‹ Le petit roiChapitre 2 sur 6 · BO · texte numérisé non relu

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nateurs de ce système d'espionnage et de délation, dont les exigences tout-à-l'heupe indignaient ton cœur d'honnête homme.

— Tu en parles avec bien de la chaleur, Godefroy, reprit Perdaillan, toi qui naguère concourais avec tant de complaisance à la rédaction d'une pièce destinée à passer sous leurs yeux et à provoquer peut-être de nouvelles preuves de celte tyrannie qui l'indigne à présent? A l'entendre, le tavernier ne pouvait appuyer son rapport de trop de rcnseignemens, de trop d'indications. Réponds-moi 5 n'était-ce pas entrer ^aîi's que rien t'y forçât dans ce système de Relation et d'espionnage contre lequel tu t'élèves avec tafit d'indignation 1

L'aventurier, pendant cette judicieuse remarque de son cousin, avait eu le temps 4e se calmer. C'était la première foisqu'il

&Q laissait emporter ainsi à la mani£estotion

— Gide son opinion ; mais il avait élé vivement troublé par la connaissance du parti pris par le jeune Perdaiilan. C'était de tous ses parens celui qu'il avait toujours le plus aimé, et, dès les premiers mots échangés avec lui, il apprenait que, si l'on en venait aux coups de hallebardes et d'arquebuse, il le trouverait peut-être en face de lui sur le champ de bataille. Je ne sais quel terrible pressentiment lui avait glacé le cœur en entendant cet officier, plein de vie, de force et d'avenir, annoncer froidement sa résolution de mourir, s'il le fallait, pour repousser toute attaque dirigée contre ceux-là môme que lui, La Renaudie, s'apprêtait à frapper -, et il ne faut pas s'étonner si l'émotion qui tout à coup était venue ébranler celle ame depuis si longtemps fermée à tout ce qui pouvait la détourner de sa voie, avait fait brèche dans la digu6

enlretenne autour d'elle avec une si conlinuelle surveillance.

— Mon cher Perdaillan, dit-il en riant, le secrétaire de maître Ancel a dû faire eonsciencieuseinent la besogne qui lui avait été confiée par ce brave homnie, et il n'est pas miil que le défenseur des Guise, ajouta-t-il d'un ton amer, arrête de temps en temps son esprit sur les faits et gestes de ses patrons... La persistance dans le parti que tu as embrassé n'en sera que plus héroïque. En reniellant sous tes yeux tout ce que ces grands personnages osent faire pour le maintien de leur autorité, je t'ai donné l'occasion de prouver que tes convictions et la ligne de conduite sont arrêtées d'une manière irrévocable. Plaisanterie à part, ei pour en revenir à ce rapport que tu m'accuses d'avoir rédigé, ajouia-til d'un ton plus sérieux, tu ne sais pas après

tout ce que j'ai écrit poiulaiit que l'aubergisle pariait.il a signé mun travail, mais il ne l'a pas lu... ce qui peut-ôtre lui eiH été difficile ; car il me fait assez l'effet d'être aussi brouillé avec l'art d'assembler les lettres qu'avec le talent de les tracer sur le papier.

— Quoi ! tu aurais cliangé le sens du récit que maître Ancel nous a fait !

— En serais-lu fâché, '^Perdaillan , si celte altération allait dans le sens de les appréhensions et do l'obligation que ton don-quichotisme t'impn>e ?

Ces paroles dites en l'air annonçaient la réaction qui s'opérait on hii oonlre le moment de faiblesse, contre le laisser-aller dont son cousin avait été la cause; comme le guerrier qui vient d'apprendre par une blessure l'endroit qu'il doit couvrir, car il sait l'endroit qui est vulnérable, il revenait

au combat avec des forces nouvelles, et pour se fortifier contre le sentiment qui avait fait chanceler son stoïcisme, il s'armait contre lui du mensonge et de la ruse; car il n'y a pas de meilleur moyen pour arriver à en vouloir à quelqu'un que de corainencer par le tromper.

— Perdaillan, reprit La Renaudie^ il est impossible qu'avec l'idée qui t'occupe et la mission qui t'esl donnée, tu n'aies pas cherché et deviné de quel côté pouvaient venir les complots que tu veux déjouer.... Les hostilités qui menacent de l'extérieur celle dont tu t'es constitué l'ange gardien, ne sont pas les plus redoutables... C'est à ses côtés, auprès d'elle ^ tout près d'elle, que se tient sa plus cruelle ennemie. . . Tu sais qui je veux dire.

— Ah! je le sais: la Florentine ne pardonnera jamais à l'Ecossaise d'être plus

belle, plus aimable, plus aimée qu'elle ne l'a jamais été, et surtout de porter à côlé d'elle ce nom de reine qui n'est plus rien pour elle, si la puissance n'y est pas attachée !

