‹ Le petit arsenal du Catholique ou Traité élémentaire de controverse [microforme]Chapitre 21 sur 29 · LA · texte numérisé non relu

LA

n’est plus seulement un acte d’humilité, mais c'est un sacrement qui efface les péchés. Nous allons le voir. ;

« Jésus s'adressant à ses apôtres, leur dit une secon- « de fois : la paix soit avec vous! Comme mon Père «m'a envoyé je vous envoie aussi de même. Ayant « dit ces mots, il soufla sur eux, et leur dit: Recevez « le Saint-Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui « vous les remettrez, el ils seront retenus à ceux à qui « vous les retiendrez. » (Jean, chap. 20, v. 21.)

Par ces paroles, les Apôtres recevaient donc le pouvoir de pardonner ou de retenir les péchés. Jamais pouvoir ne fut donné en termes plus clairs et plus précis.

Le colporteur, fort intrigué: Quand je vous accorderais que, par ces paroles, Jésus-Christ a vraiment donné à ses Apôtres le pouvoir de pardonner les péchés, . cela ne veut pas dire qu’on soit obligé d’aller se confesser à eux, puisque Jésus-Christ n’en dit pas un mot.

Jean-Baptiste : Vous tronqué ce texte, comme c’est l'habitude de certains colporteurs. Jésus-Christ ne donne pas seulement à ses Apôtres le pouvoir dé pardonner les péchés mais aussi celui de les retenir. Ils sont donc obligés de faire un discernement avant d'exercer le pouvoir qui leur est communiqué, pour juger s'ils doivent remettre ou retenir les péchés. Il est donc nécessaire que les pécheurs leur fassent connaître l’état de leur consciente, ce qui renferme évidemment lobligation de les déclarer ou de se confesser. R

Le colporteur : Vous me direz tout ce que vous voudrez, mais vous ne me convaincrez jamais qu'on soit obligé d'aller se confesser à un prêtre. |

Joseph Lami: Vous êtes parfaitement libre de nier l'évidence et de rejeter obstinément le sens clair et formel d’un téxte de la bible; c’est votre affaire. de vous ferai seulement observer qu’on donne une fort

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mauvaise idée de sa bonne foi et de sa raison quand on refuse de se rendre à l'évidence. Vous me permettrez néanmoins de vous faire quelques observations.

Vous rappelez-vous ces paroles de l’évangile : « Tout «pouvoir m'a été donné dans le ciel-et sur la terre, » { Matth. chan. 28, v. 18.) et ces autres : « Comme mon « Père m'a envoyé, je vous envoie aussi de même. » (Jean, chap. 20, v. 21. }

Le colporteur : Je les connais avant vous. :

Joseph Lami : Je n’en doute nullement. Cependant, voudriez-vous me dire si, comme Fils de l’homme, Jésus-Christ avait le pouvoir de pardonner les péchés ?

Le colporteur, brusquement : Je saïs mieux que vous

moi ami, que Jésus-Christ était égal à son Père et que Dieu a le pouvoir de pardonner les péchés.

. Joseph Lami : Cest bien... Veuillez m’écouter maintenant.

Pour nous préparer à n'être pas scandalisés des pouvoirs que, plus tard, il donnera à ses Apôtres, quand il les enverra, en leur disant : « Comme mon « Père m'a envoyé, je vous envoie aussi de même. » { Jean, rhap. 20, v. 21.) Jésus-Christ va user publiquement du pouvoir de pardonner les péchés, comme Fils de l'Homme, et nous prouver que l'exercice de ce pouvoir fait partie de la mission, en ce monde, de celui qui déclare n'être pas venu appeler les justes mais les pécheurs. { Matth. chap. 9, v.13) |

.« Jésus étant monté dans une barque, repassa le « lac, et vint en sa ville. £t comme on lui eùt pré- «senté un paralytique couché sur un lit, Jésus «voyant leur foi. dit à ce paralytique: mon fils, «ayez confiance : vos péchés vous sont remis. Aus- « sitôt quelques uns des scribes qui étaient de fameux «protestants, dirent en eux-mêmes: cet homme blas- « pas Mais Jésus ayant connu ce qu'ils pensaient « leur dit : Pourquoi avez-vous des mauvaises pénsées « dans vos cœurs ? Cur lequel est le plus aisé, ou de

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«dire: vos péchés vous sont remis ; ou de dire : levez- « vous:et marchez ? Or, afin que vous sachiez que le « fils de l'homme: a:sur laitenre le pouvair de remettre les “péchés: levez:vous. dit-il alors, au paralytique ; em- “portez votre: lit, et vous en allez: en votre maison. «Lerparalytique se leva aussitôt, et. s’en alla en. sa “maison. Et le peuple voyant ceci, fut, rempli. de «crainte, et rendit gloire à Dieu de ce qu'il. avait

« donné une telle puissance aux hommes.» (Matthieu,

chap. 6, v: 1,2, 3,4, 5,6; 7,8.)

