CHAPITRE V LÀ MULTIPLICATION DES PLANTES
Art. I. — Semis.
Le semis est le procédé de multiplication le plus généralement employé ; on le fait de diverses manières, suivant la nature des plantes et la grosseur des graines. 11 y a quatre manières principales de conlier les graines au sol : les semis en pots, en rigoles, en pochets et à la volée.
Les semis en pots ou en terrines sont surtout employés pour les plantes délicates ou qui exigent d'être semées à une époque pendant laquelle la température n'est pas encore suffisamment chaude ; on peut ainsi les abriter plus facilement, les placer à une exposition favorable et même activer leur végétation en les mettant en serre, sous cloches ou sous châssis.
Les pots à employer seront plus ou moins grands, selon le volume et le nombre des graines à semer; ils doivent toujours être munis à la base d'un petit orifice par lequel s'écoulent les eaux d'arrosage.
On commencera par mettre au fond du vase quelques tessons
ou des cailloux plats qui devront fermer incomplètement l'oritiee dont nous venons de parler, afin que les racines des plantes ne puissent sortir au dehors et pour empêcher les vers de terre de pénétrer, tout, en permettant l'écoulement de l'eau . On emplit ce pot de terre appropriée à la nature de la graine que l'on veut semer, on la tasse légèrement et l'on sème dessus. On recouvre ensuite les graines d'une couche de terre dont l'épaisseur varie suivant leur grosseur, que l'on tasse un peu afin de les bien maintenir, de manière qu'elles ne se trouvent pas entraînées par l'eau des arrosages.
Nous ne saurions trop insister sur ce t'ait : on a l'habitude de trop enterrer les graines, qui souvent pourrissent dans le sol après avoir fait de vains efforts pour percer la couche de terre qui les recouvre. Nous avons entendu bien des fois des personnes se plaindre de ce qu'on leur vendait des graines de mauvaise qualité, sans se rendre compte qu'elles avaient fait tout ce qu'il fallait pour les empêcher de germer.
Lorsque les graines ont été semées et recouvertes ainsi que nous l'avons dit, il doit rester entre la terre et le bord supérieur du vase un espace vide d'environ 2 centimètres, destiné àrecevoir l'eau d'arrosage qui, sans cette précaution, passerait par-dessus les bords en entraînant les graines.
Il ne faut pas oublier de mettre une étiquette à chaque pot, afin de savoir facilement et sûrement ce qu'il renferme.
La chaleur et l'humidité sont les principaux agents de la germination ; on devra donc placer les pots ensemencés dans des conditions favorables, et donner des arrosements en temps opportun, de façon à ne pas laisser sécher les jeunes plantes qui, dans le premier âge, disparaissent avec la plus grande rapidité, mais en évitant aussi de les- arroser trop, ce qui pourrait les faire pourrir.
Les semis exigent des soins assidus ; aussi faut-il les suivre pour ainsi dire pas à pas, si l'on désire obtenir de bons résultats.
En général, les graines produisent des plantes plus vigoureuses que celles que l'on obtient par tout autre mode de mul-
LA MULTIPLICATION DES PLANTES
tiplication. Si l'on récolte soi-même des graines,onne doit les prendre que sur des plantes bien constituées, réunissant tous les caractères des variétés que l'on veut reproduire : on les cueillera bien mûres et on les fera sécher dans un endroit sec, aéré, en évitant de les exposer au soleil.
Il est des graines qui perdent 1res rapidement leur faculté germinative et qu'il faut semer dès qu'elles ont été récoltées; c'est le cas de la graine des Rosiers; d'autres ne peuvent être conservées que pendant une année au maximum : l'Angélique, le Panais, etc. ; enfin, il en est que l'on peut semer même au bout de plusieurs années, telles que celles des Melons et des Polirons, qui germent encore môme une dizaine d'années après leur récolte. Lorsque nous énuméreronsles espèces et variétés de plantes cultivables dans les petits jardins, nous indiquerons pour chacune d'elles l'époque à laquelle on doit les semer, en même temps que les soins spéciaux qu'elles réclament.
Le semis en rigoles, en rayon* ou en lignes doit être préféré â tout autre lorsqu'il s'agit de plantes qui doivent occuper le terrain pendant un assez long temps. On trace, soit avec le manche du râteau, soit avec un bâton, des rayons plus ou moins profonds et qui seront d'autant plus espacés qu'il s'agira de plantes plus volumineuses. On sème les graines de distance en distance et on les recouvre, soit de terre ordinaire, soit de terreau, suivant que la plante est robuste ou délicate. Ce mode de semis a l'avantage de permettre de faire plus facilement les sarclages et les binages ; il permet aussi de faireplus commodément les récoltes. C'est ainsi que doivent être cultivés les Haricots, les Pois, etc.
Le semis en pochetsouen touffe* se pratique surtout en grande culture; il consiste à placer les graines dans de petits trous ou pochets faits avec la bêche où à la binette et disposés, soit irrégulièrement, soit en lignes. C'est ce moyen qui est employé pour la plantation des Pommes de terre.
