LE PERE-LACHAISE
ison de plus pour honorer ces deux granres.
! oh! les trouvez-vous si grandes que s-je un peu agacé.
légende d'Héloïse et Abélard est une de indes nationales, monsieur ! ! !
tioment que le chevalier de Seignelay- 5- Châtaigniers le iprenait sur le ton de Prud'homme, je n'avais plus qu'à m'int à sortir, ce que je fis.
en! oui, oui, j'approuve le conseil muni- Paris !
pis pour l'académicien Colardeau! tant r l'Anglais Pope ! tant pis pour tous ceux : traduit en prose ou en vers l'erotique ondance d'Héloïse et Abélard !
trop longtemps qu'on cherche à nous atavec cette obscène et confuse aventure, ce précepteur libertin et cette religieuse de route !
ne de nos légendes nationales?... Cachez, bien vite!
avons mieux, par bonheur.
éta
fdait
mi]
Ma pensée se reporte quelquefois sur ce paa "^
bouflFon, d'une nature si honnête et si douce, q'^^
le fut jugé digne sur ses derniers jours de diriger^
café de Minerve^ — et j'essaye maintenant , ^^
retrouver quelques traits de cette individual
falote.
Les races futures ne se feront peut-être p^^^ une idée très-distincte de Grassot. La toile, plaque daguerrienne, le biscuit, le marbre mê pourront bien rendre quelques traits de cette têt effarée et sans cesse dodelinante, de ce nez tou iours en quête d'aspirations, de cet œil plein d réticences, de cette bouche entr'ouverte commi un four de campagne. — Mais qui nous rappellera ce geste souverain, inattendu, rapide; cesbonds de jaguar, ces sursauts et ces tressants,, toute cette mimique qui n'avait de comparable que la mimique de Frederick Lemaître? Qui nous fera entendre après lui ce petit clapement de langue dont il avait l'habitude d'accompagner les situations difficiles?
On se souvient encore de cette voix bizarre
. était la voix de Grassot, au temps où Grassot riait et chantait.
^€s ventriloques les plus naïfs, les enrhumés plus opiniâtres, les habitués des bals du Petitaronne et de la barrière de FOreillon n'auent pas produit des effets d'une plus étrange aorité. Tantôt c'était un bruissement, une iinte sourde. et inquiète; d'autres fois, la note uque, saisie par l'étranglement, — et tout à ►up une clameur retentissante, à rappeler ces iux vers de M. Charles Baudelaire :
Comme un rire coupé par un sang écumeux,
Le chant du coq au loin déchirait Tair brumeux.
Vint un moment où Grassot n'eut plus de voix -mais du tout, — en admettant que jamais il en iteu une. Il avait espéré dans l'Italie, mais 11die trompa son espérance.
Nice, où il séjourna pendant plusieurs mois, e voulut pas lui rendre ce mirliton enchanté Dnt le souvenir traversera longtemps notre •eille.
C'est de cette époque que date le petit livre intulé Grassot en Italie, lettres familières et rolanesques.
Peu commun, aujourd'hui.
L'éditeur prévient, dans la préface, que c'est ce u'on a écrit de mieux sur l'Italie depuis le préident de Brosses (il dit mêmes des Brosses, dans on zèle).
Le fait est que personne ne s'était encore avisé de parler en ces termes de la terre classique des^ beaux-arts :
A la santé de Doria
Je vais prendre mon gloria.
Voici ce qu'il raconte de Venise et de ses hat^ ^tants : a Le lendemain de mon arrivée, j'ai re^ii la visite d'un patricien des plus distingués c3e Venise, le seigneur Barbarini. Ce galant homirie m'apportait, avec ses civilités, une bourriche c3e truites pour me régaler. Les truites sont trèsrares ici, et le peu qu'on en mange vient des ruisseaux du Tyrol. Le seigneur Barbarini m'a. comblé de politesses, mais il me fait l'effet dVn vieux birbe, vecchio birbo^ comme on dit en italien, et il m'a paru avoir la toquade de la tragédie. Il m'a demandé si elle faisait toujours fureur en France, et il m'a raconté que pendant un séjour qu'il a fait à Paris il s'était abonné à rOdéon. Pour ne pas contrarier ce vieux papa très-bien, j'ai affecté de couper dans ses idées. Alors il m'a déclamé le récit deThéramène, puis, comme je voulais le reconduire jusqu'à la rue, il m'a dit que ce n'était pas la peine, et il a piqué une tête par la fenêtre. Rien de plus commun ici que de voir les visiteurs prendre ce chemin pour s'en aller. Ils trouvent cela plus commode que de descendre l'escalier. Voilà l'utilité des canaux. »
Cjrassot a sa bibliothèque spéciale.
Il y a un Grassotiana, — comme il y a un Méictgianaj un Sémgniana^ un Voltairiana. Mais e Grassotiana (i856, Parmentier, libraire) les i\irpasse tous. Cest là qu'on trouve ce bon naot, digne d*un négociant. En parlant d'une pièce, on disait : Elle est toute d'intérêt. « C'est possible, ajouta Grassot, car il ny a pas de fonds. »
Tout le reste est du même style. Un camarade lui présente ses deux enfants : « Oh! sapristi! fait Grassot, comme tes deux garçons se ressem-
Went;raîné surtout! »
Le chapitre des grassologismes occupe une large place; nous recommandons ces deux exemples : D'un homme qui a un œil plus petit que l'autre, Grassot dit : « Il boite d'un œil. »
Par contre-coup, d'un homme qui boite : « Il louche des jambes. »