BE LT RES
ge ms
Le F 42
« de vous tous, obligera tous les individus, grands ou \ petits, riches on pauvres, idiots ou autres, qu'ils en « aient le temps ou les moyens, cela ne pourra servir “ d’excuse, d'apprendre à lire tous dans la même « langue.
«Quelques années plus tard, vous ferez des paquets « de ces bibles ; vous les donnerez à des colporteurs «qui iront les distribuer à toutes les nations, en disant « à chaque individu : Ceiui qui ne se procwrera pas une « bible et qui ne la lira pas, sera condamné. Cela fait, «vous vous en irez chacun chez vous et l'univers sera « converti. » (à)
Je ne vois nulle part dans l’évangile, que cette
manière de convertir l'univers, ou de faire connaître
la doctrine du Sauveur du moude, ait été mise en pratique par lui-même ou par ses apôtres. Cela me fait croire que désus-Christet ses envoyés n'étaient pas protestants, ajouta Jean-Baptiste.
Le rolporteur, croyant que ret adversaire était aussi
ignorant que ceux qu'il! avait assez souvent rencontrés
ailleurs, parmi les Canadiens, sur les enseignements de la
bible, et que Jean-Baptiste ne comprendrait pas qu’il ve- .
naît de réduire au néant, le principe qu’il mit en avant : ‘€ Il faut lire la bible pour être sauvé ”: ne daigna pas faire méme un semblant de réponse à ce qu'on venaut
de lui dire. Qu'aurait-1 pu répondre de raisonnable?
Mais, suivant la pratique de ces audacieux ignoranits, qui prennent des avancés hazardés pour des principes incontestés, il elevu la voit et puis lança, pour la trotsième fois son principe à la face de Jean Baptiste, qui allait lus faire passer lu plus triste nuit qu'il eut jamais passée : Vous êtes, mon ami, dans une erreur déplorable, dit-il. Sachez donc, encore une fois, que celui qui
nelira pas la bible ne saurait être sauvé. Puis, après “une pause majeslueuse comme en savent prendre les
charlatans : j'ajonte qu’il faut suivre {a bible, toute la bibie,rien que la bible. | {a) Voir la 2me Conférence du Cardinal Wiseman.
ds ou ils en servir nème
quets rieurs disant as: Wie a fait, s sera
, cette naître se -en la me staient
aussi conirés ts de la
rw’il ve- :
avant :
daigna a venait
inable ? .
soranis, rincipes lrotsièste, qui | jamais jéploralui qui s, après dre les toute la
Jean-Baptiste : Votre dernier avancé m'étonne pour le moins autant que le premier. Quoi ! &/ faut suivre la bible, toute la bible et, surtout, rien que la bible? Vous la suivez donc de pointen point, ou, romme on dirait, de fil en aiguille, vous, monsieur le colporteur ?
Le colporteur : Oui, certainement, mon ami: je:la suis.et Je pratique fidèlement tout re qu’elle enseigne. Mais, remarquez-le bien : toute la bible et rien que la bible. |
Jean Baptiste: Dans ce cas. je me permettrai de vous demander si vous avez des bibles de la traduc-
tion de Sacy.
Le colnorteur : J'en ai certainement. Et pourquoi, je vous prie, me faites-vous cette demande ?
Jean-Baptiste : Je voudrais avoir une de ces bibles de Sacy qu'on a fait apostasier pour les rendre protestantes, afin de vous en soumettre certains textes qui auraient rapport à ce que vous venez de me.déclarer, savoir : qu'il fallait suivre toute la bible et rien que la bible. Je m'aperçois, au reste, que vous me prenez pour un ignorant auquel on en impose par un air de suffisance. J’ai besoin surtout de vous faire prouver par la bible, vos avancés étranges, et comme vous venez, je pense, pour me faire proteslant, il n’est
que juste que vous me prouviez que la bible condamne les Catholiques et est en faveur des protestants.
Le colporteur, passablement intrigué : Quoi! vous connaissez la bible traduite par Wr le Maistre de Sacy?
certainement j'en ai .… Et c’est avec plaisir que je vais vous en donner une.