Le semis à la volée se fait sur une planche ou un terrain fraîchement labouré et bien préparé, dont on a égalisé convenablement la surface à l'aide du râteau. On prend les graines
par poignées ou par pincées et on les répand par un mouvement vif et régulier d'avant en arrière, de manière à ne pas semer trop dru et à ne pas laisser d'espace vacant sur le terrain. Cette manière de semer exige une certaine adresse de main, car il faut que le semis soit plus ou moins épais, selon l'emplacement qu'exigeront les plantes pour se bien développer.
Après le semis, on herse le sol avec les dents du râteau et on le bat légèrement avec une planche à plat.
Art. II — Éducation des plantes.
Les soins à donner aux plantes qui commencent à germer consistent surtout en arrosages el en sarclages.
Lorsque le plant est trop rapproché, il est nécessaire de pratiquer l'éclatreiêsage, qui consiste à enlever ce qu'il y a de trop pour empêcher le tout de s'étioler. Celte opération, de même que le sarclage, doit être faite de préférence le matin, lorsque la terre est encore imprégnée de rosée, ou après une légère pluie : on peut alors extraire complètement les racines des plantes que l'on supprime, sans endommager celles des plantes que l'on veut conserver.
Le repiquage a pour but de favoriser le développement du chevelu des racines et de retarder l'élongation des plantes ; on les obtient, par ce moyen, plus robustes ; elles sont aussi d'une végétation plus égale, parce qu'on en favorise le développement régulier en les espaçant suffisamment et progressivement les unes des autres. Le repiquage doit être fait avant que les plantes aient acquis de trop grandes dimensions, car elles auraient alors beaucoup plus de peine à émettre de nouvelles racines : pour cela, on arrache chaque pied en conservant une petite motte de terre et on les met dans un terrain bien préparé à l'avance. Certaines espèces ne supportent pas le repiquage et doivent être semées en place, c'est-à-dire à l'endroit qu'elles doivent occuper jusqu'à ce qu'elles fleurissent ou donnent leur récolte ; d'autres se trouvent bien d'être repi-
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quées plusieurs fois; enfin, il eu est qui peuvent subir cette opération lorsqu'elles sont sur le point d'épanouir leurs ileurs et que, par conséquent, l'on peut conserver en pépinière d'attente, c'est-à-dire très rapprochées et dans un endroit quelconque du jardin, jusqu'au moment où elles peuvent servir à l'ornementation : c'est le cas des Reines-Marguerites, des Balsamines, des OKillets d'Inde, etc.
Les plantes délicates doivent être repiquées en pots, qu'on évitera de prendre trop grands, mais proportionnés à leur degré de. vigueur.
Le repiquage en pleine terre se fait en lignes, pour que l'air puisse mieux circuler et afin de faciliter les sarclages, en espaçant le plant de manière qu'il trouve assez de place pour se développer librement. La plantation se fait dans des trous ouverts à l'aide du plantoir, en ayant soin que les racines ne soienl pas en paquet ou rebroussées et que le collet de la plante ne se trouve pas trop enterré. On serre un peu la terre de façon à la faire adhérer aux racines, puis il ne reste plus qu'à arroser pour terminer l'opération. Avant d'arracher le plant, on doit arroser le sol s'il est trop sec. La terre, étant mouillée, adhère aux racines qui, hors du sol, n'ont pas à souffrir du contact de l'air.
Lorsque la saison est très chaude, le repiquage doit être fait vers la fin de la journée, afin que les jeunes plantes soient moins exposées à souffrir; il est même prudent, pour faciliter la reprise, de les protéger contre les rayons du soleil avec des claies, des pots, etc., qu'on enlève dès que la forte chaleur est passée.
On repique sur couche et sous châssis les plantes dont on veut hâter le développement. Les soins à donner sont les mêmes que ceux que nous venons d'indiquer.
Le pincement a pour but de déterminer la ramification des plantes en faisant développer des bourgeons qui, sans celle opération, seraient restés à l'état latent. On obtient ce résultat en coupant l'extrémité des tiges qui sont encore herbacées. On peut répéter plusieurs fois le pincement, mais il faut savoir D. Bois. — Le petit jardin, 2'= édit. 2
s'arrêtera temps pour ne pas supprimer des rameaux qui portent des Heurs à l'état, rudimentaire.
Art. III. — Conservation des races et variétés de plantes. Choix des porte graines. Variétés, hybrides.
En parlant des semis, nous avons dit que les graines ne reproduisent pas toujours exactement les plantes desquelles elles proviennent; plusieurs causes peuvent, en effet, déterminer la variation, et il est des sortes de végétaux que l'on a beaucoup de peine à conserver pendant plusieurs années avec leurs caractères spéciaux. De ce nombre sont les Cucurbitacées : Melons, Potirons; les Radis, les Choux, etc., et en général toutes les plantes dont on cultive plusieurs variétés dans le voisinage les unes des autres : elles se fécondent réciproquement et leurs graines donnent alors des produits intermédiaires absolument différents de ce qu'on en attendait. En terme de jardinage, on dit dans ce cas que les plantes ont jow'.
