‹ Le petit arsenal du Catholique ou Traité élémentaire de controverse [microforme]Chapitre 23 sur 29 · il Grisqu’il saint mille * que avait · texte numérisé non relu

il Grisqu’il saint mille * que avait

"UVES, IS, &pratibaptil’'Euceux es des

re fat l’euque. »

ème ?

: plou- 1S preonner

dans endre, plon-

inion, ment.

Ceux DtISÈS »

rie, et

hom- (Ibid.

DIM du ant, il it deson les

baptise au nom du Seigneur Jésus: ( chap. 16, v. 15.) « Et après qu’elle (Lydie) eut été baptisée.» Dans tous ces textes où il est fait mention du baptême, administré par les Apôtres ou leurs disciples, il n’y a pas un mot qui indique la manière dont ils l’administraient.

Mr le colporteur sera peut-être bien aise de conuaitre ce que pensait le grand martyre de Jésus- Christ, saint Cyprien, sur la question que nous discutons. Il devait le savoir. Il vivait dans le 3e siècle. Voici ce qu’il écrivait à Magnus :

«Le sacrement auguste, qui purifie les somillures « de l’âme, n’agit pas à la maniere du bain vulguire « qui lave le corps. Il ne lui faut pour exercer son « action, ni piscine, ni escabeau, ni aucun de ces ins- « truments ou de ces parfums en usage. (est sur l’â- « me qu’ii opère par les mérites de la foi. Dans ces « Sacrements qui donnent la vie, la munificence « divine, lorsque la nécessité est pressante. sup- « plée aux formes qui manquent, et confère à ceux «qui croient l'intégrité de la grâce. Peu importe « donc que le malade en reçoive qu’une simple asper- «sion au lieu de l'immersion, lorsqu'il est admis à «la participation des grâces du Seigneur, puisque « J'Ecriture nous parle ainsi par la bouche du prophè- «te Ezéchiel. Je répandrai sur vous une eau pure, et « VOUS serez purifiés ge ioutes vos souillures, et je vous « delivrerai de louteS vos idoles. Et ailleurs : Le Sei- «gneur parla à Moïse et lui dit: Prenez les Lévites du «milieu des enfants d'Israël, et purifiez-les. Voici de « quelle manière vous les purifierez; Vous répandrez au- «tour d'eux, l’eau de la purification. Et encore: L'eau « de l’aspersion est une purification. »

« D'où j'en conclus, dit saint Cyprien, que la sim- « ple aspersion équivaut à l'immersion dans le bain « régénérateur… » ( D’Avallon.)

Je vous ai cité tous ces textes, Mr. le colporteur, non pour vous prouver que le baptème, donné par émmersion, était invalide (l'Eglise Catholique l’a ad-

ministré de cette manière } mais pour avertir les Ca-

tholiques que vous leur dites d’insignes mensonges, .

quand vous les assurez que le baptème, qu’ils ont reçu avec l’eau versée sur leur tête, ne vaut absolument rien, qu’il n’y a qu’une seule manière de baptiser qui soit valide, et que c’est la vôtre, qui consiste à plonger dans l’eau les personnes que vous baptisez.

Joseph Lami, s'adressant à Jean-Baptiste : Vous serez peut-être bien aise, mon ani, d'apprendre de quelle manière se font rebaptiser quelques Canadiens des Illinois, qui tombent entre les mains des Baptistes. Je tiens les détails suivants de plusieurs témoins oculaires.

On leur dit d’abord que leur Baptéme Catholique ne vaut rien et que, s'ils mouraient en cet état, ils ne err: nt jamais le ciel.

Jean-Baptiste : Mais, leur donne-t-on les raisons de cette singulière décision ?

Joscph sami : Il s’agit bien de raisons quand on a affaire à des bonnes-ädmes de Canadiens comme celles qui laissent l'Eglise Catholique.

Il est donc convenu continue Lami qu’on n'est pas chrétien avec ce baptême catholique. Alors, il faut se faire rebaptiser ; le Rév. Ministre la dit.

