CHAPITRE IIL
tous les jours e zèle, et il nous pro-
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en fit son profit. Le soir, elle s’assit auprès M du lit de Rosalie, et Jui fit une lecture dans un Mi livre de piété. Pour ne point accabler la malade par une lecture trop rapide, elle lut | lentement, à voix basse, et s’interrompit de « temps entemps pour s'informer si sa mère W n'était point trop fatiguée et n’avait besoin de M rien. Tout-à-coup la porte s’ouvrit, et ma- M dame de Waldenheim entra dans la chambre avec Emilie : cette dernière portait à son bras : un petit panier bien fermé. “
La charitable dame s’assit près du lit de la M malade et la salua. Pendant que Christine 4 cherchait une chaise pour imilie, madame de a Waldenheim jeta un coup-d'œil dans cette M petite chambre où tout respirait l’ordre et la M propreté. Les chaises étaient bien nettoyées, M Je plancher bien balavé, les murs essuyés avec M soin ; les autres meubles et ustensiles de mé- M nage reluisaient de blancheur, le lit était bien 8 entretenu ; rien ne traïvait, tout était à 5a place. Frappée de ces dispositions qui annonçaient autant d'intelligence que d’activité, la dame demanda qui avait soin de ce ménage, et Rosalie lui annonça que c'était sa fille!
Christine,
‘ C’est très bien, mon enfant, dit-elle à la i
petite en lui prenant la main ; j'aime à voir ces " habitudes
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filles de la commune.
‘on m'annonça tout-à-coup qu'il était mort en pays étranger, et peut-êtie sans secours.
ous concevez, madame, la vivacité de ma douleur à la perte d’un si brave homme. Ce Qui aggrava encore ma triste position, ce fut l'idée de mon avenir et de celui de mon enfant. Sans ressource aucune, au moment d’une guerre qui désola notre patrie, je ne savais que devenir. Je formai alors le projet de retourner Chez un oncle qui m’aurait certainement accueillie s’il eut encore été en vie; mais il venait de mourir, ainsi que mes parens, dans une épidémie, Ainsi, malheureuse au-delà de toute expression, je parcourus plusieurs contrées sans trouver un asyle. Si j’avais été seule, il m’eût été plus facile de pourvoir à mon existence ; mais on ne voulut pas m'admettre avec mon enfant. Enfin, après plus de cinq mois de misère et de peine, J'arrivai un soir dans ce petit village, où J'exposai ma pénible situation à quelques personnes charitables :
on m'offrit pour logement cette petite maison, enexigeant quelques henres par semaine pour apprendre à coudre et à tricoter aux petites Heureuse de cette pro- Position, j’acceptai sur-le-champ cette offre, afin de mettre un terme aux courses qui avaient altéré ma santé. Depuis que j’occupe cette chaumière j'ai souffert bien des privatious, mais
ia Providence ne m'a point abandonnée. J'es- 0 on père qu'après m'avoir éprouvée, elle m’accor- pay dera un jour quelques consolations, Eu atten- D Vo
dant, je me soumets saus murmure à sa sainte volonté.”
Madame de Waldenheim avait écouté en silence l’histoire de la pauvre Rosalie ; ses yeux étaient remplis de larmes involontaires HN gue eu entendant ces malheurs survenus à la jeune 4 dev
femme, Celle-ci qui s’eu appercut, voulut lui M ner faire ses excuses de l'avoir aflligée ; mais la MA acc dame lui répondit : L, ven *# Ce qui fait couler mes larmes, ce n’est M une pas seulement le récit de vos malheurs, mais [N de ie Souvenir de mes propres peines, car ma JP con vie a été traversée par des peines qui ressem- .. seul blent beaucoup aux vôtres, J’ai de même per. P# €xis du mon époux, mes parens et mon fils unique, à tai qui aurait dû être un jour, mon appui. Mon Pf moi mari occupait le rang de colonel dans un régie dan: ment de hussards, Il fut blessé dans une at. PU situ faire où il se couvrir de gloire à ja tête de ses on! braves. À peine avais.je appris cette triste ae nouvelle, que je me mis en route avec mes App deux enfans pour aller lui prodiguer mes soins ; fille mais je n’eus que le temps de lui dire quelques post Mots, et il mourut dans mes bras. Obligée de afin
songer à la retraite, je repris le chemin de ma À alté patrie, lorsque j'appris que notre armée avait chat = éprouve
nnée. J'es- Île m’accor-
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on m'annonça tout-ä-coup qu'il était mort en pays étranger, et peut-être sans secours.