Pour obtenir des graines franches, il est nécessaire de sélectionner avec soin quelques exemplaires des variétés que l'on cultive, en prenant ceux qui représentent le plus parfaitement les caractères que l'on recherche, et de les placer dans diverses parties du jardin, de manière qu'ils soient, bien isolés.
Il va sans dire qu'il ne s'agit ici que de variétés d'une môme espèce; car un Potiron n'a pas plus d'influence sur un Melon qu'un Radis sur un Navet, une Chicorée sur une Laitue.
Mais où la séparation doit être faite, c'est lorsqu'on cultive dans le même jardin plusieurs variétés de Melons, de Potirons, de Carottes, de Navets, de Reines-Marguerites, de Pensées, etc.
Les plantes obtenues par le croisement de deux variétés d'une même espèce portent le nom de métis. L'hybride est le résultat de la fécondation croisée de deux espèces. Ces deux mots sont généralement mal appliqués par les jardiniers, qui confondent souvent sous ce dernier nom les plantes obtenues par l'une ou l'autre de ces manières. Les hybrides sont assez rares ; ils ne produisent pas de graines ou en produisent peu.
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Il a été démontré par des expériences célèbres que ces graines, étant semées, donnent des individus qui se rapprochent plus ou moins du père ou de la mère, de manière qu'au bout d'un certain nombre de générations on ne possède plus que les deux types que l'on avait unis. Le seul moyen de reproduire les hybrides pour les conserver intacts est donc de les bouturer, marcotter, greffer ou diviser. Nos jardins s'enrichissent chaque jour de plantes obtenues par ce procédé.
Pour certaines variétés, il est nécessaire, lorsqu'on les voit dégénérer, de s'en procurer de nouvelles graines dans les établissements qui les cultivent en grand et qui les entourent de soins assidus pour les conserver avec tous leurs caractères.
L'obtention de nouveautés par le métissage ou par l'hybridation est poursuivie par nombre d'horticulteurs et d'amateurs. Nous renvoyons aux ouvrages spéciaux les personnes qui voudraient se livrer à ce genre de recherches.
Art. IV. — Multiplication par division des touffes
Caieux. — Les plantes bulbeuses produisent généralement des caieux ou petits bulbes, qui servent à les multiplier et que l'on détache lorsqu'ils sont parvenus à maturité, c'est-à-dire quand les feuilles de la plante à laquelle ils sont fixés sont entièrement desséchées et que le bulbe principal a cessé de végéter. On plante ces caïeux comme des bulbes, en leur donnant les mêmes soins, et on en obtient la floraison au bout d'un nombre d'années plus ou moins long, variant suivant les espèces. C'est par ce moyen qu'on multiplie les .Jacinthes, les Narcisses, les Tulipes, etc.
Tubercules. — Certaines plantes, de même que la Pomme de terre, émettent des tiges souterraines qui se gorgent de matériaux de réserve, munies d'yeux, qui peuvent servir à leur reproduction. Ces plantes ont des tiges annuelles ; l'arrêt de leur végétation annonce que les tubercules sont mûrs et c'est à ce moment qu'il faut les arracher. On 1
eplanter
après les avoir conservés dans un endroit sain, en pre-
nant certaines précautions que nous indiquerons ailleurs.
Œilletons et rejetons. — Ce sont des bourgeons, souvent munis de racines, qui se développent généralement au collet de la plante mère. On les détache avec précaution pour les replanter dans des conditions qui favorisent leur végétation.
tiriffes ou pattes. — C'est le nom que portent les racines de certaines plantes: Anémones, Renoncules. On peutles diviser en ayant soin que chaque fragment porte un ou plusieurs yeux.
Division des touffes. — Les plantes à racines vivaces produisent souvent des touffes énormes; on peut les multiplier et faire autant d'individus qu'il existe de bourgeons bien pourvus de racines. C'est généralement au printemps que se fait celte opération. Il est nécessaire de diviser de temps en temps les touffes dé ces planles qui, ainsi que les Aster, les Chrysanthèmes, les Phlox, etc., se développent en s'étendant à la périphérie et en se dégarnissant au centre.
Art. V. — Marcottes ou Couchages.
Le marcottage est un procédé de multiplication qui consiste à produire l'enracinement d'un rameau ou d'une tige encore adhérents à une plante pour les détacher ensuite et obtenir des individus distincts.
Ce moyen est employé surtout pour les plantes qui se bouturent difficilement.
On fait des marcottes, soit avec des rameaux aoûtés, c'està-dire qui ont pris une consistance ligneuse, soit avec des rameaux herbacés garnis de feuilles. Les tiges de Potiron, qui courent sur le sol en émettant çà et là des racines, donnent un bon exemple de marcottage.
