‹ Le petit Pierre: La vie en fleurChapitre 3 sur 16 · ALPHONSINE · texte numérisé non relu

ALPHONSINE

AIphoDsiae Dusuel, de sept ans plus &gée que moi, était maigrictionne et souffreteuse; elle avait des cheveux gras et le yisàge taché de soD. Ou je me trompe biea, ou ce durent être, p&r la suite, ses torts les plus impardonnables aux yeux du monde. Je lui en connus d'autres moins graves, tels que l'hypocrisie et la méchanceté, si naturels en elle qu'ils y avaient de la gr&ce.

Un jour que ma chère maman me promenait sur le quai, nous rencontrâmes madame Dusuel et sa QUe. On s'arrêta et les deux dames firent un bout de conversation.

— Ce trésor! Comme il eat joli! s'écria la jeune Âlphoasine eo m' embrassant.

Sana avoir alors autant d'intelIigeQce qu'an chien ou un chat, j'étais comme eux un animal domestique, et comme eux, j'aimais la louange que les bètes sauvages dédaignent. Dans un transport qui toactta les deux mères, la jeune - Alphonsine me souleva de terre, me pressa sur son cœur et me couTrit de baisers en vantant ma gentillesse. Et dans le même moment, elle me piqijait les mollets avec une épingle.

Et moi de me débattre, de frapper Alphonsine des poings et des pieds, de hurler, de fondre en larmes.

 cette vue, madame Dusael laissait paraître dans ses yeux et dans son silence de la surprise et de l'indignation. Ma mère me regardait douloureusement, se demandait comment elle avait pu mettre au jour un enfant si dénaturé, et tantât accusait le ciel de ce maUieur immérité, et tantdt s'accusait de l'avoir mérité par ses fautes. Enfin, elle demeurait interdite et troublée devant le mystère de ma perversité. Je ne pouvais pourtant pas le lui expliquer, si je ne savais pas parler. Le

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pea de mots que je parvenais à balbutier ne m'étaient d'aucun secours en cette circonstance. Planté sur mes pieds, je demeurais haletant et pleip de larmes; et la jeûna AlphoQsine, penchée sur' moi, m'essuyait les joues, me plaignait, m'excusait :

— Il est si petit! Ne le grondez pas, madame r^ozière. J'en aurais du chagrin. Je l'aime tant!

Ce ne fut pas une fois, mais vingt fois qu'Alphonsine m'embrassa avec transports en m'enfonçant une épingle dans les mollets.

Plus tard, quand je pus parler, je dénonçai cette perfidie & ma mère, et à madame Matbias qui prenait soin de moi. Mais on ne me crut pas; on me reprocha de calomnier l'innocence pour pallier mes torts.

Il y a longtemps que j'ai pardonné à la jeune Alphonsine sa perfide cruauté et même ses cheveux gras. Bien plus, je lui sais gré ie m'avoir beaucoup avancé, quand j'avais deux ans, dans la connaissance de la nature humaine.

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tr'^'Stn PIERRE EST DANS LE JOURNAL

Tant que je n'ai pas su lire, le journal a exercé sur moi un mystérieux ftttrait. Quand je voyais mon père déployer ces grandes feuilles couvertes de petits signes noirs, et lorsqu'on en lisait des parties à haute voix, et que de ces signes sortaient des idées, je croyais assister à ane opération magique. De cette feuille si mince, couverte de lignes si Sues, sans aucune Signification à mes yeux, s'échappaient des crimes, des désastres, des aventures, des fêtes. Napoléon Bonaparte s'évadaut du fortdeHam, Tom-Pouce habillé en général, le Bœuf Grus

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Dagobert promené daas Paris, ladachesseda Praslio assassinée! Toat cela dans une feaille de papier et mille choses encore, moins solennelles, plos familières, et qui piquaient ma eoriosité, tons ces tieurt qni donnaient on recevaient des coups, qui se faisaient écraser par des yoitares, qui tombaient des toits oa portaient chez le commissaire de police la portfi-monoaie qu'ils avaient troaré. Comment tant de tieurs, quand je n'en voyais aocun? Et je m'efforçais vainement de me représenter on tieur. Je demandais ce que c'était, mais on ne me répondait nen de satisfaisant.

En ces temps reculés, madame Mathiasvenait à la maison aider Mélanie, avec qni elle s'aocordait d'ailleurs fort mal. Madame Mathias, d'un caractère difficile, violente et sensible, me montrait beaucoup d'intérêt. Elle avait imaginé diverses supercheries édifiantes et morales pour me rendre meilleur. Elle feignait, par exemple, de trouver rapporté dans le joui> nal, parmi les faits divers, entre un incendie I attribué à la malveillance > et un accident arrivé « au sieut Duchesne, journalier », le récit de ma conduite de la veille. %l\e lisait : c Le jeune Pierre Nozière s'est montré hier.