Aussitôt, le colporteur va à son paquet, l'ouvre et en prend une bible de Sacy qu'il vient préseuter à Jean- Baptiste, en lui adressant ces paroles : la bible traduite par M. de Sacy, est très-répandue parmi nous : c'est une très-bonne traduction.
Jean Baptiste parcourt cetle bible en silence, pendant environ cinq minutes ; puis ul va à une armoire, en tire quatre vol. in-folio, proprement enveloppés, et vient les
poser sur la table près de laquelle était le colporteur.
Le colporteur : Quels sont donc ces livres ?
Jean-Baptiste : C’est la bible de Sacy, monsieur ; je m'en sers pour m'affermir dans ma foi; elle nr'a été prêtée par mon vénérable Curé ; elle est déjà trèsancienne, Edition de 1715, comme vous pouvez le voir sur le frontispice. Je l’ai mise sur la table pour la confronter avec celle que vous venez de m'offrir, car, en parcourant la vôtre, j'ai cru m’apercevoir qu'eile
- n’était pas semblable à celle que je possède. Veuillez monsieur le colporteur, m'aider à en faire la comnparaison. Dites moi, ajouta Jean-Baptiste, si la vôtre contient Tobie, Judith, la Sagesse, l'Ecclésiastique, Baruch, le premier et le second livre des Micchabées ? De plus, votre bible contient-elle les six chapitres d’Esther etles deux de Daniel qu'on m'a dit manquer dans les bibles protestantes ?
Le colporteur : Non, mon ami, ma bible de Sacy ne contient pas les livres que vous venez de nommer, ni les fragments d’Esther et de Daniel.
Jean-Baptiste: Comment donc est-il arrivé que votre édition ne renferme pas ce que renferme la mienne ?
Le colporteur : Ceux qui, au commencement du XVI siècle, ont fondé la religion protestante ont jugé à propos de ne regarder comme inspirés que les seuls livres de l’Ancien Testament qui sont contenus dans le Canon attribué à Esdras.
Jean Baptiste : Qui a donné à ces hommes le droit
de fRongne ce que toute l’antiquité chrétienne avait admise ? Dans le temps d’effervescence religieuse où ils vécurent.,ila pu se faire qu'on les ait cru sur parole ; mais aujourd'hui que l'histoire a mis à nue leur vie scandaleuse et leur doctrine désastreuse peutil se rencontrer un homme qui se respecte tant soit peu, qui veuille admettre ce qu’ils on! décidé et souwnir ce qu'ils ont réglé ? Car tous ceux qui ont une connaissance, même élémentaire, des motifs qui
de
porteur.
ieur ; je m'a été jà trèsz le voir pour la rir, Car,
qu'eile Veuillez coinpala vôtre iastique, bées ? De d'Esther dans les
Sacy ne 1ommer,
ivé que ferme la
du XVI t jugé à les seuls
us dans
le droit
ne avait rieuse où cru sur is à nue use peuttant soit é et souont une otifs qui
les faisaient agir, savent pourquoi ils ont retranché un si grand nombre de livres du catalogue des écrits divinement inspirés. Afin que vous ne les ignoriez pas, M. LL colporteur, je vais vous les donner: lesvoici : « Le motif principal de cette étrange innova- «tion, dit l'auteur de l'ouvrage intitulé. La bible mu- « dilée, était d'enlever aux Catholiques plusieurs des « livres inspirés par lesquels ils défendaient, à l’ex- « emple des anciens Pères, les dogmes que la Réfor- « me avait attaqués comme autant d'erreurs in- « troduites dans l'Eglise Romaine ; telles que la li- « berté de l'homme, la nécessité et le mérite des bon- «nes œuvres, l’amissibilité de la justice, l’intercession «et le culte des anges et des saints, la prière et le «sacrifice pour Îles morts, et, par suite, le purga- «toire. » (à)
Vous pouvez juger maintenant, monsieur le colporteur, quels étaient les vrais motifs qui ont engagé les scaudaleux fondateurs du protestantisme à retraucher les livres qui manquent dans votre bible. Ils n'avaient pas d'autre but pour mutiler le livre divin, que celui de faire la guerre à l'Eglise Catholique qui les avait chassés de son Sein à cause de leurs erreurs ; voulaient se mettre à l’aise et s’atfranchir de toute contrainte morale ; prendre des épouses nonobstant leur vœu de chasteté et puis enfin se livrer sans remords. à tout ce qui pouvait flatter leur orgueil satanique ou leurs passions déréglées. Vous pouvez, en vérité, vous glorificr de marcher à la suite de tels hommes! Et puis, ajouta Jean-Baptiste, vous osez venir offrir une semblable bible à des Catholiques! « Une bible, « dit Mgr. Rendu, que vous avez pris soin de mutiler, «de cha'ger, de corriger, interprèter, jfalsifier, et «torturer pour la réduire à exprimer vos opinions ?