Vous concevez, madame, [a vivacité de na Gouleur à la perte d’un si brave homme. Ce qui aggrava encore ma triste position, ce fut l'idée de mon avenir et de celui de mon enfant. Sans ressource aucune, au moment d'une guerre qui désola notre patrie, je ne savais que devenir. Je formai alors le projet de retou:ner chez un oncle qui m'aurait certainement accueillie s’il eut encore été en vie; mais il venait de mourir, ainsi que mes parens, dans une épidémie. Ainsi, malheureuse au-delà de toute expression, je parcourus plusieurs
contrées sans trouver un asyle. Si j'avais été
seule, il m’eût été plus facile de pourvoir à mon existence ; mais on ne voulut pas m'admettre avec mon enfant. Enfin, après plus de cinq mois de misère et de peine, j’arrivai un soir dans ce petit village, où j'ex posai ma pénible Situation à quelques personnes charitables :
on m'offrit pour logement cette petite maison, en exigeant quelques henres par semaine pour apprendre à coudre et à tricoter aux petites filles de la commune. Heureuse de cette proposition, j’acceptai sur-le-champ cette offre, afin de mettre un terme aux courses qui avaient altéré ma santé. Depuis que J'occupe cette chaumière j'ai souffert bien des privatious, mais
la
la Providence ne m'a point abandonnée, J'espère qu'après m'avoir éprouvée, elle m’accordera un jour quelques consolations. Er attendant, je me soumets sans Murmure à sa sainte volonté.”
Madame de Waldenheim avait écouté en silence l’histoire de la pauvre Rosalie ; ses Yeux étaient remplis de larmes involontaires €n entendant ces malheurs survenus à la jeune femme, Celle-ci qui s’en appercut, voulut Jui faire ses excuses de l'avoir affiigée ; mais la dame lui répondit :
‘ Ce qui fait couler mes larmes, ce n’est pas seulement le récit de vos malheurs, mais le souvenir de mes propres peines, car ma vie a été traversée par des peines qui ressem. blent beaucoup aux vôtres, J’ai de même perdu mon époux, mes parens et mon fils unique, qui aurait dû être un jour mon appui. Mon mari occupait le rang de colonel dans un régiment de hussards. Il fut blessé dans une af.
faire où il se couvrit de gloire à Ja tête de ses braves. À peine avais.je appris cette triste nouvelle, que je me mis en route avec mes deux enfans pour aller lui prodiguer mes soins ; mais je n’eus que le temps de lui dire quelques mots, et il mourut dans mes bras. Obligée de songer à la retraite, je repris le chemin de ma patrie, lorsque j'appris que notre armée avait
éprouvé
nnée, J'esle m’accor.
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8, ce n’est eurs, mais , Car ma li ressemnême perils unique, ui. Mon S un régiïS une af.
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éprouté plusieurs échecs, et qu'elle était em pleine déroute. Et en effet, à peine avais-je fait quelques lieues, que je fus entraînée par les bandes de fuyards ; mes deux enfans, Einilie et son frère, qui n'avait que quatre ans, étaientà mes côtés, lorsqu’après une journée de fatigues nous arrivâmes sur les bords du Rhin. Le pont était tellement encombré, que nous ne pûmes le traverser sans risquer d’être précipités dans les flots. Les ennemis, profitant de l'avantage qu’ils avaient remporté sur notre armée, en poursuivaient avec achar= nement les faibles débris. Le canon grondait à peu de distance derrière nous ; le péril devenait imminent: Dans cette extrémité, quelques soldats détachèrent une petite barque pour gagner la rive opposée ; je les conjurai de me recevoir avec mes deux enfans, ce qu'ils m’accordèrent enfin ; mais cette frêle embarcation étant conduite par des gens qui n'y entendaient rien, prit eau, et nous fûmes exposés à être engloutis par le fleuve.
