II. *— Le fea dans la mine. — Ce que peut le bon exemple
Un jour qu'il était enfermé dans son laboratoire, une détonation bruyante se produisit; tous ses ustensiles furent brisés, le plafond fut soulevé, et quant à lui, il ne sut guère comment il avait été épargné. Avec sa sérénité habituelle, il répara le dégât, et se remit au travail. A quelque temps de là, c'était dans la mine même que le mal éclatait, et l'on venait en toute hâte le prévenir que l'un des puits était en flammes.
Sans hésiter un instant, il court sur le lieu du sinistre, et, après s'être assuré qu'un autre puits, réuni à celui-là par les galeries souterraines, n'e st pas atteint, il se fait, malgré toutes les représentations, descendre au fond de la mine. Là il trouve, comme il l'avait espéré, la majeure partie des hommes encore en vie^ mais consternés et ne sachant à quel saint se vouer. Lui, en possession de tout son sang-froid, leur demande tranquillement s*ils ont l'intention de se laisser brûler vifs comme leurs camarades, ou s'ils préfèrent arrêter le feu et sortir de là. La réponse ne pouvait être douteuse. « Eh bien, camarades, dit-il, qu'il y ait parmi vous seulement six hommes de cœur capables de m' écouter et de m'obéir, et je réponds de tout. >
Naturellement tout le monde se présenta ; c'est toujours la même histoire. Quand on demande des gens de bonne volonté, même pour se faire tuer, tout le
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