brindille
LE JARDIN FRUITIER
da fruit. La première année, ce n'est qu'un œil un peu allongé, qui, au lieu de se développer en bourgeon, reste stationnaire' accompagné de trois feuilles. La deuxième année, l'œil, déjà
plus volumineux et plus rond qu'un œil à bois ordinaire, s'allonge un peu et se vide circulairement ; il est accompagné de quatre ou cinq feuilles. Les années suivantes, le petit dard continue à grandir un peu et l'œil se translorme en bouton au milieu d'une rosette de cinq ou six feuilles. C'est un des organes principauxpourla fructification ; on ne le supprime donc pas, à moins qu'il n'y en ait plusieurs sur le même poinL : il est d'ailleurs peu abondant surles jeunes arbres. II arrive parfois que, sur des arbres féconds, le petit dard se mette à fruit l'année même où il se développe;
9° Le bouton à fleur est destiné à donner le fruit.
Dans les arbres à fruits à pépins, il se trouve sur le vieux bois ; ce n'est que
Fig. 176. — Coursoone porlant des lambourdes, lorsque l'espèce est très fertile que le jeune bois en porte. L'époque à laquelle on commence à apercevoir les boutons à fleurs est le mois d'août;
10° La lambourde (Rg. 176) est le dard terminé par un bouton;
TAILLE DES ARBRES FRUITIERS
11° La bourse est Je point où étaient attachés les fruits ou les fleurs. C'est un organe essentiellement fertile qui tend constamment à donner des fruits, quoiqu'on puisse cependant lui faire donner du bois au besoin;
12° La branche à fruit ou coursonne [Courson) (flg. 170), dans le Poirier, est ordinairement âgée de plusieurs années et les diverses opérations de la taille doivent avoir pour but d'en favoriser le développement en les répartissant aussi égalementque possible sur les branches de charpente, car ce sont elles qui constituent la partie fructifiante des arbres; elle doit être tenue aussi courle que possible; néanmoins, il est quelques espèces chez lesquelles sa longueur varie de m ,10 à m ,20. Son caractère principal est d'être garnie de lambourdes, de bourses, de boutons à fruits, avec de petits dards et quelquefois de petites brindilles. Une branche de cette nature, une fois qu'elle a donné du fruit, en donne toujours, sauf les accidents de saison. Elle doit être ménagée et ne pas produire trop abondamment, autrement elle s'épuiserait promptemenl.
Les fruits à noyau naissent sur les rameaux développés l'année précédente et qui, après avoir fructifié, deviennent par ce fait à jamais stériles; aussi est-il nécessaire de soumettre les arbres à fruits à noyau à un mode de taille qui assure chaque année le renouvellement des rameaux fructifères (1).
Les rameaux ou scions abandonnés à eux-mêmes ne tarderaient pas à se convertir en gourmands; la sève se portant vers leur sommet, pour en déterminer l'élongation, ferait que les yeux situés à leur hase ne produiraient que du bois. Il faut les pincer, les casser ou les tailler au vert pour faire transformer ces yeux en dards. Ces diverses opérations ont une très grande importance ; elles se pratiquent pendant le cours de la végétation, c'est-à-dire de (in avril en août.
Vébouryeonnement a pour but de supprimer tous les scions inutiles afin de favoriser le développement de ceux que l'on
[t) Ce tableau des parties consécutives des arbres est extrait en partie du Traité de la taille des arbres fruitiers par J.-A. Hardy. •
LE JARDIN FRUITIER
conserve. Cette opération se fait également pendant le cours de la végétation.
Lorsqu'un arbre porte un trop grand nombre de fruits, il est nécessaire d'en supprimer, alors qu'ils sont encore peu développés; sans cela ils se nuiraient réciproquement et n'atteindraient qu'un volume médiocre.
Lorsque les arbres sont trop vigoureux et qu'ils ne peuvent être mis à fruit, on peut ralentir leur végétation et les rendre par conséquent fertiles en enlevant en partie la terre qui recouvre les racines principales qu'on. laisse exposées à l'air. L'écorce du tronc et des branches principales des vieux arbres doit être grattée et nettoyée, pour faire disparaître les parasites qui s'y sont établis et les plaques fendillées qui ne servent qu'à abriter les insectes, leurs œufs et les spores des cryptogames. Après cette opération, que l'on exécute pendant l'hiver, on la badigeonne avec un lait de chaux.