‹ Le petit poucet du XIXe siècle: Georges Stephenson et la naissance desChapitre 66 sur 69 · LA LUMIÈRE QUI FAIT SON ŒUVRE · texte numérisé non relu

LA LUMIÈRE QUI FAIT SON ŒUVRE

mente. Nous pouvons bénir le soleil, dont la bienfaisante lumière a préparé pour nous cette houille. Mais nous devons songer aussi, nous devons songer surtout aux Stephenson, aux Watt, aux Jacquard, aux Fulton, aux Papin et à tous ces grands pionniers de la science qui ont travaillé à affranchir l'humanité en lui soumettant la nature.

Ils sont morts, ces grands rédempteurs de la primitive misère; et combien parmi eux dont les noms mêmes ne sont pas venus jusqu'à nous ! Mais ils nous ont laissé la meilleure partie d'eux-mêmes. Ils se survivent en quelque chose et, grâce à celte immorlalité terrestre, ils nous servent encore, et chaque jour ils sont là parmi nous, nous éclairant le chemin et nous aidant à conquérir l'avenir.

Est-ce assez de leur rendre justice? est-ce assez de garder leurs noms quand, par hasard, nous les connaissons, et de nous redire les uns aux autres avec une reconnaissance émue ce que nous leur devons ?

Non; et la seule manière de leur témoigner réellement notre gratitude, c'est de les imiter.

Nous sommes leurs débiteurs, et si nous ne pouvons leur payer à eux-mêmes notre dette ; payons-la du moins à ceux qui, à leur tour, peuvent devenir les nôtres. ^

Le patrimoine commun est un dépôt; nous lavons reçu successivement agrandi par les mains qui Tavaient reçu avant les nôtres; nous sommes tenus de le rendre plus agrandi encore à proportion de ce qui nous est devenu possible.

Nous avons hérité, nous devons compte de l'héritage.

Que ce soit là votre ambition à tous, chers Petits Poucets de tout âge et de toute condition, pour qui

une fois de plus j'ai conté cette histoire, et qui tous, j'en suis sûr, vou'ez devenir grands autrement que par la taille ; et l'ami qui vous offre ce volume n'aura pas perdu son temps à l'écrire, ni vous à le lire.

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