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aux Toileries, disobéiasant et colère, mats il « promis de Se corriger de ces vilains défauts. > Ha raison était asseï ferme, h deux ans, pftfir qoe je ne crosse pas facilement être dans les feuilles, comme H. Goitot et le sieur Dnchesne, journalier. Je remarqaais que madame Mathias, qoi dictùEfrait, en ftnonnaot un peu mais sans trop se reprendre, les noovelles diverses, était prise subitement d'hésitations sio^olières quand elle en arrivait & celles qui me cODceroaîent, et j'en concluais que ces dernières, elle ne les trouvait point imprimées dans le journal, mais les improvisait avec une insoffisante habileté. Enfin, je n'étais point dope, mais il m'en coûtait de renoncer k la gloire d'6tre imprimé dans le journal, et j'aimais mieux tenir la chose pour incertaine que de la savoir fausse.

LES EFFETS D DN FADZ JOGSHENT

Voici ce qae je retrouve eocore dans la naît des temps primitifs. C'est pea de chose, mais tOQtes les origines ont pour nons l'intérAt du mjst&re et, ne pooTaot connaître les commencements de la pensée humaine, on se plaît à saiyre du moins l'éveil de l'intelligence chez un enfant. £t si l'enfant ne présente rien de singulier ni d'extraordinaire, il en offre un sujet plus précieux d'observation, puisqu'il représente à lui seul une multitude d'enfants. C'est pour cette raison que je vais conter mon anecdote, et aussi parce que j'y prendrai un vif plaisir.

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Uq jour... je ne puis m'e;xprîmer plus précisément, car la place de ce jour dans l'ordre des temps est perdue et ne se retrouvera ïomais... un jour, dis-je, revenant de la promenade avec Hélanie,' ma yieille bonne, j'entrai, comme de coutume, dans la chambre de ma mère et j'y sentis une odeur que je ne sus point reconnaître et qui venait, comme je l'ai appris depuis, de la fumée de charbon, une odenr non point &cre et suffocante, mais .

ténue, sournoise, écœurante, et qui toutefois ne m'importunait guère, car, pour l'odorat, j'étais alors plus semblable au petit chien Caire qu'à M. Robert de Montesqniotf, le poète des parfums. Or, en même temps que cette odeur inconnue ou plutM méconnue de moi chatouillait mes narines inhabiles, ma chère maman, après m'avoir demandé si j'avais été bien sage à la promenade, me mit dans la main une sorte de tige d'un vert émeraude, de la longueur d'une lame de couteau à dessert, mais beaucoup plus épaisse, toute étincelante de sucre, et qui m'apparut comme une merveilletue friapdise, 'empreinte des charmes dé l'inconnu : je n'avais encore rien vu d'approchant

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— Goûte, tue dit ma mère, c'est très bon.

C'était très boa, en effet. Cette tige, quand on y mordait, se rompait en fibres sucrées d'un goût vraiment agréable et plus fin que tout ce que j'avais goûté alors de confiseries et de sucreries.

Et cette plante d'une telle douceur me fit songer aux fruits de la contrée où coulent des ruisseaux de sirop de groseilles, h travers des rochers de caramel, bien qu'à vrai dire, je crusse aussi peu au pays de Cocagne que Virgile aux Champs Ëlyséens, admirés des Grecs,

Qimmvu etyiûu mirelar Grxeia etanpoi;

mais je me plaisais, comme Virgile, à des fictions enchanteresses, et mon esprit s'émerveillait, ignorant le traitement que les confiseurs font subir k un pied d'angélique pour le rendre plaisant au palais. Car ce b&ton d'éme- , raude tant délectable n'était autre chose qu'un morceau d'angélique offert à ma cbëre maman par madame Caumont qui en avait reçu de Niort toute une caisse.

 quelques jours de là, revenant pareillement de la promenade avec ma bonne Mélanie, je sentis dan3^1a chambre de ma mère cette

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pattieoli&n odeur de famée douceâtre et sournoise, qoe j'aTus sentie en TOymnt de Tuij^lîqae pour la premt&re fois, et qae je crus être l'odeor de V^ang^lique. ^

J'embrassai ma chère maman ireo une exactitude rituelle. Elle me demanda si jo m'étais bien amusi à le promenade, et jo répondis qu'oui ; si je n'avius pas trop tour* monta Hélanie, et je répondis que non. Et, ayant rempli mes devoirs filiaux, j'attendis que maman me dona&t un morceau d'angâlique.

