‹ Le petit arsenal du Catholique ou Traité élémentaire de controverse [microforme]Chapitre 12 sur 29 · DR RÉ ENTRE · texte numérisé non relu

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tants ne devait pas compter sur une assistance spéciaje de l’Esprit-Saint, et vous n'avez pu fournir aucun texte en votre faveur.

Je vais maintenant vous prouver par la bible, que l'Eglise du Dieu vivant, (I. Tim. chap. 3, v. 15.) représentée par ceux que l'Esprit-Saint a chargés de la gouverner, a reçu la promesse formelle d’une assistance spéciale de l'Esprit de vérité.

Je vais vous lire les 17e et 18e versets de saint Matthieu, chap. 18.

« Que s’il ne les écoute pas (les deux ou trois témoins « qui l’ont averti de sa faute ) ; dites-le à l'Eglise ; sil « n’écoute pas l'Eglise mème qu'il soit à votre égard « comme uu paien et un publicain. Je vous dis, eñ vé- « rité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans « le ciel, &C. »

Pour que le jugement de l'Eglise ait l'effet de rendre celui quine s’y soumettra pas, semblable à un païien, il faut que ce jugement ait été prononcé avec une souveraine équité, puisque Dieu s'engage à le ratifier dans le ciel. Si le ciel est engagé à ratifier le ‘jugement de l'Eglise, il faut donc que, par une assistance spéciale, il la garantisse de toute erreur dans ses jugements moraux ou dogmatiques.

Jean-Baptiste : Lisez-nous maintenant le 20e verset du 28e chap. de saint Matthieu : Vôus savez qu'il y est question de la mission donnée aux Apôtres.

Le colporteur lit : « Leur apprenant à observer toutes « les choses que je vous ai prescrites ; et voilà que je « suis avec vous tous les jours jusqu’à la consomma- « tion des siècles. » ae

Mais, comment le Christ pouvait-il être avec les Apôtres jusqu’à la fin du monde, lui qui : ut laisser la terre le jour de l’Ascension, objele le « porteur.

Jean-Baptiste : L'objection que vous veuez de faire, n’est pas difficile à résoudre: Ecoutez-moi, pour ‘un instant. MT

Jésus-Christ assure ici ses Apôtres qu'il sera avec

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eux tous les jours jusqu’à la fin des temps, Mais comment pourrait-il être avec eux, après avoir quitté la terre, si ce n’est par une prolection et une assistance spéciales ? Si l'Eglise pouvait enseigner l'erreur, même une seule fois, cette promesse serait-elle vraie, puisqu'alors Jésus-Christ l’aurait abandonnée. En l’assurant qu'il sera toujours avec elle, il l’assure donc paï là mème, qu’elle ne pourra jamais tomber dans l’erreur. L'Eglise Catholique a donc la promesse formelle de Jésus-Christ, à qui toute puissance à été donnée dans le ciel et sur la terre ( Matth. ch. 28, v. 18.), d’être divinement assistée jusqu’à la fin des siècles. Elle ne peut donc ni être détruite, ni enseigner autre chose que ce que Jésus-Christ lui dira. Or, Jésus-Christ est la voie et la vérité et et la vie, ( Jean, chap. t4, v. 6. Le colporteur : Nos ministres nous assurentque cette promesse ne regardait que les Apôtres, d’où ils con: cluent qu'on ne peut l'appliquer à ceux qui, aujourd'hui, goùvernent votre Eglise. | Jean-Baptiste : Alors, vos ministres doivent vous prouver que les Apôtres sont encore vivants en ce monde, puisqu'il est dit que Jésus-Christ sera avec eux jusqu’à la fin du moude. S'ils ne peuveut pas vous prouver que les Apôtres, à qui Jésus-Christ faisait cette promesse, soient encore vivants, il faut bien qu'ils admettent que, après leur mort, elle devait passer à leurs successeurs.

Allons maïntenant à saint Jeun, chap. 14, v. 16, 17, 26, où cette assistance divine est plus clairement promise. Veuillez nous lire les endroits indiqués. Le colporteur lit : «Je prierai mon Père et il vous don- « nera un autre cousolateur, afin qu’il demeure éter- «nellement avec vous; l'Esprit de vérité, que le monde « ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le « connaît point; mais, vous, vous le connaîtrez, parce «qu’il demeurera avec vous, et 1l sera en vous. Mais le « sonsoläteur, l'Eprit Saint, que mon Pere enverra en

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«“ mon nom, vous enseignæra toutss choses, et vous « fera ressouvenir de c# que je vous ai dit, »

Jean-Baptiste : Ici, Jésus-Christ promet un autre sonsolateur, et ce consolateur, qui doit demeurer étermellement avec ses apôtres, OL avec ceux qui seront chargés, après leur mort, de gouverner l'Eglise de Dieu, c'est l'Esprit-Saïnt, l'Esprit de vérilé, qu'ils sauront distinguer de l’esprit d'erreur, puisqu'ils le connaitront et qu’il demeurera avec eux. Ge consolateur, qui est le Saint-Esprit, que ls Père enverra au nom de, Jésus- Christ, ne demeurera pas seulement avec les-conducteurs de son Eglise, mais il leur enseignera toutes choses et même, les fera ressouvenir dece qu'il leur avait dit, pendant qu'il était avec eux.

