‹ Le petit ParisienChapitre 82 sur 85 · XXII. Choses et autres. 1 7 e · texte numérisé non relu

XXII. Choses et autres. 1 7 e

n*est paS't'à moi, tu m'as-t-appel/?, fetais-t-à la maison, tu es-t'un farceur, etc. — Un troisième genre de fausse liaison est le pataquès^) qui consiste à intercaler le son d*un s ou d'un t là où il n*y en a pas, comme dans: avec-s-un, fai été-^-hiissard, 7ious voilà-^-arrivés, en voulez-vous des^s-homards?, ce sont des^^-héros, fietoi-s-y (pour: tu peux fy fier), menez-mois-y (menezmoi là), mets-toi-^-y (mets-toi là), donne-moi-s-en (donnem'en), serS'toi-s-en (sers-t'en), laissez-mois-entrer (laissezmoi entrer); Malbrough s'en va-t-en guerre, il a-X-été, il a-X-acheté, elle a-t-achevé, il y a^t-aussi, on a-t-aussi, il y a-t-encore, etc., etc.

Plus généralement, on réimit ces trois nuances de fausse liaison sous ime dénomination commune en les appelant indistinctement ou des cuirs ou des velours.

Dans la vie de chaque jour, la liaison ne se fait pas avec cette exactitude scrupuleuse qu'on y apporte dans le discours soutenu, au contraire; des liaisons trop méticuleuses prêteraient au ridicule. On devra éviter surtout les liaisons prétentieuses, comme: ce vinn-^t àon-n-et frais, au lieu de: ce vin \ est bon \ et frais, ou bien : ce vin | est frais | et bon,

Choses et autres.

On fera bien de ne pas trop afficher sa nationalité; toute allusion aux affaires politiques est déplacée et doit être évitée. Si toutefois un Français s'avisait de vouloir traiter des sujets politiques, on fera bien d'éviter une discussion

ï) Ce mot est tiré, dit-on, de la phrase je ne sais pas-t-à qu^est-ccy pour je ne sais pas à qui c*est^ attribuée à un plaisant qui voulait se moquer des fautes de liaison commises par deux femmes peu instruites, mais étalant un grand luxe.

mmf. XXII. Choses et autres.

inutile en lui répondant par quelques mots fermes, mais polis. En général, le Français, et surtout le Parisien, même le simple ouvrier, est poli envers tout le monde.

L'étranger qui ne s'arrêtera que pendant quelques semaines à Paris, dans le but d'y étudier la langue usuelle, la vie et les curiosités, n'aura pas besoin de se pourvoir d'un habit noir. Il se contentera d'un costume de voyage, d'un vêtement de promenade et, pour faire visite, d'une redingote ou d'une jaquette noires et d'un pantalon foncé ou clair. Mais il fera bien de prendre avec lui un chapeau haut de forme; le chapeau melon (ou chapeau rond, chapeau de feutre) n'est pas très bien porté (ou n'est pas de mode) à Paris.

L'habit (noir) et la cravate blanche sont de rigueur aux premières places des grands théâtres et dans les soirées, même quand il n'y a pas soirée dansante.

On salue ses amis d'un geste de la main, ses égaux en ôtant son chapeau et en l'élevant un peu au-dessus de la tête. Il est bon de ne pas abuser de la poignée de main: on ne tend (ou offre, serre) la main qu'à ses amis, mais il n'est pas d'usage de serrer la main à ses voisins de table à la fin d'un repas. Ordinairement, on garde son chapeau en entrant dans un magasin, dans un café, dans un bureau; on le garde même au théâtre avant le lever du rideau et pendant les entr'actes. Les messieurs distingués portent de préférence un chapeau de soie (ou chapeau haut

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