Comme elle avait repris sa broderie et ne paraissait pas disposée à faire te joli geste que j'attendais, je me décidai à réclamer mon angélique, ce que je ne fis pas sans déplaisir, tant était grande la délicatesse de mes sentiments.- Maman leva les yeux de dessus son ouvrage, me regarda un peu surprise et me dit qu'elle n'en avait pas.

PlutM que de la soupçonner d'un mensonge, même léger, je pensai qu'elle plaisantait et différait le contentement de mon désir soit pour le rendre plus grand, soit en cédant k cette mauvaise habitude qu'ont les personnes sérieuses de jouir de l'impatience des oliieus et des enfants.

r Je la pressai <!e me donner mon ang^Iique.

Elle me répéta qu'elle n'avait point d'ange lique et visiblement elle parlait pour toot de l^on. Sûr, hélas! du témoignage de mes sens et des lumières de ma raison, je répliquai avec assurance qu'il y avait de l'angélique dans la chambre puisque je la sentais.

L'histoire des sciences abonde e^ exemples d'une semblable aberration; et les pins grands génies de l'humanité se sont souvent b-ompés de la même manière quelepetitPierreNoiière. • Le petit Pierre attribuait à un corps certaine propriété qui appartient à un autre corps. Il y a en physique et en chimie des lois aussi mal fondées et qui sont respectées et le seront encore jusqu'à leur tardive abrogation.

€es considérations n'entrèrent pas dans l'esprit de ma chère maman qui haussa les épaules et me traita de petit imbécile. Je fus outré et déclarai que je n'étais pas un petit imbécile et qu'il y avait de l'angélîque puisque je la sentais, et que ce n'était pas bien à une maman de mentira son petit garçon. En entendant ce reproche, ma mère me regarda avec nue surprise et une tristesse profondes. Je fus soudain convaincu par ce regard que ma chère

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maman ne m'avait pas trompé et qa'en dépit des apparences il n'y avait pas d'angélique dans la maison.

Ainsi, poor cette fois, mon cœur éclaira ma raison. Je voudrais en conctnre que toujours on doit se gouverner snr les lumières du cœur. Ce serait la morale de cette histoire; les âmes tendres s'en délecteraient. Mais il faut dire la vérité au risque de déplaire. Le cœnr se trompe comme l'esprit; ses erreurs ne sont pas moins funestes et l'on a plus de mal à s'en défaire à cause de la douceur qui s'y mêle.

LE Qtmt EST VOVÉ K L'iNJUSTICE

Le génie est voué h l'injustice et au mépris; j'en fia de bonne heure l'expérience. A l'âge de quatre ans, je dessinais avec ardeur; mais, loin de retracer tons les objets qui s'offraient à mes regards, je représentais uniquement des soldats. A vrai dire, je ne les dessinais pas d'après nature : la nature est complexe et ne se laisse pas imiter facilement. Je ne les dessinais pas non plus d'après les images d'Épinal que j'achetais' un sou la pièce. U y avait encore \k trop de lignes dans lesquelles je me serais perdu. Je me proposais pour modèle le sou-

venir simplifié de ces images. Mes soldats se composaient d'un rond pour la tète, d'un trait pour le corps, et d'un trait pour chaque bras et pour chaque jambe. Une ligne brisée comme un éclair figurait le fusil avec sa baïonnette et c'était très e^ressif. Je ne faisais pas entrer le shako sur la tète; je le mettais dessus, pour montrer toute ma science et spécifier h la fois la forme de la tète et celle de la coiffure. J'en dessinais un grand nombre de ce style, commun à tous les dessins d'enfants. C'étaient, si l'on veut, des squelettes et même des squelettes très sommaires. Tels quels, mes soldats me paraissaient assez bien faits. Je les traçais à la mine de plomb, en mouillant excessivement mon crayon pour le faire marquer. J'eusse préféré dessiner à la plume, mais l'encre m'était interdite, de peur des taches. Cependant, j'étais content de mon œuvre et me trouvais du talent. J'allais bientôt m'étohner moi-même.