Jean-Bartiste : I faut, Mr le calporteur, que ce. peuple:ne fut pas protestant, car, au lieu de glorifier Diew d'avoir donné aux hommes le pouvoir de pardonner des péchés et de confirmer ce pardon par un miracle, il se fut uni aux Scribes pour crier bien haut : Quel scandale !'! Quel blasphème ! Ne sommes-nous pas vondmnés, Ô horreur ! condamnés, Ô désolation ! ouï condamnés à voir de nos yeux, Dieu donner aux. hommes le pouvoir de pardonner les péchés ! !

Le colporteur, se pinçant les lèvres : Ce peuple ne savait pas ce qu'il disait.

Joseph Lami: Maïs ce peuple avait des oreilles,.et il entendait; des yeux, et il voyait; de l'intelligence, at il comprenait. Au reste voici maintenant comment je raisonne :

lo Tout pouvoir a été donné à Jésus-Christ, non seulement, dans le ciel, mais encore sur la terre, par le Pére qui l’a envoyé. Et Jésus-Christ, à son tour, envoie ses apôtres, comme son Père l’a envoyé. En vertu de ces deux textes, les. apôtres ont donc clairement tous les pouvoirs nécessaires pour continuer la mission de l’'Envoyé du Père. et. pour opérer le salut des hommes, qui est le but de la mission de Jésus-Christ. Mais le salut. des hommes ne peuts’opérer qu'en levant les obstacles qui s’y opposent. Ur, parmi ces obstacles, le péché est le plus grand et,en réalité, le senl obstacle qui s'oppose au salut des hommes. En les envoyant, comme il le fait, Jésus-Christ devait donc donner à

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ses apôtrés le pouvoir de lever cet obstacle, ou de pardonner les péchés. R

Jean-Baptiste : Vous avez raison, mon ami, :.n8 Ce’ pouvoir les apôtres n’aurdient pu continuer l’œuvre dé « l'Agneau de Diet, qui efface les péchés du mon- “de, » ( sdint. Jean chap. 1, v. 29.) luï qui aväit déclaré qu'il « n’était venu qué pour sauver les pécheurs, » (Maith. chap. 9, v. 13.)

Joseph Lami, continuant: Le pouvoir de pardonner le péché qui est l’offense de Dieu, lui appartient nécessairément. Mais, pour nous faire comprendre que les hommes peuvent exercer ce Re par la concéssion que Dieu leur én fera, Jésus-Christ déclare solennellement que c’est comme Fils de l'Homme qu’il pardonne et qu’il a le pouvoir de pardonner les péchés au paralytique. Or, le pouvoir ‘qu’exerce ici le: Fils de l'Homme, a été donné aux Apôtres: les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez. Jésus- Christ a donc laissé à ses envoyés le pouvoir de remettre les péchés. De là cet article du symbole des Apôtres : Je crois la rémission des péchés.

Maintenant vous me permettrez de vous dire, Mrle colporteur, que les scandales que vous tirez du fait que les prêtres, ayant la mission légitime, pardonnent lés péchés, n'est qu’un scandale de scribe ou de phartsien.

Le colporteur : Vous me direz tout ce que vous voudréz; mais vous ne me ferez jamais croire qu'un prêtre puisse pardonner les péchés.

Joseph Lami : Monsieur a peur que je ne lPenvoie se coxfesser à nôtre curé !

Jean-Baptiste : Dans deux autres occasions solennelles, Jésus-Christ à encore préparé le monde à voir ses ER de pardonner les péchés. |

Av Le péché ést l’imagé de la lèpré qui souille lé corps comme il souille l'âme. si * Dix lépréur Viennént un:jour au devant de fui, ét, élevant leurs voix, ils lui disent: «Jésus, notre

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maître, ayez pitié de nous.» Jésus les aperçoit et leur dit: « Allez vous montrer aux prêtres, » les lépreux y. vont, et ils sont guéris, ( Luc, chap. 17.)

