doué d'un talent admirable et apprécié de
*ous, est constamment resté à l'écart, qui n'a eu
^1 ambition, ni jalousie, et auquel trois gouver-
^^Ocients n'ont rien trouvé à donner, pas même
^^ morceau de ruban rouge. Je veux parler de
"*^* Auguste Barbier. Qui croirait que l'écriture du
^*^eintre emporté de la Curée et de Terpsichore
^^t une écriture caJme, petite et soigneuse? Qui
^^^it s'imaginer que l'auteur éloquent du Pianto
^^ploie le grattoir [et la sandaraque? Rien n'est
plus vrai cependant, et cela confond toutes les
^liéories que l'on essayerait de formuler sur lesF
écritures comparées. Ce n'est pas, du reste, la
pTemière fois que nous voyons l'écriture d'un
*^oinme en complète désharmonie avec sa pensée.
Cela peut s'expliquer par mille causes, par la
^Construction des doigts, par la faiblesse de la vue,
Il6 LE PETIT PARIS.
par des habitudes de jeunesse, si Ton a trave des études de procureur ou des comptoirs co merciaux, ou bien encore par cette étrange J d'hérédité qui fait que dans certaines famil^ récriture se transmet comme le visage, comm^ caractère, comme les passions.
Ce sont précisément ces désaccords, ces an thèses apparentes qui, en dehors de toute aut valeur, donnent tant d'attrait aux autograph^^ des personnes renommées. Cet attrait s* évanoui lorsque la calligraphie sera devenue, comme e Perse et en Chine, un art déterminé. Il est facil de concevoir que l'écriture est absolument e enfance; je dirai même plus : elle n'est qu'u moyen transitoire pour arriver à l'application::^ individuelle de Timprimerie. Avant cinquan ans, chaque individu possédera un appareil ty pographique, moyennant lequel l'émanation d la pensée aura un aspect uniforme chez trente ^ millions de Français. — Ce jour-là, l'autographe ' n'existera plus.
Comme toute chose, l'écriture est, chez nous, soumise aux variations de la mode. Aussi n'at-on pas plus le droit de se moquer des écritures anciennes que des costumes anciens. Sans remonter très-haut, les délicates marquises du dernier siècle, les duchesses à vapeurs et à petits sentiments, avaient de grosses écritures de tabellion, bien faites pour dérouter aujourd'hui ces amateurs forcenés qui prétendent avec deux ou trois