Les marcottes de rameaux tout à fait lignifiés se font généralement de février à mai avec du bois de l'année précédente ; lorsqu'on veut marcotter des tiges à l'état herbacé, il faut choisir, dans le courant de l'année, le moment où elles sont suffisamment développées.
LA MULTIPLICATION DES PLANTES
Le marcottage en cépée ou en butte consiste à relever le sol, sur une certaine hauteur et en forme de butte, au pied des plantes qu'on veut multiplier, de manière à enterrer les tiges sur une certaine hauteur. Ce procédé de marcottage s'applique aux [liantes en touffes comme le Cognassier, les Spirées, etc.
La marcotte simple ou provin consiste à coucher en terre, dans une petite tranchée de quelques centimètres creusée au pied de la plante mère, une branche que l'on y tixe à l'aide d'un crochet en bois et que l'on recouvre de terre. On doit effeuiller la partie qui se trouve dans le sol et redresser l'extrémité en prenant des précautions pour ne pas la casser. La terre dans laquelle on enterre les marcottes doit être convenablement préparée et mélangée de terreau ou de terre de
bruyère.
Lorsque l'extrémité de la branche marcottée est assez longue pour qu'on puisse la coucher une deuxième ou un plus grand nombre de l'ois, le marcottage est dit en serpenteaux. On doit alors laisser sur chaque partie courbée plusieurs yeux qui serviront de prolongement à chaque marcotte lorsqu'elles seront séparées.
Il faut arroser et sarcler autant de fois que cela est nécessaire jusqu'au moment où les racines seront développées. Ou peut, pour que le sol reste plus humide pendant l'été, le recouvrir d'une légère couche de paillis ou fumier court.
On n'arrache les marcottes que lorsqu'elles sont bien enracinées, en les sevrant peu à peu, c'est-à-dire en entaillant successivement les branches de manière à ne les couper complètement qu'au bout de quelques jours.
Pour certaines plantes, on provoque le développement des racines sur les marcottes, soit en tordant légèrement la partie enterrée, soit en déterminant un étranglement à l'aide d'une ligature serrée, soit enlin en pratiquant des incisions. Cette dernière manière de faire est nécessaire pour les plantes a ti"es fragiles qu'on ne pourrait courber sans les briser. Voici comment on pratique l'incision : Après avoir déterminé l'en-
> il.
droit où la branche doit être enterrée, on effectue à la base et en dessous de la partie qui sera relevée une entaille longitudinale qui a pour but de déterminer sur ce point une accumulation de sève. L'incision doit être faite dans le voisinage d'un œil, car c'est là que se forment le plus rapidement les racines. Il est nécessaire de maintenir l'écartement entre les parties incisées pour éviter que les plaies se soudent; il suffit pour cela d'introduire entre elles un petit caillou ou simplement une pincée de terre. La profondeur des incisions varie suivant la grosseur des branches; elles ne doivent jamais en dépasser le centre; leur longueur, pour les petites liges, ne doit pas excéder i centimètre.
Si par hasard on avait sevré des marcottes insuffisamment enracinées, il faudrait les rempoter et les mettre sous cloche ou sous châssis pour en faciliter la reprise.
Le marcottage en l'air s'applique aux plantes dont les tiges, trop éloignées du sol ou non flexibles, ne peuvent être couchées en terre comme dans les cas précédents. On introduitalors les rameaux dans des pots à fleurs dont on a agrandi l'orifice inférieurou dans des pots spéciaux dits àmarcottes, qui présentent sur l'un des côtés une fente qui permet l'introduction de la marcotte. On maintient ces vases sur la plante à l'aide d'une ligatureou par un support quelconque et on lesremplit de terre. On comprend que, dans ces conditions, le dessèchement du sol se produise rapidement et qu'il importe de le combattre par des arrosages fréquents. Le sevrage ne doit s'opérer que lorsque l'enracinement est complet. Il est utile de faciliter le développement des racines par les opérations que nous avons indiquées ci-dessus : incision et strangulation des tiges.
Art. VI. - Bouturage.
Le bouturage est un procédé de multiplication qui consiste à détacher d'une plante certaines parties que Ion prépare et que l'on met dans des conditions favorables pour leur faire émettre des racines afinjd'obtenir de nouveaux individus.
LA MULTIPLICATION DES PLANTES. 31
Un certain nombre de plantes se prêtent très bien au bouturage; il en est d'autres qui y sont à peu près ou complètement rebelles; parmi ces dernières, nous pourrions citer beaucoup d'espèces qui appartiennent au grand groupe des Monocotylédones, lequel comprend les familles des Graminées, des Palmiers, etc.
De même que pour le marcottage, il existe pour le bouturage de nombreux procédés. Pour ceux-là, nous renvoyons le lecteur aux ouvrages spéciaux, tels que notre Divtionnawc d'horticulture.