— Eh bien ! Perdaillan, ou tu n'as pas la moindre clairvoyance, ou la cour et ce besoin de savoir le mal pour trouver les moyens de le prévenir, t'ont mis sur la piste de plus d'une intrigue, de plus d'un complot tramé pour perdre dans l'esprit d'un enfant crédule celle qu'on a lanl à cœur d'éloigner, ou du moins pour créer dans sa première patrie de tels embarras à sa royauté étrangère, qu'il n'y ait point pour elle d'autre et déplus sûr moyen que de passer en Ecosse. Ne serait-ce pas bien joué , dis-moi, si du même coup Marie Stuart et son oncle François de Guise déguerpissaient un beau jour, ralliant autour

d'eux les chevaliers, s'il en est avec loi qui aient voué exclusivement leurs épées à la défense des dames , pour aller pourfendre les farouches prosél}'tes de Knox? Aliî crois-moi, mon camarade, pour amener une pareille détermination qui lui laisserait caile blanche pour reprendre, auprès de son lils, sa position perdue, dame Catherine mettrait le feu aux quatre coins de l'Ecosse, et malgré son catholicisme ardent, passerait bien volontiers l'amadou et les allumettes à l'hérétique Elisabeth d'Angleterre. Tu n'es pas sans savoir, sansdoute, ajouta-l-il lentement, et tenant son regard attaché sur le capitaine , que lord Cecil, l'ame damnée de la iiile des Tudor, est venu dernièrement en France et qu'il a fait plus de visites au Louvre qu'à l'hôtel de Châtillon.

— Il est venu au Louvre et même à

Blois, reprit vivement Perdaillan ; j'ai à ce sujet des renseignemcns pusilil's. A Tune de ces entrevues, qui fui la dernière, l'on entendit la reine- mère, quittant pour celte fois son jargon moitié français et moitié italien, dire en bon anglais à l'envoyé d'Elisabeth : What belongs to Scotch muU return to Scotch.

La femme qui entendit ces paroles me les a redites, crojant qu'il ne s'agissait que de quelque possession territoriale à faire rendre à l'Ecosse.

— « Il faut que ce qui appartient à l'Ecosse retourne a C Ecosse! » reprit La Renaudie en traduisant la phrase anglaise. Cela, ésidemment, concerne la jeune reine j c'est le mot d'ordre, la phrase de ralliement de celte intrigue. . . Eh bien ! que te disais-je, Perdaillan ? N'est-ce pas là qu'on veut l'amener? L'affaire est bien arrangée, va!

Qu'elle parte seulement, et tu verras si elle \aloin. La flotte chargée de la surprendre au passage, comme la pauvre allouette que le chasseur fait envoler quand il est sûr qu'elle va tomber dans son filet, déjà peutêtre a quitté les eaux de la Tamise... Ah! si jamais sa royale cousine peut lui donner l'hospitalité dans un de ses châteaux forts, qu'elle lui fera bien payer ses prétentions sur l'héritage d'Henri VIIl!

— Mais, s'écria tout à-couple capitaine, cette entrevue mystérieuse dont toi-même tu as écrit.... là.... tous les détails, ne serait-elle pas la suite et le complément de ces menées? Ce que l'aubergiste a dit de l'extérieur et du langage de la femme masquée , a un singulier rapport.. .

— Avec Catherine de Médicis? dit la Renaudie en souriant. Commences-tu seulement à t'en apercevoir, mon clairvoyant

cousin?... Oui, te dis-je, c'est Catherine, et le fait dont nous a entretenu l'auberbergiste n'est que le prélude à quelque nouveau tour que prépare l'Italienne.

— Et cet homme avec lequel elle s'est mise en rapport...

La Renaudie jeta sur son cousin un regard pénétrant.

— Tu as sans doute vu cet Anglais dont tu parlais tout-à-l'heure? demanda-l-i!

d'un air indifférent.

— La personne qui m'a redit la phrase que je l'ai citée, m'a appris sa venue au château, mais je ne l'ai pas vu.

— Il pourrait se faire, reprit l'aventurier, qu'ayant reçu de récentes insiruclions, lord Cecil, avant de partir, eût ob. tenu une entrevue nouvelle de celle qui tient à son rouet tous les fds de cette trame.

— Mais pourquoi se réunir dans celle taverne? Pourquoi ne pas se servir des moyens que lord Cecil avait pour s'introduire auprès de la reine-mère, puisque déjà, à Blois même, ils se sont trouvés en conférence ?

— Mais, cousin, d'après ce que toimême m'as conté, ils font bien d'en changer le lieu , s'ils ne veulent pas qu'on répète ce qui s'y dit.

— Et puis ces précautions prises par la police de MM. de Lorraine pour éloigner tout étranger des résidences royales.

