I. — Le Pelil Poucet, devenu grand, veut apprendre à lire
Un autre événement, plus important et plus fécond en conséquences, avait précédé celui-là : le jeune ouvrier était sorti de la région des ténèbres extérieures, dans lesquelles jusqu'alors il était demeuré plongé, et avait commencé à mettre le pied dans la région de la lumière. Pour parler sans métaphores, il avait appris à lire.
A dix-sept ans, on Fa vu, il ne connaissait pas ses lettres, et il n'y a pas à s'en étonner. Ce n*est pas en criblant le charbon à quatre cents pieds sous terre, ou en manœuvrant la pompe douze heures par jour, qu'il était facile d'aller à l'école. Il n'y avait pas beaucoup d'écoles, d'ailleurs, en ce temps-là, môme en Angleterre; et les enfants pauvres n'avaient pas à leur disposition, comme ceux d'aujourd'hui, ces ressources de toute sorte entre lesquelles il n'y a, pour ainsi dire, que rembarras du choix. On pourra bientôt dire, si cela continue, qu'il n'y aura plus d'ignorants que ceux qui auront absolument tenu à l'être. C'était presque le contraire il y a un siècle. L'ignorance , l'ignorance absolue, était le lot habituel des hommes de labeur; et ce grand garçon qui ne savait rien en savait tout juste autant que les autres.
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