‘ Cependant un brave officier, placé sur le rivage, Conuaissant par hos cris le danger que nous Courions, envoya un petit bateau à notre secours. Nous y montâmes, et un instant après notre chaloupe s’enfonça dans les flots. Ma fille était dans mes bras; mais mon fils, ayant fait un mouvement, fut renversé dans
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les eaux. L'aspect de cet enfant tombé dans le fleuve me fit perdre connaissance. Je ne sais ce qui arriva depuis ; mais revenue à moi-même, ; je me trouvai couchée sur le rivage sous un arbre, transie de froid, mourant de faim, et à côté de moi la petite Emilie remplissant l'air de ses cris.
“ Une personne charitable nous recueillit dans sa voiture et nous transporta loin da . théâtre de la guerre.
“ Quelque temps après celte terrible catastrophe, le chagrin me causa une violente maladie qui faillit m’enlever. Ma guérison fut lente, et d’autant plus pénible que mon avenir se compliquait singulièrement ; Car, n'ayant plus de fils, je ne pouvais plus prétendre à la possession entière des biens que Mon époux avait laissés. Après mille démar- Ches, on in’accorda enfin une petite pension, etl'on m’abandonna une partie du château pour y loger moiet mafille, Voila déjà plusieus années que je jouis de la paix et de quelque aisance : mon état n’est plus à comparer à ce qu'ilétait autrefois, mais du moins je vis tranquille, jetâche de bien élever mon Enilie, et je profite tous les Jours des peines que le bon Dieu m’a envoyées pour m’avancer dans le bien. C’est ainsi qu’il faut faire servir les épreuves de cette vie à acquérir des mérites
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‘ Cepeudant un brave officier, placé sur le rivage, Connaissant par nos cris le danger que nous courions, envoya un petit bateau à notre secours. Nous y montâmes, et un instant après notre chaloupe s’enfonça dans les flots. Ma fille était dans mes bras; mais mon fils, ayant fait un mouvement, fut renversé dans les
les eaux. L'aspect de cet enfant tombé dans le fleuve me fit perdre connaissance, Je ne sais Ce qui arriva depuis ; mais revenue à moi-même, ; je me trouvai couchée sur le rivage sous un arbre, transie de froid, mou rant de faim, et à côté de moi la petite Emilie remplissant l'air de ses cris.
‘ Une personne charitable nous recueillit dans sa voiture et nous transporia loin du théâtre de la guerre.
‘* Quelque temps après cette terrible catastrophe, le chagrin me causa une violente maladie qui faillit m’enlever,. Ma guérison fut lente, et d’autant plus pénible que mon avenir se compliquait siugulièrement ; car, n'ayant plus de fils, je ne pouvais plus prétendre à la possession entière des biens que mon époux avait laissés. Après mille démar- ches, on m'accorda enfin une petite pension, etlon m’abandonna une partie du château pour y loger moiet ma fille, Voilà déjà plusieus années que je jouis de la paix et de quelque aisance : mon état n’est plus à comparer à ce qu'ilétait autrefois, mais du moins je vis tranquille, je tâche de bien élever mon Emilie, et je profite tous les jours des peines que le bon Dieu m’a envoyées pour m’avancer dans le bien. C’est ainsi qu’il faut faire servir les épreuves de cette vie à acquérir des mérites
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cohnaissance elle aborda cette charitable personne, ses larines en dirent plus que ces paroles. La dame la pria de ne point insister plus Jongtemps sur ce sujet, et lui dit: ‘ Si j'ai fait quelque chose pour vous, pauvre Rosalie, n’était-ce pas mon devoir ? Ne Font ODe pas créés pour nous soulager mutuellement Si je suis un peu plus riche que vous, n'est-ce pas pour voler à votre secours ? Quand j'étais malheureuse, n’ai-je pas à mon tour reçu du bien des autres ? Ainsi qu'il ne soit plus question de tout cela, car vous me peineriez si vous vouliez parler toujours de reconnaissance. Causong maintenant d’autre chose ; je vais m asseoirici près de vous, pendant que nos enfaans iront se divertir un instant au jardin.
