduit une autre image qui n'en est pas une, ‘“ mais réellement le corps et le sang de Jésus-Christ, en “ quoi ils font paraître plus d’impiété que d’inconséquence. “ Ils se rapprochent pourtant de la vérité en disant que les “ dons sacrés deviennent un corps divin, tant il y a d'obs- “ curité et d'incertitude dans leurs idées ; car si l’Eucha- “ristie est l’image du corps de Jésus-Christ, comment “ peut-elle être le corps lui-même ? ” Ce sont 377 Eveques qui prononcent cette définition, asssistés de l'Esprit Naint, et les protestants nient la présence réelle (2) !

(1) Cité de Dieu, livre 18e,ch, 85. (2) Couc. de Trente, session 22e, ch. Icr.

“ Quoique Notre-Seigueur dût une fois s'offrir Ini-même “à Dieu son l'ère, en mourant sur le haut de la croix, # pour y opérer la rédemption éternelle, néanmoins, parce “ que son sacerdoce ne devait pas être éteint par sa mort, “ pour laisser à l'Eglise un sacrifice visible, tel que la na- “ture des hommes 1e requérait, et par lequel le sacrifice “ sanglant de la croix fut représenté, dans Ia dernière cène, “Ja nuit méme qu'il fut livré, se déclarant prêtre éternel, “ selon l'erdre de Melchisédech, il offrit à Dieu le Père son “ corps et son sang, sons les espèces du pain et du vin, et “ sous les symboles des mêmes choses, les donna à prendre “à ses apôtres, qu'il établissait alors prêtres du Nouveau- “Testament ; et, par ces paroles : Files ceci en mémoire de ni, leur ordonna, à eux et à leurs successeurs, de les offrir, “ainsi que l'Eglise catholique l’a toujours entendu et enseigné, ?

Je m'arrête, après avoir cité le concile de Trente, dont la doctrine résume celle de tous les siècles écoulés depuis le commencement du Christianisme, Je remplirais des volumes, si je voulais citer tous les témoignages que j'ai devant les yeux. Je conclus donc, avec une entière assurance, 1° qu'il y a, et que, par l'ordre de Dieu, il doit y avoir dans l'Église catholique, un sacrifice offert à l'adorable Trinité, sous les apparences du pain et du vin qui, par les paroles de la consécration faite par les prêtres, deviennent le corps et le sang de Jésus-Christ. Je conclus avec une égale assurance, 2’ que ce sacrifice était figuré par celui qu'offrit Melchisédech, roi de Salem, et prêtre du Très-Haut ; qu'il avait été annoncé par le prophète Malachie, dans sa célèbre prédiction ; qu'il a été institué par Jésus-Christ, dans la dernière cène et que les prêtres du Nouvean-Testament ont reçu l'ordre formel de l'offrir jusqu’à la fin du monde.

(80) Témoignage du saint Concile de Trente, résumant toute la tradition : “ l'Eglise ayant reçu de Jésus-Christ le “ pouvoir de conférer les indulgences, et ex ayant usé de ‘€ tout temps, ce concile déclare qu'on doit tenir cet usage “ comme très salutaire au peuple chrétien et approuvé par “€ les saints conriles, et frappe d'anathème ceux qui disent que ‘“ les indulgences sont inutiles, ou que l'Eglise n’a pas le “ droit de les accorder. Désirant néanmoins que, suivant ‘“ la coutume ancienne de l'Eglise, elles soient conférées ‘avec réserve et modération ; et, pour remédier aux abus

“ qui s'y sont glissés, le concile défend toute sorte de trafic “à cet égard, et commande aux évêques de recueillir “ soigneusement tous les abus qui se sont répandus dans “ Jeurs diocèses, et d'en faire le rapport au concile provin- “ cial, pour les renvoyer ensuite au Pape, afin qu'il en or- “ donne, par son autorité suprême, ce qui sera avantageux “ à l'Eglise universelle, afin que la grâce des indulgences “ soit dispersée saintement sans aucune corrupption à tous “ les fidèles. ” (D'avdlon)

(81) On me pardonnera d'insérer, ici, pour l'information des catholiques qui s'imaginent que les protestants croient encore quelque chose, un aperçu de la démonstration, faite à Genève, lors du Jubilé de 1835.

J'emprunte ce témoignage à monseigneur Rendu, évèque d’Anecy. (Protestantisme en Europe, édition de 1855).

