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CHAPITRE IV LE* OPÉRATIONS CULTURALES

Art. I. — Dèfoncement du sol, labours.

Lorsqu'on veut mettre un terrain en culture, le premier travail à faire après le sondage est de le défoncer', c'est-à-dire de remuer le sol sur une épaisseur de ta ,4O ou m ,80, selon que l'on veut y cultiver des plantes herbacées ou des arbres.

Pour défoncer un terrain, on ouvre à l'une de ses extrémités une tranchée de la profondeur voulue et large de m 70 à l mètre en transportant la ferre extraite à l'endroit où doit se terminer l'opération. Il ne reste plus qu'à élargir successivement celte tranchée en rejetant derrière soi la terre que l'on retire, de manière que celle qui provient de la superficie du sol se trouve plus enterrée et vice-versa. On a également le soin d'enlever les pierres et les racines que l'on rencontre. On arrive ainsi à la terre mise en dépôt et l'on s'en sert pour combler la dernière tranchée.

Les laboursse font à la bêche ou à lafourche à dents plates. Ce dernier instrument sert surtout à remuer la terre dans le voisinage des arbres, où le labour n'a pas besoin d'être profond, afin de ne pas atteindre les racines qu'on est exposé à couper en employant la bêche. Dans les petits jardins, on se contente

de la bêche pour tous les labours, en prenant les précautions

exigées dans chaque circonstance.

Comme pour le défoncement, on commence le labour en ouvrant une tranchée de la profondeur voulue, après avoir répandu sur le sol le fumier destiné à le fumer. On prend avec la bêche un peu de fumier que l'on met dans la tranchée et on le recouvre avec la terre qui provient d'un des bords de cette tranchée, qu'on va toujours élargissant en prenant la terre par bêchées et en la retournant de manière que la partie inférieure du sol se trouve ramenée à la surface.

Il est mauvais de faire les labours par un temps de pluie : l'eau en tombant délaye la terre, la réduit à l'état de boue qui, piétinée, forme des masses compactes que l'on enterre dans le sol et qui nuisent au développement des plantes.

Pour la même raison, il faut éviter de battre la terre avec le dos de la bêche sous le prétexte de briser les molles; l'émiettement du sol doit se faire avec le tranchant de la bêche.

On enlève avec soin les pierres et les racines des mauvaises herbes qu'on rencontre et on cherche à maintenir bien égale la surface du sol nouvellement remué, sans cependant qu'elle soit par trop unie, car la pluie en tombant déterminerait la formation d'une croûte, qui bientôt s'opposerait à la pénétration de l'eau et de l'air dans le sol.

L'influence du labour a beaucoup d'importance et bien des échecs sont dus à une mauvaise préparation du sol.

Dans les terres légères, la profondeur du labour peut n'être que de 13 à 20 centimètres ; elle doit être plus grande dans les terres fortes.

Art. II. — Binages, sarclages.

L'eau de pluie et d'arrosage, en battant le sol, ne tarde pas à former une croûte nuisible au bon développement des plantes ; les binages ont pour but de briser cette croûte et de détruire les mauvaises herbes, de manière à faciliter l'aération de la terre et à assurer la pénétration des eaux pluviales ou d'arrosage. Les lerres à couche superficielle binée conservent

LA MULTIPLICATION DES PLANTES

mieux leur humidité, parce qu'elles perdent moins d'eau par évaporation, les phénomènes de capillarité s'exerçant moins activement que dans un milieu continu. Le binage est une opération très utile et qui doit être souvent répétée ; elle exige d'être faite avec soin, de façon à ne pas endommager les plantes autour desquelles on la pratique.

Le sarclage consiste à arracher les mauvaises herbes qui croissent dans les cultures. Dans les semis de plantes délicates, on manque souvent de précautions pour cette opération et on détériore les racines des espèces que l'on veut conserver en arrachant les aulres. On évite cela en coupant au-dessous de la surface du sol, à l'aide d'un couteau ou de ciseaux, les plantes à détruire.

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