— Ah ! ça, dit tout à coup La Renaudie, sentant qu'il fallait enfin en venir à la question qui était pour lui le point culminant , essentiel, de celle causerie, question que depuis si longtemps il cherchait à amener d'une manière naturelle, les mesures prises par les oncles de la reine sont-elles en

effet de nature qu'on ne puisse les éluder? Je le fais celle demande, mon cher Per«daillan, parce que, venu à Blois pour chercher fortune et faire offre de mes services au capitaine qui voudra les accepter, qu'il soit de Lorraine ou de France, je n'ai pas de raison pour exclure l'Ecosse des pays que je pourrais servir, si l'occasion s'en présentait. Bref, je suis en disponibilité pour le moment, mon camarade, et tu me vois assez disposé à te venir en aide dans la grande affaire qui l'occupe.

Ce sont là de ces complications qui m'iraient. Il faut des difficultés à mon génie. Je ne vaux qnel<ine chose' qu'en face d'un adversaire redoutabie, L'Italie! l'Angleterre! à la bonrje heure ! on fait de ruse, d'intrigue Cl df* perfidie, on ne peut mieux choisir son lorrain pour prouver ce qu'on vaut !

^ Ah ! jeté connais, Godefroy, répondit Perdaiilan, ei mieux que personne, je le sais, tu pourrais pénétrer le mystère dont s'enveloppent les projets que je serais si heureux de déjouer,... Mais, pour cela, il faudrait...

— Me procurer les moyens de faire un long séjour au château, et me faire voir de près la cour où s'ourdit la trame que tu as si bien devinée, Perdaiilan.

Perdaiilan secoua la tête.

. — Je connais lord Cecil avec lequel dame Catherine s'entend. J'ai même eu avec lui certains rapports qui me donnent quelque crédit sur son esprit, et je ne doute pas qu'en me voyant....

- Hélas! que demandes-tu , cher ami, s'écria Perdaiilan en l'interrompant, il me faut renoncer à l'espoir de ton assistance, si elle ne peut s'exercer que dans la de-*

meure du roi. L'édit de Fontainebleau, qui menace de la peine la plus sévère et la plus infamante tout étranger paraissant à la cour pour solliciler un emploi, poursuivre une faveur, demander une grâce, n*a pas cessé d'être en vigueur. T'aider à braver ces ordres sévères, Godefroy, ce serait concourir à la perte. .. J'y risquerais ma position, et j'y tiens, puisqu'elle me met à même de continuer celte œuvre de salut à laquelle j'ai consacré tous les instans et toutes les forces de ma vie.

^— N'en parlons plus, reprit l'aventurier en déguisant son dépit sous l'air d'une complète indifférence. J'avais déjà arrangé dans ma tête tout un plan qui pouvait déjouer les complots des ennemis de la reine; mais du moment que je sais qu'en travaillant à sa sûreté on risque de te compromettre, je n'insiste plusy PerdaiU

lan. Si je persiste, ce qui me paraît à présent fort douteux, dans mon désir de voir la cour pour mon compte particulier, je m'en remettrai du soin de me procurer l'entrée de ce lieu impénétrable au génie qui m'a ordinairement assez bien servi pour que je !ui abandonne beaucoup de choses dans la conduite de ma vie.

" Et quel est ce démon protecteur, mon cher Godefroy ?

— Le hasard... Mais quel est ce bruit qui s'élève aux abords du logis de maître Aucel? On dirait qu'un carrosse , escorté de quelques cavaliers, vient de s'arrêtera la

porte de l'auberge.

— En efi't'l,repril le capitaine, qui courut à la fenêtre... Ah! mon Dieu, je ne me trompe pas, ajouta l-il après avoir regardé par la croisée, c'est !a voiture dans laquelle j'ai vu, à l;i relevée, partir le roi

01 la reine pour leur promenade accouuimée.

— Le roi... la reine! dit vivement La Renaudie en quittant son siège.

— Oui, et il faut qu'il soit arrivé quelque chose d'extraordinaire. Vois tu comme les écuyers et l'oflicier qui commande l'escorte s'empressent aux portières avec un air d'effroi !

L'aubergiste se précipita dans la chambre.

— Alerte! mes gentilshommes, alerte, s'écriat-il, le roi, en revenant de la promenade, s'est trouvé mal à quelques pas (le la maison, et on va transporter sa majesté chez moi pour lui faire reprendre ses sens avant que de le ramener au château. — Venez, de grâce, suivez-moi, mes seigneurs , ajouta t il après avoir pris sur

une planche une bouleillé^ contenant sans 11. . » 5

«Joule quelque cordial; ma go^vemante n'est pas rentrée... les tapageurs de tantôt viennent départir... Il n'y a plus ici que vous et moi... Aidez-moi encore, je vous en prie. .. vous ne serez pas de trop dans les soins qu'il va falloir prodiguer à l'h-ôie royal que le ciel m'envoie.

- Marchez, mon brave, dit vivement La Renaudie, nous vous suivons.