Madame de Waldenheim avait apporté avec elle son panier à ouvrage, et s’assit auprès de Rosalie. Emilie et Christine profitèrent de la permission qu’on venait de leur donner, et se rendirent au Jardin. Là Christine conduisit Euinilie à la petite étable du mouton et en ouvrit la porte: à l'instant le gentil animal se mit à sauter, à courir, ce qui amusa singulièrement mañerolselle ve Waldenheim, qui n’avait jamais rien vu de semblable ; car, ayant été élevée en ville, elle ue connaissait les moutons que d'après les gravures. Elle trouva l'agneau charmant, et à cd a
put revenir de son étonnement à la vue de sa familinrité. Ah! que n’eût-elle pas donné Pour avoir un pareil animal ! elle passa une soirée bien agréable, et se promit de se pro- Curer de temps en temps le plaisir de venir jouer avec le petit mouton.
Les deux mères, de leur côté, s’entrete.
naient ensemble de choses intéressantes.
Madame de Waldenheim était frappée de l'esprit pénétrant et du jugement solide de la pauvre Rosalie : tout dans cette femme la charmait et l’entraïnaît vers elle. On eût dit qu’elles se connaissaient depuis fort longtemps, tant elles éprouvaient de Plaisir à se Communiquer leurs pensées et À s’encourager mutuellement au bien. Elles se quittèrent fort tard et extrèmement contentes et édifiées l’une de l’autre.
Après le départ de cette dame et d'Emilie, Christine alla trouver sa mère et lui raconta la joie d’Emilie à la vue du petit moutan, et le désir qu’elle lui avait témoïgné de venir jouer de temps en temps avec lui, ‘ Je lai ai promis à Mon tour, ajouta-t-elle, de l’amener quelquefois au château, lorsque vous m’y euverrez, afin de lui procurer ce plaisir plus souvent.
-— C’est bien pensé de ta part, et je ne m’y oPPoseraï non-seulement pas, 0 t’y engagerai même. Mais il faut que je te communique
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une autre idée. La vie de !’homme s’écouletantôt calme et sereine, tantôt pénible et agitée, Nous vivons de sacrifices dans ce monde, et tous les jours il faut en faire. Heureux celui qui apprend de bonne heure à maîtriser son âme, et qui contracte ces habitudes de renonciation à ce qu'il aince ; car celui-là aura moins de peine à vaincre au moment da sacrifice, son cœur se soumettra plus facilement aux exigences qui viennent si souvent renverser nos espérances. ‘Ju sais que nous devons beaucoup à madame de Waldenheim ; sans doute je ne prétends pas pouvoir jamais la payer de retour, mais je crois qu’une attention de notre part lui ferait plaisir.
—Je vous entends, maman ; n’est-ce pas, vous désireriez que je fisse présent de mon mouton à mademoiselle Emilie ? Eh bien !
je le ferai, ct le lui porterai demain matin. quoiqu'il puisse m'en coûter ; mais comme je dois à ces dames la conservation de votre santé, il est juste que je leur fasse aussi un petit plaisir,
—Je reconnais à ce trait toh bon cœur, ma fille, lui répondit la mère attendrie, et je m’attendais à cet acte de générosité. de ta part. Eh bien ! pour rendre la joie d'Emilie plus grande, je vais aussi y contribuer pour quelane chose, ”
Rosalie
Rosalie chercha alors un joli ruban de velours rouge sur lequel elle broda les lettres initiales du nom d’Emnilie de Waldenheim : ce
ruban devait servir de collier au petit mou- W
ton
Le lendemain Cbristine se leva de bonne heure, remplit un baquet d’eau, lava bien le M petit mouton, lui donna à manger, et après à lavoir bien essuyé, lui mit le collier rouge, ce M qui fit un très bel effet sur la laine blanche de #
l'agneau,
La mère fut appelée pour contempler le joli à:
animal ; ensuite Christine s’habilla, et prit le mouton pour le porter au château.
