CHAPITRE VI
Uo sourenir personnel. — Un voyage en chemin de fer vert 1840.
Il y a bientôt quarante ans (c'était, je crois, en 1843 ou en 1844), c'est*à-dire à une époque où les chemins de fer n'étaient plus tout à fait une nouveauté, même en France, quelques voyageurs, parmi lesquels Fauteur de ces pages, avaient pris cette voie à Roanne. Ils allaient plus loin, et ils étaient en diligence. En ce temps-là, les diligences, non remplacées encore, empruntaient les parties de parcours sur lesquels le hemin de fer était construit : on leur enlevait leurs roues, on les plaçait sur des trucs, et à l'arrivée on les remontait sur roues et on les attelait de nouveau.
Parmi nos compagnons de voyage se trouvait une dame d'un certain âge, qui n'avait pas encore fait connaissance avec ce mode de locomotion infernal. Aussi était-elle dans des transes perpétuelles. A un certain moment, sans qu'on fût en gare, le train s'arrête court. Qu'est-ce que cela pouvait bien être? Un accident, évidemment, et notre pauvre voisine de jeter les hauts cris :
c Ahl mon Dieu, messieurs, je vous en supplie, sauvez-moi; nous sommes perdus! etc. >
Au même instant, le conducteur de la diligence, (encore une institution d'autrefois qui s'en va), le conducteur, toujours prévenant et poli, s'avance, la