Le juur fixé, on se rend au Kankakee ou à Aruma, où coule une assez large rivière#C'est ordinairement un dimanche, pour avoir plus de témoins. Aussi les curieux de nouveautés ne font pas défaut.

Madame, ou mademoiselle la néophytea mis ses plus beaux habits. Un ministre baptiste est le rebaptisant. Lui et la néophyte descendent dans l’eau, à linstar de Philippe et de l'Eunuque. On avance sufisament dans la rivière pour avoir de l’eau jusqu'aux genoux, ou à peu près. Les deux acteurs se placent er face, mais un peu à côté l’un de l’autre. Quant Le moment de la plonge est arrivé, le Rév. met un de ses pieds derrière les talons de la réophyte, puis, par

un coup habilement appliqué sur son estomac, il lé-

RU Le Mer nd An Abe TT PE ax

A Le tee te bare W Li tee tte rie de Fe À 3 gum di: s F MCE CC PONELN { sp praunt ‘ CEA j

Ca- | tend sur le dos dans la rivière. Et puis elle est lavée l: | ges, . | depuis les pieds jusqu’à la tête, pas moyen pour le hi ! , re- péché de trouver un petit coin du corps sec, pour s'y 16 ent réfugier— Des malins appellent cela, baptiser à la 4 qui jambette, comme d’autres malins ont dit : manger de lu | n lon- trempette,çquand on faisait la cène dans la chapelle de Al Sainte Anne de Beaver. L) erez On administre ce baptême, assez souvent pendant 4 elle l'hiver. Alors a lieu une importante observation. Si la | des baptisée ne fait pas de soubresaut, ne pousse aucun . JE criau moment de toucher l’eau froide : elle a une foi L' OCU- justifiante. Si c’est le contraire qui arrive, on a de ÿ| grandes appréhensions qu’elle n'ait point été régénérée | je ne par le manque de foi. | [s ne Jean-Baptiste : Je ne croirais jamais que des Catho- | liques soient assez simples pour consentir à subir une is de telle ignominie, après avoir été baptisés dans l'Eglise dont l’Apôtre a dit qu’elle était la colonne et la bäse de on a la vérité. (T Tim. chap. 3, v. 15.) (16) elles Joseph Lumi : Le fait est réel, mon ami. On leur a fait croire que le baptème donné aux petits enfants pas ne valait rien: Voilà le mystère! Depuis qu'ils ont ut se quitté l'Eglise, les Canadiens ont perdu leur bon sens. L ma, Le colporteur, qui en a suffisamment sur le chapitre du ent baptéme saute sur une autre branche, pour attaquer /a | ji Les croyance au purgatoire: N’est-il pas vrai, dit-il, que les | catholiques prétendent délivrer les âmes d’une certais ses ne place, qu'ils appellent le purgatoire, par des prières, apti- des messes, des aumônes, des jeûnes, äes chape- 4 ’ins- lets, &c., &c. ? Où est donc indiquée, dans la bible,

fhsa- ’aux

cette place qu'ils appellent le purgatoire ?

Jean-Baptiste: Vous ne l'avez jamais trouvée ?…. | je vais dunc vous la montrer. Ouvrons d’abord le 1!

nt err it Le 2d Livre des Macchabées, ( chap. 12, v. 43.) à de Le colporteur: Je ne veux pas d’un texte tiré de ce

| par livre parce que les Macchabées ne sont pas reçus, par 1 lé- nos ministres, comme livres inspirés.

