‹ Le petit Buffon des enfantsChapitre 17 sur 50 · LE LÉZARD GRIS · texte numérisé non relu

LE LÉZARD GRIS

Ce petit animal, sicommun dans le pays que nous habitons, paraît être le plus doux , le plus innocent, et l’un des plus utiles des lézards. S'il n'a pas reçu de la nature une parure bien éclatante, il a de quoi intéresser par la légèreté de la taille, par l’agilité de ses mouvements et la rapidité de sa course. Ayant besoin d’une température douce, il cherche les abris ; etiorsque, dans un beau jour de printemps, une lumière pure éclaire vivement une muraille ou un gazon en pente, onle voit s’y étendre avec une espèce de volupté. Il marque son plaisir par les ondulations de sa queue;

DES ENFANTS. 95 il fait briller ses yeux, et se précipite comme un trait pour saisir une petite proie, ou pour trouver un abri plus commode.

Bien loin de fuir à l'approche de l'homme, il paraît le regarder avec complaisance ; mais au moindre bruit qui l'effraie, à la chute d’une feuille, il se roule et se laisse tomber , ou bien il s’élance, disparaît, se montre de nouveau , et décrit en un instant plusieurs circuits tortueux que l'œil a de la peine à suivre. La couleur grise que présente le dessus de son corps , est variée par un grand nombre de taches blanchûtres , et par trois bandes presque noires, qui parcourent la longueur du dos. Le ventre est peint de vert changeant en bleu.

On ne craint point ce paisible animal :

il échappe communément avec rapidité , lorsqu'on veut le saisir ; mais, lorsqu'on l’a pris on le manie sans qu’il cherche à mordre. Les enfants en font un jouet ; et, par une suite de sa grande douceur , il se familiarise avec eux, approche innocemment sa bouche de la leur, et suce leur salive avec avidité. Malheureusement il ne reçoit

pas toujours caresse pour caresse , et l’enfance souvent ingrate, parce qu’elle ne se donne pas la peine de réfléchir, prend plaisir à lui faire perdre une partie de sa queue, qui estirès fragile. Cette queue, lorsqu'elle a été brisée par quelqu’accident, repousse quelquefois ; et suivant qu’elle a été divisée en plus ou moins de partie, elle est remplacée par deux, et même par trois queues plus ou moins parfaites,

Pour saisir les mouches et autres insectes dont il se nourrit, le lézard gris darde avec vitesse une langue garnie de petites aspérités qui lui aident à retenir sa proie.

Le tabac pulvérisé est presque toujours un poison mortel pour lui. Comme les autres quadrupèdes ovipares , il peut vivre beaucoup de temps sans manger ; et l'onena gardé pendantsix mois dans une bouteille, sans leur donner aucune nourriture. Il passe la saison du froid dans des trous d’arbres ou de murailles, ou dans des creux sous terre.

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