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cuidance de ne pas être muettes. C'est bien à terre qu'on les frappe, et on ose dire qu'elles ne sont pas vaincues. Loin de là, M. Augier les trouve pleines de force et de puissance.
Revanche, alors î
Mais revanche comme sait l'offrir un galant homme : armes égales et même part au soleil.
Obtenez-nous de vos protecteurs une de ces autorisations précieuses qui nous fasse échapper au visa de la Censure. Laissez passer notre comédie à nous, laissez-la passer franchement. Qu'elle puisse aussi marcher, la tête haute, et le fouet à la main pour cingler vos faces de démagogues. Donnez-nous vos acteurs, donnez-nous votre public.
Et rira bien qui rira le dernier.
Mais regarder comme une revanche suffisante les plaintes des battus et les reproches de quelques journaux, c'est de l'aplomb.
Le noble et généreux agresseur est fier
d'être applaudi tous les soirs par une foule compacte. Cette foule, à l'entendre, trouve son procédé de bon goût. Il n'y a que des bravos et pas un murmure. Du parterre aux amphithéâtres et de l'orchestre aux loges, on proclame M. Emile Augier le plus chevaleresque et le plus loyal des écrivains dramatiques de son époque.
0 misère î
Que le petit-fils de Pigault-Lebrun retienne ceci : le jour où Ton permet à un théâtre de flatter les passions mauvaises et les instincts de perversité, ce théâtre est nécessairement encombré de spectateurs. Laissez reproduire à la scène les lubriques escapades de Vftifant du carnaval, on verra tous les libertins en masse assiéger les portes du bureau de location, et ces dignes sociétaires auront la joie d'avoir pendant très-longtemos grosse, recelte et salle comble.
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Il faut cependant en finir avec la lettre à M. de Laprade. En voici le dernier et le plus curieux fragment.
<r Je serais bien confus, dit l'illustre signataire, si je m'étais permis d'adresser, — non pas à un de mes collègues de l'Académie, — mais à l'être collectif qu'attaque ma pièce la centième partie des injures dont vous m'honorez, sous prétexte que vous êtes un ancien vaincu et que vous ne pouyez^pas me répondre, »
La phrase est imprimée en toutes lettres. Je n'ajoute rien, je ne retranche rien.
En trouvant que le poète lui dit beaucoup plus d'injures qu'il n'en crache lui-même au visage des cléricaux, M. Emile Augier fait voir de la façon la plus claire qu'il conserve son individualité très-nette, très-susceptible, et qu'il ne se range pas au nombre des êtres collectifs.
C'est son droit,
Mais c'est aussi le nôtre dépenser et d'écrire que, dans un seul acte de sa pièce, il y a plus d'outrages caractérisés et d'attaques sans vergogne que dans toutes les rimes de son collègue. Ajoutons que M. de Laprade riposte et que, dans ce cas, l'offense, — en supposant qu'il y en ait une, — porte avec elle son excuse.
Avant de finir, M. Emile Augier me permettra de lui adresser toutes sortes de com-
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pliments pour cette belle expression d'être collectif, si bien trouvée, si juste, si rationnelle à tous les points de vue. Je ne crois pas qu'on parvienne jamais plus habilement à fermer la bouche à la critique. Déodat ne peut nier qu'il soit un être collectif de premier ordre, — non plus que M. Guizot, — non plus que madame Swetchine, — non plus que moi-même.
Si je me place en aussi honorable compagnie, ce n'est pas à moi, c'est à M. Emile Augier qu'il faut reprocher l'inconvenance.
Il veut absolument que je sois aussi un être collectif.
A dire vrai, je me range avec d'autant plus de plaisir à son opinion, que mes habitudes incorrigibles de franchise m'ont exposé plus d'une fois et m'exposeront peut-être encore à des procès de presse.
Maintenant me voilà sauvé !
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Si on me cherche noise devant les tribunaux, je dirai tranquillement aux juges :
— - Pardon ! ... je ne suis pas en cause. Assignez Vêtre collectif h comparoir, et frappez-le d'une bonne sentence. Il le mérite bien !
Et si quelque gendarme inintelligent s'obstine et ne me lâche pas, je n'aurai qu'un simple mot à lui glisser à l'oreille. Aussitôt il m'adressera des excuses, empoignera Vitre collectif et le plongera au fond des cachots.
Que les fers lui soient légers !
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Il est temps de conclure.
Les cinq actes joués par les comédiens ordinaires sont une insulte à la France.
Dieu merci, elle n'a pas renoncé jusqu'à ce jour, et elle ne renoncera jamais au plus beau de ses titres, celui de Fille aînée de l'Église.
Que les populations malsaines et dépravées qui encombrent la capitale vous accordent des applaudissements , monsieur l'académicien, c'est tout simple. Mais attendez, je vous prie, que nos provinces vous jugent ! Il y a là trente et quelques million? de catholiques auxquels vous permettrez, j'espère, de
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manifester leur sentiment. Les huées de Lille et d'Autun, les sifflets de Toulouse et les manifestations peu flatteuses qui ont accueilli la pièce dans un certain nombre de chefs-lieux doivent déjà vous donner à réfléchir.
C'est la nation presque tout entière, c'est la majorité de vos compatriotes que vous outragez indignement.
On saura vous le prouver.
Molière, en écrivant son Tartufe, a flétri le vice qui se pare du manteau religieux ; mais il n'a pas accusé d'hypocrisie tous les chrétiens de son siècle. Il n'a bien évidemment présenté que l'exception; vous, Monsieur, vous avez l'outrecuidance de donner cette exception comme la règle, et comme la règle absolue. Tous vos catholiques sont de triples coquins ou de triples sots. Pas une scène, pas une phrase qui établisse la moindre réserve en faveurdela piété franche el de lareligion sincère.
Donc, vous n'êtes pas un ennemi loyal , et vous nous portez des coups florentins. J'en appelle au jury d'honneur.
On trouvera peut-être que je donne à l'auteur du Fils de Giboyer trop d'importance, et qu'un écrivain de sa valeur ne mérite pas une critique aussi étendue. C'est, comme on a pu le voir l'avis de M. Louis Veuillot; mais j'ai quelques raisons de le contredire.
ML Augier n'est ici qu'un accident.
Il se fait l'écho du mauvais esprit, dont le venin menace de corrompre les sociétés modernes; il nous apporte la peste dans un pan de son manteau.
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Guenille ou parure, ce manteau doit être déchiré, brûlé, anéanti dans un intérêt de salubrité publique.
Cet esprit mauvais, dont le petit-fils de Pigault-Lebrun cherche à favoriser l'envahissement, c'est l'esprit révolutionnaire. Comprimé chez nous par une main providentielle, il a réussi à s'infiltrer au cœur d'une nation voisine. Il y règne en despote ; il est là tout près de nous, sur la frontière, guettant l'heure propice, attendant que les douaniers endormis le laissent franchir la ligne et lui permettent de rentrer dans son ancien domaine.
Des intelligences lui sont ouvertes, vous savez bien où.
Voici tantôt cinq ans qu'une presse hypocrite et vénale, affiche pour l'indépendance d'un peuple des sympathies extravagantes, un intérêt menteur, et prêche sournoisement