Nous avons dit (p. 12) qu'il ne faut récolter de graines que sur des individus parfaits, présentant aussi complètement que possible les caractères qui distinguent la race à laquelle ils appartiennent et qui la font préférer à toute autre. Xous insistons sur ce point et nous y reviendrons en parlant de la sélection et du choix des porte-graines.
La culture a déterminé des modifications considérables chez les végétaux. Lorsque nous comparons certaines de nos plantes potagères, fruitières ou ornementales, avec les types sauvages desquels elles sont issues, nous ne pouvons qu'admirer le génie de l'homme qui est arrivé à former, pour satisfaire ses besoins, des variétés qu'il va perfectionnant de plus en plus. C'est grâce à la propriété qu'ont les plantes de varier accidentellement, surtout lorsqu'on les multiplie par la voie du semis, que nous devons ces améliorations.
Mais il ne suffit pas d'obtenir de nouvelles variétés, il faul pouvoir les reproduire, les fixer. Pour que l'amélioration se maintienne, il est nécessaire d'employer certains moyens car, s'il est des plantes que le semis rend à peu près exactement, il en est un grand nombre qui ne peuvent se reproduire ainsi. La nature a sur les plantes modifiées par la culture une influence que l'homme doit combattre et qui tend à les faire retourner au type primitif. C'est la loi d'atavisme.
La bouture a l'avantage de reproduire exactement l'individu sur lequel elle a été prise; sous ce rapport, elle rend, de même que la greffe, les plus grands services pour conserver
certaines variétés qui disparaîtraient sans cela. L'n autre avantage du bouturage, c'est qu'il permet de conserver même des variations légères, commedespanachures accidentelles, etc. C'est enfin un mode de multiplication précieux pour reproduire certaines plantes qui fructifient rarement ou qui ne fructifient pas sous notre climat.
Presque toutes les parties des plantes peuvent émettre des racines, et par conséquent être bouturées, mais ordinairement " on se sert pour cela de fragments de tiges ou de rameaux. En général, les plantes de conlexture charnue ou à bois mou reprennent facilement et rapidement; la reprise est d'autant plus difficile que le bois est plus dur; cela explique la nécessité dans laquelle on se trouve quelquefois démettre certaines plantes dans des conditions favorables pour leur faire développer de jeunes pousses, que l'on peut bouturer pendant qu'elles sont peu lignifiées.
Les racines naissent plus facilement sur certaines parties des plantes, surtout sur les bourrelets, les renflements, l'endroit où s'attachent les feuilles, les bords des plaies, etc. Ordinairement une bouture se fait à l'aide d'un rameau muni de plusieurs yeux. La partie inférieure, c'est-à-dire celle qui doit être enterrée, est coupée juste au-dessous d'un œil à l'aide d'un couteau bien tranchant pour avoir une section très nette, puis on supprime les feuilles du bas, en évitant d'endommager les yeux qui se trouvent à leur aisselle. On plante en laissant hors du sol l'extrémité du rameau, qui, en se développant, deviendra la ti ^e de la nouvelle planle.
La longueur des boutures varie selon l'espacement des feuilles ou des yeux sur la tige. Il y a avantage à les faire aussi courtes que possible.
On facilite l'émission des racines en plantant les boutures dans un sol bien meuble et lenu constamment frais; le sable et la terre de bruyère conviennent parfaitement ; on peut aussi employer un mélange de terre légère et de terreau.
Une des conditions essentielles pourque l'opération du bouturage réussisse est déplacer le fragment de plante qui, détaché
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de la fiante mère et sans racines, doit vivre de sa substance propre, est de le placer, disons-nous, dans des conditions telles qu'il se trouve soustrait aux causes d'affaiblissement et de détériorations telles, par exemple, une transpiration exagérée, la dessiccation, l'excès d'humidité qui en déterminerait la pourriture, etc.
Pour traverser la période de vie latente par laquelle elle est obligée de passer avant d'être pourvue de racines, la bou^ ture sera donc préparée de manière telle que la transpiration soit aussi réduite que possible. On obtient ce résultat en supprimant la plus grande partie des feuilles; dans le cas où cela ne suffit pas, on couvre les boutures de cloches, afin de les maintenir dans une atmosphère confinée, saturée d'humidité, dans laquelle la transpiration n'a pour ainsi dire plus lieu. C'est ce que l'on appelle bouturer à Vèlouffée.
Il importe de placer les boutures dans un substratum sain, pour éviter qu'elles ne soient attaquées par les moisissures et pour les soustraire à l'action des agents de contamination de toute nature, aux fermentations, etc. C'est pour cela qu'on se sert de sable de rivière, de grès, de sciure de bois blanc, que l'on renouvelle.
L'un des signes précurseurs de l'apparition des racines est la formation d'un bourrelet ou masse de tissu cellulaire, qui se développe généralement sur la coupe inférieure et sur les cicatrices foliaires.
