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2. Compte des journées de menuiserie employées à dresser et démonter un théâtre en planches pour les danseurs de corde. Oi3056.
PREMIER VOTAOB DB LA REINE. iSi
d'aller toujours de plus fort en plus fort*. La représentation à Trianon dut avoir lieu le 17 avril. On lit, le 16, sur Taffiche du jour : « Demain relâche au théâtre pour le service de la cour. » La reine fut particulièrement contente du sieur Placide qui l'amusa sans doute avec sa pièce à'Arlequiyi^ dogue d' Angleterre^ \ elle lui fît donner une gratification de 600 livres*.
« Pendant ce séjour à Trianon, » dit Mercy\ « le duc de Guines a paru jouir d'un crédit et d'une confiance plus marqués. Cela a offusqué le duc de Coigny et occasionné une sorte de brouillerie entre les deux courtisans. » Ce n'était pourtant ni le duc de Guines, ni le duc de Coigny, ni aucun des « quatre messieurs externes » qui tenait au cœur de la reine. Il s'était tout récemment dénoué un petit roman dont un autre avait été le héros et auquel Mercy ne fait pas même allusion. L'ignora-t-il vraiment ? J'ai bien de la peine à le croire ; autrement, il faudrait douter de l'exactitude de ses informations dont il se montre si sûr, car on s'en occupa beaucoup dans l'entourage de la reine. Mais cola ne transpira pas au dehors et les gazettes n'en parlèrent point. Le héros de l'aventure allait d'ailleurs quitter la France. Il est plus probable que l'ambassadeur ne voulut pas troubler le repos de l'impératrice par des inquiétudes inutiles. Un jeune Suédois, le comte Jean-x\xel Fersen, qui avait fait, en 1773, un premier voyage en France, y était revenu au mois d'août 1778. « C'est mardi passé, » écrit-il à son père, le 26, « que je me suis rendu à Versailles pour être présenté à la famille royale. La Reine, qui est charmante, dit en me voyant : « Ah ! c'est une ancienne connaissance ! » On se souve-
I. Journal de Paris, année 1779, janvier à mai. — Campardon. Les spectacles de la foire; Paris, 1877, 2 v. in-8°. H, 152, 227, 228. — De Manne et Ménétrier. Galerie historique de la troupe de Nicolet; Lyon, 1809, in-S® fig. Si ces derniers auteurs avaient consulté le Journal de Paris, ils auraient évité des inexactitudes et des lacunes.
• 2. On la voit paraître pour la première fois sur Taffiche le 18 février.
12i LB JARDIN ANGLAIS.
nait de lui, c'était bien flatteur. Le fait est que, lorsqu'on l'avait vu une fois, il était difficile de l'oublier. « Sa figure, » dit le duc de Lévis, « convenait parfaitement à un héros de roman. « On a publié, en 1877, en tête du recueil de sa correspondance, un portrait de lui à vingt-huit ans* : il ne se peut rien imaginer de plus charmant que ce visage aux traits réguliers et fins, à l'air noble, à l'œil profond et doux, avec une expression d'ardeur contenue. Circonspect avec les hommes, réservé avec les femmes, simple dans ses manières, il était sérieux, réfléchi et résolu. En toutes choses, dit l'ambassadeur de Suède, « il pensait avec une noblesse et une élévation singulières. )) Cet ensemble de qualités était plus fait pour séduire une nature germanique, que la vivacité, le brillant et la légèreté de l'esprit français. « La Reine, qui est la plus jolie et la plus aimable personne que je connaisse, » écrit encore Fersen, le 8 septembre, c< a eu la bonté de s'informer souvent de moi ; elle a demandé à Creutz pourquoi je ne venais pas à son jeu le dimanche, et ayant appris que j'étais venu un jour qu'il n'avait pas eu lieu, elle m'en a fait une espèce d'excuse. » Et plus tard, le 19 novembre : « La Reine, » dit-il, « me traite toujours avec bonté; je vais souvent lui faire ma cour au jeu, et, chaque fois, elle m'adresse quelques paroles pleines de bienveillance. Comme on lui a parlé de mon uniforme, elle m'a témoigné beaucoup d'envie de me voir dans ce costume ; je suis allé, mardi, ainsi habillé, non pas à la cour, mais chez la Reine. C'est la princesse la plus aimable que je connaisse*. »
« Je dois confier àV.M., » écrit l'ambassadeur de Suède à Gustave III, « que le jeune comte de Fersen a été si bien vu de la Reine que cela a donné des ombrages à plusieurs personnes. J'avoue que je ne puis pas m'empêcher de croire qu'elle avait du penchant pour lui : j'en ai vu des indices trop sûrs pour en douter. Le jeune comte de Fersen a eu dans cette occasion une
i. Né en 1753, il était de l'âge de la reine.
2. Le comte de Fei^sen et la cour de France, par le baron de KlinckowslrOm ; Paris, «877, 2 v. in 8°, fig. I, xxxii.