‹ Le petit Robison de Paris: ou le triomphe de li̕ndustrieChapitre 7 sur 49 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

lettre d'un égoïste

<( Mon cher Cousin, ,

« Je ne suis pas assez riche pour te garder à ma

charge . . . D'ailleurs, je ne te dois rien. C'est toi, au

contraire, qui me dois le peu d'éducation que tu as reçue,

15 ce que tu as coûté jusqu'à ce jour, l'habit même que tu

portes.

« Mais je ne te le reproche pas ; seulement, arrangetoi à l'avenir comme tu le pourras, et oublie que tu as un cousin dans le monde. Paris n'est pas une île dé- 20 serte, comme tu l'as fort bien remarqué ; c'est une grande ville pleine de ressources. Tu sais lire, écrire, un peu calculer : cela te servira.

« Adieu, Camille ; ne me cherche pas, car, lorsque tu liras cette lettre, je serai déjà loin. Je suis le maître 25 dans ma maison; j'ai le droit d'en chasser qui me déplaît. Ne t'avise donc jamais d'y revenir.

« Il ne me paraît pas à propos de signer cette lettre : 17 arrange-toi = arrange tes affaires.

tu devines bien qui peut te l'avoir écrite; agis comme si j'étais mort, et ne demande jamais de mes nouvelles. « Adieu pour la seconde fois et pour toujours.»

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