CHAPITRE IX
NoQTeaux malheurs. — Td père, tel fila.
Uaisance, une aisance modeste, commençait à entrer dans cette existence laborieuse, lorsque tout à coup de nouveaux malheurs vinrent fondre sur elle.
Stephenson, reconnu déjà pour un ouvrier intelligent et adroit, avait été envoyé en Ecosse pour réparer une machine; il lui était alloué pour ce travail une sommé assez ronde, trente livres sterling, sept à huit cents francs. Il y avait certes de quoi prendre les voitures publiques; mais l'excellent homme destinait à Pinstruction de son fils Robert tout ce qu'il gagnait, et, pour n'en rien distraire, il alla à pied et revint de même. Il crut toutefois, en revenant, pouvoir se détourner pour embrasser son vieux père, qu'il n'avait pas vu depuis longtemps, depuis son mariage peut-être.
Non qu'il en fût bien éloigné ; mais on n'avait en ce temps ni les chemins de fer, ni les télégraphes, ni la correspondance fréquente et à bas prix; on était voisins, et on ne pouvait ni se voir, ni même avoir aisément des nouvelles les uns des autres ' .
Quand Stephenson arriva, tout heureux de dire au bon vieillard que ses petites affaires n'allaient pas trop mal, il apprit que le bonhomme, atteint par un jet de vapeur et devenu aveugle, était tombé dans la misère.
i . Voir» & rappendice, la note D.
Ses frères, pauvres eux-mêmes, n'avaient pu prendre de nouvelles charges ; et le malheureux Bob, forcé de contracter des dettes, et ne sachant comment les payer, était abîmé dans la douleur, appelant son Georges, qui ne venait pas.
Georges n'hésita pas : il sacrifia l'argent destiné à l'éducation de son fils, solda les créanciers de soupèrCi puis le prit avec lui, et l'installa convenablement près de sa demeure. Il eut le bonheur de l'y garder assez longtemps pour commencer à le faire jouir de sa gloire naissante.