‹ Le Petit JardinChapitre 51 sur 92 · CHAPITRE II LA TAILLE DES ARBRES FRUITIERS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II LA TAILLE DES ARBRES FRUITIERS

La taille des arbres fruitiers a pour but de faire prendre aux arbres une forme symétrique qui permet de les cultiver dans un emplacement ou dans des conditions déterminées, de manière à utiliser le mieux possible l'espace dont on dispose; elle permet en outre d'obtenir une fructification égale et des fruits d'un volume moyen en déterminant la production régulière d'un nombre de rameaux à Heurs tel qu'il n'y ait pas une année de surproduction avec des fruits médiocres suivie

TAILLE DES ARBRES FRUITIERS

d'une année de non-production, comme c'est le cas pour les arbres abandonnés à eux-mêmes.

La première condition pour tailler des arbres fruitiers est de savoir distinguer les boutons à bois des boutons à fleurs.

Les boutons à bois sont étroits et pointus, contrairement aux boutons à fleurs qui sont renflés et ovoïdes.

Dans le Poirier, les boutons à fleurs sont généralement placés sur de petites brandies, courtes, épaisses, peu consistantes, à peau ridée, nommées lambourdes (Voy. tig. 123).

La sève circule d'autant plus facilement dans une branche que celle-ci a une position plus verticale. On peut donc, grâce à ce principe, amoindrir ou augmenter la vigueur de certaines parties d'un arbre en les courbant ou en les dressant. Une branche dans laquelle la sève circule facilement émet des rameaux à bois ; au contraire, si la circulation de la sève est contrariée, si la végétation se trouve ralentie par une cause quelconque, ce sont des rameaux à fruit que l'on obtient.

On rétablit également l'équilibre entre les diverses parties d'un arbre en taillant court les rameaux des parties les plus vigoureuses et en taillant long ceux des parlies faibles. Les rameaux taillés court émettent des pousses vigoureuses très peu fructifères; les rameaux taillés long donnent des pousses peu vigoureuses et très fructifères.

Dans un arbre fruitier (Poirier), on considère :

1° La tige, partie centrale terminée à la base par les racines, au sommet par la /lèche, et dont la partie qui se trouve le plus rapprochée des racines porle le nom de collet:

2° Les bray\ches latérales, qui portent généralement les productions fruitières; leur disposition sur la tige doit être régulière, de manière que l'équilibre de l'arbre soit bien établi ;

3° Les rameaux sont les ramifications des branches latérales; ils sont le résultat des pousses ou scions de l'année précédente. Lorsque l'arbre pousse régulièrement, c'est sur eux qu'on pratique la taille. Les rameaux anticipés sont le produit d'yeux qui se sont développés l'année même de leur for-

LE JARDIN FRUITIER

mation; ils prennent donc toujours naissance sur les rameaux. Ils peuvent être provoqués par un pincement ou se développer naturellement. Les rameaux el les rameaux anticipés se trouvent garnis d'yeux à leur extrémité ;

4° Vœil ou bourgeon est l'élément de toute production II ex.ste sur tous les arbres et sur toutes leurs parties à différents états; selon les espèces, il peut exister longtemps sans se développer, ou il se développe promptement.

La pousse de l'année ou scion est destinée à donner le bois ouïe fruit, suivant les circonstances.

L'œil affecte deux formes : il est conique lorsqu'il termine le rameau, ,1 prend alors le nom de terminal; aplati quand . il se trouve à la circonférence, il se nomme alors latéral. A la base de chaque œil et de chaque rameau, il existe deux yeux supplémentaires ou sous-yeux, très petits, placés un de chaque côté, ne se développant ordinairement que lorsqu'un accident est arrivé à l'œil principal ou que celui-ci est mal conformé • les scions qu, en proviennent sont moins vigoureux que ceux produits par ce dernier.

Les yeux occupent quatre positions qu'il est utile de dis tinguer: devant et derrière, suivant qu'ils font face ou non à l'observateur; dessus et dessous, selon leur position sur la branche ;

5° Les yeux latents. Ces yeux, peu apparents, ne se trouvent ' que sur le vieux bois ; ils restent inactifs quelquefois pendant plusieurs années et ne se développent qu'après une taille faite au-dessus d'eux ou par suite de l'affaiblissement de 1 extrémité d'une branche.

Ces sortes d'yeux sont d'une grande ressource pour recons tituer les parties dénudées des arbres fruitiers ■

6» Le gourmand est un rameau qui a pris un accroissement en disproportion avec ceux qui l'avoisinent. On le reconnaît à ses dimensions; les yeux situés près de la base des rameaux gourmands sont très petits et éloignés les uns des autres'ceux de la partie supérieure, au contraire, sont gros et soutire' développés en faux rameaux. Le gourmand naît sur la ve°nt

TAILLE DES ARBRES FRUITIERS

sur le dessus des branches près des coudes, là où la circulation de la sève est ralentie; il présente un assez fort empâtement dès sa naissance. Par suite de cette position, il tend à prendre de la force au préjudice des autres branches et à détruire l'équilibre de l'arbre.

On prévient les désordres que les gourmands peuvent occasionner par le pincement, qu'il est quelquefois nécessaire de répéter, afin de maîtriser leur vigueur. On ne doit pas en rencontrer sur les arbres bien soignés ;

7° La brindille (flg. 173) est un petit rameau grêle, allongé, flexible, ayant de m ,10à m ,15 de longueur, dont les yeux sont petits. On la trouve sur toutes les parties des branches; elle a peu de disposition à pousser fortement et est une des premières ressources, pour la fructification; on la conserve donc sur les arbres jeunes et vigoureux jusqu'à ce que les productions fruitières soient abondantes. On la met facilement à fruit en l'arquant et en éborgnant l'oeil terminal. Si celui-ci a pris le caractère d'un bouton à fruit, on le conserve et l'on n'arque pas. Sur les arbres fertiles, il n'est pas nécessaire de la laisser, à moins qu'elle ne soit dans un vide; alors on la taille à deux yeux pour eu former une branche à fruits ;

8° Le dard est un petit rameau ayant de 1 à 8 centimètres de longueur, placé à angle droit sur les branches, le plus ordinairement terminé par un œil conique, mais qui finit par s'arrondir pour prendre les caractères d'un bouton à fruit. Rarement il acquiert un grand accroissement; aussi ne le taille-t-on pas. Il lui faut plusieurs années pour donner Fig -

Page 1