CHAPITRE XLI
Comment ilz yssirent de leurs pavillons pour faire leurs armes.
Quant ilz furent tous deux en point, et, pour abregier, tous les criz et defences faïctes que en tel cas appartient, le roy commanda les faire yssir hors de leurs pavillons. Mais à l'yssir que Saintré fist sa visiere levée, il baisa sa bannerolle, en disant sa beneysson que ma dame luy avoit monstrée, en faisant un£g tres grant signe de la croix ; puis la rebaisa, et la baïlla à ung de ses conseillers. Et ce fait, baissa sa visiere et commenca en son harnois à haulcer ses bras et ses espaulles, puis sur un genoil, puis sur l’aultre, aussi proprement que s'il feust en pourpoint sans armes, tenant sa hache en ses poings. Et quant tous deux furent hors de leurs pavillons, et leurs pavillons mis hors des lices, lors par le commandement du roy, le mareschal, au meillieu des lices, commenca à haulte voix crier : Laissez les aller.
ANTHOINE DE LA SALE