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4. O'IOTl. I.es plans, coupes el élévaLious sont dans le carton O'IbSe.
LE CHATBAU. 37
brissée dans toute sa hauteur avec une extrême simplicité. Au fond, deux colonnes doriques en bois, cannelées, soutiennent une tribune bordée par une balustrade. Sur Tautel est un rétable couronné par un petit fronton et orné d'un tableau, peint par Vien, qui représente un trait de la légende de saint Thibaut. Le sujet était bien choisi pour un lieu consacré à Thorticulture : le saint offre à Louis IX et à Marguerite de Provence, venus en pèlerinage à Tabbaye des Vaux-de-Cernay quelques jours après leur mariage, une tige de lis à onze branches, emblème prophétique de leur future postérité*. Dans cette toile, Vien qui, le premier, a représenté les Grecs et les Romains dans le véritable costunfie antique*, ne se montre pas moins novateur. Par la manière dont le sujet est traité , Taspect des personnages, la simplicité des attitudes, elle diffère tellement des tableaux contemporains qu'on la croirait peinte au xix" siècle. La chapelle coûta 68,500 livres'.
Si l'on ajoute cette somme à celles que nous avons relevées plus haut, on trouve, pour le château et ses dépendances, un prix de 861,4S6 livres, 16 sous, 6 deniers. Les comptes des bâtiments accusaient, pour la ménagerie, de 1749 à 1753, un chiffre, incomplet, de 253,846 livres, 12 sous, 6 deniers. Les frais de jardinage, de 1754 à 1774, s'élevaient, sans compter l'entretien, à 189,373 livres, 16 sous, 1 denier. C'est donc, en récapitulant, pour Fensemblc du Petit-Trianon, pendant le règne de Louis XV, 1,304,677 livres, 5 sous, 1 denier, de dépense connue. Je ne pense pas qu'avec la dépense inconnue cela dépassât de beaucoup 1,400,000 livres, en vingt-cinq ans*.
Si le nouveau palais et son jardin coûtaient cher, il faut con-
1. 0* 1876. Ce tableau fut exposé au salon de 1775, sous le n» 3.
2. Madame Vigée-Lebrun. Souvenirs; Paris, 1869, 2 vol. in-i2, II, it4.
4. Ce total représente une moyenne de 56,000 liv. pour chaque année. I^es comptes des bâtiments mentionnent en outre 1,200 liv. par an pour Tentretien du jardin français, 800 liv. pour celui de la ménagerie ; mais on ne connaît pas les sommes données de la main à la main par le roi à Claude Richard.
venir qu*on ne pouvait rien imaginer de plus charmant. Du château, on avait vue sur la cour plantée de charmilles et, à travers un ha! ha! percé dans le mur, sur les bosquets du parc de Versailles. Une autre face regardait le jardin botanique. Les fenêtres du salon de compagnie donnaient sur des parterres plantés de fleurs rares. La salle à manger s'ouvrait sur des allées de tilleuls, des cabinets de rosiers et de lilas, des pelouses, au bout desquelles étincelaient des jets d'eau retombant en pluie dans des bassins de marbre blanc où se jouaient des amours en plomb doré! C'était le plus frais, le plus soigné, le plus élégant, et le dernier des jardins français. Regardez, sur le plan de 1774 {pi. VI), derrière la grande serre botanique, ces bosquets aux chemins contournés, qui tranchent par leur irrégularité sur l'ordonnance savante des allées tracées au compas : c'est le premier pas, timide encore, d'une mode nouvelle, venue d'Angleterre, qui va demain envahir la France et détrôner l'art de Le Nôtre. En même temps, il se produit, dans le style des édifices, des appartements et du mobilier, une modification à l'étude de laquelle il convient de nous arrêter un instant, parce que le Petit-Trianon en a vu le commencement.