(a) Ceux qui voudraient étudier à fond la question que je ne fais
qu’esquisser ici, pourront lire : Za Bible mutilée. Is y trouveront des
preuves abondantes de l'inspiration des livres retranchés par les protestants. Q
\ « Une bible qui ne ressemble à elle-même que com- «“ me le Säuveur des hommes se ressemblait en sor- «tant de la main des bourreaux, quand un magistrat winfidèle, vint le montrer au peuple en disant: Voilà «l'homme. »
Le colporteur, avec vivacité: La bible, que je vous ai offerte, est vraiment celle de Sacy.…
Jean-Baptiste : Si c'est vraiment la bible publiés nar Sacy,que sont devenus les sommaires qu’il il mis à la tête des chapitres et les notes explicatives qu'il avait placées au bas des pages, comme vous voyez dans celle que j'ai? Regardez-bien ajouta Jean- Baptiste.
Le colporteur, ne sachant trop que dire hasarde lu réponse suivante : Nous en avons Ôté les sommaires et les notes explicatives pour en diminuerle volume et la rendre plus portative.
Jean-Baptiste : Vous avez de lesprit comme un ange, en vérité. Quelle admirable réponse vous me faites! mais, parlons sérieusement. Pourquoi répondre, si vous ne voulez pas dire la vérité ?Oun ‘it que vous avez fait un pacte avec l'esprit de men. 4e pour mentir, mentir toujours, mentir jusqu’au dégoût.
Puisque vous ne voulez pas dire tout haut le mo tif de cette houteuse mutilation, je vais le dire, moi, à votre place : le voici : la bible de Sacy, par ses sommaires et, surtout, par les notes explicatives, pouvait guider ceux qui la liraient et les mettre sur la route de découvrir la vérité, le vrai sens de ce qu’elle enseigne et les conduire ainsi à l'Eglise catholique dont, soit dit entre nous, vous avez autant d'horreur que le démon en a de l'eau bénite. Et puis, il est si avartageux pour celui qui veut prendre du poisson, de jeter sa ligne en eau trouble, M. le colporteur !!
Le colporteur ; Ma bible de Saty est aussi Catholique que la vôtre, mon ami. Puis, reprend d'un'air dé triomphe : voyez plutôt, lisez vous-même les ap-
ue COmMen s0ragistrat t: Voilà
je vous
bliér nar il ib licatives
e vous ta Jean-
sarde la mmaires | volume
nme un ous me quoi ré- On ‘it lens 4e u’au dé-
ÿ le mo ire, moi, ses som- , pouvait la route v’elle enque dont, reur que si avanta- , de jeter
»Catholi- | d'un air
1e les ap-
probations qu'elle porte ; 1° approbation de M. l'abbé le Courcier, théologat de l'église de Paris ; 20 approbation des docteurs en théologie de la faculté de Paris ; 30 mais surtout, permission de publier donnée par Son Eminence Monseigneur le Cardinal de Nouaille, archevéque de Paris.
Vous ne pouvez donc avoir le moindre doute sur l'authenticité de cette bible, et vous devez la recevoir comme parfaitement catholique, puisqu'elle porte de telles appropations.