Un soir, soir mémorable, je dessinais sur la table de la s&lle à manger, que Mélanie venait, de djBsservir. C'était l'hiver; la lampe, coiffée d'un abat-jour vert à Chinois, éclairait mon papier d'une chaude lumière. J'avais déjà tracé cinq ou six soldats, par ma méthode ordinaire

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que je pratiquais avec facilité. Tout à coup, dans un éclair de génie, j'eus l'idée de représenter les bras et les jambes, non plus par un seul trait, mais au moyen de deux lignes parallèles. J'obtins ainsi une surface qui donnait l'illusion de la réalité. C'était la vie même. J'en demeurai ravi. Dédale, quand il fît des statues qui marchaient, ne fut pas plus content du travail de ses mains. J'aurais pu me demander si j'avais été le premier à imaginer un si bel artifice et si je n'eu avais pas déjà vu des exemples. Mais je ne mêle demandai pas.

Je ne me demandai rien, et les yeux écarquiiléa et tirant une langne d'une aune, stnpide, je contemjJai mon ouvrage. Puis, comme il eet dans la nature des artistes de proposer leurs œuvres à l'admiration des hommes, je m'approchai de ma mère qui lisait dans un livre et, lui présentant mon papier barbouillé, je criai :

— Regarde!

Voyant qu'elle ne faisait aucune attention à ce que je lui montrais, je mis mon soldat sur le livre qu'elle lisait.

Elle était la patience mendie.

— C'est très bien, me diwlle avec douceur, mais d'un ton qui montrait qu'elle' ne

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s'apercevait pas assez de la révolutioa que je venais d'opérer dans les arts da dessin.

Je répétai plusieurs fois :

— Maman, regarde!

— C'est bien, je vois. Laisse-moi tranquille.

— Non ! tu ne vois pas, maman ! '

Et J9 voulus lui arraeher U livre qui la détournait de mon chef-d'œuvre.

Elle me défendit de toucher & ce livre avec mes mains sales.

Je lui criai désespérément :

— Tu ne vois donc pas !

Elle ne daignait rien voir et m'ordonnait de me taire.

Outré d'un tel aveuglement et d'une telle injustice, je frappai du pied, je fondis en larmes, je déchirai mon chef-d'œuvre.

— Que cet enfant/ est nerveux! soupira ma' mère.

Et elle me mena coucher.

J'étais en proie à un sombre Ûésespoir.

Songez donc! Avoir fait faire aux arts un bond immense, avoir créé un moyen prodigieux d.'exprimer la vie, et, pour tout salaire et pour tonte gloire, être envoyé coucher!

Peu de temps après cette disgrâce, il m'en

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arriva une autre qui ne me fat pas moins cruelle. Vo;ci dans quelle circonstaAce : Ma ' mère m'avait appris assez vite i former passablement mes lettres. Sachant un peu écrire, j» pensai que rien ne m'empêchait de composer un livre. J'entrepris, sous les yeux de ma chèra maman, on petit traité théologique et moral.

Je le commençai en ces termes : c Qu'est-ce qne Dieu... » et ausaitfttje le portai à ma mère pour'lui demander si cela était bien ainsi. Ma mère me répondît que c'était bien, mais qu'à la fia de cette phrase, il fallait un point d'intarrogation. Je demandai ce que c'était qu'un point d'interrogation.

— C'est, dit ma mère, un signe qui marque qu'on interroge, qu'on demande quelque chose. Il se met après toute phrase interrogative. Tu dois mettre un point d'interrogation puisque tu demandes : ■ Qu'est-ce que Dieu? »

Ma réponse fut superbe :

— Je ne le demande pas. Je le sais.

— Mais si! tu le demandes, mon enfant.

Je répétai vingt fois que je ne le demandais pas, puisque je le savais, et je me refusai absolument à mettre ce point d'interrogation qui m' apparaissait comme un signe d'ignorance.

Ma mère me reprocha Tivemeat mon obstinatioa et me dit qae ; je n'étais qu'un sot.

Mon amour-propre d'auteur en souffrit et je répliquai par je ne .sais quelle impertinence pour laquelle je fus mis en pénitence.

J'ai bien changé depuis lors ; je ne me refuse plus à placer des points d'interrogation k tous ' les endroits oit c'est l'usage d'en mettre. Je serais même tenté d'en tracer de très grands . au bout de tout ce que j'écris, de tont ce que je dis et de tout ce que je pense. Ma pauvre mère, si elle vivait, me dirait peut-être que maintenant j'en mets trop.

J'avais connu de tout temps madame Laroque qui, dans notre maison, habitait avec sa fiile un petit appartement au fond de la cour. C'était une vieille dame normande, veuve d'an capitaine de la garde impériale. Elle n'avait plus de dents et ses lèvres molles rentraient sous ses gencives; mais ses joues étaient rondes et empourprées comme les pommes de son' pays.

N'ayant aucune idée de l'instabilité de la nature et de l'écoulement des choses, je la croyais contemporaine des premiers âges du monde et en possession d'une impérissable vieillesse. On

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