‹ Le Petit-TrianonChapitre 111 sur 314 · III · texte numérisé non relu

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faveur, s'est déjà procuré, ianl en grandes charges qu'en autres bienfaits, pour près de 500,000 livres de revenus annuels. »

(a*, n'était qu'un coinnienc4*nii*nt. Ln favorite obtint iOO,000 livres, on janvier 1780, aFin de payer ses drttes, et au mois de juillet, quand elle maria sa fille, dgéa de onze ans, avec le comte de (iramnioiil, une dot dt* 800,000 livres pour la fiancée, avec le brevet de duc de riiiiclir* pour le futur et la survivanciî de la charge de ca|)itaine des gardes du corps qui appartenait au duc de Yilh^roy. Le jour même du retour de Trianon, 20 S4*ptenibre, le comte de Polignac fut créé duc héréditaire, et la nouvelle duchesse |u*it le tabouret à la cour, le 2i. On n'oublia pasVaudreuil qui re(;ul une grasse sinécure, la charge de grand fauconnier de France. IjH fonction n'avait plus d'objet, puisque depuis longtemps lâchasse à l'oiseau était tondiée en désuétude; ou entretenait toujours cependant un équipage de vol, et le titulaire de l'emploi, qui comptait parmi les grands officiers de la couronne, continuait à recevoir avec solennité les gerfauts d'Islande, envoyés au roi du France par le roi de Danemark, et les faucons de Malte, hommage du grand maître des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. IjH céréiiKuiie, ehaipie fois, s'annoiirait officiellement dans la Gazelle,

Un autre acteur (h; la li'oii[)e de Trianon voulut avoir une part dans h* ministèn^ d(* la guerre qu'il était question d'enlever au prince de Montbarey. On le chansonna sur l'air de la Belle Bourbonnaise :

Pour vuificre rAngleleire, Il C!>l ({ucstioii de faire Ministre el secrélaire Un inar<|uis de hasard, Chevalier d'industrie.

Major d'infanterie.

Colin de comédie :

C'*;st monsieur d'Adhémar.

Iji* coupl<*t fut envoyé à la reine, et les Mémoires secrets rapportent qu'Adhéuiar dut fournir des explications. H convint que,

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vités dans celle nouvelle résidence que pour grossir le nombre des témoins de ses préférences pour les Polignac. La reine, dil Fambassadeur, tenait tous les malins une longue séanc4) chez la duchesse, où un choix très restreint des personnes h*s plus favorisées était seul admis. On voit d'ici à quoi pouvaient passer le temps ceux qui se morfondaient au dehors de ce cercle privilégié. Quoique Mercy assure que tout le monde fiU « très content du voyage de Murly, » ca serait bien peu connaître la nature humaine que de croire qu'il n'y eut ni froissements, ni murmures, ni médisances.

On était d'autant moins disposé h Tindulgence pour les favoris qu'eux-mêmes ne gardaient aucun ménagement envers les autres. « En tout, » écrit madame de Bombelles* h son mari, « cette fameuse société est C4imposée de personnes bien méchantes et montée sur un ton de morgue et de médisance incroyable. Ils se croient faits pour juger tout le reste de la terre... Ils ont si peur que quelqu'un puisse s'insinuer dans la faveur qu'ils ne font guère d'éloges, mais ils déchirent bien à leur aise. Il faut cependant voir tout cela et ne rien dire : c'est impatientant. » Dans cette guerre de mauvais propos, la reine elle-même ne fut pas épargnée. « (icux qui approchent les souverains, »> remarque Mercy*, « ont toujours quelque plan formé d'ambition ou de vues quelconques, soit pour eux ou pour les leurs, et en mesure du plus petit nombre des gens qui obtiennent un accès presque exclusif, les intrigues en deviennent plus pressantes, plus difficiles à éclairer, pur conséipieiil innninient plus dangereuses. Une grundti cour doit être accessible h beaucoup de monde; sans cela les haines et les jalousies exaltent toutes les têtes et font naître les plaintes, les dégoûts et une sorte d'aliénation. » Les effets <le cette désaffection ne se feront pas longtemps attendre.

I. Dame pour accoiiipagiicr inadunic Elisabeth — Lellre des 18 déceiiibrc 1781. Ueaucliesiie, 1, 196. — M** de Bombelles^ parlant du comte do Coigny, dit qu'il « est iiiécliuiil comme la gale » (I, 105).

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