« Fe ne DR DE AS nn ee = à

Jean-Baptiste: Je pourrais vous demander de me prouver pourquoi les protestants, qui ne sont apparus ‘qu’hier rejettent, comme non inspirés, des livres que toute l’antiquité chrétienne a reçus et vénérés comme contenant la parole de Dieu. (a) Je pourrais vous demander encore pourquoi vous rejetez l'Autorité de l'Eglise catholique, dont saint Augustin a dit: fc ne croirais pas méme à l'Evangile, si l'autorité de l'Eglise ne m'y amenait, pour admettre l'autorité de la Synagogue qui n’a certainement rien à faire en ce qui regarde les livres que les chrétiens doivent recevoir comme inspirés : mais je veux vous exempter de ce travail qui serait plus que pénible pour vous. Je ne prétends donc considérer ces livres que comme rendant témoignage de la foi du peuple de Dieu, que Jésus-Christ n’a point condamnée, sous ce rapport, je dis que Judas Macchabée envoya à Jérusalem douze mille dragmes d'argent pour offrir un sacrifice pour le repos des âmes de ceux qui étaient morts. L'écrivain ajoute : «C’est donc une sainte et salutaire pensée de prier «pour les marts, afin qu'ils soient délivrer de leurs péchés. » (2 liv. ues Macch. chap. 12, v. 43.)

St. Augustin, dans le livre : du soin des morts, chapitre 2, cite cet endroit du livre des Macchabées, comme faisant autorité, en faveur de la prière pour les défunts. Voici ces paroles : « Nous lisons dans le livre des Mac- « chabécs qu’on offrit un sacrifice pour les morts. Mais «“ quand même on ne lirait point ce témoignage dans « les anciennes écritures, nous avons pour nous la «grande autorité de l'Eglise universelle qui, dans les «prières que le prêtre fait à l'autel, lui dit de prier « pour les morts.» ë

Voilà le témoignage de tout un peuple, et c’est le peuple de Dieu! 11 fait profession publique de croire que les prières des vivants sont utiles aux morts, et ont l'effet de les délivrer de leurs péchés. Si cette croy-

(a) Voyez le livre intitulé : ‘La Bible mutilée par les protestants, et les preuves sans répliques de leur canonicité.

DR “nt “se CS -Rr

EP hum OA PR bis D bon, 4,

Lun lnmnint adife fl, As

le :

e me parus s que mme 18 deé de îcne Eglise nagoyarde mme ravail tends émoi- Christ Judas agmes s des oute :

prier rs pé-

chapimme funts. rs Mac- . Mais

dans us la ns les prier

est le croire ts, et CrOYprotes-

ance des Juifs eût été erronée, Jésus-Christ l’eût certaitnement condamnée : cependant ilne l’a pas fait. D'où je conclus que la croyance au purgatoire date de bien loin, et n'est pas une invention des prêtres catholiques.

Joseph Lami : A propos du livre des Macchabhées, je me permettrai de vous raconter un fait qui jette une grande lumière sur la croyance des peulpes de l’antiquité.

Il n’y a pas encore bien longtemps, un curé, près de Québec, apprend qu’un Rév. colporteur cherchaità faire voir des étoiles en plein midi, à un de ses paroissiens. Aussitôt le curé se rend chez ce paroissien, Mr. le colporteur y était installé. La conversation s'engage sur le purgatnire. Le tvuré cite l'autorité du livre des Macchabées comme rendant témoignage de la croyance de tout un peuple en faveur du purgatoire et de la prière pour les morts. Alors Mr. le colporteur se redressant de toute sa grandeur, lui dit qu’il rejette cette autorité. El pourquoi, lui demanda le curé? Ces Macchabées étaient! les païens, répondit le brave Colporteur. C'était bien la peine de descendre de Montréal pour apprendre, au district de Québec, cette ineffable simplicité, ajouta Joseph Lami.

Jean-Baptiste : Nous ailons consulter le Nouveau Testament.

Le colporteur : J'accepte l'autorité du Nouveau Testament. Pour vous épargner des recherches inutiles, je dois vous déclarer que vous n’y trouverez rien qui indique votre Purgatoire.

Jean-Bap'ste : Je ne suis pas accoutumé à croire les colporteurs sur parole; je veux m'assurer si le Nouveau Testament n'indique pas le purgatoire. Avant de faire cet examen, posons certains principes qui serviront à nous entendre.

