‹ Le petit Jehan de SaintréChapitre 109 sur 135 · CHAPITRE LXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXX

Comment ma dame et damp Abbez devisèrent, et comment elle le remercya.

L'ACTEUR. — Quant les tables furent levées, et le maistre d'ostel et tous les aultres furent allez disner, ma dame remercya damp Abbez de la bonne chiere qu'il luy avoit

faicte ; et de parolles en parolles, de pas en pas furent à

laulire bout de la salle, où deviserent de joyeusetez jusques à ce temps que tous furent disner. Et endementiers que les derniers disnoient, pour reposer ma dame, damp Abbez fist

de tres beau linge son lict appareiller. Et quant le maistre |

d'ostel eut disné, ma dame commanda les chariotz traire, Comment, ma dame, dist damp Abbez, voulez vous rompre les bonnes coustumes de ceans ? Et quelles sont elles ? Ma dame, elles sont telles que s'aucunes dames d'honneur ou

damoyselles y ont disné, il fault qu'elles et leur compaignie se couchent, dormant ou veillant, soit en yver ou en esté et celles y ont souppé $ pour celle nuyt je leur laisse ma chambre, et m'en voys”ailleurs logier ; et pour ce, ma dame, l'usaige de ceste vostre abbaye ne devez mye refuser. Tant furent les prieres de damp Abbez et des dames que ma dame fut gracieuse, et voult entretenir celle coustume. Lors ma dame entra en sa chambre, et là fut le vin et les espices appareillés ; la porte fut fermée, et ma dame jusques au vespre s'en va reposer.

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