SCÈNE III
les mêmes, GEORGES.
GEORGES, accourant; (il est blessé au bras gauche.)
Victoire ! victoire ! bonjour mon oncle, bonjour cousine; galut charmante fermière. (A Simplet en lui frappant sur l'épaule.) Te Via, toi, capon?
TOUS
Bon jour Georges.
ROBERT
Eh! bien mon garçon, l'ennemi est donc encore une fois I
CEORGES,
Enfoncé. . . ah! mon dieu, oui mon oncle, comme c'est son habitude. . . Dieu de Dieu, que c'est beau une bataille ! c'est-il dommage qu'on ait signé une trêve!. . nous leur aurions joliment taillé des croupières, à ces cadets là !.. .
A-t-on vu, a-t-on vu, un p'tit diable comme ça!
TOUTES LES FEMMES
Et Pierre? et Jean ? et Thibaut ? et Jacques?
GEORGES
Tranquillisez- vous; pas un ne manque à l'appel.
ROBERT
Et ton brave sergent, le reverrons-nous aussi?
GEORGES
Qui, votre nouvel ami, le vieux père Moustache ? Oui, oui, parbleu! je l'ai laissé, à cent pas d'ici, haranguant ses vingt-cinq voltigeurs et ses trente paysans „ comme un
général haranguerait un corps d'armée de vingt-cinq mille hommes.
Mad. bontems, avec effroi.
Eh mon Dieu ! Georges, vous êtes blessé!
GEORGES
Oh ! ce n'sera rien, ce sont les r'venans bon du métier. (p/ws£as.)Etvosbeauxyeux m'ont fait uneblessure bien plus dangereuse, (plus haut. ) Mais je vous réponds que Fparticulier qui m'a allongé c'coup d'sabre-là, n'en donnera plus d'autres, à moins qu'ce n'soit dans l'royaume des taupes.
SIMPLET
Comment, il a été tué? ,
Un peu, seulement. Parbleu, il faut que j'vous conte ça Figurez-vous qu'nous venions d'enlever une position importante : notre colonel nous avait donné l'exemple, en se jetant Ppremier dans les rangs ennemis; je Fsuivais, et j'étais en train d'battre la charge, quand tout-à-coup un grand diable d'cosaque court sur moi, et m'allonge un coup d'iance!. . . .
Mad. BONTEMS, ÀNGELINE.
Ah ! mon Dieu !
Georges, continuant.
Comme ça , tenez. ( 11 frappe Simplet avec sa baguette. )
SIMPLET
Veux-tu finir, méchant tambour.
GEORGES
Ah! s'il m'eût attrappé, c'était fait d'inoi d'abord; heureusement, l'ami Paul était là!
angeline, vivement.
Ciel! Faurait-il reçu pour toi?
Georges j de même.
Pour moi! mille baguettes! Je ne l'aurais pas
souffert! Mais il est arrivé à temps, par exemple ; car ou moment où, rev'nant à la charge, mon enragé m'gratifiait de c'que vous m'voyez là, il lui a envoyé dans l'estomac une once de dragées qui, j'vous promets, lui ont donné une indigestion dont il ne relèvera pas. Robert, vivement.
Eh quoi! c'est à lui que je devrais le plaisir de t'embrasser encore?. . .
GEORGES
Oui, mon bon oncle. Aussi, vous savez combien je l'ai-
mais, eh bien, morbleu! je crois qu'maintenant , je m'ferais tuer pour lui.
simplet, d part.
Oui, de langue.
GEORGES
Hein?
SIMPLET
Moi, j'nai pas parlé d'en.
GEORGES
A la bonne heure.
Mad. bontems , vivement.
Ainsi, vous m'assurez bien que mon frère n'a pas été blessé ?
GEORGES
Ah! je vous l'jure; et cependant, ce n'est pas faute qu'il se soit exposé, allez! Il s'est battu comme un vrai démon... Mais heureusement, les balles et les boulets ont eu la politesse de se déranger.
simplet.
C'est ben honnête de leur part.
tou .
Oh ! tant mieux !
GEORGES
Tant mieux, oui; mais c'est le prix de 6à valeur, qu'il s'agit maintenant de lui donner, et si mon oncle résistait à nos prières. . .
ROBERT
Que veux-tu dire?
GEORGES
Vous l'saurez; [Bruit de tambours. ) voici nos camarades, j'en dirai plus long tout-à-1'heure.