Quoiqu’elle ressentit un plaisir extrême à offrir à Emilie ce qu’elle aimait le plus au monde après sa mère, elle ne put se défendre d’un mouvement de chagrin en songeant à la #
s sr
privation qu’elle allait s’imposer, Cependant &
elle s’arma de courage et se dirigea vers le château,
La cuisinière de madame de Waldenheim était assise à l'entrée de la cuisine, et épiuchait des légumes : lorsqu'elle vit arriver Christine, elle devina sur-le-champ de quoi il s'agissait, se leva de son siége, et, sans dire un mot, elle ouvrit doucement la porte de l’appartement où se trouvaient les deux dames.
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Emilie
Emilie se tenait près de sa mère, qui travaillait à l'aiguille, et lui faisait une lecture.
Le mouton, déposé près de la porte, resta d’abord un instant fort tranquille, puis il se mit à bêler tout-à-coup et avanca dans la chambre.
Qui pourrait dépeindre létonnement d’Emilie, en entendant les cris du bel animal!
Elle se leva en sursaut, laissa tomber son livre, et se précipita sur le mouton, qe ’elle couvrit de baisers, ‘ Ah! qu'il est joli ! Regardez donc, maman, qu’il est blanc! on dirait qu'on vient de le baigner, Et ce beau ruban rouge ! qui lui sert de collier! Mais,oh! c’est encore plus curieux ! on a brodé mon nom sur ce collier. Il est donc pour moi ce mouton ?
Pauvre Christine ! comment, tu veux te priver de ton agneau pour me l’offrir ! ?”
Christine, qui était restée à la porte de la chambre, jouissait bien dans ce moment en voyant le bonheur d’Emilie ; elle ne s'était pas fait voir encore, lorsque la demoiselle vint la trouver et la pressa d’entrer. ‘ Mais tu n’y penses pas, ma chère Christine ? Ce mouton t'est si chère, ettu veux me le douner! Un jour il sera si utile à votre petit ménage, que ce serait un péché que. de l'accepter.
—Comment,
FT oo HT TER : Sn TE" Legs ” en
—Comment, mademoiselle, vous refuseriez ce petit présent de ma part? Ne m'avez- VOUS pas conservé ce que j’ai de plus cher au monde, ma bonne mère ? et pourquoi ne Pourrais-je pas à mon tour vous offrir ce que J'aime ?
—Mais ta mère sait.elle que tu veuxte priver de ton mouton à
— Certainement, car c'est elle-même qui m'a inspiré l’idée de vous l’apporter.
—Dans ce cas il faut l’accepter, Emilie, dit madame de Waldenheim, à qui ce combat de générosité plaisait singulièrement : tu affigerais Christine, si tu refusais ce mouton. ” Alors Emilie se jeta dans Jes bras de la fille de Rosalie, et l’embrassa tendrement pour la remercier du beau cadeau qu'elle venait de Jui faire.
Pendant qu’elles causaient ensemble et ad.
miraient je bel animal, madame de Waldenheim ouvrit son secrétaire et en tira une pièce d'or qu'elle présenta à Christine, ‘€ Tiens, ma bonne, lui dit-elle, puisque tu as tant de complaisance pour ma fill, je vais aussi te donner un petit souvenir qui te ra pellera ta belle conduite. Accepte cette pièce
d’or, et garde-la pour l'amour d’Emilie et de moi, ‘?
Christine,
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Waldentira ane 'hristine.
