CHAPITRE XVIII
L'ingénieur Robert Stephenson.
Pour ces gigantesques travaux, d'ailleurs, Georges Stephenson n'était passeul,pas plus qu'il ne l'avait été pour la confection de sa locomotive. Son fils Robert, formé à son école, était son auxiliaire, plus tard son successeur, et devenait insensiblement comme le grand entrepreneur, on pourrait presque dire le grand ministre des travaux publics du monde entier. C'était à lui, quand un ouvrage dépassait les forces habituelles, que de toutes parts on s'adressait, et il justifiait, par la sûreté de l'exécution comme par la hardiesse de la conception, cette grande et universelle renommée. C'est à lui, entre autres, que l'on doit sinon peut-être l'invention (elle lui est contestée), du moins la construction de ces prodigieux ponts tubulaires grâce auxquels ont pu être franchis des espaces auparavant infranchissables, et dont un des plus beaux spécimens est. celui qui relie 3' Angleterre à l'île d'Anglesey par-dessus le golfe de Conway et le canal de Menai. C'est un gigantesque tunnel de fer en deux parties, dont la première a plus ie 120 mètres de long sur 4",14 de largeur et 7»,31de hauteur, et la seconde ne mesure pas moins de 554'°,75 de longueur et repose sur trois piles distantes de près de 144 mètres. Heureux si, à côté de tant de grandes et
Utiles audaces, Robert n'avait pas eu le tort de méconnaître ou de jalouser lagrande œuvre de M. F. de Lesseps, et de compromettre l'autorité de son nom en s'associant, comme ingénieur, à l'étroite politique de lord Palmerston! Ce qu'il avait déclaré impossible, lui aussi, a été fait; et c'est l'Angleterre qui, plus qu'aucune autre puissance, a lieu de se féliciter de ce qu'elle s'obstinait à empêcher.
Mais ceci est du présent, et l'histoire des Stephenson, celle du fàra surtout* est du passé*