CHAPITRE VI LA PLANTATION
Art. I — PlantaUpn
Les plantes et les arbrisseaux" en. ton lies pourvus de nom-
hreuses petites racines ou chevelu sont ordinairement d'une reprise facile.
Il n'en est pas de même des plantes à racines pivolantes, grosses et peu nombreuses, qu'il faut arracher en motte, c'esLà-dire avec une certaine quantité de terre pour protéger les racines conlre l'action de l'air. Nous dirons ailleurs quelles sont les plantes qui supportent la transplantation et celles qu'il faut semer sur place ou relever en prenant certaines précautions.
Dans les terres sèches et légères, il est avantageux de faire les plantations d'arbres et d'arbrisseaux àl'automne ; dans les terres fortes et humides, il vaut mieux ne planter qu'au printemps.
Un certain nombre de plantes d'ornement peuvent n'êlre mises en place qu'au moment où elles sont sur le point de fleurir. Cela permet d'avoir des parterres toujours parfaitement ornés, en remplaçant les plantes qui sont défleuries par d'autres conservées en pépinière d'attente, c'est-à-dire dans une partie quelconque du jardin où on les prend au fur et à mesure des besoins.
Pour les arbres, il est bon de préparer d'avance les trous destinés à les recevoir, en les faisant larges et profonds, afin d'y mettre une certaine quantité de bonne terre.
On coupe à l'aide de la serpetle les racines contuses et l'on plante en plaçant celles qui restent dans leur position naturelle, en évitant de les enterrer trop profondément. On arrose et l'on couvre le sol d'un bon paillis, afin qu'il conserve bien l'humidité. Il n'est pas nécessaire de supprimer une grande partie des racines et des rameaux des arbres que l'on plante : il suffit de couper les racines mutilées et une proportion égale de rameaux.
Art. II. — Alternance des cultures. Assolements.
Dans les jardins comme dans les champs, il est nécessaire de changer les cultures de place, sous peine de les voir épuiser le terrain et ne plus donner que des produits médiocres au bout d'un lemps assez court. Les plantes annuelles surtout ne devraient jamais être cultivées deux années de suite sur le
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même emplacement, le sol, malgré de bonnes fumures, ne pouvant leur fournir indéfiniment certains éléments nécessaires a leur développement. Mais, comme les plantes de familles différentes puisent dans le sol des éléments différents, cela permet d'établir une rotatfon ou alternance de cultures enfaisantsuccéder une culture aune autre, de telle manière que les mêmes plantes n'arrivent à occuper un emplacement donné qu'après un temps aussi long que possible. C'est surtout pour les plantes potagères que la pratique des assolements est utile, quelques-unes d entre elles n'occupant le terrain que pendant un court espace de temps. Dans les environs de Paris, où la culture maraîchère a atteint un grand degré de perfection, les jardiniers arrivent, parce moyen, à obtenir de quatre à six récoltes dans l'année et sur le même sol.
Art in -Conservation en hiver de 9 Géraniums Fuchsias et autres plantes peu délicates. Culture des plantes en pots Empotages. Bien qu'il n'y ait généralement pas de serres dans les petits jardins, il est rare qu'un amateur s'en tienne à la culture des plantes rustiques, dont le nombre est cependant considérable et les mérites variés; c'est que, parmi les espèces fnleuses qui exigent un abri pour l'hiver, il en est qui sont pour ainsi dire indispensables dans certains cas. Bien des personnes, qui ne peuvent consacrer qu'un temps limité aux délassements du jardinage, sont heureuses de pouvoir orner leur jardinet, nu printemps, avec des plantes qui demandent peu de soins et qui fleurissent pendant toute la durée de la belle saison. Les plantes qui peuvent être employées dans ce cas sont malheureusement en petit nombre; aussi reproche-t-on aux jardins dont elles forment à elles seules l'ornementation une monotonie qu'explique la vue de plates-bandes ou de corbeilles dont la composition reste la même pendant tout un été et se répète même, ou à peu de chose près, pendant plusieurs années. Nous voulons parler des Géraniums, des Fuchsias, des Chrysanthèmes frutescents ou Anthémis, des Véroniques, des Héliotropes, etc. Employées dans une juste mesure, ces plantes ont de grands
mentes, et nous avons peine à nous figurer un jardin dans 1 ornementation duquel il n'entrerait pas une des innombrables et superbes variétés de Géraniums aux fleurs si abondantes et si brillamment colorées.
