‹ Le petit arsenal du Catholique ou Traité élémentaire de controverse [microforme]Chapitre 13 sur 29 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

nt cer ahontmnnmanmennerene- mm enr

Prières avant et après les repas.— Raison individuelle.— Colportage de la bible.— Les Apôtres ont reçu la mission de prècher.— Interprétation individuelle.— Clarté de la bible— Assistance de l’Esprit-

Saint pour le liseur de bible.

Jean Baptiste : Mr le colporteur, avant de prendre mon souper, ce soir, j'ai dit le béncdicilé: vous ne l’avez point dit ; j'ai remercié Dieu, après avoir mangé ; vous ne l'avez pas fait, Vous allez m'aider à décider, par la bible, qui de nous deux a agi conformément à ce qu’elle renferme sur ce sujet.

Le colporteur, avec un air de sahsfaction : Je suis bien aise, mon ami, que vous me propasiez de vérifier si cette pratique, que suivent les catholiques, est con-

sl

e dans forme à la bible. Vous m'avez probablement condam-. lu tant né pour n'avoir pas fait comme vous; je suis bienheu- ET el reux de vous faire voir que j'ai eu raison et que vous pria de avez eu tort.

1 ai be- Jean-Baptiste, qui s'attendait à cette réponse, alla y re chercher un petit cahier , écrit à la main. que son curé lui dr avait donné. Dans ce petit cahier, élaient indiqués les ut 4 textes de la Sainte Bible qui prouvaient les pratiques a pige, Catholiques et les dogmes contestés par les protestants. ) Alors il pria le colpurteur de prendre sa bible ct de lire s prali- les endroits qu'il allait lui indiquer. Il condamnait ainire cet si le commercant de bibles à lire sa propre condamnation. 8 tron- Jean-Baptiste: Veuillez donc nous lire le 10e verset K, TARE du 8e chapitre du Deutéronome. Prenez d’abord connaissanre des treis versets précédents 7, 8, 9, et vous reculer verrez qu’il y est parlé des fruits que Dieu devait fai- Eté re produire à la terre promise.

Le colporteur lit: « Afin qu'après avoir mangé et « vous être rassasié, vous bénissiez le Seigneur, votre « Dieu, qui vous aura donné une terre si excellente. » Jean-Baptiste : Ceci ne ressemble pas mal à la pratique Catholique de dire les grâces après le repas, iduel- n'est-ce pas, Mr le colporteur ? | t reçu Lisez maintenant le 13e verset du 1er livre des Rois,

iduel- chap. %e. . ; Le colporteur : « Vous ne serez pas plutôt entré dans

PARRS « la ville, que vous le trouverez ( l’homme de Dieu)

«avant qu'il monte au lieu haut pour manger; le

| « peuple ne maägera pas jusquà ce qu'il soit venu,

rendre « parce que c’est ni qui bénu l'hostie ; après cela, ceux

Je, ue «qui y ont été appelés, commencent à manger. »

Eret-d | Jean Baptiste: Ne vous semble:t-il pas, Mrle col-

à déci- 4 porteur, que ce texte prouve clairement la. pratique

èment % catholique de bénir la table avant de manger, ou, si \ 1 vous l'aimer mieux Ge dire le bénédicité ?

s bien ___ : Consultons maintenant le Nouveau Testament. Li-

je " sez-uous Le 19e verset du chap. 44e de saint Matihieu. : :

RS til oi étangs: 2. MAT à ès 12

Le colporteur, en faisant la moue: « Et apres avoir « commandé. au peuple de s'asseoir sur l’herbe, il. (Jé- « sus-Christ).prit les pains et les deux poissons; et « levant les yeux au ciel, &/ les bénit ; puis rompant les «pains, il les donna à ses disciples, et les disciples.les « distribuërent au peuple. »

Jean-Baptiste: Ge texte n’est certainement pas pour vous, Mr le colporteur. Quant à moi, j'ai raison de me trouver honoré de faire comme Jésus-Christ a fait,

Lisez maintenant le 30e verset du 26e chap. de saint Matthieu. N'oubliez pas que Jésus-Christ venait de faire son dernier repas avec ses disciples.

Le colporteur, fort intrigué: « Et après avoir chanté le cantique d'action de grâces, ils s’en allèrent à la montagne des Oliviers. »

Jean-Baptiste : Décidément j'ai raison de dire mes grâces après mon repas, puisque Jésus-Christ, mon

-précepleur, me l’a enseigné par son exemple.

Maintenant, je vous prie, Mr le colporteur, de vouloir bien nous lire le 30e verset du 13e chapitre de l’évaugile selon St Jean. Je vous avertis de faire attention que c'est après la scène. Vous allez trouver quelque Chose qui est en votre faveur.

