‹ Le petit Jehan de SaintréChapitre 22 sur 135 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Comment le petit Saintré fut parler à ma dame en son preau ; lequel elle baisa cordialement, et luy baïlla cent soixante escus pour avoir ung cheval et aultres choses necessaires.

L’ACTEUR. — Et quant le soir fut venu, il ouvrit le preau, et là actendit ma dame, qui ne tarda pas longuement. Et lors la chière fut entre eulx telle qu'il n’est celuy ne celle qui penser le peust, se amours ne leur eust fait scavoir. Puis luy dist : Mon seul amy et ma tres doulce pensée, car cy longuement ne povez estre, baisiez moy par vrayes amours ; et tenez cy en ceste boursette cent et soixante escus d'or, que je vous donne pour achapter ung gent, frisque [gracieux] et

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fringant cheval de compaignon, qui soit bien vif et saillant, Kn:qM}s h

quoyqu il vous couste jusques à quatre vingtz escuz ; et un£g'

autre de bonne taille, pour vostre chevaucher à tous les ; jours, }

du prix dé vingt escuz; et ung autre cheval double, pour de,

porter vostre malle et ung varlet, du prix de trente escuz ; et sont xxx escus qui resteront : tous semblables vous en ferez faire de beaulx harnoys [équipements] de draps, et vestirez voz gens et serviteurs de vostre livrée quant chevaucherez, et du demourant vous servirez tant qu'ilz dureront ; et quant i1z fauldront, faictes moy seignal, sans plus. Et à ces parolles dit: À Dieu, mon ami, à Dieu, mon espoir et tout mon bien et à Dieu, à Dieu mon tresor. À Dieu et à Dieu, ma dame, celle qui me peut plus commander, et que je doy et vueil plus obeïir. Et à ces parolles ilz s’en vont.

L’ACTEUR., — Jehan de Saintré pour celle nuyct s'en va coucher en la chambre de l’escuyer, qui luy dist: Mon filz

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