Premier principe. Rien de souillé ne peut entrer dans le ciel, l1 demeure du Dieu trois fois saint; car dit saint Jean, ( 4p. chap. 21, v. 27.) « Il n'y entrera ( dans

« la céleste Jérusalem, rien de souillé, ni aucun de ceux « quicommettent l'abomination ou le mensonge, mais « seulement ceux qui sont écrits dans le livre de vie « de l’agneau.» « Or, je vous déclare, dit Jésus-Christ, « ( Matth. chap. 12, v. 36) qu’au jour du jugement les « hommes rendront compte de toute parole inutile « qu'ils auront dite.»

uivant ces divines paroles, il est donc certain qu’ne âme qui part de ce monde avec une seule souillure, fut-ce même une parole inutile, qui est certes une faute bien légère, ne peut entrer dans le ciel, sans en être purifiée.

Second principe. Dans l’autre vie, chacun sera récompensé ou puni selon ses œuvres, et cela avec une souveraine équité ; + Car, Jésus-Christ nous dit enco- « re, en saint Matth. (chap. 16, v. 27) que le Fils de « l’homme doit venir dans la gloire de son Père aveë « ses anges, et alors il rendra à chacun selon ses œu- « vres.» Et ailleurs : « On demandera beaucoup à celui « à qui on aura donné beaucoup; et on fera rendre «un plus grand compte à celui à qui on aura confié « de plus grandes choses (Luc. chap. 12, v. 48.)» Et « j'entendis une voix du ciel, qui me dit : Ecrivez: « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur. « Dès maintenant, dit l'Esprit, ils se reposeront de «leurs travaux: car leurs œuvres les suivent » ( Apocal. chap. 14, v. 13.)

IL est donc évident que la bible nous enseigne que Dieu punira légèrement les fautes qui sont légères, et sévèrement les fautes graves. Par conséquent il ne punira pas une parole inutile, une légère souillure de la même manière qu’un meurtre, un adulière, un parjure et que tous les crimes que saint Paul, ( Z aux: Cor. chap. 6, v. 9-10.) déclare devoir exclure du royaume des cieux ceux qui les auront commis.

Troisième principe. Les âmes de ceux qui seront morts dans quelqu'un des crimes que saint Paula nommés dans sa 7 Ep. aux Corinthiens, tomberont

le ceux ), Mais de vie Christ, ent les inutile

ertain } souiles une ans en

ra ré- 2C une “enco- ‘ils de à AVEE es ŒUcelui endre

onfié »y Et 1vez :

neur.

nt de pocal.

e que pères, il ne de la rjure : Cor.

aume

eront aul.a bront

dans l'enfer, d’où elles ne pourront jamais sortir, Car

dit saint Paul, (77 Thess. chap. 1, v. 8-9. ) « Ceux qui

«n’obéissent point à l'Evangile de notre Seigneur dé- « sus-Christ, souffriront la peine d’une éternelle dam- « nation, étant confondus par la face du Seigneur, et « par la gloire de sa puissance.» Etces autres: « Il vaut « mieux pour vous que n'ayant qu'un pied, vous en- «triez dans la vie éternelle, que d’en avoir deux, et « d’être précipité dans l’enfer, dans ce feu qui ne peut

« s'éteindre, où le ver qui les ronge ne meurt point,

«et où le feu qui les brûle ne s'éteint jamais, » (de méme aux versets 45 et 47,) ( Marc, ch. 9, v. 43.) Après la sentence du jugement ‘dernier, saint Matth. (chap. 25, v. 46.) nous dit: «Et alors ceux-ci (les damnés ) «iront dansle supplice éternel, et les justes dans {a vie « éternelle. »

‘De ces textes et de beaucoup d’autres, que j'aurais pu citer, on doit conclure qu’une âme, une fois tom-

ée dans l’enfer, à cause de ses crimes, n’en pourra jamais sortir. Sa perte est consommée et elle est éternelle. É

Admettez-vous ces trois principes, dit Jean-Baptiste, en s'adressant au eolporteur.

Le colporteur: Je les admets d'autant plus volontiers que ce sont mes propres principes.

