LES ACTEURS HOMMES POLITIQUES
que sa lettre à Fouquier-Tinville, au sujet de rincarcérationl en masse des artistes du Théâtre- Français.
Je sais de lui, en revanche, une apostrophe à ce même Fouquier-Tinville qui est de toute beauté :
— Vous avez démoralisé le supplice !
Les acteurs politiques de cette époque eurent des fins diverses.
On avait fait de Grammont un général ; quel- ^vies mois après, on en fit un homme sans tête.
D'autres durent rester pendant plus ou moins longtemps éloignés de la scène.
Collot d'Herbois fut déporté à Cayenne, où il
Courut d'une fièvre inflammatoire, qu'il aggrava
^ïx buvant d'un seul trait une bouteille de vin de
*^queur, dans une nuit de délire. Les nègres
^Ixargés de le transporter à l'habitation du chi-
^rgien accomplirent cette mission avec une
*^lle mauvaise grâce que Tex-président de la
Convention expira pendant le trajet.
Pressés de se rendre à la danse, les noirs Tent errèrent à demi, et son cadavre fut déchiqueté ï^^r les corbeaux.
Collot d'Herbois avait quarante-trois ans.
Depuis cette époque, le zèle des comédiens l^Our la politique a paru se ralentir.
Bocage est presque le seul, de nos jours, qui ^it tenu à honneur de continuer la tradition. Ses
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l68 LE PETIT PARIS.
convictions respiraient l'honnêteté et la sincérité. Il était continuellement en proie à la fièvre patriotique.
— Je ne peux cependant pas lui donner la république ! s'écriait son directeur désespéré.
Sa haine des rois en général — et de Louis- Philippe en particulier — était proverbiale. Il fit remonter le Pinto, de Lemercier, tout exprès Itrî. pour avoir le droit de pousser ce cri : \}^
— A bas Philippe !
Une autre fois, dans Don Juan de Maranar \
Bocage trouve le moyen de scinder cette phrase : a Généreux comme le roi... d'Espagne!» et d'y faire saisir par le public une application à Louis ^ Philippe.
Avec quelle joie, dans le drame d'Ango^ i ^ crachait Tinsulte à la face de François 1" Comme il le souffletait du plat de son épée Comme, après Ta voir jeté par terre, évanoui d peur, il lui piétinait sur le corps ! — Bocage étai vraiment heureux alors.
Mais on ne finirait pas à rapporter tous le traits à Taide desquels il prétendait se fair accepter comme homme politique.
Il avait figuré dans les trois journées de juil let i83o; il joua plus sérieusement dans la révo-^ lution de février 1848. Il se montre à l'hôtel der^ ville, dans les clubs; il se multiplie.
A la journée du i5 mai, lors de l'envahissement de l'Assemblée, il apparaît à côté du pom-