20 Le péché mortel donne la mortspirituelle à l’âme, il la souille, il la sépare du Dieu vivant, comme la œort. tue le corps, le livre à la pourriture, et sépare l’homme de la société des vivants.

Lazare est enterré depuis quatre jours, son cor sent déjà mauvais. Jésus . vient au tombeau et crie d’une voix forte : « Lazare, sortez dehors. » Et aussitôt le mort sort, ayant les pieds et les mains liés de bandes et le visage enveloppé d’un linge. Alors Jésus dit à ses disciples : « déliez.le, et le laissezaller,» (Jean, chap. 11. ) |

Pourquoi Jésus-Christ envoie-t-il les lépreux aux prétres? Pourquoi fait-il ôter par sés disciples les liens qui entourrent le corps de Lazare. Pour préparer le monde à comprendre ces paroles : Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remetlrez, et ces autres : Tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans le ciel. ( Matth. chap. 18, v. 18.)

De là l’ordre donné par Jésus-Christ, aux apôtres, d'aller prêcher, en son nom, la pénitence et la rémission des péchés. | Luc, chap. 24, v. 47.) De là ces paroles de saint Paul déclarant que Dieu a confié aux apôtres le ministère et la parole de la réconciliation, { II. Cor. chap. 5, v. 18.) De là enfin ce fait, capable de convaincre tout homme qui ne ferme pas les yeux à l’évidence : « Plusieurs même de ceux qui avaient cru « venaient confesser et déclarer | à saint Paul) ce qu'ils « avaient fait de mal. » (Actes des Ap. chap. 19, v. 18.)

Il ne faut pas oublier que saint.Jacques, (chap.

5, v.15.) nous dit formellement que l’Extrême-Onction, donnée par les prêtres de l'Eglise, pardonne les péchés :

« Sile malade à commis des péchés, il lui seront re-

mis. » ci 214 Sid Saint Jean, dans sa ire Epitre, | chap. 1, v. 9.) fait clairement mention de la confession, par ces remar-

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quables paroles : « Si nous disons que nous sommes | « sans péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la | « vérité n’est point en nous. Mais si nous confessons \ « nos péchés, il ( Dieu) est fidèle et juste pour nous « les remettre, et pour nous purifier de toute TR. ù Il est évident que S. Jean parle ici de la confession faite à un prètre, dit d'Allioli, car, dans son Evaugile, il engage les fidèles à aller chercher la rémission de leurs péchés auprès des Apôtres et de leurs successeurs. | Voyez, Jean, chap. 20, v. 22-23.) Il est donc surabondamment prouvé que les prêtres, ayant une mission légitime, ont le pouvoir de par- ë donner les péchés et que le dicton protestant : un hom- k me ne peut pardonner les péchés: est erroné, faux et l contraire à la parole de Dieu. Cela ne vous empêche- | ra probablement pas, Mr le colporteur, d'aller le répéter à tous ceux qui voudront vous entendre. Le colporteur, de mauvaise humeur : Tous ces textes et toutes les conséquencés que vous en avez tirées, ne me convaincront pas que je sais obligé deme confesnn et de recevoir d’un prêtre l’absolution de mes péchés. | Jean-Baptiste : Tout Dieu qu'il était, Jésus-Christ n’a jamais pu tirer de la bouche des Scribes, des Pharisiens et des Docteurs de la loi des Juifs l'aveu qu’ils se trompaient, ou qu’ils trompaient le peuple. Aussi vous savez qu'elle réponse il fit à ses disciples qui vinrent lui dire que les Pharisiens s'étaient scandalisés d’une parole qu'il avait dite: « Toute « plante que mon Père céleste n’a point plantée, sera «arrachée. Laissez-les.: ce sont des aveugles qui con- « duisent des aveugles : si un. aveugle en conduit un «autre, ils tombent tous. deux dans la fosse, » ( Matth. chap: 15, v. 13-14.) Je n'ai. donc et je ne puis avoir la prétention de:vous faire avouer que vous vous trompez,.que vous ne suivez pas la bible, que vous êtes enfin dans l'erreur. Car les protestants, mille fois réfutés, n’en répètent pas moinsleurs erreurs ou leurs

calomnies. Maië, qu'y faire? L'erreur, et l’obstination dans l'erreur, est semblable à la plaie dont était frappée la.criminelle Babylone : Elle est incurable. ( Jérémie, ohap. 51, 0.9.)