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Christine, qui n'avait jamais vu de pièce d’or, recula d’un pas. La crainte de passer pour avoir voulu trafiquer de son mouton lui interdit toute parole : enfin, les larmes aux yeux et après s'être recueillie, elle dit à la dame :
‘6 Non, madame, je ne puis accepter cette
pièce d’or ; car vous m'ôteriez le plaisir que J'éprouve d'offrir cet agneau à mademoiselle. Ce n’est point par un vil motif d'intérêt que Je me suis décidée à apporter ce mouton au château : Dieu le sait, cette pensée n'a jamais été dans mon cœur : la reconnaissance seule m’a conduite. ÆEt d’ailleurs vous auriez dix agneaux pour une piècs d’or. Je vous en supplie donc, madame, retirez votre or, je ue l'accepterai jamais. ” |
Madame de Waldenheim, confuse à la vue de tant de désintéressement, essaya, mais en vain, de persuader Christine, qui demeure inébranlable dans sa résolution, Enfin, voyant que tout était inutile, la noble dame remit la pièce dans son secrétaire, prit Christine par la main, et lui dit du ton le plus aimable’:
‘€ Eh bien! puisque tu ss des sentimens si élevés, je n’insisterai pas plos longtemps : je te déclare que dès avjourd’hui tu seras l'amie de ma fille ; e!le ne pourra trouver de meilieure compagne que toi, Tu as des principes
cipes si solides qu’elle ne risquera rien dans ta compagnie. Tu viendras tous les jours au château passer tes momens de loisir auprès d'elle. Je vais ensuite m'occuper d’une manière plus particulière de l'amélioration du sort de ta mère : vous méritez à tant d’égard qu’on s'intéresse à vous! Entends-tu bien, ne manque pas de venir nous voir tous les Jours, et salue bien ta bonne mère, ” Christine baisa avec émotion la main de madame de Waldenheim, et partit contente, Rosalie, qui l’attendait, la voyant venir de loin, la joie peinte sur ta figure, alla au-devant d’elle : Christine ne Jui laissa pas le temps de linterroger, et lui raconta tout ce qui venait de se passer. Cette vertueuse mère Ja félicita sur son triomphe, et lui téinoigna son conténfement en apprenant qu’elle allait être l’amie de la demoiselle. ‘Ce n’est point parce que Emilie est plus riche que toi que je te félicite, mais parce qu’elle est une jeune personne vertueuse et bien élevée, Tu ne Pourras que gagner dans sa société, Si c'est uo devoir pour nous d'éviter la compagnie des personnes dont la conduite pourrait être un écueil à notre innocence et à notre piété, nous devons par là même rechercher celle des personnes vertueuses. afin de nous former sur leur exemple, Un ami sage et reiigicux
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ien dans ta s Jours au isir auprès d’une maoration du nt d’égard s-tu bien, r tous les )
main de ntente, t venir de au-devant le temps jt ce qui e mêle Ja oigna son allait être est point toi que je ne jeune Tu ne Si c'est 'mpaguie ait être "e piété, er celle ous forà et réligicux
ao A AE
gieux est un vrai trésor pour l’homme, il faut le choisir entre mille, mais ne point se lier avec le premier venu : souvent les apparences sont trompeuses, et tel nous parait réunir les qualités les plus précieuses, qui, au fond, n’est qu'un hypocrite. Ainsi, puisque tu as trouvé une amie, tâche, dans tes relations avec elle, de te rappeler sans cesse qu’il faut s’entr'aider mutuellement de ses conseils et de ses lumières, s’exhorter au bien, se soutenir daus les peines, et établir une espèce de rivalité qui doit tourner à l’avantage des deux.
Eacore dans cette occasion nous devons remercier la Providence qui a daigné s’occuper de nous d’une mauière si spéciale, Puisque le bon Dieu nous donne tous les jours de nouvelles preuves de son amour, il faut aussi l'aimer tous Les jours davantage. ”
Et Christine de répondre par son silence aux avis de sa bonne mère.