Quelques instans après, l'une des salles basses de l'auberge du Pont servait de cadre à un tableau singulier^ tableau qu'un peintre amateur des contrastes et des effets heurtés n'aurait pas manqué de fixer sur la toile.

A la c!ai lé des flambeaux allumés à la ),àte, car la nuit élait venue pendant la conversation des ileux genliK^hommes, on apercevait couché plutôt qu'assis sur un fauleuil , recouvert d'une tapisserie sombre, un pâle enfant dont le visage arrondi par une bonffîsure morbide, se tachait au front et aux joues de reflets verdâtres, soit qu'ils vinssent de sa loque en velours vert ou des émeraudes qui étincelaient à ses oreilles, soit que ces taches fussent l'un des symptômes de son mal. La pâleur du reste de sa figure se iondait dans la blancheur de sa fraise et de son justeaucorps de salin symétriquement relevé, ça et là, de lames d'or en forme triangulaire.

Un mani«au écarlate, garni de riches (burritres, qu'on avait jeté sur lui pour le gartfnlir du froid, laissait pendre jusqu'à t(Mc Kses larges p!is, et recouvrait toute l»

parlie inférieure de ce corps éliolé. Ses lèvres violacées, ses paupières abaissées, el sa tête sans autre mouvement que celui qu'on lui imprimait dans les soins empressés dont ii était l'objet, annonçaient que ces soins n'avaient pas encore mis fin à son évanouissement.

L'apparence cadavéreuse de cette figure immobile faisait ressortir tout ce qu'il y avait de vie , de fraîcheur el de beauté dans la jeune femme qui se tenait debout auprès de lui.. .

Cette femme était Marie Stuarl.. . Marie Stuarl à dix-tiuit ans!

Quel est celui qui enlendasu ce nom n'a pas son portrait sous les yeux? Qui peut dire que cette figure lui est inconnue? N'est-elle pas familière à chacun de nous, aussi familière que la sœur de notre jeunesse ou la fille bien-aiméc de notre ù^e

mûr? Ceux-là même qui ajoutent foi en tout ou en partie aux accusations que ses ennemis ont dirigées contre elle ne peuvent penser sans soupirer à cette physionomie, qui exprimait toute autre chose que les crimes honteux dont elle a été accuse'e pendant sa vie, et qui continuent encore, sinon à noircir sa mémoire, du moins à la couvrir d'un nuage. — Son front si ouvert et si noble, ses sourcils pleins de grâce, et auxquels on aurait reproché peut-être trop de régularité sans le charme des yeux qui semblaient dire tant de choses ; ce nez formé avec loule la précision des contours grecs ; cette bouche si parfaite, comme destinée à ne faire entendre que de douces paroles j ce menton à fossette, ce col blanc et gracieux comme celui d'un cygne; tous ces traits composaient un ensemble dont on ne saurail

trouver un autre exemple dans celte classe du monde où les nobles personnages, par le haut rang qu'ils sont appelés à remplir, commandent une attention générale et sans

partage.

En vain dira-t-on que les difTérens portraits qui nous restent de celte reine célèbre ne se ressemblent pas entre eux. Au milieu de la différence qu'on y remarque, chacun d'eux possède des traits généraux que l'œil reconnaît sur-le champ, comme appartenant à l'être que notre imagination se représente lorsque nous lisons son histoire.... La gravure la plus mauvaise et la plus mal exécutée nous force à dire que c'est la reine Marie qu'on a voulu représenter; et ce n'est pas une faible preuve du pouvoir de la beauté de ses charmes, après un tel espace de temps, soient encore le 8UJ€t non-spulement de Tadiuiralion j

mais d'un intérêt chevaleresque. On sait que ceux-là même qui, dans les derniers temps de sa vie, avaient conçu l'opinion la plus défavorable du caractère de Marie , nourrissaient des sentimens analogues à ceux de l'exécuteur chargé de la décapiter Avant d'accomplir son affreux

ministère , il désira baiser sa belle main !

Nous n'ajoulero))s rien à ce portrait de Marie, tracé par Walter-Scott. L'élève respectueux d'un grand peintre regarderait comme une profanation le coup de crayon ajouté à l'œuvre de son maître ; mais, après vous avoir montré cette belle reine d'Ecosse telle qu'elle est sortie de la palette du célèbre artiste, il faut la faire agir et parler. Grâce à l'histoire, qui nous guidera dans cette étude, nous arriverons du moins à ce que l'on fasse à notre tentative l'application de la remarque de sir Walter : « La

gravure la plus maui^aise ei la plus mal exécutée nous force à dire que c'est la reine (CÊcosse quon a voulu représenter »

Elle tenait la lête du pauvre jeune roi appuyée contre son sein 5 elle humeclait ses tempes de vinaigre; elle baisait son front en pleurant; elle disait :

— Revenez à vous, monseigneur

Sire, entendez-moi, je vous en prie... c'est Marie... Ne voulez-vous pas ouvrir les yeux pour la voir? Ne sentez-vous pas, sire, que votre Marie s'en va mourir si vous ne revenez à la vie?