Aïnsi, on ne peut le nier, l'Eglise esi spécialement assistée par l'Esprit de vérité, qui lui enseignera toutes las choses qu’elle devra savoir pour le-salut deshommes. Elle ne sera donc jamais abandonnée par l'Esprit

de vérité ; elle ne pourra donc jamais enseigner l’er-

reur. L'Eglise est donc infaillible.

Jean Baptiste, encore un texte: Je vais vous le lire. { Satht Jean, chap. 16, v. 13-14-15, )

« Mais quand celui là, savoir, l'Esprit de vérité, sera

‘« venu, il vous conduira en toute vérité, car il ne. par-

« lera point de soi-même, mais il dira tout cequ'il aura

« oui, et il vous annoncera les choses à venir. Celui-là.

«me glorifiera; car il apprendra du mien, et il vous «l’annoncera. Tout ce que mon Père a, estmien, c'est « pourquoi J'ai dit qu il prendra du mien, et qu'il vous + l’annoncera. » (D. Marlin.)

Ici, reprend Jean-Baptiste, voilà encore une promesse formelle qui vous usure que, l'Esprit de vérité étant venu ( ce qui eût lieu le Jour de la Pentecôte), il enseignera toute vérilé à l'Eglise; il annoncera les choses à venir ; il recevra de la bouche de Jésus-Christ tout.ce que celui-ci aura entendu du Père, et cet Esprit de vérité, l'annoncera aux Apôtres. Voilà donc. bien clairement prouvé que les trois personnes divines, le

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Père, le Fils et le Saint-Esprit enseigneront à l’Eglise toute vérité. Donc l'Eglise est divinement assistée. L'Eglise n’enseignera donc Jamais l'erreur; l'Eglise catholique, par une succession non interrompue, remonte aux Apôtres, (je crois en l'Eglise qui est'unr, sainte, catholique et apostolique, comme s'exprime le Symbole de Nicée, ) est donc infaillible.

Voilà pourquoi Jésus-Christ commande à tous d'écouter l'Eglise, comme lui-même : « Celui qui vous « écoute, m'écoute ; celui qui vous méprise, me mé. « prise, et celui qui me méprise, méprise celui qui ma «envoyé. » ( Luc, chan. 10, v. 16. }

C'est à cause de cette assistance divine de PEspri de vérilé guidant constamment, | Je suis avec vous lous des jours jusqu'à la consommation . des siècles ) les premiers pasteurs de l’Église et, surtout, et spécialement son auguste et vénérable Chef, que saint Paul a dit : « que l'Eglise du Dieu vivant était la colonne et la « bâse de la vérité, » ou, comme traduit votre D. Mar- #4 ë la colonne et l'appui de la vérité. » ( I Tim. chap. 3, ». 15.)

L'Eglise, étant la colonne et l'appui de la vérité ne peut être ébranlée, sans que la vérité ne soit ébranlée; elle ne peut tomber, faillir, enseigner l'erreur, sans que la vérité ne tombe avec elle. Alors que devien-

rait l'humanité, qui ne peut vivre que par la vérité. Que deviendrait le règne de Dieusur la terre. Pourquoi alors le Fils unique de Dieu. se serait-il fait homme et aurait-il versé son sang divin sur la croix pour Je salut du monde ? R

Je vous prie, Mr le colporteur, ajoute Jean-Baptiste, de peser sérieusement toutes ses conséquences et vous n'aurez point d'autre moyen que d'admettre, comme les Catholiques, que Dieu a du donner ei a vraiment donné à ses Apôtres et à leurs successeurs, qu à son Êg ise, le privilége A ipes de conserver la vérité et de l'enseigner aux hommes. ps

Le colporteur : Mais, est-ce à l'Eglise catholique que

ces promesses ont été faites? Je ne puis le croire, puisque nos ministres nous répètent sans cesse, que l'Église Romaine est pleine d'erreurs grossières- et de süperstitions abominables. .