Certaines plantes, originaires de pays à climat analogue au nôtre, peuvent être bouturées à l'air libre, sans abri ; mais, le plus généralement, les boutures ne reprennent bien que lorsqu'elles sont faites à l'aide de la chaleur : sous châssis, sur couche ou en. serre.
Les boutures de rameaux herbacés garnis île feuilles (tig. 0) se font comme nous venons de l'indiquer, mais toujours sous cloche ou sous châssis, afin de les soustraire à l'action de l'air dans lequel l'activité de la transpiration les aurait bientôt desséchées, comme nous l'avons déjà fait remarquer. Ce procédé est très employé pour multiplipr un grand nombre de
plantes, notamment les Géraniums, les Fuchsias, les Verveines, etc. En plein air, ces boutures se font pendant l'été ; en serre, on peut les faire pendant toute l'année.
Les boutures de rameaux ligneux munis de feuilles se font ordinairement à l'automne : c'est le moyen employé pour multiplier les Rosiers et un yrand nombre de plantes de pleine terre à feuilles persistantes : Aucuba, fusain du Japon, Laurier-sauce, etc.
On se sert de rameaux de Tannée en aoùtês que l'on plante en pleine terre sous cloche ou sous châssis à l'ombre.
Les boutures de rameaux dégarnis de feuilles se font surtout pour reproduire les arbres et les arbrisseaux à feuilles caduques (qui tombent chaque année), comme les Spirées, le Sureau, les Saules, etc.; la saison pour faire cette opération est le printemps ou l'automne; la plantation se fait en plein air, en sol bien ameubli et fertile. La bouture crossette, qui est surtout employée pour la Vigne, ne diffère de la précédente qu'en ce qu'on conserve à l'extrémité inférieure du rameau qui forme la bouture une portion de la branche qui le portail (fig. 7). On la fait ordinairement au printemps, avec les rameaux supprimés à la taille.
La bouture avec talon est employée surtout pour les plantes qui reprennent difficilement. La bouture, dans ce cas, est détachée de la plante mère, munie d'un empâtement nommé talon qui est un fragment de la branche sur laquelle elle élait attachée.
Les soins à donner aux boutures consistent en arrosements modérés destinés à entretenir fraîche la lerre dans laquelle elles sont plantées, mais en évitant l'excès d'humidité qui aurait pour résultat de faire pourrir en peu de temps des rameaux qui ne peuvent absorber l'eau tant qu'ils ne sont pas pourvus de racines, l'n paillis léger est nécessaire dans les
Vig.
LÀ multiplication des plantes.
périodes de sécheresse. On doit sarcler et biner de temps en temps.
Pour les boutures sous cloche ou sous châssis, il faut ombrer, soit avec des claies, soit en barbouillant le verre avec de l'argile délayée ou du blanc d'Espagne ; sans cette précaution, le soleil brûlerait tout. Il faut en outre donner de l'air progressivement au fur et à mesure que les racines se développent.
Boutures dans l'eau. — H y a un certain nombre de plantes qui émettent très facilement des racines dans l'eau. De ce nombre est le Laurier-rose, dont il suflit de placer des rameaux dans le goulot de bouteilles, de manière que leur partie inférieure plonge de quelques centimètres dans l'eau. Il n'y a plus qu'à mettre les boutures ainsi préparées dans un appartement bien éclairé, et autant que possible à l'abri de la poussière, pour les voir se développer. Il faut naturellement remplacer l'eau que la chaleur peut faire évaporer. Lorsque l'enracinement est produit, les boutures doivent être mises en pots, en terre légère; des arrosages fréquents sont nécessaires.
Mouture crossette
Art. VII.
Greffage.
La greffe est une des opérations culturales les plus importantes ; elle consiste à transporter sur une plante une portion d'une autre plante qui s'identifie avec elle et vit de la sève qu'elle en reçoit aussi bien que si elle la puisait elle-même dans le sol.
Comme les marcottes et les boutures, la greffe reproduit exactement les caractères de l'espèce ou de la variété qui l'a fournie ; elle sert à multiplier les plantes et même les variétés accidentelles, à ce point qu'un simple rameau qui présente une modification partieulirre peut servir à propager cette modifi-
cation et à la multiplier indéfiniment. C'est à la greffe que nos jardins doivent un grand nombre de plantes à fleurs doubles et de coloris variés; des fruits recherchés pour leur volume, leur saveur, leur précocité ou leur tardiveté. Mais la greffe a d'autres avantages. Lorsque dans un semis
on rencontre des plantes qui paraissent présenter des différences avec celle dont proviennent les graines, en un mot lorsqu'on croit avoir découvert une nouvelle variété, il faut quelquefois attendre plusieurs années pour obtenir une Heur, un fruit, et être enfin fixé sur la valeur de l'obtention. Grâce à la greffe, un rameau de la nouvelle plante posé sur une autre plante appartenant à la même espèce ou au même genre, mais adulte, permet d'obtenir la lloraison ou la fructification quelquefois dèsl'année suivante.