Le colporleur lit avec empressement : «Judas ayant u once pris le morceau, sortit aussitôt. »

Jean-Baptiste : Que pensez-vous de ceci, Mr le colporteur ? Jésus-Christ et les apôtres, comme nous venons de le voir, ont récité l'hymne d'actions de grâce après le repas, Judas seul sort aussitôt et sans’ dire ses gràces. Voilà, n'est-ce pas, un fort bon protestant ? Je regrotte cependant d’être obligé de vous dire qu'un peu plus haut, l'évangéliste nous avait dit qu'après avoir

ris le morceautrempé, le protestant Judas avait reçn fa visite de Satan-dans. son cœur. Il paraitrait donc. qué Satan n’aime,pas qu'on dise ses grdces. C’est donc : un .peu compromettant pour, un chrétien que de ne. pas remercier Dieu après son repas. Cela rappelle ce

ue fit Judas. Quant à moi, j'aime mieux faire comme sus-Christ et ses apôtres. Pensez-vous que J'ai tort ?

‘Le :colporteur : ‘Ce n’est pas l'usage chez nousde remercier Dieu après avoir mangé.

Jean-Baptiste: Je vous ai déjà ditque les pauvres bêtes des champs avaient aussi cet usage. Vous pourriez-bien, sans danger, ne les: pas prendre pour moüëèle.

Voyons maintenant, continue Jean Baptiste, :si les apôtres ont cru devoir imiter le protestant Judas. J'appelle Judas un protestant parce qu’il me semble «en avoir toutes les allures : il ne dit point ses ÿréces ; ilse sépare des cotholiques qui alors étaïent les Apôtres:; il se sépare encor de la société de Jésus-Christ qui représentait l'Eglise; il va faire amitié avec ses ennemis ; enfin il le vend pour un peu d'argent. &c., &c.

Voyons maintenant ce qu'ont fait les Apôtres. Allons aux Actes des Apôtres, chap. 27, v. 35.

Le colporteur : « Après avoir dit cela, il { S. Pauli) « prit du pain, et ayant rendu grâces à Dieu devant tous, «il le rompit, et commença à manger. »

Jean-Baptiste : I] parait que S. Paul n’était pas -protestant, puisqu'il disait son bénédicité, comme un bon Catholique Canadien qui, pour justifier cette pratique de dire le bénédicilé et les grâces, se trouve appuyé sur deux grandes autorités, Jésus-Christ et S. Paul.

Voyons maintenant ce que le même apôtre ‘écrit aux Romains. { chap. 14, v. 6.) Veuillez, monsieur, nous lire ce verset.

Le colporteur, un peu surpris de ce que S. Paul n'avait pas voulu manger comme un protestant: « Celui qui « mange de tout, le fait pour plaire au Seigneur, car «il en rend grâces à Dieu ; et celui qui ne mange pas « de tout, le fait aussi pour plaire au Seigneur, ec il’en

. «rend aussi grâces à Dieu. »

Jean-Baptiste: Vousle voyez, Mr le colporteur, votre bible protestante plaide contre vous pour la pratique Gatholique d2 dire le bénédicité et les grâces. Je suis vraiment fâché de me voir obligé d'en conclure qu'il

Le nt rade matin «ON Riu ARE. dise ts 2H moe ALT M Un ue

RD 2 DS D Bree calé sant tes? La aan eee ma = PAS RTE EE Te UP UE < + k

SR

vous faut modifier un peu votre grand principe: la bible, toute la bible, par cette restriction : moins toutefois la pratique Catholique de dire le bénédicuté et les grâces, qui est si clairement indiquée par la bible protestante. :

Le colporteur, quine peut nier l'évidence : En effet, ces textes me paraissent assez clairs : je n’y avais pas fait assez d’attention en le lisant, (#/ est probable qu’il aura pleuré bien longtemps le péché qu'il venait de commettre pour avoir dit la vérité peut-être pour la première fois de sa vie). Puis, voulant se justifier à la façon de ce docteur de la loi dont parle saint Luc (chap. 10, v. 29.) [1 faut cependant avouer, ami, qu’il n’y 4 point de commandement formel de suivre cette pratique.

Jean-Baptiste : Permettez-moi de vous répondre que cette excuse ne peut valoir pour des hommes qui, comme vous, ont pour principe avoué de suivre foule la bible. Q", la bible fait mention, en plusieurs endroits, de bénéüiction de la nourriture qu’on est snf“le point de prendre: je vous lai prouvé abondamment. De plus, la bible nous enseigne d’être reconnaissant. “ Soyez reconnaissant, » dit St. Paul ( Col. chap. 3, v.15.) Ces paroles, vous ne pouvez le nier, expriment un commandement. Cette doctrine de S. Paul est conforme à la conduite de Jésus-Christ qui blâme hautement les neuf lépreux qui, après avoir été guéris, avaient manqué au précepte de la reconsaissance du bienfait reçu. « Tous les dix n’ont-ils pas été guéris ? « dit Jésus-Chrit. Et où sont donc les neuf autres ? « [L ne s’en est point trouvé qui soit revenu, et qui ait «rendu gloire à Dieu que cet étranger. » (Luc, chap.

