‹ Le petit poucet du XIXe siècle: Georges Stephenson et la naissance desChapitre 19 sur 69 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Dés^poir. « Projets de départ. — Nouveau changement de fortune, i

Le coup cette fois était tel que Stephenson songea à s'expatrier; il voulait aller chercher par delà les mers, jusqu'en Amérique, une terre où les hommes n'eussent pas la sotte habitude de s'entr'égorger. Les choses ont bien changé depuis ; les gens du nouveau monde, comme les gens de l'ancien, se sont fait la guerre, et ils l'ont faite en grand. Près d'un million de victimes, et trente à quarante milliards, pour donner la liberté à quatre millions d'esclaves dont il eût été facile de payer la rançon pour quatre ou cinq milliards sans verser une goutte de sang; c'est un assez joli prixl Mais alors on ne connaissait pas ces procédés violents, et les États-Unis avaient le privilège de vivre en paix depuis leur constitution en république.

Ce qui empêcha Stephenson de donner suite à son projet, ce fut l'impossibilité de payer le voyage ou de trouver à en emprunter le prix.

Toutefois il était de ceux qui savent, sans avoir eu besoin de l'apprendre à l'école de Franklin, que f le travail paye les dettes », et que de désespoir les augmente >. Une be désespéra donc pas longtemps, et peu à peu grâce à un redoublement d'énergie, il commença à sortir de l'abîme de douleur et de misère dans lequel

il avait été sur le point de somHrer. Jusqu'à ce qu'enfin, par un de ces hasards qui n'arrivent qu'à ceux qui en sont dignes, une aventure, qu'il importe de faire connaître avec quelque soin, vint le remettre décidément à flot. C'était vers 1811.

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