La greffe peut aussi,
— Greffe en approche.
dans certaines circonstances, modifier la nature d'une plante. C'est le cas pour certaines variétés d'arbres fruitiers à végétation vigoureuse qui, placés dans des sols fertiles, ne donnent que des fruits peu nombreux ou imparfaits et qui arrivent à produire en abondance par ce seul fait qu'ils ont été greffés sur une plante à végétation moins active. Enfin, la greffe permet de cultiver dans certains terrains des plantes qui ne
LA MULTIPLICATION DES PLANTES
pourraient y vivre sans être associées à un support adapté à ces terrains : telles sont les plantes des terrains siliceux (calcifuges) pour les terrains calcaires.
La greffe n'offre de chances de succès qu'autant que le sujet (végétal sur lequel on implante une portion d'un autre végétal) et le greffon (partie que l'on implante) appartiennent à des espèces du même genre ou à des genres voisins dans une même famille. Les végétaux venus de graines et qui n'ont pas été greffés sont des sauvageons ; ceux qui sont obtenus par boutures ou par marcottes de plantes antérieurement greffées portent le nom de francs, appliqué aussi aux sauvageons.
La greffe en approche (flg. S). — La nature offre fréquemment des exemples de ce mode de greffe. Il n'est pas rare de voir, dans les forêts, des branches qui, très rapprochées et sous l'influence de l'agitation occasionnée par le vent, ont uni par user réciproquement leurs écorces et par se souder entre elles. L'homme a su tirer profit de cet enseignement et il se sert de ce moyen, soit pour remplacer les branches manquantes dans un arbre soumis à la taille, soit pour souder entre eux les arbres qui composent une haie fruitière, etc.
C'est au moment où la circulation de la sève est le plus active dans les arbres, c'est-à-dire au printemps ou à l'automne, qu'il est préférable de faire cette opération. Sur l'une des branches d'un arbre on enlève une portion d'écorce en rapport avec la branche que l'on veut greffer; après avoir approché celle-ci de la plaie du sujet, on fait la même opération, de manière que les deux plaies s'appliquent exactement l'une sur l'autre. Il ne reste plus qu'à maintenir les deux branches rapprochées en les ligaturant avec de la laine à greffer, de façon à empêcher l'air et le soleil de parvenir jusqu'aux plaies et de les dessécher. Lorsque la soudure commence à se faire, il faut veillera ce que les ligatures n'étranglent pas les branches, auquel cas il faudrait les remplacer par d'autres moins serrées.
Greffe en fente (fig. 9). — Cette sorte de greffe tire son nom de la manière même dont on la pratique. Le greffon est un
L>. Boi*. — Le petit jardin, 2 e édit. i
rameau détaché que l'on applique sur un sujet dont la tige est tronquée.
On étête le sujet et on pare la plaie avec un outil bien tranchant, pour qu'elle soit aussi nette que possible ; cela fait, on en fend longitudinalement l'extrémité et on y introduit le greffon dont on a aminci la base sur les deux faces et qui, par conséquent, a la forme d'un coin. On doit prendre pour greffon un rameau bien aoûté, muni de deux ou trois bons yeux et d'un diamètre moindre ou égal à celui du sujet.
On ouvre la fente du sujet avec la spatule du greffoir ou avec un coin pour y introduire le greffon, que l'on dispose de telle sorte que les zones génératrices de l'un et de l'autre coïncident bien exactement, car c'est en cet endroit que se fait la soudure. La zone génératrice ou cambium est située entre le bois et l'écorce ; elle est constituée par du tissu cellulaire sans consistance dont les cellules ont la propriété de se multiplier rapidement pour donner naissance d'un côté à du bois, de l'autre à de l'écorce, contribuant ainsi à l'accroissement des végétaux.
Lorsque le greffon est introduit dans le sujet, on fait une ligature pour que les choses restent en place et on met du mastic ou de la cire à greffer sur toutes les plaies, afin qu'elles ne se dessèchent pas au contact de l'air.
On a peu l'occasion d'employer ce mode de greffe dans les petits jardins ; il ne se pratique guère que chez les pépiniéristes ou chez les horticulteurs qui vendent des arbres tout greffés. Cependant nous avons cru devoir en dire quelques mots pour le cas où l'on aurait accidentellement à sa disposilion une plante que l'on voudrait utiliser. Cette greffe comprend de nombreuses variétés dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ; on l'effectue en mars-avril, moment où la sève entre
Fig. 9.
Greffe en fente.
LA MULTIPLICATION DES PLANTES
en mouvement. On peut mettre deux greffons, un de chaque côté de la fente, lorsque le diamètre du sujet le permet. Dans le chapitre Arbres fruitiers, nous reviendrons sur cette
question.