Jean-Baptiste, ne pouvant plus contenir son indignation pour une telle impudence : Misérable employé par l'esprit de mensonge et de fourberie, vous osez, sans mourir de honte, vous faire l’apologiste et le propagateur de l’œuvre indigne de ces protestants éhontés qui ont laissé de telles opprobations à la bible de Sacy, après l'avoir mutilée ! C’est plus qu’une honte : c’est une infamie !
Je vais maintenant vous faire part du raisonnement qu'ont dû faire les auteurs de cette déshonorante supercherie ; veuillez me suivre.
« La bible de Sacy, telle que traduite et publiée par «lui, renferme tous les livres de la Ste écriture reçus «par l’Eglise Catholique : cela ne fait pas notre af- «faire. Elle porte, en tête des chapitres, des sommai- «res et, au bas des pages, des notes explicatives, que «ne pourraient que guider ceux qui les liraient et les «conduire à l'Eglise Catholique: ceci fait encore « moins notre affaire. Elle porte, en tête, les appro- «bations de théologiens Catholiques, et même celle «d’un Cardinal de l'Eglise Romaine : ces approba- «“ tions peuvent grandement nous servir auprès des « Catholiques. Au reste cette bible est déjà entre les « mains d'un grand nombre de Catholique.
« Comme notre métier, depuis au de là de trois cents «ans, est de tromper l'univers par des falsifications, «des mensonges et des calomnies sans nombre : c’est. « peu de chose pour une conscience protestante telle
De pee mare mar pren
« que la nôtre, qu’un mensonge de plus, quelque dés- « honorant qu'il soit d’ailleurs. Pour celui qui nous « connaît dejà, ce n'est qu'une goute d'eau de plus + dans l'océan des mers.
« Point de serupule donc! Prenons la bible de Sacy ; «retranchous-en les livres que nous ne voulons pas « admettre, les sommaires ei les notes qui sont trop Ca- « tholiques. Ne conservons, au frontispice de cette bi- « ble, ainsi mutilée, que les approbations des autorités « Catholiques qu'elle avait avant qu’elle fut ainsi ren- “due protestante : puis, nous la présenterons anx « catholiques sans défiance. Par le moyen de cette « petite ruse très-protestante nous aurons l'avantage « de voir uotre bible répardue parmi les catholiques.» Ce qui fut dit fut fait, ajouta Jean-Baptiste. (a)
Il est permis de croire, continua notre brave compatriote, que les auteurs de cette sainte ruse protestante durent être invités à un grand Souper, pendant lequel on but force Santés à {a bonne foi, à l’honorabilité et surtout, au zèle évangélique de ceux qui s'étaient faits les héros de cette nouvelle invention biblique.
Le colporteur aussi honteux qu'un renard qu'une pou. le aurait pris. veut balbulier quelque excuse que Jean Baptiste repousse avec ces énergiques paroles: Sachez monsieur, qu’on n'est jamais recevable à vouloir excuser un crime volontaire de faux... Les hommes qui commettent un tel attentat, mème pour des intérêts temporels, sont déshouorés pour toujours.
Cette supercherié diabolique, ajouta Jean-Baptiste, me donne la plus mauvaise idée des maitres que vous servez, puis qu’ils ont l’insigne scélératesse de se faire les propagateurs de ce crime oûieux, dans le but de tendre un piège pour y preudre les Catholiques qui ne sont point sur leurs gardes. Je comprends maintenant pourquoi vous traîuez ces bibles par les che-
ns ct les jetez, sans facon, sur ie plancher des maisons où vous entrez. Par cette conduite, vous
(a) Edition imprimée à Bruxelle, 1865. ls ©
e désnous e plus
Sacy ; ns pas rop Caette biitorités isi renus aux e cetie yantage Liques.»
) compaotestandant leorabilité s'étaient )lique.
une poue Jean Sachez uloir exhommes * des in- 1r's.
Baptiste, que vous ese faire but de ques qui as mainr les che-
cher des
ite, vous