‹ Le petit poucet du XIXe siècle: Georges Stephenson et la naissance desChapitre 3 sur 69 · I. — Naissance du Petit Poucet. — Sa première enfance · texte numérisé non relu

I. — Naissance du Petit Poucet. — Sa première enfance

Il y a bientôl un siècle- (c'était en 1781, le 9 juin), dans un petit village du pays du charbon, à Wylam, près de Newcastle, naissait un enfant qui, comme le Petit Poucet, ou comme le grand Franklin, n'était pas le seul de la famille, et ne paraissait guère destiné à faire grand bruit dans le monde. On l'appela Georges, Georges Stephenson.

Son père, Robert Stephenson^ ou, comme on disait familièrement dans le village, le vieux Boby était un brave ouvrier qui avait mérité par sa bonne conduite d'être chargé de la pompe d'épuisement. On sait que, parmi les nombreuses difficultés qui compliquent

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raîre, plus il a d'énergie et abat de houille. Tant il est vrai que l'intérêt bien entendu et Thumanité sont toujours d'accord!

Sans être, dans son poste modeste, parmi les derniers et les moins rétribués, le vieux Bob n'était pas riche, et ce n'était pas sans peine qu'il suffisait aux charges de sa nombreuse famille. Aussi le petit Georges s'éleva-t-il à peu près comme il put. Il grandit, ainsi que bien d'autres en ce temps, et dans le nôtre encore à la grâce de Dieu, ce qui veut dire trop souvent à la merci du diable.

Non qu'il vagabondât, à proprement parler. Non : il était sérieux par nature, ce petit ; et, tout enfant encore, un de ses plaisirs était de fabriquer, avec du bois et de la terre, des modèles de machines, plus ou moins semblables à celles qu'il voyait fonctionner autour de lui. L'une d'elles, dont la réussite lui avait causé une joie naïve, fut, dit-on, brisée par des camarades étourdis ou malfaisants ; et ce fut son premier grand chagrin*

Tout enfant aussi, il se rendait utile en surveillant plus ou moins les enfants plus jeunes, gardait les vaches, ou s'employait à ouvrir et à fermer les barrières au passage des wagons de houille qui circulaient, traînés par des chevaux, dans des ornières de bois, en attendantles rails de fer et l'attelage à vapeur qu'il devait leur donner plus tard.

Il récoltait de cette façon quelques menus profits, quelques pen€e\ et commençait à apporter son modeste écot à la famille. Mais cela ne lui suffisait pas, et il avait son ambition déjà. Il aspirait à descendre dans la mine comme les grands, pour y gagner comme eux un salaire régulier.

1. Le penny, au plariel pence, vaut un peu plus de 10 centimes. , C'est le douzième du shilling, qui vaut 1 fr. 25.

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