On demande s’il est nécessaire de posséder la vérité. Le président répond : “ Le seul fait de la différence dans la “ manière d'entendre certains passages, — ne prouve-t-il pas “que l'intention du divin Auteur de l'Evangile était que cha- “ cun crut de tout son cœur ce qu'il y voit, ET MÈME CE QU'IL ‘ CROIT Y VOIR, sans se permettre de refuser le nom'de frè- “ re à quiconque voit autrement. ” (Ce qui veut bien dir: qu'il n'y a pas de vérités nécessaires et absolues. )

‘ Mais, s'écrie Mr Mellet, député de la classe d'Iverdun, “ comment ne pas joindre au souvenir de nos illustres ré- “ formateurs la pensée des saintes doctrines qu'ils nous ont “ laissées, de ces doctrines que, l'Evangile à la main, ils “ n'ont cessé de proclamer ? ”

Mr Chenevrières répondit alors comme il répondrait encore aujourd'hui : que les réformateurs ont très mal fait de proclumer des vérités ; que s'ils ont commencé la réformation, c'est à nous de la continuer ; que le protestantisne est tout entier dans le progrès de l'Evangile PAR TA RAISON ; que les croyances étant chaque jour modifiées par la raison, il n'appartient à personne de dire où la raison s'arrêtera. “ Pour moi, s'écrie-t-il, je repousse les cinq “ dogmes de Calvin.” (N'est-ce pas affreux. Voiïià bien la raison humaine mise à la place de l'Evangile ! Hans quel affreux abîme est tombé le protestantisme! Oh! qu'on est heureux d’être catholique ! 1!)

Mr Duvernois. inspecteur du consistoire de Montbelliard, ajoute : “ C’est donc une chose digne de tous nos regards

“ que les réformateurs aient perdu tant de temps à des “ discussions sur des questions peu importantes et surtout qu'ils aient cru pouvoir décider ces questions — et “faire à de leur opinion une règle de foi pour leurs églises. ” + [En eff 1, ajoute Mr d'Ammon, on trouve la ae de

# Dieu non-seulement dans les livres saints, mais aussi dans “Ja nature et la raison. La prétendue différence de la vé- “rité thiologique soutenue encore par Luther même, est “maintenant repoussée par tous les protestants éclairés d’'Allema- “wne. Tout ce que l'expérience et l'histoire enseignent doit ‘être assujéti aux idées, c’est-à-dire aux lois divines de la “ raison, de la conscience et même de la nature. ” — (Quelle épouvantable do:trine !)

Un membre du bureau prend la parole et dit : “ Nous “ plaçons la bible sur l'autel, et nous ne voulons, autour “ d'elle, que des hommes qui étudient et qui adorent, cha- # cun pour soi, sans se condamner les uns les autres ”

“ Ainsi, ajoute Mr le professeur Munier, nous ne contes- “ tons à personne le droit de former des églises dissidentes, “et nous ne condamunons point ceux qui en sont Les conduc- “ teurs. ”

“M. Grandpierre dit : “ Depuis quatre jours que nous som- “ mes ici, personne %'@ dit un mot du dogme du Christ et du ‘ Christ crucifié ; on les passe sous silence, on les tait, on ‘craint de les aborder de front, on a l'air de ne vouloir pas ‘en ouir parler. ?

“ C'est vrai, s'écrie Mr John Harley, la majorité des pas- “ teurs de Crenève à renoncé aux grandes vérités du “ Christianisme, j'en suis profondément ailligé. En y renon- “ cant, vous avez Ôté la bise au Christianisme. Votre reli- : “ gion n'est plus une religion de salut, ce n’est plus qu'un

‘ système de moraie. ?”

Vous voulez donc des professions de foi, reprend Mr le “ pasteurs Encontre. Eh bien! je suis le champion des pro- “ fessions de foi ; car sans cela, nous ne saurions à qui “ donner le nom de frère ; mais voici la mienne : Je place “ Ja bible sur l'autel de la réformation, et je jure devant “tous que j'ai foi à la biblé ”

“ Vous croyez à la bible, répond Mr Grandpierre ; mais “ ]a bible n'est pas un dogme. Nul homme, à ma connais- “ sance, n'a prétendu, jusqu'à présent, que ce fut là un “ dogme, et que ce dogme fut suflisant pour constituer une “ Eglise. ”

“ Nous croyons, ajoute Mr John Harley, nous croyons, “ nous, que la bible signifie quelque chose. Eh! qu'im- “ porte la bible, si l'on n'ose pas dire ce qu’elle renferme !”

Dans un semblable cahos, le mieux eut été de suivre l'avis de Mr Fontanes. “ Je demande, dit-il, qu'on écarte “ toute discussion dogmatique : car nous savons tous d'a- “ vance qu'elle n'aboutirait à aucune solution. ”

Mr le pasteur Bouvier, à son tour, pense que “ chacun doit enseigner selon son sentiment et sa conviction. ”

Que penser, ajoute monseigneur Rendu, de ce joli coup de théâtre d’un docteur de l'église protestante qui, se voyant dans l'impuissance de dire ce qu’il croit, saisit une bible, la pose sur la table, au milieu de l'assemblée, s’incline respectueusement et s'écrie : Je jure devant tous auc j'ai foi à la bible. Cette espèce d'idolâtrie de la bible ne donne-t-elle pas l’idée d'une réunion de fous? (1/: élaint au nombre de deux cent cinquante). Il y a quelque chose de triste à voir une troupe de charlatants prendre la bible comme un étendard, à l'ombre duquel ils marcheront contre cette vérité qu'ils n'ont point voulu voir dans la bible : Quelle honteuse hypocrisie ! Se servir de la bible pour anéantir les doctrines de la bible !

