MECS
SYNDICAT DE PETITS COMMERGÇGANTS (Oh
développées davantage et si aujourd’hui leur nombre est encore très limité, c’est qu'on se heurte presque toujours au mauvais vouloir du petit commerce ou, plus exactement, à son scepticisme.
Généralement, les petits commerçants auxquels on propose ce système l’acceptent, surtout quand la proposition émane d’une personne influente, mais il se réserve 42 petto de se rattraper au plus vite de la remise consentie. Ils savent très bien, sans le laisser trop paraître, retrouver leur compte, soit sur la quantité, soit sur la qualité, soit enfin en majorant les prix de façon que la remise soit purement fictive.
Des essais de contrôle, de surveillance, n’ont akouti qu'à des discussions sans résultats et souvent à des brouilles.
Il faut évidemment qu’en présence du mouvement corporatif, et si véritablement il veut lutter avec avantages, le petit commerce sache faire des sacrifices. Le premier, croyons-nous, est de laisser de côté cet esprit fraudeur, cette trop grande âpreté au gain, pour entrer résolument et franchement dans la voie que nous lui traçons.
Nous sommes persuadés du reste, que là où la concurrence des sociétés coopératives sert d’épouvantail, et a fait réfléchir le petit sommerce, l’idée serait reprise avec les plus grandes chances de succès, et que l’objection que nous avons soulevée disparaïtrait certainement.
Certains commerçants sont déjà entrés résolument dans cette voie. Les uns ont commencé à distribuer
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une partie de leur bonis à leur clientèle au moyen de
bons qui sont distribués à tout acheteur et qui leur
donnent droit gratuitement à une certaine quantité de marchandises ; d’autres (généralement des maisons de commerce d’une certaine importance) procurent à leurs acheteursdes obligations à lots de la ville de Paris(1),dontilsdeviennent possesseurs, soiten partie, soit entièrement, suivant le montant de leurs achats. Au cas où une de ces obligations vient à sortir, le lot y afférant est distribué aux porteurs de parts au prorata de leur part. Ces exemples, nous l’espérons, porteront leurs fruits ; s'ils se généralisent, ils donneront au commerce une arme puissante qui lui permettra de lutter avantageusement contre la coopération.
Nous venons de passer en revue les deux moyens principaux qui sont à la portée du petit commerce pour lutter contre les coopératives, on peut en imaginer d’autres d’une efficacité moindre et que nous nous contenterons d'indiquer.
Ainsi on à conseillé aux petits commerçants d’éten dre leurs affaires, de faire du demi-gros et même du gros, d’avoir des voyageurs, au besoin payés en commun, c’est-à-dire que plusieurs petits commerçants vendant des articles différents pourraient s'entendre pour rétribuer un voyageur qui ferait connaitre et vendrait leurs produits dans la banlieue où même dans la région. De cette façon ils pourraient se créer
(1) Une maison de commerce d'Autun a adopté ce système.
des débouchés, une espèce de monopole dans un rayon le plus vaste possible. |
Tout se transforme de nos jours, et il faut que le petit commerce, s’il veut continuer à vivre, renonce à ses vieilles habitudes, à sa mollesse, qu'il suive le progrès, se plie aux nécessités du moment.
On vante également les magnifiques affaires qui se présentent dans nos colonies. Nombre de compagnies même modestes se sont déjà constituées pour en profiter. Est-ce qu’il n’y aurait pas là un élément à l’activité du petit commerce ?
Pourquoi aussi ne pas recourir à la presse ? mais à une presse quai raisonne au lieu d’injurier, qui sache faire ressortir les intérêts bien entendus des uns et des autres sans Jeter la discorde. La question qui nous occupe est trop grave, trop délicate pour être résolue à la légère. Il faut qu’elle soit bien discutée, bien mürie : il faut semer longtemps à l’avance les idées que l’on veut voir germer, et l’on ne répétera jamais trop au petit commerce qu'il faut qu'il sorte de sa routine et marche de l'avant. La presse peut donc Jouer ici un rôle important, elle peut être un puissant appui pour le petit commerce, en lui parlant le langage du bon sens, en lui dénonçant ses erreurs et en lui traçant la voie à suivre.
Inutile de pousser plus loin l’énumération des remèdes conseillés au petit commerce pour lutter contre les sociétés coopératives. Partout et toujours on aboutit à cette conclusion : « Tout est possible, mais c’est l’organisation qui fait défaut ; » il y a un
DURAND ÿ
D one TU + CHAPITRE MN
rouage qui manque à la bte 2 ne précisément
cette raison qui n’a pas nn au système des « coupons commerciaux » ou à d” autres semblables de se développer. Les bureaux qu’on à essayé de consti-
tuer, n’ont] jamais su remplir bien et scrupuleusement leur rôle. Entre les commerçants et les acheteurs, il
faut un lien, un trait d'union, un organe qui réunisse tous les intéressés, crée les bons, les paie, en reçoive
le montant en dépôt, les fasse fructifier. Il faut
en un mot une institution indépendante, possédant
la confiance de tous, et bien outillée en vue du ser-
vice à rendre.
Pour remplir ce rôle, la place nous semble tout indiquée à la création des sociétés de crédit dites banques populaires.
cd. D AD
CHAPTTRE IT
La banque populaire, ainsi que son nom l’indique, a pour but de venir en aide aux petites entreprises individuelles, c’est-à-dire à la classe des artisans et des petits commerçants qui ne trouveraient pas crédit auprès des banques ou des autres établissements financiers. Sous ce rapport elle se rapproche des sociétés coopératives de consommation dont il vient d’être question, lesquelles ont aussi pour but de venir en aide aux entreprises individuelles limitées en leur fournissant certaines marchandises à meilleur eompte, et de leur permettre de se passer, de la sorte, d’intermédiaires faisant payer chèrement leurs services. Mais, d’un autre côté, les sociétés de crédit vont à l'encontre de l'idéal cocpératif, elles sont la pierre d’achoppement, la barrière difficile à franchir contre laquelle se heurte cet idéal et devant laquelle bien. souvent, il est obligé de se replier. L'idéal coopératif serait, en effet, un état social dans lequel les entre-
prises individuelles de commerce et de production auraient fait place à des associations de consommateurs et producteurs à base démocratique et puissamment fédérées. Or, les sociétés de crédit populaire se greffent sur la production individuelle, sur la petite industrie, sur le petit commerce ; leur but est de leur venir en aide, d'assurer leur prospérité et leur développement en leur fournissant les capitaux dont ils peuvent avoir besoin. ;
C’est pourquoi, bien que partant des mêmes principes, les associations de crédit réalisent dans le concert des œuvres coopératives ün idéal tout différent, jouent un rôle particulier et en quelque sorte divergent. :
Il devait done nous venir tout naturellement à l'esprit d’opposer à la coopérative de consommation,
le crédit coopératif qui trouve une de ses expressions
dans la banque populaire. Indépendamment du rôle que nous luiassignions à la fin du chapitre précédent, ellenous parait par sa nature même, son but et ses eflorts, comme leplus fermesoutien du petit commerce et la forteresse inexpugnable contre laquelle se briseront les efforts des coopératives de consommation.