CHAPITRE V
La joie était égale au château comme à la chaumière parmi les deux jeuhes personnes.
L'une était heureuse du bonheur de l’autre 5
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les deux mères n’étaient pas moins satisfaites de voir les heureuses disposit:o s de leurs enfans. Madame de Waldenheir surtout était au comble de h joie d’avoir trouvé une com- Pagne pour sa fille. L'idée qu’elle avait eue jusqu'alors de‘la vertu de Christine avait singulièrement augmenté depuis la dernière en.
trevue au sujet du mouton. Elle avait examiné le petit collier, et reconnu que Rosalie savait parfaitement broder, ce qu lui fit beaucoud de plaisir; car non seutement elle lui donna de l'ouvrage, mais elle la recommanda puissamment à plusieurs riches familles du pays, et de cette manière la mère de Christine gagna chaque semaine une assez forte somme d'argent, et sortit de cet état de gêne où elle avait langui pendant si long-temps.
Bientôt il s'établit entre ces deux mères la même amitié qui régnait déjà entre les deux jeunes filles ; car plus la dame du château apprit à connaître la pauvre Rosalie, plus elle sé sentit attirée vers elle. Ainsi la vertu s’estime mutuellement, tout comme le vice se recherche. La conformité de position et de malheurs rendit avec le temps cette liaison de plus en plus intime : on eût dit deux cœurs faits pour s’entr'aimer, Madanie de Waldenheim ne croyait pas déroger à son rang £n “entrant souvent dans la chaumière de sa
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