Le colporteur, déconcerté, garda le silence, comme font toujours ces messieurs, quand on les a convaincus d'erveur ou de fourberie. Mais, croyant avoir plus de: succès, ül prit le rôle d'interrogateur, et: d.‘"anda à Jean-Baptiste, d'un ton moqueur : :N'est-il pas vrai que les pécheurs ont le beau jeu avec la confession, puis qu'ils sont assurés d’être immédiatement -pardonnés dès qu'ils se présentent à confesse, eussent-ils commis les plus grands crimes ?

Jean-Baptiste : Je ne devrais pas répondre à cette question, puis qu'elle est en'dehors de la bible. Qu'il me suffise de vous dire que vous vous trompez étrangement sur la confession. Pour faire sa confession, chez les catholiques, il faut s’examiner avec soin; avoir un sincère regret de ses fautes ; y renoncer trèssincèrement et pour toujours, et faire au confesseur la déclaration détaillée et circonstanciée de toutes se fautes, même des plus humiliantes. Ce n’est donc pas un jeu que la confession, chez les catholiques, si l’on peut appéler un jeu une action qui devrait ‘être trèssérieuse, c'est bien chez-vous, Monsieur, qui n'êtes pas dans l'usage de vous confesser à un prêtre qui parle, reprend et impose quelquefois une sévère pénitence, maïs seulement à Dieu que vous ne ‘voyez pas'et qui ne vous parléipas. Aussi, c’est bien vite'fait chez-vous : Vous savez bien, Seigneur, que je. suis: pécheur.\'Et puis, tout est fait? ‘absolution! reçue, pénitence faite, &c., &r. Ce sont bien ceux-là, les protes- ‘tants comme vous, Monsieur, quiiont ‘beau jeu avec leurs consciences et à qui Îl'en doit peu coûter de commettre des crimes: Quant aux catholiques, ils ne

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Si vousen doutez, Mr. le colporteur, allez à confesse à mon curé, deux outrois fois seulement; soyez frauc dans votre accusation ; n’oubliez pas de:vous accuser de faire le commerce de bibles tronquées et falsifiées ; de mentir trente ou quarante fois chaque jour, pour tromper les catholiques ; d’être au service de certains hommes qui font commerce d'acheter des âmes, à tant la pièce, &c.,&c., et vous ne répèterez jamais la question que vous venez de me faire.

Joseph Lami: Voiciun fait qui, m'a-t-on assuré, a eu lieu à Ste. Anne de Beaver, depuis le sthisme du grand réformateur.

D'abord, il fâut vous dire que les Canadiens schismatiques avaient conçu une haine vraiment amusante, non contre la confession publique, mais bien réellement contre la confession auriculaire.

Jean-Baptiste : Mais pourquoi contre la confession auriculaire qui est cent fois moins pénible que la confession publique ?

Joseph Lami : Je n’en sais absolument rien. Je pense cependant que pour les empècher d'aller se confesser à l'oreille d'un prêtre, où l’onx est libre d'ouvrir son.cœur sans gêne ; on leur avait dit qu'il fallaitse confesser tout haut, bien entendu qu'on dirait ce que l’on voudrait. On avait. donc eu soin de ridiculiser la confession secrète, «et vous savez quel effet produit le ridicule sur lesprit des innocents. Bref, on avait réussi à inspirer à Ces pauvres dupes, une tel-

lé horreur de la confession privée, que, seulement d'en parler, (faisait l'effet, dela moutarde auinez. Il

spa se :confesser publiquement: c'était.la vraie. conessiob. oi uit : in DA CAE . Un;jaur donc plusieurs: petits et:, grands:ministres

‘s'étaient: héunis à :Beaver | pour -essayer.de Ja nouvel-

le recette, L'assemblée! ot ni qu et. des pénitentes publiques ‘était: assez «nombreuse. Alors une 0ertaiplace, son mari était présent: On lui demande: si elle vit en: paix,avec

son mari. La réponse est oui. Mais le mari déclare que c'est faux, à-une autre question, elle répond qu’elle est parfaitement en paix avec ses voisines.

t le mari de déclarer qu'elle est toujours en guerre avec elles. C'était touchant à pleurer.

On raconte à ce sujet que le trois: fois excommunié, qui était présent. trouva cette manière de se confesser fort peu amusante, et qu’il sorti de l'assemblée en faisant entendre des paro!es d’indignation et criant au scandale. L'histoire doit lui tenir compte de ce protèt. (18) |

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