Dans ces plaintes, dans ces empressemens, il y avait à la fois de la tendresse de l'épouse, de l'ineffable douleur de la mère, de la pitié de la jeune fille. Il eut été difficile dédire lequel de ces senlimens dominait dans i'expression naïve de celle amc si cruellement éprouvée. Mais on sen-

— Triait que seul il n'eût pas donné à cette expression l'accent et le caractère qui émouvaient si profondément les témoins de cette scène douloureuse.

Tous, et principalement ceux qui avaient fait partie du cortège, semblaient avoir perdu la tête, et comme le zèle de la cour, le séjour de l'exagération, se manifeste par beaucoup de cris, de bruit et de mouvement, ils s'agitaient, s'empressaient, s'exclamaient auprès du jeune malade, sans penser que le calme, le silence, et surtout la libre circulation de l'air autour de lui, étaient les premières conditions de son retourna l'existence.

Par bonheur, pour la majesté évanouie, un homme avait conservé sa présence d'esprit dans cet émoi généial. Au milieu de tous ces courii&ans effarés, LaRenaudie avait eu beau jeu aveo son imperturbable

sang-froid. Quand il avait été question de faire sortir le. pauvre enfant évanoui du fond de son carrosse, le respect pour la majesté royale mettant les écuyers et les officiers de l'escorte dans l'impuissance d'agir, et nul d'entre eux n'osant porter la main sur cette personne sacrée, c'était l'aventurier qui l'avait pris à bras le corps et emporté comme une plume au logis de maître Ancel.

Et maintenant avec l'autorité que donne la certitude d'être écouté, car il sait que lui seul en ce moment a conservé sa têle et que l'autorité demeure, dans les cas difficiles, à cette heureuse prérogative, il éloigne les courtisans, afin que l'air arrive sans obstacles aux poumons de l'enfant qu'il s'agit de ranimer. Pour (jue cet air soit plus pur et son effet plus actif, il ouvre luîmôme la croisée; puis ii revient au

malade, remet à la jeune reine le vinaigre dont elle baigne ses tempes, détache, sans en demander la permission, la fraise qui gêne le cou du roi, désagrafe le pourpoint qui serre sa poitrine, lui frappe sans façon dans l'une et l'autre main , fait passer sous le nez royal la désagréable odeur d'une plume brûlée au plus voisin flambeau et mêle, dans un verre qu'il s'est fait apporter par l'aubergiste , l'eau de fleur d'oranger et le sucre. Tout cela s'exécuta de sa part avec l'aplomb d'un homme si bien sûr de son fait, que la jeune reine, tournant vers lui son charmant visage baigné de pleurs, lui dit de la plus douce voix :

— Docteur, que pensez-vous de cet évanouissement? Ahî dites-moi, croyez-vous qu'il finira bientôt?

— Je ne suis point docteur, madame,

répondit La Reiiaudie en souriant, à moins que l'ardent désir (ju'éprouvé le plus fidèle de vos sujets, de mettre un terme aux inquiétudes de votre majesté, ne lui donrie les degrés. Néanmoins, pour répondre à votre question, je crois que le roi, ajoutai-il en consultant le pouls de l'enfant évanoui , va reprendre ses esprits tout-àl'heure.

En effet, François II fit un mouvement, et après avoir porté sa main à son front, ouvrit les yeux.

— Marie! dil-il d'une voix faible, où êtes-vous, ma femme?

— Ici, sire, dit-elle en se rapprochant et en baisant son froni; ici, à vos côtés... Je ne vous ai pas quitté, monseigneur.

— Marie ! reprit-il en appuyant sa tête sur l'épaule de la reine; puis iLajoula aj^rès un moment de silence :

— Mon Dieu! que je me sens faible...

Je me suis donc endormi... Que s*est-il passé pendant mon sommeil? Où m'a-t-on conduit?... où suis-je, madame?

Il avait relevé sa tête, et son regard étonné se promenait autour de lui et interrogeait les lieux et les figures qui Tentouraîent.

— Que votre majesté se rassure , reprit Marie. Vous savez bi*in, en revenant de la promenade , ensemble dans votre voiture , tous vous êtes plaint d'une grande faiblesse, sire, puis vous avez appuyé votre tête sur mon épaule, comme maintenant... et ne sachant pas que vous dormiez, moi j'ai pris peur... j'ai fait arrêter le carrosse devant la première maison ; aidés par ces braves gens, vos officiers vous ont transporté dans cette salle..*

— Jô ne m'en souviens i^lus.... je n*ai

rien senti... c'est que je ne dormais pas , madame, reprit tristement l'enfant royal, c'était plus qu'un sommeil , Marie , c'était quasi la mort... je me trouvais bien ainsi, ma mie... je n'a\ais plus de mal, et je ne sais quoi m'avertissait que vous étiez là pour veiller sur moi... Mais voilà qui est passé... je vis maintenant, j'en suis sûr : je souffre. — Allons^ allons, ajouta-t-il en faisant un effort pour se lever, il ne faut pas rester davantage ici . . . ils seraient inquiets au château.... ma mère surtout.... c'est une si bonne mère! dit-il encore avec un sourire plein d'amertume.