Jean-Baptiste : Nous voilà d'accord pour commencer notre discussion sur la place de l’autre monde, que les catholiques appellent purgatoire, et je souhaite que nous le soyons également à la fin. Commençons. ‘

(Ep. aux Philip. chap. ?, v. 9-10) « C’est pourquoi « Dieu l’a élevé (Jésus-Christ ) pardessus toutes cho- « ses, et lui a donné un Nom qui esi 1 dessus de tout. « nom: afin qu’au Nom de Jésus toui genou fiéchisse « dans le ciel, sur la terre, ef dans les enfers. » (a)

(a ) Tous les commentateurs entendent, par ce mot, le Purgatoire

et l’Eenfer.

Voilà bien clairement désignées trois différentes places où le Nom de Jésus est vénéré et adoré avec un profond respect. Je remagque, dans ce texte, le mot enfers ; au pluriel, tel qu’il est au symbole des ap6tres, ce qui indique une autre place que l'enfer des damnés. A part de la terre et du ciel, il y a donc, dans l’autre monde, une place qui est différente de l'enfer et où des âmes vénèrent le Saiht’/Nom de Jésus. Cette place, les catholiques l’apellent purgatoir

L’Apôtre St. Pierre ( Z. Ep. chap. 3, v. 15-19) va nous « désigner la même place, par ces paroles : « Puis- « que Jésus-Christ mêmé a souffert une fois la mort « pour nos péchés, le juste pour les injustes ; afin qu’il «put nous offrir à Dieu, étant morten sa chair, « mais étant ressuscité par l'Esprit: par lequel aussi « il alla précher aux esprits qui étaient retenus en prison ; * qui autrefois avaient été incrédules lorsqu’au temps « de Noë, ils s’attendaient à la patience et à la bonté « de Dieu, pendant qu’on fabriquait l'arche. »

Or, cette prison ne peut être le ciel, puisque c’est le le séjour de la souveraine félicité. Elle: peut être l'enfer, séjour de l’éernelle damnatior, u ne pouvait aller prêcher Jésus-Christ, puisque c’eût été en pure perte. Cette place, qui n’est ni le ciel, ni l'enfer, les Catholiques l’appellent le purgatoire.

Le prophète Zacharie va encore nous désigner cette place. Il s'adresse au Rédempteur des hommes : { chap. 9, v. 11.) « C’est vous aussi qui, par le sang de votre « alhance, avez fait sortir les captifs du lac qui était { Suns eau. »

Ce lac sans eau ne peut être l’enfer, puisque les captifs qui y sont renfermés, les damnés, n’en peuvent sortir. Ce ne peut être le ciel, séjour du bonheur éternel, où l’âme est rassasiée de biens. ( Ps. 16, v.15.) Ici encore, il est fait mention d'une autre place qui n’est ni l'enfer, ni le ciel: Cette troisième place, les Catholiques l’appellent purgatoire,

érentes ré avec exte, le des ap6nfer des IC, dans e l'enfer s. Cette

ya nous « Puisla mort in qu'il

chair, | aussi prison ; 1 temps a bonté

c’est le ut être ne pouété en l'enfer,

er cette

(chap.

e votre w élait

les cap- Jeuvent r éter- 5.) Ici i n’est Catho-

Le colporteur : Je ne vois rien, dans ces textes, qui me fasse voir votre purgatoire.

Jean-Baptiste : I] y a des yeux qui ne voient pas sans iuneltes, Mr le colporteur. Vous êtes de ce noômbre, je pense. Je vais essayer de vous en fournir une paire, Veuillez ne pas perdre patience : Vous allez lire, vous-mème,

w (ACorinth. chap. à, v. 11,12, 13,14, 15.)

