‹ Le petit Paris: tableaux et figures de ce tempsChapitre 12 sur 104 · PANEM ET CIRCENSES · texte numérisé non relu

PANEM ET CIRCENSES

Je dois mes premiers plaisirs, c'est-à-dire les plus vifs, aux exercices des écuyers et des écuyères du cirque Bouthor, où Balzac a placé le berceau de sa Malaga, Théroïne de la Maîtresse anonyme. C'était dans une grande ville de province. La veille de chaque représentation, là troupe entière faisait une promenade solennelle à travers les rues, parée de ses plus riches costumes, musique et bannière en tête. — Et tout le monde se mettait aux fenêtres pour admirer les seigneurs en manteaux brodés d'or et en bottes jaunes, les amazones au feutre de la Jb'ronde, -^ et jusqu'à la petite fille du directeur, assise sur un petit cheval noir. On m'a dit que les troupes équestres d'aujourd'hui ont renoncé à ces* cavalcades engageantes. — O dignité! es-tu donc l'ennemie de toute poésie et de toute originalité?

Le soir de la représentation, on était cç rtain de me voir entrer un des premiers dans la salle à demi plongée dans les ténèbres, au moment où. l'on allumait le lustre, que j'aimais à voir monter lentement, et tout éblouissant, au plafond.

Naturellement, je me plaçais au premier rang.

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