III. Café. Brasserie. Jeux. Restaurant. Journaux. Fumer
quand ils passent la soirée au café. En France, ce ne sont que les petits employés, les ouvriers et les cochers (de fiacre) qui prennent leur verre de vin , leur chopine (-^ litre environ) ou leur litre de vin chez le mastroquet (ou marchand de vins). Les gens du monde prennent leur bock, leur café, etc. La visite des cabarets et des marchands de vins ne se recommande q^ie par curiosité; il en est de même des estaminets (ou débits de bière d'un ordre inférieur), qui sont très nombreux dans le Nord de la France.
Dans les brasseries on débite ordinairement de la bière de Strasbourg, de Munich, de Nuremberg, de Pilsen, ou de Vienne. Il y a de la bière blonde et de la brune. Les Parisiens aiment beaucoup la bière allemande; ils en font autant de csis que du vin ordinaire; mais ils en boivent toujours avec modération (un ou deux quarts), tandis que les consommateurs qui se font servir un demi(-litre) après l'autre sont, en majorité, des Allemands. Pour moi, je bois généralement deux ou trois demis tous les soirs. Si je bois davantage, je suis sûr d'avoir mal aux cheveux le lendemain. A votre santé, Monsieur! — A la vôtre! Quand je désire me faire servir un verre de bière, soit un bock (ou un quart), soit un demi (ou un double), j'appelle le garçon. Garçon! — Voilà, Monsieur! . . . Monsieur? — (Apportez-moi) un bôck!
Parfois je fais, à la brasserie ou au café, une légère collation, soit avec du fromage de Hollande, soit avec du gruyère ou du suisse, soit avec un(e)
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sandwich^ (c'est une tranche fine de jambon, de langue, de saucisson, etc., entre deux tranches minces de pain beurrées).
Notez bien le dicton:
Vin sur bière fait V affaire, Bière sur vin ne vaut rien!
Nous faisons généralement une partie de cartes; quelquefois nous jouons au billard, aux dominos ou à d'autres jeux. Parmi les nombreux jeux de cartes que doit connaître celui qui fréquente la bonne société, c'est le piquet qui est le plus répandu; on le joue à deux, à trois ou à quatre (joueurs) et avec trente -deux cartes, qui sont Tas, le roi, la dame, le valet, le dix, le neuf, le huit, et le sept de chaque couleur. Les quatre couleurs sont le trèfle, le pique, le cœur et le carreau. Chaque joueur tire une carte pour voir qui donnera (ou battra) le premier; puis on bat, coupe et donne les cartes, deux par deux ou trois par trois. Oest à moi (à vous) de donner (de faire). Pai (Vous avez) la donne. Ce qui, dans certains jeux, reste des cartes après la distribution, se nomme le talon. Chacun range son jeu pour se rendre compte de sa valeur. Celui qui se décide à risquer un jeu, a le droit de prendre les cartes du talon et Sécarter un nombre correspondant de cartes qui lui semblent les moins bonnes. Quand il a fait récart, on commence à abattre les cartes. A qui de commencer? A qui de jouer? (C'est) à moi
' sandwich {ch se prononce tch') est des deux genres, mieux du masculin. ^ .