Voir Jouaulty Abraham Lincoln
3. L'auteur de ce petit volume a eu Thonneur d'être en correspondance avec £lihu Burritt, et s'est rencontré, en mai 1870, avec lui à Londres, à rassemblée générale annuelle de la Société de la paix de celte ville (Peace sodety). C'était alors un homme de soixante à soixante^inq ans, d'apparence frêle et fatiguée, et dont l'extérieur annonçait plutôt un savant et un penseur qu'un homme d'action. Il pouvait dire cependant, sans être démenti par personne, • qu'aucun homme peut-être, dans l'ancien monde ni dans le nouveau, n'avait travaillé de sea mains plus dur que lui ■.
dont les obscurs efforts échappent aux regards de la foule.
Il y avait des heures pour les repas, et d'autres moments où la machine, tout en tenant soq conducteur à son poste, lui laissait quelque liberté. Le jeune mécanicien employa ces moments à s'instruire. Il épelait^ il traçait des caractères, il essayait de résoudre des "1
problèmes ; puis, ses douze heures de travail terminées, il allait veiller chez l'instituteur; après quoi il [
veillait encore dans sa chambre.
Ayant un jour raccommodé ses chaussures par économie, il a\ait réfléchi que ses camarades, eux aussi, n'avaient pas toujours les leurs en bon état; et il s'était dit en anglais ce que nous disons, nous, en français depuis bien longtemps : qu'il n'y a pas de sol métier.
En foi de quoi il s'était fait raccommodeur de vieux souliers.
II passait à ce travail une partie des nuits, et il gagnait ainsi de quoi payer ses leçons, tout en se les répétant à lui-même.
Quand on s'y prend de cette façon, on n'est pas ongtemps à apprendre tout ce que sait le maître auquel on s'adresse, et quelquefois plus que n'en sait le maître; c'est ce qui arriva. En peu de mois l'écolier avait épuisé la science de son premier instituteur, et il pouvait chercher ailleurs, par lui-même ou par la conversation des gens instruits qu'il rencontrait, d'autres connaissances.