— Sire, il faut attendre que vous soyez tout>à-fait remis, reprit Marie Stuart.

— J'ai soif... donnez^moi à boire, dit l'enfant, en passant la langue sur ses lèvres desséchées.

La Renaudie se tenait près de là , por^

tant encore entre ses mains le verre d'eau sucrée qu'il venait de pre'parer. La reine prit vivement ce verre et regarda l'aventurier dans le blanc des yeux, car il n'y a que cette expression qui puisse rendre ce regard perçant et interrogateur, qu'il soutint sans sourciller.

— Tenez, sire, dit-elle, buvez! voilà qui fera du bien à voire majesté.

Elle tendit le verre au roi, après y avoir mouillé ses lèvres.

— Ah! merci, dit l'enfant après l'avoir vidé jusqu'à la dernière goutte.

— Est-ce à vous, monsieur, ajouta-til en s'adressant à La Renaudie, quand il vit la reine remettre à celui-ci le vetre qu'il

ui avait rendu, est-ce à vous que nous devons ce moment d'hospitalité?

— Votre ftîciji sié est ici dans une auberge du Pont, répondit l'aventurier en s'incii-

-^ Si —

nant profondément. Voici le maître de ce logis, ajouta*t-il en désignant le bonhomme Âncel , qui se confondait en salutations jusqu'à terre. Moi je n'y suis, comme votre majesté, qu'en passant.

— Et votre présence en ces lieux, messire, reprit vivement Marie d'Ecosse, en adressant au cousin de M. de Perdaillan un gracieux sourire de reconnaissance, nous a été d'un utile secours, nous nous plaisons à le reconnaître. — Oui, sire, votre état de faiblesse nous avait tous jetés dans un grand trouble. On ne faisait rion à force de vouloir trop faire, et cet étranger, par son sang- froid, a su régulariser ei rendre profitables à votre majesté tant d'empressemens désordonnés. A voir la manière dont il a soigné le roi, je l'ai pris pour un médecin, et même je lui en ai

donné le titre.

— Tout titre accordé par une bouche royale sur le champ de bataille ne se perd jarrais, vous le savez, madame, dit vivement l'aventurier, on ne le reprend plus; c'est chose sacrée, et jamais majesté n'est revenue sur semblables concessions. Aiusi^ me voilà docteur de votre fait qui vaut mieux à lui tout seul que celui des quatre facultés réunies.

Ainsi, en dépit des autres médecins^ je vais, moi aussi, courir les malades. Mes confrères en ont qu'ils tuent de par la science; je guérirai les miens de par la reine. Avais-je tort de dire que votre aom faisait des miracles.

— 11 a raison, ma mie, dit le petit roi, et il y a longtemps que je serais guéri si l'ou m'eût laissé congédier médecins et pharmacopcs, afin d'écouter et de pratiquer mieux vos salutaires et 4QUC#â pr«a-

criplions. -- Comment vous nommez-vous, monsieur le docteur de par la reine, ajouta t-il en souriant et en se retournant vers l'aventurier.

— Godefroy Barry de La Renaudie, sire, répondit celui-ci, gentilhomme du pays Limousin, sorti d'une maison qui eut toujours l'image de ses rois plus au cœur qu'à la poche, et venu à Blois pourtâchei de tirer quelque parti du seul héritage que lui aient laissé ses pères : un nom pur, une noblesse gagnée sur un champ de bataille de la première croisade ; et cette épée, ajouta-t-il en mettant la main sur sa rapière. Voici, du reste, M. de Perdaillan, mon cousin, dit-il encore, quia l'honneur de faire partie de la maison du roi, et qui pourra attester la vérité de mes paroles.

— £tes*vou» donc là, M. de Perdail-

lan ? dit le roi en élevant la voix ; il tne semble que vous ne faisiez pas aujourd'hui partie de noire escorte.

— Non, reprit Marie, c'est M. de Maugiron qui commandait; je n'ai pas vu M. de Perdaillan depuis que nous sommes

L'officier, en ce moment, rentrait dans la salle. Kn s'eutetidant nommer, il fit quelques pas vers leurs majestés.

