LE BELVÉDÈRE
Elle était toute tapissée de mousse et rafraîchie par le cours d'eau qui la traversait. Un lit, également en mousse, invitait au repos. Mais, soit par l'effet du hasard, soit par une disposition volontaire de l'architecte, une crevasse, qui s'ouvrait à la tête du lit, laissait apercevoir toute la prairie et permettait de découvrir au loin ceux qui auraient voulu s'approcher de ce réduit mystérieux, tandis qu'un escalier conduisait au sommet de la roche. » Deux portes, Tune garnie de barreaux du côté de l'escalier, l'autre en treillage, fermaient cette grotte. On avait pensé un moment à planter, par dessus, la fameuse ruine, proposée dès le principe pour Tornement du grand rocher par M. de Caraman et dont on n'avait pas jusque-là trouvé l'emploi; mais elle demeura encore à l'état de projet*.
Les buttes autour du lac sont séparées en deux parties par le ravin de la grotte. A gauche, une petite colline porte le belvédère. Sur la hauteur, à droite, on traça des chemins contournés aboutissant à une terrasse. Cet ouvrage fut appelé : la montagne de l'escargot*. On travaillait au belvédère depuis 1778; les décorateurs terminèrent leur œuvre pendant l'été de 1781*. Ce petit monument, dont le dessin et les proportions ont beaucoup d'élégance, donna lieu à de nombreux essais : il ne fut pas fait moins^de cinq modèles. C'est un pavillon octogone, élevé sur un socle en pierre (Voy. pi. XIII). Quatre portes et quatre fenêtres alternées sont ouvertes dans les huit pans de murs : au-dessus de chaque fenêtre se voit un bas-relief, et sur les portes un fronton. Des balustrades garnissent le bas des fenêtres et couronnent l'édifice, dont le toit a la forme d*un dôme*. Les sujets des frontons sont : une chasse aux canards, un faisceau d'instruments de jardinage, une couronne de roses entourée de chêne et de laurier, et un