Le colport. lit : « Car personne ne peut poser d'autre « fondement is celui qui a été posé; et ce fonde- « ment, c'est Jésus-Christ. Si l’on élève sur ce fonde- « ment un édifice d’or, d'argent, de pierres précieuses, « de bois, de foin, de paille ; l'ouvrage de chacun pa- « raîtra enfin, et le jour du Seigneur fera voir quel «ilest: parce que ce jour sera manisfesté par le feu, «et que le feu mettra à l'épreuve l'ouvrage de chacun, « si l'ouvrage de quelqu'un qui aura bâti sur ce fonde- «ment, demeure sans être brûlé, il en recevra la ré- « compense. Si au contraire l'ouvrage de quelqu'un est « brilé. il en souffrira la perte: ÿ ne laissera pas né- « anmoins d'être sauvé, mais comme en passant par le feu. (17)

Jean-Baptiste : Kh ! bien, Mr. le colporteur, commencez-vous à voir un peu mieux? Ce texte a à peine besoin d'explications, tant il est formel en faveur du purgaloire. 11 vous montre évidemment que quoique les œuvres d’un homme aient été bonnes, et appuyées snr l'unique fondement du salut, il s’y est cependant glissé beaucoup d’imperfections figurées par le foin, le bois et la paille, qui ont souillé l’âme et offensé les yeux de celui qui sonde les cœurs et les reins ; Ps. 7, #. 10.) Saint Paul nous apprend qu’au jour du jugement cet homme sera cependant sauvé, après que le feu aura fait disparaître toutes ces imperfections. Or, si cet homme avait besoin d’être purifié, il n’a pu l'être dans le ciel, où rien de souillé ne peutentrer : Il n’a pu être purifié dans l’enfer où &! n’y a pas de rédemption et d’où on ne peut sortir. Outre le ciel et l’enfer, il

existe donc, dans l’autre vie, une troisième place, où les âmes souillées d’imperfections, de paroles inutiles, de légers péchés enfin, sont purifiées, comme en passant par le feu, et ensuite sauvées. Or, cette place où les âmes, coupables d'imperfections, se purifient avant d'entrer dans le ciel, les catholiques sont convenus de la désigner par le mot: purgatoire. Ce mot est assez bien inventé, n'est-ce pas, Mr le colporteur ?

Le coiporteur: Ce passage me frappe singulièrement...

Jean-Baptiste: Les lunettes que je vous ai données, vont faire à vos yeux, je pense.

Veuillez maintenant nous lire les versets 25 et 26 du 5e chap. de saint Matth. ;

Le colporteur lit posément : « Accordez-vous au plus « tôt avec votre adversaire, pendant que vous êtes en « chemin avec lui: de peur que votre adversaire ne « vous livre au juge, et que le juge ne vous livre au #“ ministre de la justice, et que vous ne soyez mis en «prison. Je vous dis en vérité que vous ne sortirez « point de là que vous n'ayez payé jusqu’à dernière obole. »

Jean-Baptiste : Ce texte nous parle encore d’une prison de l’autre vie où l’on est détenu jusqu’à ce,qu'on ait payé jusqu'à la dernière obole. Voici le raisonnement que me fournit ce texte. Cette place de l’autre vie où l’on a quelque chose à payer, ne peut être le ciel, puisque ceux qui l’habitent n’ont aucune souillure. Cette prison ne peut être l’enfer, qui est Le séjour d’un éternel malheur, d'où l’on ne peut jamais sortir, car l’on ne saurait payer ce que l’on doit à la justice divine dans le séjour de la malédiction.

Il y a donc, dans l’autre vie, une place où l’on peut satisfaire à la justice divine, pour des fautes légères qui excluent du ciel, mais qui ne méritent point une punition éternelle. Il y a donc certaines dettes que l'on peut payer dans l’autre vie, et le lieu où l’on paie ces dettes, nous l’appelons pufgatoire. Le dogme du purgatoire est donc clairement désigné dans la bible.

lace, où inutiles, > en Dasplace où at avant mvenus st assez

gulièreonnées, 29 et 26

au plus êtes en saire ne ivre au mis en sortirez e obole. »

ine prie,qu'on isonnel’autre être le uillure.

ir d’un ir, Car divine

n peut égères ni une Ps que n pale Éd du bible.