— i\ie voici, dil-il. Conduit dans cette hôtellerie pour affaires de service, j'y ai trouvé installé mon parent, M. de La Renaudie. Nous étions à causer en bons compagnons enchantés de se retrouver, quand l'on a apporté le roi dans cette salle. Persuadé que les secours ne manqueraient pas à sa majesté dans l'intérieur de la maison, j'ai cru qu'il était de mon devoir de veiller sur l'extérieur. J'ai donc disposé

des gardes qui étaient restés à cheval sur le pont; j'ai placé des sentinelles aux différentes issues de ce logis, et la précaution élait bonne, car le populaire de cette ville, instruit de l'accident qui venait d'arriver, s'est ameuté à la porte, et nous avons eu une peine infinie a la défendre contre ses empressemens.' Enfin, par mes soins, celte effervescence s'est calmée. Voilà pourquoi votre mnjesté ne m'a pas encore vu auprès d'elle, ajouia-t-il, laissant dans le doute à qui du roi ou de la reine il s'adressait, je veillais sur sa sûreté'!

— Absent ou présent, quand il s'agit de votre service, répondit le roi en tendant la main au jeune capitaine, on peut être sûr qu'on vous trouvera toujours bien occupé, M. de Perdaillan...

— Et que ce (lu'il garde est bien gardé, reprit Marie.

La Renaudie observait attentivement la reine: il ne vit que le gracieux sourire qu'elle adressait indistinctement à tous ceux qui cherchaient à lui être agréables, et dans ses yeux que le plaisir qu'éprouve une ame expansive et confiante à payer par une parole bienveillante le zèle d'un serviteur dévoué. Rien n'annonçait dans sa voix, dans son air, qu'elle connût le secret de l'officier.

~ Ah! s'écria celui-ci, mon plus vif, mon unique désir est de justifier, madame, la bonne opinion que vous avez de ma fidélité. Quelles que soient les circonstances qui se présenteront par la suite, quelques difficiles qu'elles puissent être, je veux que votre majesté répète encore ces mois qui seront désormais ma devise : * Ce qu'il garde est bien gardé ! »

— Sire, reprit La Renaudie, M, de

Pèrdaîllan, mon cousin, a toujours ete plus heureux que moi. Il est officier dans votre maison, et je ne suis que médecin in pnrtibus. 11 a trouvé l'entrée du jardin des Hespéridcs, ajoula-l il en employant une de ces métaphores mythologiques dont on faisait un prodigieux usage dans le beau langage de ce temps-là, et moi, venu en cette ville, je ne le cache pas, pour pénétrer dans ce lieu de délices, je ne connais encore que les terribles dragons chargés d'en éloigner les profanes.

— 11 aura vu vos illustres oncles, ma raie, dit François avec un sourire malin, et en s'adressant à Marie.

Celle-ci, sans répondre, regarda autour d'elle avec un regard inquiet.

Elle semblait vouloir s'assurer qu'il n'y avait pas là quelque écouteur disposé à

aller redire au ministre cet innocent propos de l'enfant malade.

— Monsieur de La Renaudie, ajouta le roi, vous a\ez tout l'air d'avoir une requête à nous présenter.

— Il est vrai, sire, répondit l'aventurier, ayant toujours présente à l'esprit la grande affaire qui l'amenait à Blois.

— Si vous consentiez à demeurer médecin, reprit le roi en souriant tristement, j'aurais plus moyen de vous contenter.... Un malade et un médecin finissent toujours par s'entendre. Mais, convenez en : l'épée que vous venez de nous montrer se soucierait peu d'avoir une escouade d'apothicaires à commander. C'est à notre oncle, M , le duc de Guise, qu'il faut vous adresser pour obtenir un autre commandement, mon cher monsieur.

La Renaudie se mordit les lèvres de dépit.

— M. le duc de Guise a reçu mission expresse de nous pour régler tout ce qui concerne les choses de notre éiai militaire... et nous nous sommes promis de nous abstenir de tout ce qui pourrait le gêner dans le choix dont il a la responsabilité... Cependant si vous avez quelque grâce de ce genre à demander...

— Un instant, sire, la chose vaut la peine qu'on y regarde à deux fois, reprit le hardi compagnon. Une pétition, ordinairement, ne tire pas a conséquence ; mais avec M. le duc de Guise, c'est un passetemps qui vous expose a de fâcheuses conséquences. Néant à la requête est déjà une formule fort désagréable, ^quoiqu'on en prenne son parti ; mais néant au pélilionnaire : voilà une apostille dont il est

permis de se garer ! Quelque pressé qu'on soit d'exposer ses jours pour votre majesté, on trouve que celle chance de péril commence trop tôt, et que c'est bien assez pour la courir d'avoir à faire aux ennemis de la France et du roi, sans que les ministres s'en mêlent.

— Il y a une protection, dit le roi en faisant à l'aventurier signe de se taire, qui pourrait changer ces dispositions hostiles que vous semblez redouter, en accueil des plus favorables.

Il regarda Marie Sluart. Celle-ci avait pris un air quelque peu boudeur, et ses jolis sourcils s'étaient froncés par un mouvement marque de mauvaise humeur.