Généralement, on ne conserve pas ces plantes dans les petits jardins où il n'existe pas d'endroit pour les abriter- on les laisse geler sur place et on se contente d'en acheter de nouvelles au printemps suivant.
Il n'est cependant pas très difficile d'en hiverner quelquesunes, surtout si l'on possède un châssis que l'on peut chauffer a l'aide de fumier lorsque cela est nécessaire, ou simplement entourer de feuilles sèches, de paille ou de tannée pour empêcher l'air froid d'y pénétrer. Par les fortes gelées' il est nécessaire de couvrir les vitrages de paillassons, de leuilles sèches ou de fumier. Naturellement, les plantes ne pourraient vivre tout un hiver dans de semblables conditions ■ 1 obscurité les ferait étioler et elles ne tarderaient pas à pourrir par excès d'humidité ; il faut par conséquent donner de la lumière et de l'air autant que possible et n'user de ces précautions que lorsque cela est nécessaire.
Ce sont bien des soins et bien des assujettissements pour s éviter une dépense légère, dira-t-on.
Cependant, il existe des amateurs qui s'attachent aux plantes qu Us cultivent, et qui, autant par goût que pour occuper leurs loisirs, n'hésitent pas à s'employer pour conserver une fleur a.mee a laquelle ils tiennent souvent d'autant plus qu'elle a exige plus de sollicitude.
Nous leur recommandons d'arroser le moins possible les plantes qu'ils placeraient dans les conditions que nous venons d indiquer, et d'enlever avec soin les feuilles pourries et tout ce qui serait de nature à entretenir la vie des moisissures
Nous aurons à parler de quelques plantes que l'on peut hiverner sous châssis et nous indiquerons pour chacune d elles les soins spéciaux qu'elles réclament.
Si l'on ne possède pas de châssis, il est encore possible d abriter certaines plantes dans une chambre inhabitée ou
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même dans une remise; si les fenêtres en sont larges et bien exposées, ces locaux pourront tenir lieu d'orangerie et, dans ce cas, permettre de cultiver nombre d'espèces, surtout si l'on peut y faire un peu de feu pour empêcher la gelée d'y pénétrer. Les Aloès (Agave), le Laurier-rote, le Palmier nain, le Palmier de Chine, les Agapantes, les Phormium, les Aspidistra, VAralia du Japon, etc., peuvent être ainsi hivernes.
Dans les caves et dans les sous-sols bien secs, on peut enterrer les tubercules de Dahlias et de Cannas.
Toutes les plantes qui exigent un abri pendant l'hiver et que l'on aura cultivées en pleine terre pendant l'été devront être empotées dès l'apparition des premiers froids, vers le 15 octobre sous le climat de Paris. Pour cela, on cerne les racines quelques jours d'avance, c'est-à-dire qu'à l'aide d'une bêche on coupe les racines autour et à une certaine distance de la plante, de manière à délimiter une motte proportionnée à sa dimension. La plante, ainsi préparée, est enlevée avec soin; on réduit autant que possible le volume delà motte sans détériorer les racines, mais en retranchant cependant celles qui auraient été meurtries pendant l'arrachage. Ou la met alors dans un pot en terre poreuse, jamais vernissée ni peinte, de grandeur proportionnée à la motte, c'est-à-dire ni trop grand, ni trop petit, mais dans lequel les racines puissent conserver leur position naturelle. Le fond de ce pot doit être muni d'un orifice permettant l'écoulement de l'eau d'arrosage ; il aura été garni de tessons ou de gravier, puis de bonne terre substantielle (terre de bruyère, sable mélangé avec du terreau de feuilles, etc.); on remplit de terre les vides autour de la plante, mais de façon à ne pas déranger les racines, et on tasse le tout convenablement. Il ne reste plus qu'à maintenir la plante à l'aide d'un tuteur, si cela est nécessaire, a arroser copieusement, puis à placer la piaule à l'ombre pour faciliter la reprise qui a lieu souvent au bout de quelques jours.
Les plantes ne doivent pas être trop enterrées; leur collet (partie intermédiaire entre la racine el la tige) doit être placé un peu au-dessous du niveau des bords du pot.