‹ Le petit Jehan de SaintréChapitre 13 sur 135 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Comment la dame ouvrit son couraige [son cœur]au petit Saintré, luy monstrant qu'elle le vouloit aymer.

LA DAME. — Or ca, comme bon chrestien et gentilhomme que vous estes, vous me promectez sur Dieu, sur vostre foy de chrestien, et sur vostre honneur, cy n'a que vous et moy qui nous puisse ouyr, que de choses que je vous die, à personne qui puisse vivre ne mourir, par quelque facon que ce soit, vous ne direz, ne descouvrerez, ne ferez savoir ce que je vous diray presentement, ne autres fois ; et que ainsi de vostre main en la mienne le me promectez? Oui, dict il, ma dame, sur ma foy.

LA DAME. — Alors ma dame luy dist : Or ca, Saintré, se À a!

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ANTHOINE DE LA SALE

i'estoye celle que vous ay dit, et vous voulsisse, pour moy. servir loyaulment, faire des biens, et à grant honneur parve-

nir ; me vouldriez vous obeyr ?

L'Acreur. — Le petit Saintré qui en service de telle dame

d'amours oncques n’avoit eu pensée, ne sceut que dire, fors soy agenouiller, et dit : Ma dame, je feroye tout ce que vous

me vouldriez commander. Ainsi de vostre main en la mienne

vostre foy me promectez ? ? Ouy, par ma foy et par ma

loyaulté, ma dame, ainsi que je le vous le promectz, le tien-

dray, et feray tout ce que me vouldrez commander, Or vous aus

levez et entendez bien mes parolles et les retenez. 9 d

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