‹ Le petit arsenal du Catholique ou Traité élémentaire de controverse [microforme]Chapitre 25 sur 29 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

Les enfants de Dieu partagés en attendant leur réunion dans le ciel.— Les saints et les anges prient pour les fidèles de ce monde.— St. Paul se recommande sans cesse aux prières des fidèles.— Jésus- Christ est-il le seul médiateur.— en quel sens il l'est.— Les images dans les églises.— Les catholiques peuvent-ils vénérer le Pape.—Les évêques, — les prètres et les images.

Le colporteur, sautant sur une autre branche: Tout ce que vous venez de me dire ne me prouve pas que les Anges et les Saints prient pour les hommes et les assistent dans leurs besoins, comme le croient les catholiques

Jean-Baptiste : Vous auriez besoin, je pense, de mé= diter le Symbole des Apôtes et surtout de bien comprendre cet article : Je crois la communion des Saints. Vous comprendriez peut-être alors l’admirable union qui existe entre tous les membres de l'Eglise Catholique dont les uns sont au ciel, les autres dans le pur! gatoire et les derniers sur la terre. Les prenners sont rendus dans le ciel, où la charité et l'amour ont acquis leur dernier degré de perfection; les seconds achèvent de se purifier pour aller se réunir aux pfemiers, et les troisièmes enfin combattent d ms l'exil, pour vaincre le monde, la chairet l'enfe 1 monter ensuite vers la céleste patrie. En attendan que vous compreniez les divines harmonies qui existent entre les enfants de Dieu partout où ils sont, je vais vous faire voir, par la bible, que les Anges et les Saints prient pour leurs frères de Ce monde et les assistent dans leurs besoins.

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Le colporteur: Vous ne me le prouverez certainement jamais. à Jean-Baptiste : Je savais déjà, Mr le colporteur, que e ne parviendrais jamais à prouver quelque chose à un omme bien décidé d'avance à n’admettre aucun genre de preuves condamnant une erreur qu’il ne veut pas abandonner. Aussi, je ne prétends pas vous convaincre, mais seulement vous faire voir que l'Eglise Catholique sait parfaitement ce qu’elle enseigne et qu’elle suit la bible mieux que vous. Allons donc encore à la bible.

Jérémie (chap. 15, v. 1.) parle ainsi: « Le Seigneur me dit encore : quand Moïse et Samuel { qui n'étaient « plus sur la terre ) se présenteraient devant moi, mon «cœur ne se tournerait point vers ce peuple. Chassez- «les de devant ma face, et qu'ils se retirent.» Les saints ont donc pour usage de se présenter devant Dieu pour intercéder pour les pécheurs qui vivent en ce monde, sil en était autrement, pourquoi Dieu disait-il à Jérémie qu’il n’écouterait pas leurs supplications, s’is se présentaient devant sa face? Les saints demandent donc grâce pour les coupables ?

Dans le second livre des Macchahées, ( ch. 15, v. 11, 12, 13,14.) Judas Macchabée, au moment de livrer combat aux ennemis du peuple de Dieu, eût une vision qu’il raconte ainsi au peuple assemblé. : Voici « quelle fut cette vision: il lui sembla qu'il voyait « Onias, qui avait été grand prêtre, étendre ses mains «et prier pour tout le peuple Juif; Onias, cet homme «vraiment bon et plein de douceur, si modeste dans « son visage, si modéré et si réglé daus ses mœurs, si «agréable dans ses discours, et qui s'était exercé dans «son enfance en toutes sortes de vertu: qu’'ensuite «avait paru un autre homme vénérable par-sou âge, « tout éclatant de gloire, et environné d’une grande « majesté : Et qu'Onias avait dit eu le montrant : c’est «là le véritable ami de ses frères et du peuple d’Es- « raël : c’est là Jérémie, le prophète de Dieu, qui prie « beausoup pour ce peuple et pour toute la vüle Sainte :

« qu’en même temps Jérémie avait étendu la main, «et donné à Judas une épée d’or,enluidisant: Prenez « cetle épée sainte comme un présent que Dieu vous « fait, et avec lequel vous renverserez les ennemis de « mon peuple d'Israël »

Remarquez qu'Oniaset Jérémie étaient morts de-

puis longtemps. Voilà donc un livre que l'Eglise

Catholique a toujours reconnu pour inspiré, et qui nous apprend que les saints de l’autre vie prient pour les habitants de la terre.