Si, après ce qu’enseigne votre bible, vous voulez continuer à ne pas dire votre bénédicuté et vos grüces, vous voudrez bien me permettre de croire que vôus manquez, en cela, de reconnaissance envers Dieu pour le

bienfait signalé de la nourriture qu'il vous donne chaque jour. (1)

Permettez-moi maintenant de vous soumettre d’autres difficultés, que je ferai précéder de quelques observations.

Je vous avouerai candidement, Mr le colporteur, que je suis convaincu que, par le fait même d’être ou de se faire protestant, on ne devrait pas cesser d’ètre un homme sujet à se tromper, ce qui est, vous le savez, le triste apauage dé l'humanité déchue en Adam; à moins peut-être qu'un protestant ne soit un être privilégié : ce dont je n’ai nulle garantie.Je vous avouerai, de plus, que, dans mon opinion, il doit y avoir un peu de témérité dans un protestant, sachant souvent à peine lire, de vouloir condamner deux cents millions de Catholiques, par une interprétation d’un texte biblique, contraire à celle qu'ils lui donne. Enfin cette témérité protestante paraîtra peut-être un peu tenir de l’extravagance ( pardonnez-moi ce mot). Si l’on réfléchit que son interprétation individuelle est contraire nonseulement à celle des catholiques ses contemporains, mais encore à celle de tous les catholiques qui ont vécu depuis dix-huit cents ans, lesquels, pas un seul excepté, donnent un démenti unanime et constant à l'interprétation personnelle de ce liseur de bible !

Ceci, toutefois, soil dit sans la moindre prétention de vous empèher de croire que, par là même que vous êtes protestant, vous avez, à vous seul, plus de jugement, de bon sens, de lumière, de savoir et de science biblique, que tout le reste de l'univers.

maintenant j'en viens aux difficultés que je voulais vous soumettre sur la nécessité de lire la bible et sur le principe protestant de l'interprétation individuelle,

Vous m'avez déclaré, M le colporteur, que vous suiviez toute la bible, rien que la bible. Dans ce cas, vous allez me montrer, dans les fragments de cette bible tronquée que vous avez entre les mains, où est le texte qui vous ordonne ou, du moins, vous autorise à trainer la parole de Dieu par les chemins et à veair importuner les catholiques d'accepter vos bibles,

leur déclarant qu'on ne peut être sauvé sans lire :læ bible.

Le colporteur : Je sais bien qu'il n’v a aucun texte formel qui nous autorise à aller distribuer des bibles. à tout le monde ; mais la charité ne nous fait-elle pas un devoir de fournir à nos semblables les moyens de connaître la vérité et la voie du salut?

Jean-Baptiste : Je prends acte de votre aveu : la bible ne vous autorise point à courir le monde pour distribuer des bibles. Maintenant, laissez-moi faire un petit raisonnement avec votre conduite et votre principe. Je suis la‘bible maïs rien que la bible : or, la bible, de mou aveu, ne m'autorise par aucun texte à courir les champs pour la distribuer et à condamner à une perte infaillible celui qui ne la lira point : donc, donc tout protestant, qui veut suivre ce prinrpg sera condamné à déraisonner, ou, ce qui revient à la même chose, devra passer pour un extravagant.

Et puis, Mr le colporteur, combien elle est touchante cette charité protestante envers les catholiques ! Quel bon cœur on a quand on porte constamment une bible dans s4 poche ! Qui n'admirerait, par exemple, cette sainte et biblique «charité ‘qui vous condamne à courir les champs une grande partie de votre vie pour éclairer et instruire les ignorants catholiques, je voulais dire, poar gagner une pauvre pitance destinée à vous nourrir ainsi que ceux qui dépendent de vous! Aussi, ils sont à prendre en grand compassion : ces Canadiens catholiques avec leurs mugnifiques églises, leurs belles cérémonies religieuses ; leur clergé si digne et si respectable ; merveilleuse union dans une mème foi ; ces sources. abondantes de grâces qu’ils puisent dans les sacrements ; ce banquet divin où ils vont recevoir le pain

de vie ; leurs nombreuses communautés religieusessi :

régulières, si dévouées à toutes les misères de la pauwre

humanité ; enfin avec leur saint et vénérable chefque. la persécution grandit, que la calomnie embellit etique:

Page 1