Les Catholiques sont donc encore ici, d'accord avec les enseignements de la bible, eties protestants, qui rejettent cette croyance, contredisent donc la parole de Dieu écrite. |

Au reste, Jésus-Christ nous donne clairement à entendre qu'il y a certaines fautes qui seront pardoninées dans l’autre vie, lorsqu'il nous dit, ( Matth. chap. 12, v. 32.) « Et quiconque aura parlé contre le Fils de « l'Homme, il lui sera remis; mais si quelqu'un à «parlé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera remis n2 «en ce siècle, ni dans le siècle à venir. »

Je vous pris de remarquer que saint Isidore { ib. 1. de divinis off.) fait cette observation sur ce texte : « Si l'Eglise catholique ne croyait pas que les défunts peu- « vent obtenir le pardon de certains péchés, elle n’of- « frirait pas à Dieu, pour leurs âmes, soit des prières, « soit le sacrifice de la messe. »

Maintenant, permettez-moi, Mr le colporteur,de vous rappeler ce texte, déjà cité: « Or, je vous déclare, dit « Jésus-Christ, qu’au jour du jugement, les hommes « rendront compte de toute parole inutile qu’ils auront « dite.» Où placerez-vous donc ces âmes courageuses et fidèles qui, ayant vaincu la chair, le monde et l'enfer, laissent cette vie n’étant coupables que de paroles ou de fautes échappées à la fragilité humaine ?

Le colporteur, indigné qu'on lui ait montré la vérité qui condamne une de ses erreurs : Ce n’est pas mon affaire de donner une place à ces âmes ; c'est l'affaire de Dieu ‘ qui rendra à chacun selon ses œuvres, ” comme nous l’aprrend saint Paul, dans l’Epitre aux

- Romaîns, ( chap. 2, v. 6.)

Jean-Baptiste : C’esi bien répondre, en vérité! Ne pouvant nier que le purgatoire ne soit clairement désigné dans les textes que je vous ai cité ; sachant bien a J.-C, qui a condamné les fausses traditions des

uifs, n’a point dit un mot de blâme contre la pratique qu'ils avaient de prier pour lesâmes des défunts, ce qui suppose évidemment le purgatoire ; vous trou-

D Eu mure ace né ro

vant inévitablement conduit par les conséquences de votre erreur à condamner à l’enfer des âmes souillées de fautes infiniment légères et aux quelles un juge souverainement équitable ne peut infliger un aussi épouvantable châtiment; n'ayant pas assez de bonne foi et de conscience pour avouer qu’on vous a trompé et que vous cherchez à tromper les Catholiques en les assurant qu’il n’y a point de purgatoire :

Vous me répondez que c’est l'affaire de Dieu de voir

s'il y a,ou Si n'y a point de purgatoire.!! Voici donc le sens évident de la réponse que vous m'avez faites : je suis protestant et, comme tel, 2e veux pas croire au purgatoire, ou à une certaine L.ace où l’or se purifie, comme en passant par le feu, de certaines fautes qui ne sont pas du nombre des péchés que saint Paul déclare deyoir exclure du royaume de Dieu ; comme protestant, je sais ou Je dois savoir que des fautes légeres, des paroles inutiles, empêchent les âmes d'entrer dans le ciel, si elles laissent ce monde avec de serblables souillures : le bon sens chrétien me dit donc clairement qu'il faut admettre une autre place qui n’est ni le ciel, ni l'enfer; je ne l'avouerai cependant pas. On me prouve que cette place existe dans l’autre vie ; on me cite ur grand rombre de textes d’où l’on doit nécessairement conclure qu’elle existe. Me voilà donc obligé ou de nier la bible et la croyance de tous les siècles chrétiens avant Luther, ou de déraisonner. Mais 4 veux rester protestant et, en cette qualité, je dois dire que le purgatoire est une fable inventée par les Papes. Je déclare donc hardiment qu'il n’y a point de purgatoire.