Apocalypse ( chap. 5,v.8.) «Et après qu’il eût ouvert

« (le hore mystérieux ) les quatre animaux etles vingt- « quatre vieillards se prosternèrent devant l’agneau, « ayant chacun des harpes et des coupes d’or pleines « de parfums, qui sont les prières des Saints.» Mais, pour qui sont ces prières, qui égalent la suavité des parfums? Vous ne direz certainement pas que les saints, dans le séjour du bonheur, ont besoin de prier pour eux-mêmes. Il faut donc admettre que ces prières sont pour d’autres. Mais elles 1e peuvent être en faveur des réprouvés. Il faut douc qu’elles soient pour nous. : ; Au chap. 8, v. 3, saint Jean parle ainsi: « Alorsil « vint un autre Ange qui se tint devant l'autel, ayant « un encensoir d’or, et on lui donna une grande quan- « tité de parfums, composés des prières de tous des saints, « afin qu'il les offrit sur l'autel d’or qui est devant le «trône de Dieu » Voilà encore ici un important témoignage qui nons assure que les prières de tous les saints sont offertes à Dieu par le ministère d’un Ange. Pour jui -rcore ces prières, si non pour nous ? Remarquez,

r le colporteur, que prier veut dire demander quelque grâce, quelque secours. Or les saints n’onj besoin m1 de grâces, ni de secours. Ces prières ne sont donc pas pour eux-mêmes. |

Zacharie, (chap. 1, v.12): « L'ange du Seigneur par- « la ensuite et dit: Seigneur des armées, jusques à « quand diffèrerez-vous de faire miséricorde à Jérusa-

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« lem, et aux autres villes de Juda, contre lesquels vo- «tre colère est émue, voici déjà la sertième année. » Ce témoignage vous paraît-il'assez clair. Mr le colporteur, pour prouver que les Anges demandent miséricorde pour les habitants de la terre. ?

Le colporteur: Nos ministres n’entendent point ce texté comme vous l’entendez.

Jean-Baptiste : Vous me feriez croire qu'ils sont comme les Statues dont parle le prophète royal ( Ps. 113): « Elles ont des yeux, et elles ne voient point ; elles ont « des oreilles, etelles n’entendent point. »

Allons maintenant au livre de Tobie, (chap. 12, v. 12. « Pendant vue vous priiez avec larmes, dit l’Ange Ra- « phaël, et que vous ensevéiissiez les morts, et que « vous interrompiez yotre repos, et que pendant le jour « vous cachiez les morts dans votre maison pour les «ensevelir pendant la nuit, j'offrais votre prière au « Seigneur. »

Ce passage nous apprend donc, Mr le colporteur, que tout le bien qui se fait én ce monde est offert à Dien par le ministère des Anges. On a donc connaissance, au ciel, de ce qui se passe ici-bas ?

Le volporteur : Nous ne recevons pas le livre de Tobie au nombre des livres inspirés.

Joseph Lami: Tant pis pour vous, Si, contrairement à Ce qu'a cru toute l'antiquité chrétienne, vous rejetez de votre bible, un des livres le plus propre à édi-

fier et à encourager à être fidèle à Dieu, au milieu,

mê:ve des obstacles de tout genre. Quant à nous, catholiques, nous recevons le livre dé Tobie, comme inspiré, et nous en tirous un témoignage précieux pour nous affermir dans la consolante eroyance que les Anges de Dieu s'occupent de nons. «Car Dieu «a commandé à ses Anges de nous garder dans tou- « tes vos voies. Il vous porteront dans leurs mains, de

« peur que vous ne heurtiez vitre pied contre la pier-

«re. » ( Ps, 90, v. 11-12.) Pour nous faire connaître la charité dont les Anges

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t\animés pour nous, Jésus-Christ défend de scaniser un seul petit enfant, « car son Ange voit sans se la face de Dieu, dans le ciel.» (M tihiéu, Pourquoi cet avertissement, si ce, n’est pour nous aire que. ls angés, qui présentent nos prières à Dieu, comme nous l'avons vu plus haut, demandent vengeance contre ceux qui scandalisent es petits enfanis.

. Le, pragreur: Je vous répète que nos ministres n’enténdent poin. ces textes comme vous les qpéndee

Jean-Baptiste: Je.ne vois pas cé: qu'ont à faire vos ministres dans l'interprétation: de la bible, lorsque les auteurs du protestantisme ont proclamé à la fe dé l'univers que chaque protestant devait expliquer la bible selon sa raison individuelle. Vous avouerez qu'il est au moins ridicule de citer leur témoignage sur l'interprétation à donner à un texte. Ils n’ont rien à faire Là,

Mais je n’ai pas fini de vous donner les preuves de la croyance catholique sur l’invocation des saints.

* Diéu pouvait bien, par lui-même, recevoir la satisfaction que lui devaient Esiphaz de Théman et ses deux amis, et les obliger de venir lui demander par don-pour {a folie de leurs discours. Mais il ne l'a pas “à it, Donnez-moi la raison de la conduite qu'il tient à

égai d, sans admettre la croyance catholique ?

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