‹ Le petit Buffon des enfantsChapitre 32 sur 50 · LE BUFFON O00000010:160500600080000900000 LE PHOQUE · texte numérisé non relu

LE BUFFON O00000010:160500600080000900000 LE PHOQUE

{ Planche VIIT, fig. 1)

Ce vivipare , auquel on donne encore le nom de veau marin, se trouve dans les mers du Nord et dans les lacs de ces contrées froides , tanten Amérique qu’en Europe et en Asie, comme en Islande, Groénland, Spitzberg , Kamtschatka, dans la mer Baltique , sur les côtes de Norwèége, de Hollande, d'Angleterre, de France, etc.

Le Chien de Mer a depuis un mètre et demi jusqu’à deux de longueur et de deux jusqu’à quatre de haut. Il a la tête grosse, de longues moustaches de poils raides, disposées comme celles du chat, avec de semblables soies sur le nez et sur les yeux, avec quelque différence selon les espèces ; les yeux gros , les oreilles sans bouts ou pendants; la queue courte, les jambes et ies pieds d’une figure toute particulière ;

enfin tout le corps revêtu de poils courts et raides , tantôt d’un gris blanc, tantôt d’un gris noir , ou bigarrés de noir et de blanc.

Ces animaux ne mangent presque que du poisson et surtout des harengs , et ils vivent environ vingt à vingt-cinq ans : la femelle fait tous les ans une portée d’un ou deux petits. Quant à la forme tout à fait singulière des pattes du phoque elle est telle qu'il ne s’en peut servir, que pour nager. Sur terre, il est obligé de se trainer presque comme un vermisseau , ou deramper avecses pattes de devant. À proprement parler, il n’a point de jambes , mais seulement quelque chose d’approchant ; les pattes de devant sont un peu plus longues que celles de derrière , tortues, courbées en en arrière, munies de cinq doigts , avec de gros ongles pointus, presque semblables à celles des oïes ou plutôt des taupes; celles de derrière sont aussi tortues , palmées et armées d'ongles, mais tellement recourbées en arrière , qu’elles

semblent se confondre avec sa queue

fourchue . On croirait encore qu'un animal si peu fait pour marcher , soit sur la glace, la terre ou le sable , ne saurait vivre que dans la mer : cependant il ne laisse pas de passer hors de l’eau, c'est à dire sur la terre ou sur la glace, la plus grande partie de l'été, n’allant à l’eau que pour chercher de la proie :

sa femelle met bas à terre, et y élève même ses petits. À l’aide de ses ongles crochus , il peut grimper sur le haut des rochers et des montagnes de glaces, où il se repose et dort: puis, quand il veut descendre , il se lance à l’eau du sommet de ces hauteurs, ou s’y laisse tomber. Malgré ia conformation de ses jambes , il ne laisse pas de se traîner en rampant sur la glace assez vite pour échapper quelquefois au groënlandais.

Au reste, les peuples deces régions en tirent beaucoup d'avantages ; ils en mangent la chair et la graisse , et se vétissent de la peau : les Ésquimaux en font de même, aussi bien que d’autres nations sauvages de ces contrées. Cette

DES ENFANTS. 139 chair est rouge, tendre, succulente , grasse , et se mange tant fraiche que fumée.

On mange de même le lard, qui a deux ou trois doigts d’épais, ou l’on en brüle une partie dans les lampes en guise d'huile. Enfin , l’on emploie la peau à faire des habits , des camisoles, des bonnets , des culottes , des bottes, des souliers , des courroies , des cordes , des outres, et même à faire de petits canots nommés cayaques , ou du moins à les revêtir par dehors et par dedans : ces peuples en recouvreut aussi leurs cabanes d'été, et en vendent une infinité aux Européens qui, à leur tour, s’en servent pour recouvrir des coffres et des malles , à faire des garnitures de bonnets, des tabatières. Les phoques sont pour les peuples indigents du Nord, une ressource si nécessaire , que S'ils en étaient privés , il faudrait qu'ils périssent de faim et de froid. La plupart du temps on les surprend endormis sur les glaces , et l’on a le temps d’en tuer des centaines, avant

que les autres songent à s’éveiller, tant ils dorment profondément sans souci , sans inquiétude , sans avoir même le soin de se garder en plaçant des sentinelles.

Cependant ils mordent cruellement quand ils peuvent attraper les jambes ou les mains de quelqu'un ; mais on ne les laisse pas approcher de si près , de façon qu'ils sont réduits à se jeter sur les bâtons qu’ils coupent souvent en deux , quoique gros comme le bras : du reste ils font un bruit affreux , les gros aboient comme des chiens enroués, les jeunes miaulent comme des chats. Il suffit de leur ap= pliquer quelques coups sur le nez pour les faire tomber morts ou à demi-morts, et sur-le-champ on les égorge, on les écorche, on leur coupe le lard, on en remplit des tonnes que l’on emporte pour le faire fondre, et en faire de l'huile de poisson. Ils ont la vie si dure, que souvent lorsqu'ils sont déjà écorchés tout à fait ou à demi, ou avec le crâne brisé, ils se débattent encore, font des sauts considérables et cherchent à mordre.

LR MR LRAR AR IR LR AR AR RE LR RAR LR » AR LR AR LR LR LR LR LL AR AR LALR LR LE LÉZARD VOLANT.

(Planche V , fig. 2.)

C'est un lézard qui à des espèces d'ailes à peu près comme les chauves-souris , au moyen desquelles il peut sauter lestement d’un arbre sur un autre, et de terre sur les arbres, mais non pas voler aussi librement que les oiseaux, et se mouvoir comme eux dans l'atmosphère ; ce qui a suffi cependant pour lui faire donner le nom de Lézard Volant. Il se trouve dans l’Afrique et dans les Indes, n’a tout au plus que la longueur du doigt, ressemble presqu’en tout aux lézards ordinaires, etmange des mouches et d’autres petits insectes.

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