L'abbé Caron. Notice nécrologique
3. Morey. Richard Mique. — Il existe, dans les feuilletons de l'Assemblée nationale, une pièce assez curieuse, relative à la vie privée de Richard Mique. C'est une Dénonciation faite de Richard Mique, architecte de la reine, se$ cruautés, sa barbarie envers son frère, qu'il a renié et fait mourir à Bicétre, et présentée à V Assemblée nationale par Catherine Mique , fille de l'infortuné Mique. Celle-ci l'accuse de s'être emparé de la part d'héritage de ce frère absent, et, à son retour, de l'avoir fait enfermer pour se débarrasser de ses réclamations. La Correspondance de Métra avait parlé de celte affaire, en décembre 1777 (V. 373), avec une nuance d'intérêt pour le réclamant. Les demandas de ce dernier paraissent cependant avoir été rejetées par toutes les juridictions auxquelles il s'est successivement adressé. L'histoire racontée par Catherine Mique est d'ailleurs pleine d'invraisemblances choquantes.
APBÂs 1789. aea
En 1806, on reprocha au nouvel administrateur du jardin de Trianon* d'avoir opéré des changements fâcheux dans le parc. Il se justifia par un mémoire, conservé aux archives nationales, où il établit qu'il n'a fait que rendre au jardin son premier tracé, effacé par Tavidité et la négligence des fermiers qui, d'une part, pour tirer de la location le plus de produit possible, » avaient rétréci les grandes allées et laissé pousser l'herbe dans les petites, afin d'augmenter la récolte des foins, et, d'autre part, avaient abandonné les arbres à la végétation sauvage. » Plein de respect pour les talents de Mique, et se gardant de rien changer à ses plans, il s'était borné, disait-il, à faire les élagages nécessaires pour séparer et dessiner les masses de verdure et donner de l'air aux arbres précieux. — De nouveaux travaux furent exécutés au Petit-Trianon sous Louis-Philippe. Il rendit le deuxième étage du château plus habitable , et rétablit dans la laiterie du hameau des tables et parements de marbre*.
Dirai-je maintenant la fête donnée par l'empereur au Petit- Trianon, le 25 août 1811, avec illumination dans les jardins, spectacles à la comédie', mise en action d'un tableau flamand et représentation de scènes champêtres au hameau ; — les promenades à cheval de la duchesse d^Angoulême dans ce jardin où elle retrouvait les souvenirs de son enfance ; — les rares visites de Louis XYIir dont il est resté a une malicieuse anecdote de
1. Le sieur de Ville-sur-Arce. Il avait sous sa juridiction tous les parcs et jardins impériaux. Arch, nat. Parcs et jardins, Petit-Trianon, matériel, année
2. On avait vendu, à la Révolution, tous les marbres de la laiterie (n<> 11742) pour la somme de 11,748 livres. Il existe, dans le Mémento des architectes et des ingénieurs, publié par Cl.-Jacq. Toussaint (Paris, 1824-1838, 6 vol. in-8<» et atlas), un projet de restauration de la laiterie du hameau, qui date du règne de Louis-Philippe: il diffère de l'exécution : on y voit sur les murs des figures de nymphes, drapées dans le genre des peintures de Pompéi, qui n'ont pas été faites.
3. On joua les Projets de mariage d'Alexandre Duval, et une pièce de circonstance d'Alissan de Chazet : la Grande famille ou la France en miniature.
4. Wellington y dîna avec les princes en 1818. Monit, unit\, p. 747.
poire suspecte croquée trop vile» par le roi, pressé de satisfaire sa g^ourmandise *, — et les dernières et douloureuses stations de Charles X et de Louis-Philippe allant en exil? On s'intéresserait moins encore au récit des visites de la reine d'Angleterre qui déjeuna avec Tempereur et rimpératrice le 21 août 1853, de c<?ll<*s du roi de Wurtemberg et du grand duc Constantin*, etc. Ces événements du reste sont racontés dans tous les guides.
Un fait moins connu, c'est une représentation donnée au profit des ouvriers de Versailles sur la scène de Marie-Antoinette, le jeudi 13 avril 1848, par une société d'amaleurs, h laquelle s'étaient joints plusieurs artistes des théâtres de Paris, n Le plus privilégié des théâtres, » dit V Illustration* , « celui du palais de Trianon, ouvrait, jeudi dernier, pour la première fois , ses portes au public, et c'est une œuvre de bienfaisance qui donnait à cette salle princière le baptême de la popularité. Sur ces banquettes et ces fauteuils, dont trois royautés successives ont été chassées par trois révolutions, est venue s'asseoir une assemblée à laquelle il eût été probablement difficile de fournir les preuves de noblesse qui donnaient seules autrefois le droit d'assister aux royales représentations. »
Dirai-je aussi que le Petit-Trianon a vu, pendant Tannée terrible*, le premier ministre du successeur de celui que Marie- Thérèse appelait ce monstre\ seul, monté sur un grand cheval, promener dans ses sentiers les soucis de sa politique
i, Lescure. Les palais de Trianon, 168.
2. Ils déjeunèrent aussi au hameau : le premier, le9mai 1836 ; le second, le 8 mai 1857. Lescure, 170.
3. Le programme indiquait : un prologue en vers, composé et récité par M. Monldidier, Le Maître de chapclky Un Artiste aux enfers, scène par M. Raucourt. Les premières amours et Mif^hcl et Christine, de Scribe, des chansonnettes, et une tombola. La soirée, commencée à 7 heures, fut terminée à minuil. Un service d'omnibus avait été organisé de la place Hoche au théâtre. Il faisait une pluie battante. VlUustration, XI, 127, avec une gravure.
4. G. Desjardins. Tableau de la guerre des Allemands dans le département de Seine-et-Oise; Versailles, 1873, in-8<>, 60.