Greffe en éousson..— Cette sorte de greffe est celle qui présente pour nous le plus d'intérêt, parce qu'elle a de nombreuses applications dans les petits jardins, ainsi que nous le verrons dans les chapitres suivants. Elle consiste à enlever, avec le "reffoir, un œil bien constitué muni d'un fragment d'écorce dont la forme rappelle grossièrement celle d'un écusson armoriai ; puis, après avoir pratiqué sur le sujet deux incisions en forme de T, à introduire cet écusson sous l'écorce entaillée. Le sujet doit être en sève et dans un état de végétation analogue à celui de la plante qui fournit le greffon; on doit, avant l'écussonnage, réunir, en les liant, ses rameaux qui , après l'opération, seront amputés aux trois quarts de leur longueur. Suivant que l'on écussonne au printemps (avril-mai) ou à la fin de l'été (juillet à septembre), les greffes sont dites à œil poussant ou à œil dormant. Dans le premier cas, les écussons sont pris sur des rameaux conservés de l'année précédente; le "reffon se développe dans l'année même. Dans le second cas, les écussons sont détachés de rameaux de l'année; ils ne se développent que l'année suivante, après avoir dormi pendant l'automne et l'hiver.
Pour écussonner, on coupe sur la plante que l'on veut reproduire des rameaux sur lesquels on choisit les yeux les mieux constitués. C'est ordinairement dans la partie moyenne des rameaux qu'ils se trouvent, ceux du bas étant trop peu développés, ceux du sommet trop volumineux. On supprime le limbe de la feuille qui accompagne l'œil pour ne conserver que le pétiole; cet organe permet de saisir et de manier plus facilement l'écusson ; il indique plus tard si la greffe a réussi ou non. Lorsque la greffe est bonne, le pétiole se détache et tombe au bout de quelques jours ; il reste adhérent et se dessèche lorsqu'elle n'a pas réussi.
Pour bien enlever l'écusson (tig. 10), on pose le tranchant
du greffoir à quelques millimètres (10 à 15) au-dessus de l'œil que l'on a choisi sur un rameau, puis on le fait glisser parallèlement entre le bois et l'écorce en appuyant légèrement sous l'œil pour faire ressortir la lame quelques millimètres audessous. Si l'écusson ainsi détaché était muni d'un lambeau de bois adhérenl à l'écorce (fig. Il), [c'est qu'il aurait été mal levé ; pour qu'il soit parfait, il ne doit présenter dans la cavité
Fie.
Fig. 18.
Fig. 14.
ig. 10. Ecusson vu de profil. — Fig. 11. Écusson levé avec un peu de bois. — Fig. 12. Ecusson Ijien levé. — Fig. 13. Écusson en T. — Fig. 14. Sujet dont l'écorce est levée.
qui correspond à l'œil qu'une petite masse verdàtre appelée cœur de l'œil (fig. 12), qui est indispensable pour la reprise et qu'on est exposé à arracher lorsqu'on cherche à enlever le bois, dans les cas où l'on en aurait pris une trop grande épaisseur.
L'écusson ainsi préparé doit être tenu entre les lèvres par le pétiole afin d'avoir les mains libres; puis, sur une partie d'un rameau du sujet bien unie et bien lisse, on fait une double incision en T, assez profonde pour qu'elle traverse complètement l'écorce (fig. 13). Il ne resle plus qu'à soulever les deux bords de l'incision longitudinale à l'aide de la spatule du greffoir
LA PLANTATION
(fig. 14), et à glisser dessous, l'écusson, sur lequel on rabat les lambeaux d'écorce. On aura dû s'arranger de façon que l'incision soit de même dimension ou même un peu plus grande que l'écusson qu'on veut y introduire; dans le cas où celui-ci, étant posé, déborderait un peu la ligne transversale du T, il suffirait de le raccourcir, mais sans le déplacer. Une ligature en laine peu tordue sert à maintenir le tout en place; on en fait quelques tours au-dessous et au-dessus de l'œil, en évitant de le couvrir, mais de manière que l'air et le soleil ne puissent parvenir jusqu'aux plaies.
La réussite de l'écussonnage est d'autant plus certaine que l'opération est faile plus rapidement ; il faut éviter de la pratiquer par la pluie ou par le grand soleil.
Les soins à donner pendant la reprise consistent à maintenir et à protéger les greffons pour qu'ils ne se décollent pas; à les desserrer, à leur donner une direction convenable lorsqu'ils poussent, à les pincer, etc., et à veiller à ce qu'il ne se développe sur le sujet aucun drageon qui attirerait la sève au détriment des parties greffées.
Lorsque les parties greffées se sont trouvées suffisamment rapprochées du sol pour qu'elles aient pu émettre des racines et arriver à vivre sans le secours du sujet, on les dit affranchies.
Il existe encore un procédé. de greffage qui peut rendre des services dans les petits jardins; il consiste à prendre des boutons à fruits sur des arbres qui en ont un trop grand nombre et à les greffer sur d'autres qui en manquent. On taille le greffon comme un écusson, mais en laissant du bois, et on l'insère sous l'écorce comme nous l'avons indiqué ci-dessus.