Jean-Baptiste : Je sais bien que vos très-dignes ministrés qui, soit dit entre nous, sont un parfait horsd'œuvre dans le protestantisme, puisque personne n’est obligé de les écouter, chacun, chez vous, étant libre de faire et de croire ce qui lui convient. comme ‘du témps où il n’y avait pas de juge en Israël, ( Juges, chap. 17, v. 6, ) je sais bien que vos très-dignes ministres vous rassasient de mensonges contre l'Eglise Romaine. Pour vous faire avaler ces mensonges, ils se gardent bien de vous dire qu'ils ont été cent fois réfutés. Ils ont raison’ d’en agir ainsi pour vous garder dans un système religieux qui S'écroule de tous côtés. Vou*:, Mr le colporteur, et presque tous les protestants avec vous, vous écoutez, avec une naïveté ineffable, ces contes de vieilles grand'mères, mille fois réfutés.Puis après avoir écouté une de cesjolies prêches vous vous écriez : oh! on peut bien tout croire ce que ‘dil monsieur cantre l'Eglise Romüïne. Vous retournez ensuite Chez vous pour y lire dévotement votre chère bible, qui contient ce commandement divin:« Vous «ne porterez point de faux témoignages contre votre «prothaïn. » (Exode, chap. 20, v. 16.)

Examinons maintenant votre question : Est-ce à l’Eglise catholique que ces promesses ont élé faites ? |

Cétte question va me donner le moyen de résumer ce que nous venons de voir dans la bible.

1 Je vous ai prouvé que la véritable Eglise devait avoir un chef visible : il ne peut y avoir, qu’un traupeau et qu'un pasteur, | Jean, chap. 10, v.16.) Or, lEglise catholique a un chef visible, Pie IX, qui vous prouverd quand vous le voudrez, qu'il remonte par üne succession non interrompue jusqu'à. saint Plerre, le premier pasteur nommé par Jésus-Christ : donc rÉglise Catholique est réellement celle qu'a fon-

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avez l'air d'avoir honte de cette marchandise de bibies falsifiées que vous portez dans ce sac. Je vous en loue, car c’est un reste de pudeur de votre part.

Le colporteur: Sachez, mon ami, que nous avons plus de resect pour la bible que vous en avez : nous en parlons sans cesse, nous là lisons chaque jour, et nous ne cessons d’en faire l’éloge auprès de tous ceux que nous réncontrons, même sur les chemins.

Jean-Bapiiste: La dernière phrase de votre réponse

mé rappel un fait qu’on dit s'être passé à Beaver, “au foyer même du schisme canadien de PIlli-

nois. Voici ce fait, bien digne de trouver place dans la chronique protestante. On raconte donc que dans les premiers mois où les adhérents à ce pauvre schisme avorté reçurent des bibles du grand réformateur dé l'extrême ousst, ils ne pouvaient tenir en place. Ils couraient tout essoufflés les maisons, les chemins, les champs, les prairies même avec leurs bibles à la main ou dans leurs poches. Le feu biblique protestant semblait les tourmenter, comme les taons des prairies tourmententles pauvres bêtes qui y broutent l'herbe. Gette lecture les avaient rendus tout à coup si protestants qu’ils avaient l’air de croire que l’odeur seule de leurs bibles, charroyée en plein air, allait rendre tout l'univers protestant... Ce que toutefois l'on peut affirmer, c'est qu'on leur avait fait croire que le Pape allait tomber ; (ils préparaieut déjà 1eurs habits de fête pour aller à son enterrement ) l'Eglise Catholique disparii.re pour toujours de la surface de la terre et, suriout, que l'exemple de leur apostasie allait avoir une telle influence sur leurs anciens compatriotes, que bientôt tout le Canada allait se joindre à eux pour ne suivre que la religion de la bible. C'était un bien beau rêve, n'est-ce pas, Mr le colporteur ? S’écria Jean-Baptiste.

Par ces dernières paroles, le colporteur comprenant qu'il étail tombé en de très-mauvaises mains et qu'il n'y avait rien de bon à espérer d'un homme aussi fortement

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entiché de sa religion, se leva pour aller remettre dans son sac la malencontreuse bible qui lui avait valu tant de remarques assommantes. Mais Jean-Baptiste, qui : ne voulait pas le tenir quitte à si bon marché, le pria de ne pas empaqueier sa bible pour le moment. J'en ai besoin, dit-il au colporteur, encore pour quelque temps. Veuillez donc vous rasseoir, rar je n’en ai pas fini avec vous. Avant de nous aller reposer, je voudrais discuter avec,vous votre grand principe : La bide, toute la bible, rien que la bible. De plus, voas m'avez déclaré que, conséquent à votre principe, vous pratiquiez tout ce que renfermait la bible. Ponr faire cet examen, nous allons prendre pour juge la bible tronquée que vous avez voulu me donner pour la vraie bible de Sacy. ÿ

Le colporteur était trop avancé pour pouvoir reculer avec honneur. Force donc lui fut de se résigner à son. sort.

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