Bravo pour Mrle colporteur, s’écria Joseph Lami! I] avait bien raison de renvoyer à Dieu le trouble de décider s’il y avait ou s’il n’y avait pas de purgatoire. Sileût pu gagner ce point, il se serait épargné une ot dans la luue où le voyage n'’eût: pas été

eureux pour sa bonne.foi protestante. (18)

nces de s souilles un ger un ssez de n vous Cathoatoire :

le voir

donc le tes: je oùre av Jurifie, es qui aul déne pros légè- ’entrer e semÿ donc ce qui endant l'autre où l’on e voilà de tous onver.

lité, je ée par n'y à

Lami !

ble de atoire.

é une pas été

Le colporteur fit une grimacs à cette répartie de Joseph Lami, et ce fut toute sa réponse. Vnyant donc que, sur la question du purgatoire, il ne pouvuit pas plus en impo- ‘ ser à son adversaire que sur celles déja discutées, ü eût recours au grand stratagème des colporteurs qui est d’imiler les oiseaux qui sautent de branche en branche. Il sauta donc sur un autre sujet, et, pour se consoler un peu, i se mil à ridiculiser la simplicité des catholiques qui adressent des prières aux saints du paradis: Pevt-on croire, dit il, que des hommes soient assez simples

our prétendre se faire entendre des saints qui sont si oin ? Les saints peuvent-ils savoir ce qui se passe sur la terre ? ajouta-t-il l’un air de suffisance impayable.

Jean-Baptiste, ave: calme: Je vous pardonne bien volontiers vos moqueries, parce que je les regarde comme une petite consolation dont vous devez avoir besoin, ce soir. Je dois cependant vous dire qu'il est très-vrai que les catholiques ont, comme vous le dites, la simplicité de croire que les saints du paradis ont connaissance de ce qui se passe sur la terre, et qu’ils entendent les prières qui leur sont adressées de cette vallée de larmes.

Vous voudrez bien permettre à mon ami de vous Lire le texte suivant, { Luc, chap. 15, v. 7.)

Joseph Lami lit posèément : «Je vous dis qu'il y aura « aussi plus de joie dans le ciel pour unseul pécheur « qui fait pénience, que pour quatre-vingt-dix-neuf « justes qui n’ont pas besoin de pénitence. »

Jean-Baptiste: Pourriez-vous m'expliquer, Mr le colporteur, comment les habitants du ciel pourraient se réjouir de la pénitence qu'un pécheur fait en ce monde, s'ils n'avaient pas connaissance de ce qui se passe surla terre? Remarquez, s’il vous plaît, que l’Evangéliste dit qu’il y aura de la joie dans le ciel, pour nous ::ire entendre qu'il est ici question, non des Anges, mais bien réellement des saints, puisque ces âmes bienheureuses n'y étaient pas encore quand Jésus-Christ nous révélait cette consolante crues

Veuillez maintenant nous lire le verset 10e du méème chapitre, où il est parlé de la joie qu’éprouvent les Anges.

Joseph Lami lit: « De même, vous dis-je, c'est une « joie parmi les Anges de Dieu, lorsqu'un seul pé-. « cheur fait pénitence. »

Jean-Baptiste : Nous voilà bien et durement irformés que les Anges et les saints du ciel ont connaissan-

-ce de la pénitence que fait un pécheur en ce monde.

Le colporteur, ne porivant nier ce lémoignage, s'écrie : Mais comment peut-on voir de si loin !!

Jean-Baptiste : Vous êtes, je crois, du nombre de ces incrédules qui disaient: comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger. (Jean. chap. 6, v. 53.) Vous devez comprendre que ce n’est pas mon affaire de vous expliquer comment les Anges et les Saints

euvent voir, du ciel, ce qui se passe sur la terre. in à moi, le témoignage de Jésus-Christ me suffit pour croire que réellement les habitants du ciel ont connaissance de ce qui se passe en ce monde, au moins, en ce qui regarde le salut des hommes.

Je puis prouver, par la sainte bible, que les âmes, sorties de leurs maisons terrestres (ZZ. Cor. chap. 5, v.

Page 1