‹ Le petit poucet du XIXe siècle: Georges Stephenson et la naissance desChapitre 50 sur 69 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Concours des machines. — La Fusée des StephensDii,

On donna à Stephenson ce qu'il demandait, el il ût .ce qu'il avait promis.

11 fit même davantage, car avec le <5herain de fer qui lui était confié il fournit une locomotive nouvelle ■et sur laquelle on n'avait pas été en droit de compter.

Les locomotives antérieures, on l'a vu, même les siennes, laissaient encore beaucoup à désirer, et tout le monde, parmi les concessionnaires de la ligne, n'était pas fixé sur les mérites de la « machine voyageuse t. Aussi y avait-il, même à ce moment, des gens qui résistaient à leur emploi et parlaient d'en revenir aux moteurs animés. Stephenson, à force d'insistance, détermina la compagnie à ouvrir un concours et à promettre un prix pour la meilleure locomotive qui, à une époque donnée, lui serait présentée. Il y avait, bien entendu, à satisfaire à certaines conditions de force, de vitesse et de dépense *.

1. La commission chargée d'étudier la question du moteur était à peu près unanime à reconnaître que remploi des chevaux serait impossible, à raison de l'activité des transports ; mais elle hésitait entre les ma chines fixes et les machines locomotives. Deux ingénieurs, plus spécialement consultés, semblaient pencher pour les machines fixes, préférables, à leur avis, au point de vue delà dépense d'exploitation. Ce fut cette opinion que combattit Stephenson, et c'est à la suite de ses observations que run des directeurs, M. Uarrison, fit adopter l'idée d'un concours public.

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Il en fut d'ailleurs comme dans les courses ordinaires. Le signal donné, tous les prétendants ne s( trouvèrent pas en état de fournir carrière. L'un, ne répondant pas aux conditions du concours, fut exclu ; un second, ne se trouvant pas en mesure d'affronter la lutte, se retira plus ou moins éclopé ; un troisième, après un assez brillant début, dut s'arrêter-à la suite d'un accident; deux seulement arrivèrent, et Tun des deux avec une supériorité évidente sur son rival. C'était une machine appelée la Fusée, qui faisait ses six lieues à l'heure, avec une charge de douze tonnes, et dix lieues sans charge ^ Le prix lui fut adjugé sans hésitation; et lorsque, toutes vérifications faites, il s'agit de proclamer le vainqueur, on trouva qu'elle était signée de deux noms, ceux des ingénieurs Georges et Robert Stephenson, Le père et le fils avaient uni leur science et leur talent pour construire cette merveille.

Merveille est bien le mot; car cette locomotive, c'est celle que nous connaissons, ni plus ni moins.

Assurément on y a fait, et on y fera tous les jours.

1. On trouvera dans le livre déjà cité de M. L. Figuier les conditions de ce concours et un résumé des diverses expériences auxquelles il donna lieu. L'une des plus importantes fut celle dans laquelle la Fusée, après avoir marché horizontalement, avec une voiture contenant trente-six voyageurs, à la vitesse de dix lieues à l'heure, remonta, traînant toujours cette voiture, un plan incliné avec une vitesse de quatre lieues. Jusqu'alors on avait admis qu'on ne pourrait s'en servir que sur des terrains absolument horizontaux.

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