(32) “ A l'autorité irréfragable de l'Eglise, dit Rohrb:- “ cher, se lie inséparablement celle des traditions divines et “ apostoliques, soit qu'elles regardent l'interprétation lévi- “ time des écritures, soit qu’elles concernent la publication “ de certains dogmes communiqués par les apôtres à leurs “ disciples, et, par leurs légitimes successeurs dans le gou- “ vernement des Eglises, transmis jusqu’à la dernière pos- “térité. Sur le point de combattre Les hérétiques par l'au- “torité des livres divins, le saint (Irénée) observe que quand ils se voient serrés de près et ne savent plus qu: “ répondre aux témoignages clairs des Ecritures, iis se re- “ fugient à dire ou qu’elies ne sont point authentiques, ou “ qu'elles admettent divers sens et, qu'en conséquence, leur “ Yéritable signification ne saurait être comprise par ceux “ qui ignorent la tradition, la sagesse parfaite n'ayant pas “ été écrite sur le papier, mais communiquée de vive voix. ”

“ Mais, dit le saint, quand nous leur opposons la tradi- ‘tion qui vient des apôtres et qui, par la succession des ‘évêques, se conserve dans les églises, ils rejettent cette même tradition, se préfèrent eux-mêmes, non-seulement

à tous les évêques du monde, mais encore aux apôtres, et se vantent d’avoir mieux qu'eux tous, découvert la pure vérité. De manière qu'ils ne s'accordent au fond, ni avec la tradition ni avec les écritures ; il faut donc les assaillir et les accabler de toutes parts. Et, pour commencer par la tradition publiée par les apôtres dans tout l'univers, il est facile de s’en éclaircir à quiconque souhaite connaitre la vérité. Il suffit d’'énumérer les évêques établis par les apôtres dans les églises, et leurs successeurs jusqu'à nous. Mais, comme il serait trop long de rapporter les

“ successions de toutes les églises, il est une voie plus cour-

te encore. Pour confondre tous ceux qui, de quelque

‘ manière que ce soit, par attachement à leurs propres ‘idées, par vaine gloire, par aveuglement ou par malice, ‘ font des assemblées illégitimes, il nous suflira de leur in- * diquer la tradition et la foi que la plus grande, la plus ‘ ancienne de toutes les églises, l'Eglise connue de tout le * monde, l'Eglise romaine, fondée par les deux glorieux ‘ apôtres, Pierre et Paul, a reçues de ces mêmes apôtres,

annoncées aux hommes et transmises jusqu'à nous par la succession de ses évêques. Car c'est avec cette Eglise, à cause de sa plus puissante principauté, que doivent nécessairement s'unir et s’accorder toutes les églises, c'est-à-dire, tous les fidèles, quelque part qu'ils

‘ soient, et que c’est en elle et par elle que les fidèles de ‘tout pays ont conservé loujours la tradition des apôtres. ”

Naint Augustin (1). “ Je demande donc, dit le saint docteur, qu'est-ce que c’est que Manichée? Vous répondrez :

“ J'apôtre du Christ. Je ne le crois pas. Maintenant, que

direz-vous, que ferez-vous ? vous me promettiez la sci-

‘ence de la vérité, et voilà que vous m'obligez de croire

une chose que j'ignore absolument. Peut-être que vous me lirez l'Évangile, et que vous essaierez de m'y trou-

‘ver Manichée. Mais, si vous aviez affaire à quelqu'un

qui ne croirait pas encore à l'Evangile, et qu’il vous ré-

“ pondit: Je n'y crois pas, que pourriez-vous lui répliquer ? “ Pour moi, je ne croirais pas même à l'Evangile, si je n'a-

vais pour me porter à y croire l'autorité de l'Eglise catho-

“]ique. Puis donc que j'ai obéi à ses pasteurs lorsqu'ils “ m'ont dit : croyez à l'Evangile, pourquoi ne leur obéirais-

je pas de même quand ils me disent: Ne croyez pas à

“ Manichée ? Optez pour tel parti il vous plaira. Si vous

(1) Coutra cpistolam Manichæi, quam vocent fundamenti, cap. 5.

Qi

tholique.

me dites : Croyez-en les catholiques, ce sont eux-mêmes qui m'avertissent de n'avoir aucune foi dans vos paroles. Je ne puis donc, si je les en crois, faire autrement que ne pas vous croire. Ni vous me dites: N'en croyez pas les catholiques, Tous ne pourrez pas vous servir de l’évangile,

* pour me faire croire à Manichée, puisque je n'ai cru | l'é-

vangile lui-même que sur l’enseignement de l'Eglise ca-

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