Èlait-ce caprice? était-ce méconteniement d'avoir entendu parler si hardiment devant sa suite des mesures arrêtées par son oncle? Persuadée que le duc de Guise

ne faisait , n'ordonnait rien qui ne fût dans l'intérêt de François et de sa royauté, elle n'entendait pas raison à ce sujet, et le moyen le plus sûr de lui déplaire était de fronder en sa présence le gouvernement de celui qu'elle considérait comme un grand ministre.

— Mais, dit-elle, si le roi s'est interdit tout moyen d influence sur les déterminations de M. de Guise, la reine, à plus forte raison, a dû renoncer à toute prérogative de ce genre... Si veut le roi si veut la reine! D'ailleurs, c'est assez pour une soirée de faire un médecin de qui ne l'était pas, ajouta-t-elle d'un ton caustique. Je ne suis fée pour me risquer dans d'autres métamorphoses, et ma baguette pour faire un capitaine ne suffit pas, il y faut le bûton de grand-matlre de la maison du roi, dit-elle en prenant le ton sérieux, et yous

savez , messire , aux mains de qui il se trouve.

— Oui, madame, répondit Taventurier en s'inclinant respectueusement , el je me le tiens pour dit. Comme deux bonheurs n'arrivent jamais à la fois , je me dispenserai de courir la fortune de ce côté. Je nrren tiens donc au titre qu'il a plu à votre grâce de m'accorder. A la cour il n'est si mifice emploi qui n'ait son importance, el si l'on m'autorisait à l'y porter...

— Mais, dit le roi d'un ton embarrassé, voici une permission qui rentre encore dans les attributions de M. de Guise...

— Ah ! pardon, sire, le hasard m'a mis en présence du roi, et j'avais oublié les difficultés que d'ordinaire on éprouve pour jouir de cet honneur. Je vois que de quelque façon qu'on s'arrange, ajoula-l-i! avec son sourire ironique , il n'y a pas

moyen d'éviter le bâton de monseigneur le grand-maître. — C'est la barrière qui s'abaisse à volonté entre votre majesté et ceux qui veulent la servir... Heureux encore quand il n'en sentent pas le bout loucher leurs épaules !

Le roi paraissait à la ibis amusé, surpris et presque effrayé de ce langage épigraramatique.

— L'étiquette a ses règles , dit-il , et dans un temps où tant de gens prétendent avoir des réclamations à nous présenter, serait-il possible de les laisser parvenir jusqu'à nous? L'oreille de nos ministres est ouverte pour les accueillir, et leur bouche pour nous les transmettre.

— Qui pourrait assurer qu'en suivant ce canal intermédiaire , les plus grosses et les plus importantes ne restent pas en route? Si j'avais l'honneur d'être ministre,

pour empêcher les récîamans d'étourdir sa majesté, j'emploierais un autre moyen....

— Lequel* monsieur?

— 4u lieu de les menacer, sire, je frapperais les abus et les injustices dont ils se plaignent •

— Le moyen est bien trouvé, dit le roi souriant, et je vois bien que nos ministres ne feront pas mal de venir prendre des leçons à l'auberge de... A quelle enseigne êtes- vous logé , brave homme? demanda François il, en se tournant vers maître Ancel.

— A la Fortune de la France , sire , répondit La Renaudie.

— La fortune de la France I dit le roi. Ces mots assurément se trouvent en bas d'une fleur de lys.

— Non , mon cher enfant , ils accom-

pagnent la croix de MM. de Guîse , vos oncles, que Dieu garde !

A cette voix d'un accent étranger et d'une expression à la fois ironique et doucereuse, tous les regards se portèrent vers la porte d'entrée où elle s'était fait entendre.

Cette porte était restée ouverte, et dans l'ombre qui enveloppait cette partie de la salie, on aperçut deux gros yeux faisant saillie sur un large visage très pâle. Heurté, au passage , par un jet de lumière égaré dans ces ténèbres, ce visage montrait pour traits principaux, avec ces yeux vitreux, un front peu développé , et une bouche aux lèvres épaisses , encadrée de deux sillons profondément tracés qui , prenant pour /point de départ les ailes d'un nez assez proéminent, s'allongeaient vers un menton qui se confondait dans les plis graisseux

d'un col aux contours assez bien conservés.

Vêtue de noir et coiffée en veuve, cette apparition se perdait, pour le reste, dans la nuit d'où elle semblait surgir.

— La reine ! ma mère ! dit François en faisant un mouvement pour se lever.

C'était Catherine de Médicis.

A son aspect, Marie Stuart se rapprocha vivement de son époux.

— Mon cher enfant , dit Catherine de Médicis en s'approchant du roi , que vous est-il donc arrivé? Qu y a-l-il? Qu'avezvous? Cet évanouissement, dont la nouvelle nous a tant effrayés, n'a pas eu de suite fâcheuse? Tani mieux, mon fds, tant

mieux!

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